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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le leptoge des terrains inondés (Leptogium rivulare) au Canada

Résumé

Leptoge des terrains inondés
Leptogium rivulare

Information sur l’espèce

Le Leptogium rivulare, ou leptoge des terrains inondés, est un petit lichen foliacé dont les caractères distinctifs sont la couleur gris-bleu de ses lobes, sa surface lisse et non plissée, ses fructifications abondantes, qui ont la forme de petits disques bruns à marge mince et uniforme, et surtout ses spores, qui sont produites à raison de quatre par asque, plutôt que de huit comme chez la plupart des espèces du genre Leptogium. De plus, l’espèce est confinée à un habitat très particulier (voir ci-dessous).

Répartition

Le Leptogium rivulare a été signalé dans des localités éparpillées de la zone tempérée de l’est de l’Amérique du Nord et de l’ouest de l’Europe. Au Canada, il a été signalé dans six localités, réparties entre les écozones des Plaines à forêts mixtes, en Ontario, et du Bouclier boréal, au Manitoba.

Habitat

Le Leptogium rivulare ne pousse que sur des substrats périodiquement inondés, généralement l’écorce d’arbres, sur les berges d’étangs ou de cours d’eau ainsi que dans des forêts marécageuses soumises chaque année à une crue printanière. Le lichen pousse presque uniquement sur l’écorce de feuillus, toujours en bas de la limite des hautes eaux.

Biologie

Le Leptogium rivulare se reproduit facilement, sans doute par ses spores, et se disperse au moins à faible distance. Il peut coloniser les substrats récemment formés (écorce des arbres). Une fois établi, il peut survivre aux années sèches. Il persiste assez longtemps pour former des tapis denses sur certains arbres. Sa propagation est peut-être limitée par l’inefficacité de ses moyens de dispersion.

Taille et tendances des populations

Le Leptogium rivulare est considéré comme rare dans toutes les régions où il est présent, en Amérique du Nord comme en Europe. Au Canada, à l’heure actuelle, l’espèce se rencontre presque exclusivement sur les arbres bordant quelques petits étangs saisonniers répartis entre deux localités. Dans ces sites, le lichen est présent sur quelques douzaines à plusieurs centaines d’arbres, et ses populations semblent saines et bien établies. Dans deux autres localités, de très petites quantités du lichen ont été observées sur des pierres périodiquement submergées se trouvant, dans un cas, dans un ruisseau turbulent et, dans l’autre, sur la berge rocheuse d’un lac.

Facteurs limitatifs et menaces

Le Leptogium rivulare n’occupe qu’une très étroite bande de terrain, et généralement le tronc d’un arbre, entre les limites des hautes et des basses eaux. L’espèce est donc particulièrement sensible aux modifications du régime normal des crues annuelles. Un climat plus sec aurait pour effet d’éliminer une bonne partie de l’habitat de l’espèce. L’enlèvement ou la mort des arbres éliminerait pratiquement tous les substrats qui peuvent lui convenir.

Importance de l’espèce

La rareté du Leptogium rivulare à l’échelle mondiale est indicatrice de sa vulnérabilité. L’espèce présente un intérêt scientifique en raison de son habitat très particulier et de sa capacité d’y prospérer.

Protection actuelle ou autres désignations

Le Leptogium rivulare ne jouit actuellement d’aucune protection particulière, et aucun statut ne lui a été attribué au Canada, sauf en Ontario, où on lui a attribué la cote SH, signifiant qu’il n’existe aucune mention récente de l’espèce.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2004)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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