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Rapport du COSEPAC sur la situation de la morue franche au Canada

Annexe 1: Nord du Labrador

Données sur les tendances des populations pour chacune des unités de gestion de la morue franche reconnues par le ministère des Pêches et des Océans

 

Nord du Labrador (divisions 2GH de l’OPANO) :

Il existe très peu de données sur l’abondance de la population de morue dans cette région. L’utilisation des données disponibles est compliquée par le fait qu’avant 1986, les relevés étaient réalisés sur des transects linéaires (c.-à-d. par échantillonnage non aléatoire), alors que par la suite on a effectué des relevés par échantillonnage aléatoire stratifié. Les données retenues ici (figure 10) sont celles que rapporte le MPO dans la publication de Smedbol et al. (2002). Si l’on estime l’âge à la maturité à 5,25 ans pour la période de 1947 à 1950 (Smedbol et al., 2002), la morue du Nord du Labrador a subi une baisse de 95 p. 100 au cours des trois dernières générations, d’après les données disponibles.

Morue du Nord-Est de la plate-forme de Terre-Neuve, ou « morue du Nord » (divisions 2J3KL de l’OPANO) :

 

L'âge moyen des individus de la cohorte actuelle est de 6,2 ans, d’après les données sur le taux de capture des relevés (Lilly et al., 1991; Peter Shelton, MPO, Terre-Neuve, communication personnelle). D’après les données des années 1980, l'âge à 50 p. 100 de maturité est d’environ 6 ans pour la morue du Nord (Lilly et al., 2001). Ainsi, en l’absence de pêche, on estime la durée d’une génération à 6+(1/0,2) = 11 ans, soit 33 ans pour la durée de trois générations.

Les données sur le taux de capture des relevés sont celles de Lilly et al. (1991) et de Peter Shelton (communication personnelle). L’abondance de la portion mature de la population, estimée par APV, est tirée de Baird et al. (1992) pour les années 1962 à 1977, et de Bishop et al. (1993) pour les années 1978 à 1992. L’effectif de la population reproductrice pour les années 1993 à 2001, période pour laquelle on ne dispose pas d’estimations basées sur l’APV, a été extrapolé à partir de l’indice de biomasse reproductrice tiré des relevés et fourni par Lilly et al. (1991; fig. 13). Pour réaliser cette estimation, j’ai tout d’abord fait une régression du logarithme du taux de capture des relevés (nombre par trait pour les individus âgés de 5 ans et plus) sur le logarithme des estimations de l’abondance obtenues par APV pour les mêmes classes d'âge, pour les années 1983 à 1992. Le coefficient de corrélation (r=0,74) associé à cette régression était significatif (p=0,01). Je me suis alors servi de cette régression, en intégrant les données sur le taux de capture des relevés de 1993 à 2001, pour estimer le nombre d’individus pour les années 1993 à 2001.


Quelle que soit la source des données, le taux de déclin sur trois générations observé chez la morue du Nord dépassait 95 p. 100 (figure 11).

Âge (ans) à maturitéDurée d’une génération (ans)Source des donnéesType de donnéesPériodeTaux de changement
611relevétaux de capture
(nbre par trait)
1983-2001–99,9 %
  APVnbre de géniteurs1968-2001–97 %


Figure 11. Variation temporelle du nombre estimatif d’individus matures dans le stock de morue du Nord (divisions 2J3KL de l’OPANO).

Figure 11. Variation temporelle du nombre estimatif d’individus matures dans le stock de morue du Nord (divisions 2J3KL de l’OPANO).

Ce facteurs, parmi d’autres, a provoqué une baisse extraordinaire de l’abondance globale de morue dans les eaux canadiennes. Au début des années 1960, environ 75 à 80 p. 100 des morues des eaux canadiennes se trouvaient dans les zones 2J, 3K et 3L de l’OPANO (voir la figure 12); en 2001, on n’y retrouvait qu’environ 20 p. 100 des morues canadiennes. Il faut souligner que j’ai retenu les individus âgés de 5 ans et plus pour calculer la taille de la population reproductrice de morue du Nord, après avoir observé qu’un nombre significatif de morues de 5 et 6 ans de ce stock sont matures (Lilly et al., 2001). Par contre, des estimations récentes de la taille de la population reproductrice de morue du Nord effectuées par le MPO (Smedbol et al., 2002) ne tenaient compte que des morues de 7 ans et plus. Donc, même si les tendances de l’abondance sont similaires, mes chiffres vont surestimer la taille de la population reproductrice, alors que ceux du MPO peuvent être considérés comme des sous-estimations.

Figure 12. Variation temporelle du nombre estimatif d’individus matures dans les stocks de morue du Canada atlantique, montrant la taille du stock de morue du Nord (2J3KL), qui fait partie de la population de Terre-Neuve-et-Labrador, relativement à la taille des autres stocks.

Figure 12. Variation temporelle du nombre estimatif d’individus matures dans les stocks de morue du Canada atlantique, montrant la taille du stock de morue du Nord (2J3KL), qui fait partie de la population de Terre-Neuve-et-Labrador, relativement à la taille des autres stocks.

Zone d’occupation :

Entre 1983 et 2001 (période couverte par les données), la zone d’occupation a diminué, passant d’environ 275 000 km2 à environ 215 000 km2, soit un taux de diminution de l’ordre de 22 p. 100 (Smedbol et al., 2002).

Entraves au rétablissement attribuables à la pêche et à la prédation par les mammifères marins :

Le MPO estime que, depuis 1999, la pêche a prélevé de 4 à 63 p. 100 du volume disponible de morue du Nord, selon la région de pêche (DFO, 2002; Brattey et Healey, MS2003) (avant les effondrements du début des années 1990, on estimait que les populations de morue pourraient connaître une hausse de l’abondance si le taux d’exploitation était inférieur à 18 p. 100). Pour l’ensemble du stock de morue du Nord, les estimations récentes du taux d’exploitation dépassent 30 p. 100 (Smedbol et al., 2002). En ce qui concerne la prédation exercée par les phoques, un comité d’experts indépendant a conclu qu’il est difficile de rejeter la plus récente évaluation de l’état des stocks, selon laquelle il est possible que cette prédation empêche le rétablissement du stock de morue. Cette opinion est étayée par de nouvelles estimations (encore très incertaines) selon lesquelles la consommation de morues âgées de plus de 3 ans par les phoques à capuchon dans les eaux du large dépasserait fortement la biomasse estimée (McLaren et al., 2001).

Sud du Grand Banc (divisions 3NO de l’OPANO) :

L'âge moyen des individus qui composent la cohorte actuelle est de 11,3 ans, d’après les données sur le taux de capture des relevés du printemps pour 2001 (Don Stansbury, MPO, Région de Terre-Neuve, communication personnelle). D’après les données des années 1970 et 1980, l'âge à 50 p. 100 de maturité est d’environ 6 ans pour la morue du sud du Grand Banc (Trippel et al. 1997; Stansbury et al., 2001). Ainsi, en l’absence de pêche, la durée d’une génération est estimée à 11 ans, soit 33 ans pour la durée de trois générations. Les données des relevés sont celles que rapportent Stansbury et al. (2001) et Stansbury (communication personnelle). Les données sur l’abondance de la portion mature de la population, estimée par APV, sont tirées de Stansbury et al. (2001). La première année pour laquelle on dispose de données de relevés scientifiques est 1984. Les estimations de l’abondance obtenues par APV remontent à 1959.


Quelle que soit la source des données, le taux de déclin sur trois générations observé chez la morue du sud du Grand Banc dépassait 95 p. 100 (figure 13).

Âge (ans) à maturitéDurée d’une génération (ans)
Source des données

Type de données

Période

Taux de changement
611relevétaux de capture
(nbre par trait)
1984-2001–95 %
  APVnbre de géniteurs1968-2001–98 %


Figure 13.  Variation temporelle du nombre estimatif d’individus matures dans le stock de morue du Sud du Grand Banc (divisions 3NO de l’OPANO).

Figure 13.  Variation temporelle du nombre estimatif d’individus matures dans le stock de morue du Sud du Grand Banc (divisions 3NO de l’OPANO).

Zone d’occupation :

Entre 1984 et 2000 (période couverte par les données), la zone d’occupation a diminué, passant d’environ 90 000 km2 à environ 75 000 km2, soit un taux de diminution de l’ordre de 17 p. 100 (Smedbol et al., 2002).

Entraves au rétablissement attribuables à la pêche et à la prédation par les mammifères marins :

Depuis 5 ans, les taux d’exploitation sont très faibles – généralement estimés à moins de 5 p. 100 (Smedbol et al., 2002) (avant les effondrements du début des années 1990, on estimait que les populations de morue pourraient connaître une hausse de l’abondance si le taux d’exploitation était inférieur à 18 p. 100). Les données sont insuffisantes pour permettre d’évaluer la menace que représente pour le rétablissement de la morue du sud du Grand Banc la prédation exercée par les mammifères marins (McLaren et al., 2001).