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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Chevêche des terriers au Canada – Mise à jour

Répartition

Aire de répartition mondiale

La Chevêche des terriers est largement répartie dans l’ouest de l’Amérique du Nord (figure 1); une sous-espèce disjointe (résidente) (A. c. floridana) vit en Floride. On trouve également plusieurs sous-espèces dans diverses îles des Antilles, de même qu’en Amérique du Sud (Clark, 1997). La répartition hivernale des populations de l’ouest de l’Amérique du Nord est mal connue. Dans les portions nord de l’aire de répartition (dont le Canada), l’espèce est migratrice, tandis que dans le sud (p. ex. Mexique, Texas, Oklahoma, Californie, Arizona, Nouveau-Mexique), de nombreux individus demeurent parfois dans leurs sites de nidification tout l’hiver. Les adultes et les jeunes bagués en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba semblent migrer vers le sud en passant par le centre des grandes plaines pour hiverner entre le sud du Texas et le centre du Mexique (James, 1992; Hjertaas et al., 1995; G. Holroyd comm. pers., octobre 2004).


Figure 1 : Aire de nidification (années 1970 et actuelle) de la Chevêche des terriers (sous-espèce hypugaea) dans l’ouest de l’Amérique du Nord

Figure 1 : Aire de nidification (années 1970 et actuelle) de la Chevêche des terriers (sous-espèce hypugaea) dans l’ouest de l’Amérique du Nord (d’après Wellicome et Holroyd, 2001).

D’après Wellicome et Holroyd, 2001.
On ne possède aucune information sur l’aire historique (début des années 1900) en Amérique du Nord, ni sur la répartition de l’espèce au Mexique pour les années 1970.


Aire de répartition canadienne

Au Canada, la Chevêche des terriers niche aujourd’hui en Saskatchewan, en Alberta et dans la région intérieure méridionale de la Colombie-Britannique, ce qui ne représente qu’environ la moitié de l’aire qu’elle occupait dans les années 1970 et moins du tiers de celle qu’elle occupait entre 1880 et 1950 (figure 2). L’espèce ne niche plus en Colombie-Britannique depuis le début des années 1980; les quelques couples nicheurs qu’on y trouve encore sont vraisemblablement issus des tentatives de réintroductions (Dyer, 1991; Leupin et Low, 2001).


Figure 2 : Changement dans l’aire de nidification canadienne de la Chevêche des terriers

Figure 2 : Changement dans l’aire de nidification canadienne de la Chevêche des terriers.

L’aire de répartition de 2004 se fonde sur un relevé intensif. L’aire de nidification de 1970 à1977 est basée sur Wedgwood (1978), et celle de 1993, sur Wellicome et Haug (1995). L’aire historique de la Chevêche des terriers (de 1880 à 1950) est basée sur une revue complète de la documentation écrite des premiers explorateurs et naturalistes (Wapple, 2005), les portions de la Colombie-Britannique ayant été mises à jour par J. Surgenor (comm. pers., 2005).

En Alberta, l’espèce fréquentait autrefois toute la région des prairies (figure 2; Salt et Wilk, 1958). Au cours des dernières décennies, son aire de répartition a rétréci, notamment sa périphérie ouest et nord (Wellicome et Holroyd, 2001).

En Saskatchewan, l’aire de nidification de l’espèce a aussi rétréci au sud et à l’ouest (figure 2). La Chevêche des terriers y est toujours largement répartie (mais de façon dispersée) dans la zone des prairies du sud, mais elle ne niche plus dans un grand nombre de ses anciennes aires de nidification antérieures du centre (p. ex. la région de Saskatoon; Smith, 1996) et du sud-est (Wellicome et Holroyd, 2001, données inédites de l’Opération Chevêche des terriers [Operation Burrowing Owl]). La taille moyenne des colonies a diminué au cours des dernières décennies (Skeel et al., 2001).

On n’a confirmé la présence que de un seul couple nicheur au Manitoba depuis 1999, et on n’y a trouvé aucun nid en 2004 (K. De Smet, comm. pers., septembre 2004). La Chevêche des terriers est officiellement considérée comme une espèce en voie de disparition dans la province (http://www.gov.mb.ca/conservation/wildlife/).

On n’a trouvé aucune Chevêche des terriers dans les terres autochtones situées dans l’aire de répartition actuelle de l’espèce (voir l’annexe 1), dans le cadre des relevés effectués en 2003 dans les réserves des Nations Gens-du-Sang, Nekaneet, Piapot et Siksika (bien qu’on ait repéré un vieux site de nidification dans la réserve des Siksika; T. Wellicome, données inédites). Toutefois, en 2005, on a trouvé un nid dans la réserve des Gens-du-Sang, et un ou deux dans celle des Siksika.