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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le grand silène de Scouler (Silene scouleri ssp. grandis) au Canada

COSEPAC Résumé

Grand silène de Scouler
Silene scouleri ssp. grandis

Information sur l’espèce

Le grand silène de Scouler (Silene scouleri ssp. grandis) est une herbacée vivace à racine pivotante et à souche généralement ramifiée, d’où émerge une touffe de tiges dressées. La plante produit une rosette de feuilles basilaires et des feuilles caulinaires opposées. Les feuilles sont entières, pubescentes, et les caulinaires supérieures sont sessiles. Les fleurs, blanc verdâtre à violacées, forment un épi étroit. Le calice présente des nervures saillantes, et le limbe des pétales est divisé en deux lobes pourvus chacun d’une forte dent. Le fruit, une capsule, renferme de nombreuses graines à surface verruqueuse. Même en dehors de la période de floraison, le grand silène de Scouler se distingue aisément, par son appareil végétatif, des espèces qui partagent son habitat.

Répartition

Au Canada, le grand silène de Scouler se trouve dans trois petites îles situées au large de Victoria, en Colombie-Britannique. L’aire de répartition mondiale du taxon est limité à la côte ouest de l’Amérique du Nord, depuis le Sud de la Colombie-Britannique jusqu’à la baie de San Francisco.

Habitat

Le grand silène de Scouler pousse dans des prés de graminées et d’autres herbacées, au niveau de la mer ou à très faible altitude. La plante est héliophile et exige un sol saturé ou presque en hiver et très sec en été. Elle a déjà été observée à plus de 200 m au-dessus du niveau de la mer, mais cette population, peu vigoureuse, est disparue, probablement en raison des conditions climatiques.

Biologie

Le Silene scouleri est une espèce qui à ce jour n’a pas fait l’objet d’études très poussées. Chez la sous-espèce S. scouleri ssp. grandis, les graines germent probablement au printemps, période où les conditions d’humidité et de température du sol sont le plus favorables. Au Canada, la plante croît lentement, durant le printemps et l’été, et la floraison ne se produit qu’à la fin de l’été ou au début de l’automne. On pense que l’espèce est protérandre (les anthères atteignent la maturité, libèrent leur pollen et se flétrissent avant l’allongement des styles) et essentiellement entomophile, mais probablement capable d’une certaine autopollinisation.

Taille et tendances des populations

Au moins sept populations canadiennes de grand silène de Scouler sont disparues depuis 1897. Il en reste deux, et les données démographiques dont on dispose sont insuffisantes pour permettre de dégager des tendances. La sous-population de l’île Trial ne compte que 5 individus; en dépit d’une exploration minutieuse des lieux, aucune jeune pousse n’a été observée en 2000, en 2001 et en 2002. La sous-population voisine de l’île Little Trial regroupe 23 individus matures. L’îlet Alpha abrite entre 250 et 300 individus; il n’y a eu aucune recherche de jeunes pousses dans ce site en 2000, en 2001 ou en 2002.

Facteurs limitatifs et menaces

Dans le passé, des populations de grand silène de Scouler sont disparues en conséquence de la destruction de leur habitat. La principale menace qui pèse sur les deux populations subsistantes est la dégradation de l’habitat par l’empiètement de graminées et d’arbustes envahissants, la modification du régime des feux, le piétinement et la pollution par les pétroliers. Un faible effort de reproduction et une faible distance de dispersion des graines empêchent le rétablissement des populations disparues.

Importance de l’espèce

En Colombie-Britannique, le Silene scoulerissp. grandis se trouve à la limite nord de son aire, et on peut penser que les populations de cette région possèdent des différences génétiques importantes pour la survie à long terme de l’espèce. Le Silene scouleri est cultivé comme plante ornementale et est disponible dans de nombreux points de vente horticoles. On trouve également dans le commerce des huiles essentielles de Silene scouleri.

Protection actuelle

Il n’existe aucune protection juridique fédérale ou provinciale du Silene scouleri ssp. grandis. Cependant, les deux populations connues sont situées au moins en partie dans une réserve écologique, où toute récolte est interdite. Par contre, ni l’une ni l’autre n’est protégée contre le piétinement, la compétition de mauvaises herbes exotiques, l’empiètement d’arbustes indigènes et la pollution des eaux marines par les pétroliers.

Résumé du rapport de situation

Au Canada, le Silene scouleri ssp. grandis se rencontre uniquement dans trois petites îles situées au large de Victoria, en Colombie-Britannique. Sa zone d’occurrence est de 0,6 km² et sa zone d’occupation, de 0,0158 km² (1,58 ha). Sa répartition est très fragmentée, et la possibilité d’échanges génétiques entre les deux populations est négligeable. Il reste très peu de milieux susceptibles d’être colonisés par le grand silène de Scouler, et ils sont, comme l’habitat actuel du taxon, en voie d’être envahis par des arbustes et graminées exotiques. L’habitat actuel du grand silène de Scouler est piétiné, fauché et parfois traité à l’herbicide. Les deux populations risquent d’être exposées à la pollution des eaux par les pétroliers.

L’effectif canadien du grand silène de Scouler est inférieur à 350 individus. La probabilité que le taxon colonise de nouveaux milieux par dissémination naturelle de graines est très faible, vu la quantité limitée de graines produites et leur manque de structures favorisant la dispersion.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pageb
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page c

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page d

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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