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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'orthocarpe barbu au Canada

Biologie

Reproduction

L’Orthocarpus barbatus est une annuelle estivale qui hiverne au stade de graine en Colombie-Britannique. Les plantes germent probablement en mai et, en raison du faible taux d’humidité au sein des communautés d’Artemisia tridentata, elles commencent à devenir sénescentes vers la fin juillet. Toutes les fleurs sont chasmogames (c.-à-d. qu’elles s’ouvrent pour permettre la pollinisation), et la reproduction ne se fait que par mode sexué.

Il semble que la plupart des espèces du genre Orthocarpus se reproduisent par fécondation croisée (entre individus). Les deux modes de reproduction (allogamie et autogamie) peuvent déterminer des manières différentes d’occuper l’environnement : les plantes se reproduisant par fécondation croisée (allogames) formeraient des colonies compactes voyantes dans le but d’améliorer l’efficacité de la pollinisation croisée tandis que les plantes se reproduisant par autofécondation (autogames) seraient plus dispersées (Atsatt, 1970). On ne sait pas si l’O. barbatus est autogame ou allogame, ce dernier mode de reproduction semble plus plausible du fait que l’espèce possède des fleurs très voyantes et que les plantes forment des colonies relativement denses. Les espèces allogames du genre Orthocarpus sont principalement pollinisées par les abeilles domestiques et les abeilles sauvages indigènes (Atsatt,1970).

Dispersion

Le mécanisme de dispersion des graines n’est pas bien compris, mais il est probable que la plupart des graines ne sont pas dispersées au-delà du voisinage immédiat de la plante-mère (Chuang et Heckard, 1983). Néanmoins, Chuang et Heckard ont émis l’hypothèse que les réticulations sur le tégument de ces petites graines légères pourraient en améliorer les propriétés aérodynamiques nécessaires à la dispersion par le vent ou encore en accentuer la rugosité favorisant ainsi la dispersion par les animaux. Le réseau lâche de réticulations sur le tégument de la graine pourrait également emprisonner l’air et conséquemment accentuer la flottaison des graines au cours de la dispersion par l’eau (Kuijt, 1969).

La population américaine d’O. barbatus la plus proche se trouve à environ 80 kilomètres au sud, le long de la route 20 à l’ouest d’Okanagan, dans la Okanogan National Forest, dans le comté d’Okanogan, dans l’État de Washington (Mark Egger, comm. pers., 2005). Vu le mécanisme de dispersion limité de l’espèce, une immigration de source américaine est improbable.

Germination et survie

Aucun renseignement spécifique sur les exigences de l’Orthocarpus barbatus quant à la germination n’est disponible.

Alimentation et relations interspécifiques

Les Orthocarpus sont hémiparasites. Ils contiennent de la chlorophylle et fixent le carbone au moyen de la photosynthèse mais acquièrent l’eau et les nutriments grâce à des connexions racinaires parasites (Kuijt, 1969). Certains Orthocarpus peuvent également obtenir des photosynthétats et des composés secondaires de leurs hôtes (Atsatt, 1970). Ces composés secondaires peuvent réduire l’herbivorie sans affecter les pollinisateurs. En effet, il semble que les alcaloïdes puissent être acheminés dans les feuilles et les tissus floraux externes de certaines espèces sans entrer dans le nectar, ce qui a pour effet ultime d’accroître la production des graines et d’améliorer la valeur adaptative (Adler, 2000; Adler et Wink, 2001; Boros et al., 1991).

Il a été démontré que des espèces d’Orthocarpus étroitement apparentées sont des hémiparasites facultatifs capables de croître et de produire des fleurs en absence d’hôte; la masse des tiges tend cependant à être beaucoup plus importante lorsque la plante croît en présence d’un hôte (Matthies, 1997).

Les espèces d’Orthocarpus de prairie se connectent par des suçoirs (connexions haustoriales) aux racines d’un certain nombre de plantes de prairie associées, parmi lesquelles figurent des annuelles et des vivaces de plusieurs familles, dont les Graminées et les Composées. Il est probable que les résultats de recherches portant sur les Castilleja (Heckard, 1962), genre étroitement apparenté dont les espèces forment également des connexions haustoriales avec des plantes hôtes, valent pour les Orthocarpus. Heckard (1962) a effectué des recherches sur la croissance de onze espèces de Castilleja, avec ou sans hôte. Toutes les espèces ont pu compléter leur cycle vital sans hôte. Cependant, quand elles étaient cultivées avec d’autres espèces n’appartenant pas au genre Castilleja, toutes sauf une ont poussé plus rapidement, ont produit un plus grand nombre de ramifications et ont fleuri plus tôt que quand elles poussaient de façon isolée.