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Programme de Rétablissement de l'Épaulard [projet]

La population migratrice d’épaulards du Pacifique Nord-Est (Orcinus orca) se distingue sur le plan acoustique, génétique et culturel d’autres populations d’épaulards connues pour vivre dans les eaux au large de la côte Ouest de la Colombie‑Britannique. En 2001, le COSEPAC a évalué cette population comme étant menacée; elle compte actuellement environ 250 individus. L’épaulard migrateur est un prédateur longévif de niveau trophique supérieur qui est considéré en péril en raison de la petite taille de sa population, de son faible taux de reproduction (un baleineau aux cinq ans) et de la présence chez lui de concentrations extrêmement élevées de contaminants chimiques persistants, biocumulatifs et toxiques. Les charges élevées de contaminants, qui découlent de la bioaccumulation chez ses proies, combinées à d’autres menaces d’origine anthropique telles que les perturbations physique et acoustique, justifient la protection qui lui est accordée aux termes de la Loi sur les espèces en péril; la population migratrice est actuellement inscrite comme étant menacée.

Il existe des lacunes importantes dans nos connaissances sur l’épaulard migrateur, puisqu’il n’est pas aussi bien compris que l’épaulard résident. On attribue cela en partie au fait qu’il peut être très difficile de détecter l’épaulard migrateur, tant sur le plan visuel qu’acoustique, la raison étant qu’il agit furtivement lorsqu’il est en quête de ses proies de la famille des mammifères réceptives sur le plan acoustique. Dans les eaux côtières, on les aperçoit habituellement en petits groupes de deux à six individus, aux endroits où ils se nourrissent couramment de pinnipèdes et de petits cétacés. Une fois que les proies se rendent compte de la présence d’épaulards dans la zone, elles sortent généralement de l’eau ou l’évitent rapidement. Cela peut expliquer pourquoi l’épaulard migrateur voyage de long en large dans son aire de répartition.

La dynamique de la population et la dynamique sociale de l’épaulard migrateur ne sont également pas aussi bien comprises que celles de l’épaulard résident, puisque le premier peut s’éloigner de son groupe natal et qu’il est possible que des individus ne soient pas observés pendant de longues périodes. On ne comprend également pas bien sa répartition ni ses besoins en matière d’habitat au cours d’une année. Il faut combler ces lacunes avant de pouvoir établir une cible quantitative cohérente pour le rétablissement de l’épaulard migrateur et de déterminer son habitat essentiel. À ce titre, le but à long terme du présent programme de rétablissement est le suivant.

 

Atteindre une viabilité à long terme de la population d’épaulards migrateurs de la côte Ouest en réunissant les conditions nécessaires à la préservation de son potentiel reproducteur, de sa variation génétique et de sa continuité culturelle.

Afin d’atteindre ce but, on a fixé des objectifs provisoires en matière de population et de répartition en attendant de pouvoir déterminer des objectifs quantitatifs. En outre, on expose dans le présent document des objectifs de rétablissement pour comprendre les menaces et les contrer. Ces objectifs, établis pour les cinq prochaines années et coïncidant avec la durée du présent programme, orienteront les activités de recherche et de rétablissement nécessaires qui permettront à la population d’épaulards migrateurs de se rétablir.

Objectifs en matière de population

  • Maintenir la taille de la population, en moyenne sur les cinq prochaines années, au niveau actuel ou au-dessus.
  • Maintenir le nombre de femelles reproductrices dans la population, en moyenne sur les cinq prochaines années, à des niveaux qui permettent d’atteindre un taux de croissance neutre ou positif.
  • Entreprendre des études pour déterminer des objectifs quantitatifs et démographiques qui représentent la viabilité à long terme de cette population.

Objectifs en matière de répartition

  • Veiller à ce que l’épaulard migrateur continue d’utiliser son aire de répartition connue.
  • Veiller à ce qu’il y ait des proies, et ce, en quantités adéquates pour appuyer le rétablissement dans toute l’aire de répartition de l’épaulard migrateur qui est actuellement connue.
  • Réaliser des études visant à déterminer dans quelle mesure l’aire de répartition est utilisée à l’échelle de la population et des sous-populations.

Objectifs en matière de rétablissement

On a relevé de nombreuses menaces d’origine anthropique qui pèsent sur l’épaulard migrateur. Les menaces les plus pressantes sont : 1) les contaminants chimiques (tant hérités que nouveaux); 2) les perturbations physique et acoustique (tant chroniques qu’aiguës). Cependant, l’épaulard migrateur est également vulnérable aux polluants biologiques, aux métaux traces, aux déversements de substances toxiques, aux collisions avec les bateaux et aux effets de l’abattage sélectif sur ses proies.

Les quatre premiers objectifs de rétablissement donnent une orientation sur les stratégies et les approches qui peuvent servir à atténuer ou à éliminer chacune des menaces auxquelles est confronté l’épaulard migrateur. Les quatre derniers ciblent l’information nécessaire pour acquérir une connaissance plus approfondie de ces menaces, ce qui permettra d’améliorer les mesures d’atténuation.

  • Limiter l’exposition des épaulards migrateurs aux polluants hérités et nouveaux.
  • Limiter le risque que représentent des réductions des populations de proies attribuables à des activités humaines, jusqu’à ce que l’on puisse déterminer leurs besoins précis.
  • Maintenir les mesures actuelles visant à protéger l’épaulard migrateur contre la perturbation causée par des bateaux, ou les modifier si d’autres d’études en démontrent la nécessité.
  • Réduire l’exposition de l’épaulard migrateur à des niveaux sonores aigus ou chroniques dépassant ceux que l’on considère responsables de troubles comportementaux ou physiques chez les cétacés.
  • Déterminer la quantité, la qualité et la répartition des proies dont a besoin l’épaulard migrateur pour maintenir le niveau actuel de la population ou l’augmenter.
  • Améliorer notre compréhension des effets qu’ont les contaminants et les autres polluants biologiques et non biologiques sur l’épaulard migrateur.
  • Évaluer les effets de la perturbation causée par les bateaux sur l’épaulard migrateur.
  • Améliorer notre compréhension des effets du bruit chronique et aigu sur l’épaulard migrateur.

Le présent programme de rétablissement décrit des stratégies pour atteindre ces objectifs, dont bon nombre sont atteignables au cours des cinq prochaines années. Elles serviront également à réduire les lacunes sur le plan des connaissances relatives à l’épaulard migrateur et aideront à déterminer son habitat essentiel. Même si l’on ne s’attend pas à ce que la population migratrice atteigne des niveaux d’abondance élevés – l’épaulard étant un prédateur de niveau trophique supérieur ayant un faible taux de reproduction –, les mesures décrites aux présentes serviront à réduire sa vulnérabilité à des menaces d’origine anthropique et à faire en sorte qu’elle ne soit pas désignée comme étant en voie de disparition.