Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la marmotte de l’île de Vancouver (Marmota vancouverensis) au Canada - Mise à jour

Répartition

Archives paléontologiques et archéologiques

On ne sait pas à quel moment les marmottes ont colonisé l’île de Vancouver. Heard (1977) a avancé l’hypothèse que les marmottes aient gagné l’île de Vancouver en suivant les passages terrestres qui existaient pendant la glaciation de l’Illinoien, il y a environ 100 000 ans, et survécu aux maximums glaciaires subséquents en trouvant refuge sur des nunataks et sur les côtes. Nagorsen (1987) a envisagé la possibilité d’une colonisation plus récente, après le recul de la glaciation wisconsinienne des Rocheuses il y a quelque 10 000 à 13 000 ans. Les données actuellement disponibles ne permettent pas d’exclure l’une ou l’autre théorie (voir Hoffmann et al., 1979, et Nagorsen et al., 1996). Une étude phylogénétique des marmottes fondée sur l’analyse de l’ADN pourrait élucider davantage l’histoire évolutionnaire du M. vancouverensis (M. Braun, Smithsonian Institution, comm. pers.).

Des restes de marmottes préhistoriques ont été trouvés à 8 endroits, tous situés bien en dehors de l’actuelle aire de répartition principale (Nagorsen et al., 1996; Calvert et Crockford, 1983). Trois découvertes paléontologiques ont été faites. Pour le premier spécimen (caverne Pellucidar, près du lac Nimpkish), la date carbone 14 est de 10 000 ans avant le présent. Le deuxième et le troisième (cavernes du ruisseau Weymer, près de Tahsis) étaient un morceau d’incisive supérieure et un squelette complet, qui n’ont pas encore été datés (D. Nagorsen, données inédites).

Des os portant des traces d’outils trouvés à 4 sites archéologiques en haute altitude et à un amas de déchets situé plus bas fournissent des preuves indiscutables que des marmottes étaient présentes, et qu’elles étaient chassées par les Autochtones. Les datations au carbone 14 des sites en altitude (plage = 830 à 2 630 ans avant le présent), le nombre d’individus (plage = 4 à 74 marmottes), la prépondérance d’os de marmottes dans les échantillons (plage = 85 à 100 %), et la présence de restes de juvéniles constituent une forte indication que les marmottes de l’île de Vancouver étaient la principale espèce cible des expéditions de chasse de fin d’été des Autochtones (Nagorsen et al., 1996). Prises ensemble, les archives paléontologiques et archéologiques indiquent que le M. vancouverensis avait dans le passé géologique récent une aire de répartition plus étendue qu’à l’époque historique.

Répartition historique (1864-1989)

Plusieurs auteurs ont établi des cartes des endroits où on avait noté la présence du M. vancouverensis dans le passé (Heard, 1977; Nagorsen, 1987; Bryant, 1990; Janz et al., 1994; Bryant et Janz, 1996). L’analyse la plus récente reposait sur une revue systématique d’archives gouvernementales, de photographies et d’archives muséologiques (Bryant et Janz, 1996). Ces auteurs ont établi un registre informatisé qui est mis à jour à mesure que de nouvelles données deviennent disponibles.

À partir de leur évaluation des mentions « fiables » et « non fiables », Bryant et Janz ont conclu que, entre 1864 et 1971, on avait observé la présence de marmottes à un minimum de 28 sites sur 25 montagnes. En fait, la plupart des observations antérieures à 1970 sont vagues, et il est difficile de savoir si elles concernaient des colonies ou des individus isolés. Par exemple, on a une mention de « foules de siffleux » à la « tête de la vallée de la Nitinat » (Victoria Times, 7 septembre 1893), et une autre d’une « couple de marmottes » tuées au fusil dans la chaîne de Beaufort (Victoria Times, 8 août 1922).

Des naturalistes et des chasseurs intéressés par le M. vancouverensis ont commencé à en dénombrer les individus en 1972. Le gouvernement de la Colombie-Britannique a commencé à parrainer des dénombrements annuels en 1979 (Janz et al., 1994). Bryant et Janz (1996) ont compilé les résultats de ces relevés, et estimé l’exactitude probable des chiffres. Ils ont indiqué que, depuis 1972, on avait trouvé des marmottes ou des terriers d’occupation récente à 47 sites sur 15 montagnes. Une activité de reproduction a été observée à 34 sites sur 14 montagnes. Toutes les colonies réelles ou éventuelles actives depuis 1972 étaient situées dans les bassins des rivières Nanaimo, Cowichan, Chemainus, Nitinat et Cameron, dans le centre‑sud de l’île de Vancouver, à l’exception de deux, qui étaient sur le mont Washington, à au moins 100 kilomètres de distance des autres colonies connues.

Répartition actuelle (1990-1996)

Selon les dénombrements effectués entre 1990 et 1996, les marmottes de l’île de Vancouver sont actuellement limitées à 25 sites sur 13 montagnes (figure 1). Ces résultats ne sont pas imputables à l’inefficacité des travaux d’échantillonnage. La plupart des habitats potentiels des marmottes ont fait ces dernières années l’objet de prospections au sol, et de nombreux endroits ont été visités plusieurs fois (A. Bryant, données inédites). Étant donné la sensibilisation du public à cette question, la popularité des loisirs en arrière‑pays, et la découverte récente de vieux terriers et d’os préhistoriques dans des endroits reculés par du personnel non formé, il est peu probable qu’il reste des populations significatives de marmottes qui n’aient pas encore été trouvées (Bryant et Janz, 1996).

À l’exception des 2 petites colonies du mont Washington, tous les sites actifs connus se trouvent dans 5 bassins adjacents du centre‑sud de l’île de Vancouver (ceux des rivières Nanaimo, Cowichan, Chemainus, Nitinat et Cameron). Les sites occupés ne semblent pas l’être tous par des colonies reproductrices. On n’a observé de reproduction qu’à 13 des 25 sites où des marmottes sont présentes depuis 1990. La population actuelle occupe une superficie très petite. Si l’on se base sur les tailles moyennes des colonies pendant cette période, 67 % des animaux recensés se trouvent sur 4 montagnes dans la partie centrale de 40 km² de leur présente aire de répartition (l’aire principale Green-Gemini-Haley-Butler; voir Bryant et Janz, 1996).