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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le leptoge des terrains inondés (Leptogium rivulare) au Canada

Information sur l’espèce

Nom et classification

Leptogium rivulare (Ach.) Mont. in Gaudichaud, Bot. Voy. Monde La Bonite: 117 (1846) [nomen sed non planta]. Lichen rivulare Ach., Lich. Suec. Prodr. 131 (1798); type : Suède (H-Ach 1915B, lectotype désigné par Jørgensen et James [1983]).

Leptogiumcrenatellum Tuck., Amer. J. Arts Sci., ser. 2, 28: 200 (1859); type : États-Unis d’Amérique, Vermont, Brattleboro, Frost (FH, holotype; US, isotype).

Leptogium sernanderi Du Rietz, Bot. Notiser 1922: 318 (1922); type : Suède, Uppland, Knivsta, Noorsån, 27 juillet 1917, G. Sernander (UPS, lectotype désigné par Jørgensen et James [1983]; isolectotypes distribués par Malme, Lich. Suec. nº 851).

Nom français : leptoge des terrains inondés. Ce nom est masculin.

Nom anglais : flooded jellyskin (le mot « flooded » décrit l’habitat de l’espèce, tandis que le mot « jellyskin » décrit le caractère gélatineux des lichens des genres Leptogium et Collema).

Classification : Champignons, Ascomycètes, ordre des Lécanorales, sous-ordre des Peltigérinées, famille des Collématacées.

Au sein du genre Leptogium, le L. rivulare appartient au complexe du L. azureum et se distingue par ses asques à quatre spores et par son habitat particulier. En Amérique du Nord, l’espèce a longtemps été appelée L. crenatellum Tuck., notamment par Fink (1935) et Sierk (1964). Cependant, il s’agit d’un synonyme de L. rivulare, comme l’ont établi Jørgensen et James (1983), qui ont étudié de manière assez détaillée la nomenclature de l’espèce. Les types pertinents ont été examinés par H.A. Sierk, auteur d’une monographie du genre, et par le lichénologue norvégien Per Magnus Jørgensen.

Description

Le Leptogium rivulare est un petit lichen foliacé. À l’état sec, le thalle est de couleur gris ou gris bleuâtre et ponctué ou moucheté d’apothécies brun rougeâtre pâle plutôt minuscules (figure 1). Les lobes sont lisses (dépourvus des plis, sorédies ou isidies qui caractérisent les espèces semblables), arrondis à plutôt allongés, larges de 0,7 à 3,5 mm. Les cortex supérieur et inférieur sont chacun constitués d’une seule couche de cellules arrondies. La moelle est extrêmement mince. Le photobionte est une cyanobactérie du genre Nostoc.

À l’état humide, les lobes se gonflent d’eau et deviennent gélatineux et translucides, d’où le nom anglais « jellyskin » donné aux lichens de ce genre.

Figure 1. Thalle de Leptogium rivulare.

Figure 1. Thalle de Leptogium rivulare.

Le lichen est habituellement fertile, et les apothécies peuvent être assez abondantes pour donner à l’ensemble du thalle un aspect brunâtre. Cette fertilité exceptionnelle permet de distinguer facilement le Leptogium rivulare du
L. cyanescens (Rabenh.) Korber, très commun et à thalle beaucoup plus grand. Les apothécies du L. rivulare peuvent être superficielles ou rétrécies à la base, et leur diamètre est normalement de 0,4 à 0,6 mm, atteignant parfois 1,2 mm. Le disque est brun clair à brun rougeâtre, plat ou légèrement concave, à marges lisses, uniformes, relativement minces, en partie de la couleur du disque mais avec une couche extérieure de tissu thalloïde gris. Les spores sont incolores, multicellulaires, submuriformes, avec trois (ou quatre) cloisons transversales et une seule cloison longitudinale, qui est parfois absente. Les spores sont elliptiques, mais plutôt pointues aux extrémités, et mesurent 15 à 21 µm sur 7,5 à 10 µm. Il y a toujours quatre spores par asque.

Aucune substance lichénique n’a jamais été signalée chez le Leptogium rivulare (Brodo et al., 2001).

On trouvera une description plus détaillée de l’espèce dans Sierk (1964).