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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le grand iguane à petites cornes (Phrynosoma hernandesi) au Canada - Mise à jour

Résumé

Grand iguane à petites cornes
Phrynosoma hernandesi

Information sur l’espèce

Le grand iguane à petites cornes (Phrynosoma hernandesi) est la seule espèce d'iguanes présente en Alberta et en Saskatchewan. Il s'agit de la plus répandue et de la plus généraliste de toutes les espèces d'iguanes à cornes. Les iguanes à cornes (genre Phrynosoma) sont de petits iguanes (généralement de moins de 100 mm) qui se distinguent par une rangée d'épines protectrices pointues qui font saillie le long de la crête postérieure de leur tête. Leur dos tacheté et leur habileté à demeurer immobiles sont d'excellents moyens de camouflage qui les protègent des prédateurs et les aident à piéger leurs proies.

Répartition

Tous les iguanes à cornes sont endémiques à l'ouest de l'Amérique du Nord. Le grand iguane à petites cornes est la plus répandue des espèces d'iguanes à cornes. Son aire de répartition s'étend du Mexique au sud de l'Alberta et de la Saskatchewan. En Saskatchewan, il est apparemment limité à deux petits secteurs du Parc national des Prairies. En Alberta, l'espèce est plus répandue et est présente en différents endroits le long de quatre importants cours d'eau de la portion sud-est de la province. Ces populations sont isolées et dispersées entre la rivière Saskatchewan Sud, au nord, et la frontière américaine, au sud.

Habitat

Au Canada, le grand iguane à petites cornes préfère les pentes au couvert végétal épars, orientées vers le sud et au sol friable. Il préfère les sols meubles dans lesquels il peut s'enfouir en guise de protection pendant la nuit et l'hiver. Au Canada, les habitats auxquels est associé le grand iguane à petites cornes sont souvent isolés, peu populeux et relativement peu perturbés, sauf à quelques exceptions.

Biologie

La majorité des espèces d'iguanes à cornes se nourrissent principalement de fourmis, mais le grand iguane à petites cornes est plus généraliste et se satisfait de grillons, de coléoptères, d'araignées et d'autres arthropodes. Chez les populations canadiennes, les femelles matures donnent naissance chaque année à la fin de juillet ou au début d'août. La taille des portées varie grandement, mais dépasse 10 petits. Le taux de survie des nouveau-nés est faible. Les mâles adultes sont plus petits que les femelles. Les femelles ont tendance à établir une série de petits territoires à l'intérieur d'un domaine vital plus grand pendant la période d'activité estivale et ne parcourent que des distances relativement courtes. Les mâles se déplacent sans doute davantage. Des activités ont été enregistrées entre avril et novembre dans les populations de l'Alberta.

Taille et tendances des populations

En 2003, les populations de l'Alberta semblaient en déclin. Il y a 4 sites principaux en Alberta et 2 en Saskatchewan. Une estimation extrêmement provisoire de la population a permis d'établir que le nombre d'individus matures en Alberta se situait entre 2 677 et 16 379. Les populations de la Saskatchewan semblent moins denses que celles de l'Alberta et sont confinées à un secteur beaucoup plus petit. Il n'y a aucune donnée sur la taille des populations de la Saskatchewan.

Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, la répartition des iguanes à petites cornes est dictée principalement par le climat. Les menaces à la survie des populations actuelles sont notamment le développement industriel, l'irrigation et l’agriculture intensive, l'exploitation pétrolière et gazière, les caractéristiques linéaires connexes (les pipelines, les chemins, les lignes séismiques); l'exploitation à ciel ouvert proposée de mines d'humate et d’ammonite ainsi que l'urbanisation. Bon nombre de ces menaces sont plus intenses dans la zone écologiquement vulnérable de Manyberries, laquelle contiendrait un tiers de la population de l’Alberta. Les effets anthropiques menacent probablement davantage les populations de l'Alberta que celles de la Saskatchewan.

Importance de l’espèce

Le grand iguane à petites cornes est la seule espèce d'iguanes présente en Alberta et en Saskatchewan. Ces populations sont les plus septentrionnales de tout le genre Phrynosoma, lequel est endémique à l'Amérique du Nord, et sont adaptées au climat extrême des prairies canadiennes.

Protection existante

Le grand iguane à petites cornes a récemment été désigné espèce en voie de disparition (Endangered) en Alberta, où la cote provinciale de S2 correspond à « de 6 à 20 occurrences ou moins, ou à de nombreux individus dans un nombre limité d'emplacements ». En Saskatchewan, l'espèce figure sur la liste des espèces vulnérables (Vulnerable) (désignation proposée). Dans cette province, l'espèce a reçu la cote de S2S3 parce qu'elle est à mi-chemin entre ces deux catégories (S2; S3). La cote S2 est accordée en Saskatchewan à une espèce comptant entre « 6 et 20 occurrences ou quelques individus restants » et la cote S3 à une espèce comptant entre « 21 et 100 occurrences et pouvant occuper une aire provinciale restreinte ». Au Montana, le grand iguane à petites cornes est inscrit sur la liste des espèces préoccupantes (Species of Concern) et a reçu la cote S3, laquelle est accordée aux espèces qui « peuvent être à risque en raison d'un nombre d'individus, d'une aire de répartition ou d'un habitat limité ou potentiellement en déclin, et ce, même si elles peuvent être abondantes dans certains secteurs ».

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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