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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la marmotte de l’île de Vancouver (Marmota vancouverensis) au Canada - Mise à jour

Taille et tendances de la population

Validité des méthodes de dénombrement

Il est difficile de déterminer avec exactitude les tailles des populations des marmottes de l’île de Vancouver. Certains jours, avec d’excellentes conditions météorologiques et une population connue d’animaux marqués, il est possible de voir tous les individus, ou absolument aucun (Bryant, 1996b). Bryant et Janz (1996) ont utilisé les résultats de dénombrements de colonies à fort pourcentage d’animaux marqués à l’oreille pour estimer l’exactitude probable des dénombrements, et l’effet de l’époque du dénombrement. Les résultats suggèrent qu’il faut plus de 9 visites pour avoir des données précises sur la population, mais qu’avec 2 ou 3 dénombrements, on a une estimation raisonnable de la fréquentation du site par les marmottes (figure 2).

Figure 2.  Exactitude probable des dénombrements de marmottes. Les dénombrements quotidiens transformés pour les colonies à nombre d’adultes connu ont été rééchantillonnés de façon aléatoire pour créer 100 essais de 10 dénombrements chacun (à des fins de clarté, on ne présente les résultats que de 25 essais). La courbe de succès cumulatif (trait gras) a été ajustée par régression linéaire (transformation logarithmique des valeurs de x, pente = 0,397 et constante = 0,540). En moyenne, 2 dénombrements donnaient une détection de 66 % des adultes effectivement présents, mais 9 étaient nécessaires pour en détecter plus de 90 %. D’après Bryant et Janz (1996).

 

Figure 2.  Exactitude probable des dénombrements de marmottes. Les dénombrements quotidiens transformés pour les colonies à nombre d’adultes connu ont été rééchantillonnés de façon aléatoire pour créer 100 essais de 10 dénombrements chacun (à des fins de clarté, on ne présente les résultats que de 25 essais). La courbe de succès cumulatif (trait gras) a été ajustée par régression linéaire (transformation logarithmique des valeurs de x, pente = 0,397 et constante = 0,540). En moyenne, 2 dénombrements donnaient une détection de 66 % des adultes effectivement présents, mais 9 étaient nécessaires pour en détecter plus de 90 %. D’après Bryant et Janz (1996).

Bryant et Janz (1996) ont conclu que, pour les sites et les années où il n’y a eu qu’une visite, les observateurs ont probablement dénombré de 40 à 60 % des adultes effectivement présents, selon le moment de l’année. Pour la plupart des combinaisons site-année (2 visites ou plus en juin et juillet), ils ont probablement dénombré de 66 à 78 % des adultes, et de 75 à 89 % des jeunes présents. En raison des différences de couverture, de visibilité entre les sites, d’expérience des observateurs et d’intensité du dénombrement, ils n’ont pas essayé d’attribuer des limites de confiance à ces estimations.

Taille actuelle de la population et tendances récentes

En se basant sur la moyenne à long terme ou l’abondance « attendue » de colonies individuelles, Bryant et Janz (1996) ont établi des rapports annuels estimatifs des marmottes observées aux marmottes attendues, et ont pu détecter certaines tendances. Leur approche était très simple. Si les nombres de marmottes étaient stables, des dénombrements annuels devraient donner des valeurs similaires du rapport « observé/attendu » d’une année à l’autre. Cela n’a pas été le cas (figure 3). Les nombres d’adultes ont toujours été supérieurs à la moyenne (de 134 à 147 %) de 1981 à 1984, et proches de la moyenne ou en-dessous (de 58 à 99 %) de 1990 à 1995 (Bryant et Janz, 1996). Bryant (1996b) a approfondi cette approche en appliquant un facteur de correction à l’intensité de dénombrement et aux nombres d’habitats occupés, pour obtenir une première approximation de la taille probable de la population.

Figure 3.  Tendances de la population de marmottes, 1972-1996. Les rapports « observé/attendu » (A) correspondaient aux rapports dénombrements maximaux/moyennes à long terme pour chaque site, en ne prenant que les sites comptés au cours d’une année donnée. Les nombres probables de marmottes (B) ont été estimés en appliquant un facteur de correction fonction de l’effort de dénombrement, en excluant les habitats ayant fait l’objet d’une coupe à blanc dans les années précédant la colonisation, et les années pendant lesquelles on avait visité moins de 4 sites. La population actuelle (en 1996) compte probablement près de 150 individus. Actualisation de Bryant (1996b).

Figure 3.  Tendances de la population de marmottes, 1972-1996. Les rapports « observé/attendu » (A) correspondaient aux rapports dénombrements maximaux/moyennes à long terme pour chaque site, en ne prenant que les sites comptés au cours d’une année donnée. Les nombres probables de marmottes (B) ont été estimés en appliquant un facteur de correction fonction de l’effort de dénombrement, en excluant les habitats ayant fait l’objet d’une coupe à blanc dans les années précédant la colonisation, et les années pendant lesquelles on avait visité moins de 4 sites. La population actuelle (en 1996) compte probablement près de 150 individus. Actualisation de Bryant (1996b).

Cette approche comporte des problèmes, principalement dus aux différences interannuelles dans la couverture et l’effort de dénombrement. Les dénombrements antérieurs à 1980, et ceux de la période de 1987 à 1991, reposaient sur un plus petit nombre de visites de colonies, et les abondances estimatives déduites de ces périodes sont donc plus incertaines. Malgré cela, les données résultantes concordent entre elles, et sont corroborées par les dénombrements effectués sur des colonies étudiées intensivement (Bryant, 1996b) ainsi que par les observations de colonisations et de disparitions (Bryant et Janz, 1996).

 

Les effectifs de marmottes ont augmenté après 2 années de reproduction exceptionnellement élevée (en 1980 et 1981). La manifestation la plus évidente de cette situation a été la colonisation de zones coupées à blanc (première mention en 1981, et 7 autres sites colonisés entre 1982 et 1985). Dans certains cas, les augmentations ont été spectaculaires. Par exemple, le site des « chemins de l’ouest » du pic Butler, exploité entre 1976 et 1980, a semble‑t‑il été colonisé par 2 marmottes en 1982, et comptait au moins 28 adultes en 1989. Au cours de la même période, des marmottes se sont établies sur un site minier abandonné près du mont Washington, et ont colonisé des descentes de ski sur les monts Washington et Green (Munro et al., 1985). Les marmottes sont aussi devenues plus nombreuses dans les habitats naturels au cours de cette période, et ont apparemment colonisé quelques petits habitats dans l’aire de répartition principale (bassin du lac Heart sur le mont Green, prairies Gemini nº 1 et nº 2).

Après un maximum de peut‑être 300 ou 350 individus au milieu des années 1980, la population des marmottes semble avoir commencé à baisser à la fin des années 1980 pour atteindre présentement près de 150 individus (Bryant et Janz, 1996; Bryant, en cours de rédaction). La structure spatiale des colonies de marmottes a aussi changé au cours de cette période (figure 4).[1]

Figure 4.  Structure de la métapopulation de marmottes de l’île de Vancouver, de 1982 à 1985 et de 1992 à 1995. On indique les colonies sur coupe à blanc (cercles vides) et les sites non reproducteurs (cercles pleins). Les données reflètent le nombre moyen d’adultes au cours de chacune des périodes de 4 ans. Plusieurs sites occupés au milieu des années 1980 sont maintenant vacants. Par contraste, seulement 2 nouveaux sites ont été colonisés dans la dernière décennie. Les colonies du mont Washington se trouvent à l’extérieur des limites de cette carte. D’après Bryant (en cours de rédaction).

Figure 4.  Structure de la métapopulation de marmottes de l’île de Vancouver, de 1982 à 1985 et de 1992 à 1995. On indique les colonies sur coupe à blanc (cercles vides) et les sites non reproducteurs (cercles pleins). Les données reflètent le nombre moyen d’adultes au cours de chacune des périodes de 4 ans. Plusieurs sites occupés au milieu des années 1980 sont maintenant vacants. Par contraste, seulement 2 nouveaux sites ont été colonisés dans la dernière décennie. Les colonies du mont Washington se trouvent à l’extérieur des limites de cette carte. D’après Bryant (en cours de rédaction).



[1]Voir l’Addenda pour les données de 1999 et 2000 sur les effectifs.