Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Programme de rétablissement du mormon (Apodemia mormo), population des montagnes du Sud, au Canada - 2017 [Proposition]

Partie 2 - Programme de rétablissement du mormon (Apodemia mormo), population des montagnes du Sud, en Colombie-Britannique, préparé par la Southern Interior Invertebrates Recovery Team pour le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique

Programme de rétablissement du mormon (Apodemia mormo), population des montagnes du Sud, en Colombie-Britannique

Photo de partie 2 couverture de document

Ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique
Préparé par la Southern Interior Invertebrates Recovery Team
Février 2008


Information sur le document

À propos de la série de Programmes de rétablissement de la Colombie-Britannique

La présente série réunit les documents de rétablissement visant à conseiller le gouvernement de la Colombie-Britannique quant à l'approche générale à adopter pour le rétablissement des espèces en péril. Le gouvernement provincial prépare les documents de rétablissement pour respecter ses engagements relativement au rétablissement des espèces en péril dans le cadre de l'Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l'Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

Qu'est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est le processus visant à arrêter ou à inverser le déclin des espèces en voie de disparition, menacées ou disparues de la province ainsi qu'à éliminer ou à réduire les menaces auxquelles elles sont exposées, de façon à augmenter leurs chances de survie à l'état sauvage.

Qu'est-ce qu'un document de rétablissement provincial?

Les programmes de rétablissement présentent les meilleures connaissances scientifiques disponibles pour déterminer ce qui doit être fait afin de rétablir une espèce ou un écosystème. Ces documents décrivent les connaissances et les lacunes à propos d'une espèce ou d'un écosystème; ils cernent aussi les menaces pesant sur une espèce ou un écosystème et expliquent les mesures à prendre pour les atténuer. Les programmes de rétablissement fixent les buts et les objectifs du rétablissement de l'espèce ou de l'écosystème, et recommandent des approches pour assurer ce rétablissement.

En général, la préparation du programme est confiée à une équipe de rétablissement composée de membres des organismes responsables de la gestion de l'espèce ou de l'écosystème, d'experts issus d'autres organismes, de chercheurs universitaires et de représentants des groupes de conservation, des Autochtones et des autres parties intéressées, selon les besoins.

Prochaines étapes

Dans la plupart des cas, on procède à l'élaboration d'un ou de plusieurs plans d'action pour définir et orienter la mise en œuvre du programme de rétablissement. Les plans d'action comprennent des renseignements plus détaillés sur ce qui doit être fait pour atteindre les objectifs du programme de rétablissement. Le programme de rétablissement fournit toutefois de l'information précieuse sur les menaces qui pèsent sur l'espèce et sur ses besoins en matière de rétablissement. Cette information peut servir aux particuliers, aux collectivités, aux utilisateurs des terres et à toute personne soucieuse du rétablissement des espèces en péril.

Pour en savoir davantage

Pour en savoir davantage sur le rétablissement des espèces en péril en Colombie-Britannique, veuillez consulter la page Web du ministère de l'Environnement portant sur la planification du rétablissement (en anglais seulement)

Référence recommandée

Southern Interior Invertebrates Recovery Team. 2008. Programme de rétablissement du mormon (Apodemia mormo), population des montagnes du Sud, en Colombie-Britannique, préparé pour le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 16 p.

Photographie de la couverture

Photo fournie par Orville Dyer.

Exemplaires supplémentaires

On peut télécharger la version anglaise anglaise du présent document à partir de la page Web du ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique portant sur la planification du rétablissement Web du ministère de l'Environnement portant sur la planification du rétablissement (en anglais seulement)

Le contenu du présent document (sauf les illustrations) peut être utilisé sans permission, à condition que la source en soit adéquatement mentionnée.

Avis

Ce programme de rétablissement a été préparé par la Southern Interior Invertebrates Recovery Team, à titre d'avis aux autorités responsables et aux organismes responsables qui pourraient participer au rétablissement de l'espèce. Le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique a obtenu cet avis afin de respecter ses engagements aux termes de l'Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l'Accord Canada – Colombie-Britannique sur les espèces en péril.

Ce document présente les stratégies de rétablissement jugées nécessaires pour rétablir les populations du mormon (populations des montagnes du Sud) en Colombie-Britannique, à la lumière des meilleures connaissances scientifiques et traditionnelles dont nous disposons. Les mesures de rétablissement à adopter pour atteindre les buts et les objectifs exposés dans le présent programme sont assujetties aux priorités et aux contraintes budgétaires des organismes participants. Ces buts, objectifs et approches pourraient être modifiés de manière à tenir compte de nouveaux objectifs et de nouvelles conclusions.

Les autorités responsables et tous les membres de l'équipe de rétablissement ont eu l'occasion d'examiner ce document. Malgré tout, le contenu ne reflète pas nécessairement la position officielle des organismes concernés ou les opinions personnelles de tous les particuliers qui siègent à l'équipe de rétablissement.

Le rétablissement de cette espèce dépend de l'engagement et de la coopération d'un grand nombre d'intervenants qui participent à la mise en œuvre des orientations exposées dans le présent programme. Le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique invite tous les citoyens de la province à participer au rétablissement du mormon (population des montagnes du Sud).

Membres de l'équipe de rétablissement

Southern Interior Invertebrates Recovery Team

Orville Dyer, Ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique, Penticton  (Colombie-Britannique) (coprésident)
Jennifer Heron, ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique, Vancouver (Colombie-Britannique) (coprésidente)
Sylvie Desjardins, Université de la Colombie-Britannique, campus Okanagan, Kelowna (Colombie-Britannique)
Stephen Hureau, Environnement Canada, Service canadien de la faune, Delta, (Colombie-Britannique)
Brent Persello, Ministère des Transports de la Colombie-Britannique, Kamloops (Colombie-Britannique)
Howie Richardson, Collège Okanagan, Penticton (Colombie-Britannique)
Dennis St. John, Entomologiste privé, Okanagan Falls (Colombie-Britannique)
Geoff Scudder, Université de la Colombie-Britannique (professeur émérite), Vancouver (Colombie-Britannique)
Bryn White, Collège Okanagan, Penticton (Colombie-Britannique)

Conseillers techniques

Ron Hall, Bande indienne d'Osoyoos (Nk'Mip), Osoyoos (Colombie-Britannique)
Carrie Terbasket, Bande indienne de Lower Similkameen, Keremeos (Colombie-Britannique)

Auteurs

Southern Interior Invertebrates Recovery Team

Autorités responsables

Le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique (MECB) a la responsabilité de produire un programme de rétablissement pour le mormon (population des montagnes du Sud) en vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril au Canada. Le ministère des Transports de la Colombie-Britannique et le Service canadien de la faune (SCF) d'Environnement Canada ont participé à la préparation du présent programme de rétablissement.

Remerciements

Dennis St. John a donné une importante formation et des conseils en matière d'inventaire, en plus d'être de bonne compagnie. Sylvie Desjardins, du campus Okanagan de l'Université de la Colombie-Britannique, a élaboré et lancé un programme de recherche sur la population et a fait d'importants commentaires sur l'ébauche du programme de rétablissement. Howie Richardson, du Collège Okanagan, élabore un modèle de viabilité de population. Orville Dyer, Jennifer Heron et Bryn White ont rédigé la première ébauche du présent programme de rétablissement. La Southern Interior Invertebrates Recovery Team a également révisé le document. Toni Frisby, de Terasen Gas, a gracieusement fourni des rapports d'évaluation environnementale. Dennis St. John, Chris Wood et Orville Dyer ont fourni les cartes. Lucy Reiss, Blair Hammond, Wendy Dunford et Patricia Hayes, tous du SCF, ainsi que Jeff Brown et Kari Nelson, tous deux du MECB, ont également fait des commentaires utiles sur le document. Crystal Klym (Collège Okanagan) et Tricia Klein (MECB) ont contribué aux révisions. Ros Penty a établi la version finale du document. Le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique, le Habitat Conservation Trust Fund et le Collège Okanagan ont assuré le financement et le soutien administratif.

Sommaire

Le mormon est un papillon diurne de taille moyenne dont l'envergure des ailes varie de 25 à 35 mm. Il en existe deux populations distinctes au Canada : la population des montagnes du Sud en Colombie-Britannique et la population des Prairies en Saskatchewan. Le présent programme de rétablissement ne concerne que la population des montagnes du Sud. Cette population a été désignée « espèce en voie de disparition » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en 2003 et inscrite à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril en janvier 2005.

La population de mormons des montagnes du Sud est présente dans la vallée de la basse Similkameen, près de la ville de Keremeos, dans le centre-sud de la Colombie-Britannique. L'espèce a disparu du sud de la vallée de l'Okanagan, où ses mentions historiques remontent au début du 20e siècle. Son habitat comprend des flancs de collines, des pentes et des talus au sol sableux ou graveleux où poussent la bigelovie puante (Ericameria nauseosus) et l'ériogone des neiges (Eriogonum niveum) en densités modérées à élevées. La chenille du mormon a besoin de l'ériogone des neiges pour se nourrir et peut-être des tiges ou de la litière de feuilles mortes de cette plante pour hiberner. L'adulte a besoin d'un ériogone des neiges mature pour y pondre ses œufs et d'ériogones des neiges et bigelovies en fleurs pour se nourrir de leur nectar. La population de mormons des montagnes du Sud compte plus de 2 000 individus restreints à environ 15 ha d'habitat non préservé et semble isolée des populations connues les plus proches aux États-Unis.

Les principales menaces générales qui pèsent sur l'espèce sont la perte et la dégradation d'habitat en raison des activités d'entretien des corridors de transport et de services publics, du développement urbain et agricole, des pratiques agricoles, de la circulation de véhicules tout-terrain et des incendies.

Le but de rétablissement de la population de mormons des montagnes du Sud est de maintenir au moins une population viable dans de l'habitat préservé à l'intérieur de l'aire de répartition historique de l'espèce en Colombie-Britannique.

De l'habitat préservé est de l'habitat qui est géré de façon à maintenir l'espèce à long terme (> 100 ans). La préservation de l'habitat nécessitera la mise en place d'une approche d'intendance de terres se trouvant sous divers régimes fonciers axée sur la coopération volontaire de propriétaires et de gestionnaires afin de protéger l'espèce et l'habitat dont elle dépend.

Il manque actuellement de données permettant de quantifier les besoins à long terme de l'espèce en matière de population et d'habitat, son habitat essentiel et son cycle vital. Ces lacunes dans les connaissances seront comblées par de la recherche et un calendrier d'études visant à désigner l'habitat essentiel.

Voici les objectifs de rétablissement :

  1. Préserver au moins 13,5 ha (90 %) de l'habitat connu, actuellement occupé par l'espèce dans la région de la Similkameen d'ici 2012.
  2. Élaborer et lancer un programme de recherche avec ordre de priorité d'ici 2009 et terminer la recherche pour 2012 afin de combler les principales lacunes dans les connaissances, concernant notamment l'abondance et la répartition de la population, ses besoins en matière d'habitat, ses capacités de dispersion et les menaces potentielles.  
  3. Déterminer s'il est réalisable de réétablir au moins une population viable de mormons dans de l'habitat préservé dans la vallée de l'Okanagan d'ici 2011. Si oui, un programme de réintroduction sera inclus d'ici 2012 dans un plan d'action pour le rétablissement de l'espèce.

Un ou plusieurs plans d'action pour le rétablissement seront achevés d'ici 2012.

Contexte

Évaluation de l'espèce par le COSEPAC

Date de l'évaluation :
Mai 2003 (nouvelle)
Nom commun (population) :
Mormon (population des montagnes du Sud)
Nom scientifique :
Apodemia mormo
Statut :
Espèce en voie de disparition
Justification de la désignation :
La population des montagnes du Sud du mormon est très petite et isolée, un cas isolé septentrional d'une espèce dont la principale aire de répartition se trouve dans le sud-ouest des États-Unis. Les papillons sont confinés à une très petite aire dans une vallée étroite dans une région peuplée du sud de la Colombie-Britannique. Le fond de la vallée est également une importante voie de circulation et de services publics. Le papillon est vulnérable aux événements stochastiques naturels, et les activités des humains peuvent facilement entraîner la disparition du Canada des colonies.
Répartition au Canada :
Colombie-Britannique
Historique du statut :
Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2003. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

Description de l'espèce

Le papillon mormon (figures 1 et 2) a une envergure de 25 à 35 mm. Le dessus des ailes présente un fond brun foncé, et le dessous un fond plutôt gris. La portion centrale des ailes antérieures est brun rougeâtre depuis le point d'attache de ces ailes jusqu'au deux tiers de la longueur de celles-ci, sur les deux faces. Le dessus et le dessous des ailes sont couverts de taches blanches. Le corps est gris, avec des marques blanches sur les côtés et entre les segments; les yeux sont verts, et les antennes sont annelées de noir et de blanc en alternance (COSEWIC, 2003). Le papillon adulte s'observe du début d'août à la fin de septembre, l'activité étant le plus élevée à partir de la mi-août (Guppy et Shepherd, 2001; S. Desjardins, comm. pers., 2007).

Figure 1. Dessous des ailes du mormon.
Photo de dessous des ailes du mormon. (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 1

La figure 1 montre une vue de côté du dessous des ailes du mormon.

Figure 2. Dessus des ailes du mormon.
Photo de dessus des ailes du mormon. (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 2

La figure 2 montre une vue d'en haut du dessus des ailes du mormon.

Populations et répartition

L'aire de répartition du mormon s'étend depuis le nord du Mexique, dans l'ouest des États-Unis et jusqu'au sud de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan, au Canada (figure 3) (COSEWIC, 2003).

Il n'existe pas d'estimation de sa population mondiale. À l'échelle mondiale, le mormon est classé G5 (non en péril). À l'échelle nationale, il est classé N5 (non en péril) aux États-Unis et N1 (en péril) au Canada. L'espèce n'est pas classée (SNR) dans les États suivants : Arizona, Idaho, Nevada, Nouveau-Mexique, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Orégon, Texas, Wyoming, et Utah. Elle est classée S5 (non en péril) en Californie et au Colorado, S4 (apparemment non en péril) dans l'État de Washington et vulnérable à non en péril (S3S5) au Montana. Au Canada, l'espèce est classée S1 (en péril) en Colombie-Britannique et S3 (vulnérable) en Saskatchewan (NatureServe, 2007).

D'après la répartition de l'espèce, la population de mormons des montagnes du Sud au Canada représente moins de 1 % de la population mondiale. L'aire de répartition de l'espèce au Canada abrite deux populations isolées (COSEWIC, 2003). La population des Prairies (qui n'est pas visée par le présent programme de rétablissement) se trouve dans le parc national des Prairies et à proximité, dans le sud-ouest de la Saskatchewan. La population des montagnes du Sud se trouve dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, près de la ville de Keremeos, dans la vallée de la basse Similkameen; l'espèce a disparu du sud de la vallée de l'Okanagan (figure 4). La population qui reste dans la vallée de la basse Similkameen occupe plusieurs petites parcelles d'habitat, totalisant 15 ha, qui s'étendent le long de la rivière Similkameen, depuis près de la frontière américaine jusqu'à Keremeos au nord et jusqu'à la vallée du ruisseau Shoemaker à l'est. L'espèce est également présente dans un site apparemment isolé à Olalla, 6 km au nord de Keremeos; deux nouveaux sites non confirmés ont récemment été signalés à environ 6 km au nord d'Olalla (C.S. Guppy, comm. pers., 2005). Il existe probablement d'autres parcelles d'habitat occupé, mais leur emplacement demeure inconnu, notre connaissance de la répartition de l'espèce étant incomplète.

Figure 3. Aire de répartition de l'Apodemia mormo en Amérique du Nord. Les populations dans les régions en gris ont été considérées comme n'appartenant pas à l'espèce Apodemia mormo par Opler (1999). Carte établie d'après Opler (1999) et Pyle (2002).
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 3

La figure 3 montre une carte de l'Amérique du Nord sur laquelle les zones en gris dans l'ouest du continent représentent des régions qu'Opler (1999) a exclues de l'aire de répartition de l'Apodemia mormo.

Figure 4. Aire de répartition de la population de mormons des montagnes du Sud.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 4

La figure 4 montre l'aire de répartition de la population de mormons des montagnes du Sud de la Colombie-Britannique. La figure montre l'aire de répartition actuelle dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, laquelle s'étend des environs de Keremeos jusqu'à la frontière avec les États-Unis. La figure montre également une aire de répartition historique estimée d'où l'espèce a disparu, laquelle s'étend d'Okanagan Falls jusqu'à Osoyoos au sud.

La tendance de la répartition de la population des montagnes du Sud est peu documentée. L'espèce a disparu du sud de la vallée de l'Okanagan, ce qui laisse croire que sa zone d'occurrence a diminué de plus de 50 %, d'après la cartographie de l'habitat potentiel (BCMOE, 2004) et les observations historiques. La tendance de l'aire de répartition de l'espèce dans la vallée de la basse Similkameen n'est pas connue, mais cette aire pourrait s'être étendue à l'habitat créé par la construction de corridors de transport (COSEWIC, 2003). Malgré cette possible expansion de l'aire de répartition, les populations pourraient subir des effets néfastes des activités d'entretien des corridors.

La population des montagnes du Sud varie sans doute d'une année à l'autre. Elle a déjà été estimée à moins de 250 individus (COSEWIC, 2003), mais de récentes données inédites laissent croire qu'elle est de plus de 2 000 individus (S. Desjardins, comm. pers., 2007).

La tendance de l'abondance de la population des montagnes du Sud n'a pas été complètement documentée. L'espèce a disparu du sud de la vallée de l'Okanagan, ce qui indiquerait un déclin à long terme de l'abondance totale. La population actuelle fluctue sans doute d'une année à l'autre. Aucune tendance claire ne peut être dégagée des données limitées.

Les simulations préliminaires effectuées au moyen du logiciel RAMAS GIS pour les mormons de la région de Keremeos appuient l'idée selon laquelle la population des montagnes du Sud serait viable, malgré la forte variabilité de la capacité limite du milieu et du taux de reproduction, si l'habitat était protégé. Les prévisions à long terme (100 ans) fondées sur les valeurs les plus probables des paramètres démographiques et liés à l'habitat indiquent que la population totale fluctuerait autour d'un nombre d'individus aussi faible que 1500 (Richardson, données inédites).

Les populations de mormons au sud de Cawston, à Olalla et dans le site le plus à l'ouest le long de la rivière Similkameen ne seraient viables à long terme que si elles étaient beaucoup plus grandes que ce qui semble raisonnable, d'après les données actuelles, ou que si les taux de dispersion étaient beaucoup plus élevés que ne l'indiquent les données de marquage-recapture (Desjardins, données inédites, 2007; Richardson, données inédites, 2007). L'analyse de viabilité de population pour le mormon sera poursuivie (Richardson, comm. pers., 2007).

Besoins du mormon

Besoins biologiques et besoins en matière d'habitat

L'habitat du mormon comprend des flancs de collines, des pentes érodées et des talus à sol sableux ou graveleux abritant des bigelovies puantes (Ericameria nauseosus) et des ériogones des neiges (Eriogonum niveum) en densités modérées à élevées. La chenille du mormon a besoin de l'ériogone des neiges pour se nourrir et peut-être des tiges ou de la litière de feuilles mortes de cette plante pour hiberner. L'adulte a besoin d'un ériogone des neiges mature pour y pondre ses œufs et d'ériogones des neiges et bigelovies en fleurs pour se nourrir de leur nectar (COSEWIC, 2003). Ces plantes hôtes larvaires et ces plantes nectarifères sont largement répandues, mais seuls quelques sites où elles sont présentes sont occupés par le mormon, ce qui indique que notre connaissance des besoins de l'espèce en matière d'habitat est incomplète. Tous les sites connus se trouvent dans la zone biogéoclimatique à graminées cespiteuses à des altitudes inférieures à 520 m au-dessus du niveau de la mer (BCMOE, 2004). Le mormon dépend d'un réseau de parcelles d'habitat bien reliées entre elles. Les parcelles occupées en Colombie-Britannique se trouvent dans de l'habitat continu, leur superficie étant habituellement de plus de 0,1 ha.

Les tendances en matière d'habitat ne sont pas nettes. L'espèce utilise des microsites dans trois types de milieux biophysiques naturels (Lea et al. 1998). Les superficies de deux de ces types de milieux, soit les milieux dénudés et les milieux dominés par l'armoise et la stipe chevelue, ont diminué respectivement de 45 % et de 54 %, en raison de la perte et de l'altération d'habitat (Lea et al., données inédites, 2007). La superficie du troisième type de milieu, le milieu à sol épais dominé par l'agropyre à épi et le pâturin de Sandberg, n'a pas beaucoup diminué. Le mormon a disparu du bassin hydrographique de l'Okanagan, où il était sans doute présent surtout dans les milieux dominés par la purshie tridentée et la stipe chevelue, dont la superficie a diminué de 62 %. Le mormon fréquente également deux types de milieux modifiés par les humains, soit des gravières et des pâturages secs, dont la superficie a légèrement augmenté. Bon nombre des colonies de mormons connues fréquentent des microsites perturbés dans des corridors de transport et de services publics. Ces microsites pourraient avoir augmenté en nombre en raison de la construction des corridors, mais ils peuvent subir des effets néfastes des activités d'entretien ou de construction supplémentaire. La qualité et la fragmentation de l'habitat n'ont pas été quantifiées, mais elles influent sans doute sur la répartition du mormon.

Rôle écologique

Le rôle écologique du mormon n'a pas fait l'objet de recherches, mais il constitue un important élément de la valeur de conservation des écosystèmes indigènes de la Colombie-Britannique. Le mormon est considéré comme étant une espèce focale pour la conservation des papillons dans l'intérieur méridional de la province, et sa dépendance à l'égard de quelques plantes hôtes montre la complexité de ces écosystèmes. Bien qu'il ne soit pas considéré comme un pollinisateur essentiel de la bigelovie puante ou de l'ériogone des neiges et qu'il ne semble pas jouer d'autres rôles écologiques essentiels (p. ex. dans la dynamique du réseau trophique), le mormon est souvent abondant à l'échelle locale, et tant les chenilles que les adultes peuvent servir de nourriture pour des chauves-souris, des petits mammifères et des oiseaux. L'alimentation de la chenille endommage les ériogones des neiges, mais ne les tue pas. Le mormon est sans doute l'hôte de parasites à tous ses stades de vie.

Facteurs limitatifs

Voici les facteurs biologiquement limitatifs pour le mormon (bon nombre de ces facteurs ne sont pas bien compris) :

Spécificité alimentaire : En Colombie-Britannique, le mormon adulte se nourrit du nectar de très peu d'espèces végétales. On sait qu'il s'abreuve du nectar de la bigelovie puante (Ericameria nauseosus), de la clématite à feuille de livèche (Clematis ligusticifolia) et de l'ériogone des neiges (Eriogonum niveum). La chenille ne dépend que de l'ériogone des neiges pour s'alimenter (Guppy et Shepard, 2001).

Période de floraison de la plante hôte : La période de floraison des plantes dont se nourrit le papillon doit coïncider avec l'émergence de celui-ci pour lui assurer une source de nectar. Si la période de floraison est retardée ou modifiée, la sénescence de la plante pourrait nuire à la survie des adultes ou entraîner la disparition de l'espèce d'un site. Le mormon se trouvant en Colombie-Britannique à la limite nord de son aire de répartition, il pourrait être touché par des facteurs climatiques qui modifient la période de floraison des plantes nectarifères.

Capacité de dispersion : Le mormon a une capacité de dispersion limitée (maximum de 4 km), une brève vie adulte (jusqu'à 21 jours) et une seule période de vol par année, ce qui limite le potentiel de colonisation dans le paysage fragmenté (COSEWIC, 2003; S. Desjardins, données inédites, 2007). Bon nombre des sites occupés se trouvent à des distances relativement grandes des autres. Les populations sont vulnérables aux événements stochastiques naturels et à la disparition locale, et la recolonisation est probablement limitée dans certains sites.

Besoins en matière de sol, de pente et d'orientation des sites : La plupart des sites connus se trouvent sur des pentes de sol graveleux érodées et orientées vers le sud. Le paysage présente peu d'endroits qui réunissent ces caractéristiques apparemment importantes de l'habitat. L'apparente dépendance du mormon à l'égard de ces caractéristiques de l'habitat n'est pas comprise, mais elle pourrait être limitative.

Menaces

Description des menaces

Les menaces qui pèsent sur le mormon seront précisées dans le plan d'action pour cette espèce. Voici, en ordre décroissant de gravité, les menaces pour le mormon :

Perte ou dégradation d'habitat : Les activités de construction et d'entretien de corridors de transport et de services publics constituent les principales menaces qui pèsent sur l'espèce. Ces menaces s'appliquent à la plupart des parcelles d'habitat occupées, y compris les sites qui abritent les plus fortes densités de population. Les activités comme l'installation ou la réparation de conduites de gaz naturel, les travaux d'entretien des fossés visant à éliminer les débris d'érosion et à reconfigurer les pentes des fossés, le fauchage de la végétation ou l'épandage d'herbicides et l'élimination autour des poteaux de ligne électrique de la végétation susceptible de servir de combustible en cas d'incendie peuvent entraîner la destruction d'œufs et de chenilles et la disparition temporaire ou permanente des plantes servant de sources de nourriture ou de sites de ponte. Ces activités constituant une menace potentielle sont présentes dans la région générale occupée par le mormon, mais la probabilité qu'elles aient des impacts à tel ou tel site reste à évaluer.

Le développement agricole et urbain, l'extraction de gravier, la circulation de véhicules tout-terrain, l'élimination des résidus agricoles, les feux, l'aménagement paysager et l'irrigation de plantes ornementales, le pâturage intensif et le piétinement par le bétail constituent des menaces secondaires. Chacune de ces menaces ne concerne qu'un ou deux sites, mais collectivement elles pourraient avoir des impacts sur la majeure partie de l'habitat connu. Ces activités pourraient, de façon permanente ou temporaire, détruire de l'habitat, notamment des plantes servant de sources de nourriture ou de sites de ponte, et tuer des adultes, des œufs ou des chenilles.

Voici les menaces générales qui ne sont pas bien comprises et qui doivent être précisées :

  • Des changements dans la dynamique écologique ou les processus naturels liés au changement et à la variabilité climatiques pourraient causer la sénescence prématurée des plantes nectarifères ou retarder ou empêcher la floraison.
  • Des espèces végétales exotiques introduites pourraient concurrencer les plantes hôtes ou altérer l'habitat.
  • La pollution par des pesticides ou des herbicides pourrait tuer des papillons, des chenilles ou des plantes hôtes, ou réduire leur valeur adaptative (COSEWIC, 2003).

Mesures achevées ou en cours

  • St. John (1996) a effectué un relevé des papillons diurnes rares, y compris le mormon, dans le sud de la vallée de l'Okanagan et la vallée de la basse Similkameen.
  • L'inventaire et le suivi du mormon dans son aire de répartition connue en Colombie-Britannique ont été effectués la plupart des années entre 2001 et 2007, y compris un relevé mené conjointement avec des biologistes de l'État de Washington.
  • Le programme de conservation de l'Okanagan Sud et de la Similkameen, qui adopte une démarche de partenariat pour la conservation de l'habitat dans la région, a été établi en 2000.
  • L'évaluation des impacts environnementaux du projet de gazoduc Inland Pacific Connector Gas Pipeline, y compris des relevés du mormon et des recommandations pour atténuer les impacts sur l'espèce, a été réalisée en 2002.
  • En 2005, l'organisme The Land Conservancy a pris contact avec les propriétaires de terrains abritant de l'habitat important.
  • En 2005, la bande indienne de Lower Similkameen et l'Okanagan Similkameen Conservation Alliance ont organisé un festival communautaire mettant en vedette le mormon.
  • En 2005, le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique a lancé des discussions préliminaires avec le ministère des Transports de la province.
  • L'Université de la Colombie-Britannique (campus Okanagan) a réalisé des études de marquage-recapture et des études génétiques de 2005 à 2007 (S. Desjardins. données inédites, 2007.).
  • En 2007, le Collège Okanagan a réalisé une analyse préliminaire de viabilité de population (H. Richardson, données inédites, 2007.).

Lacunes dans les connaissances

  1. Estimations de population et de répartition pour les sites connus et quantification de la densité de mormons en fonction de ses plantes hôtes (clairsemées ou denses; en floraison ou non).  
  2. L'inventaire de l'habitat potentiel, de la taille des populations et de la répartition du mormon est incomplet, ce qui nécessite des relevés supplémentaires. Il n'existe pas de suivi des paramètres de population, notamment des fluctuations d'abondance, de l'immigration, du recrutement, de la persistance et de la distance de dispersion. Un programme de suivi à long terme devrait être établi et mis en œuvre.  
  3. Amélioration des cartes de répartition et des estimations de l'abondance des plantes hôtes aux sites connus et potentiels.
  4. Détermination de la capacité de dispersion des mormons adultes par des études de marquage-recapture.
  5. Détermination de la structure de population dans chaque site ainsi que de la connectivité entre les populations isolées.
  6. Évaluation de l'utilisation par le mormon des colonies clairsemées d'ériogone des neiges non en floraison pour la reproduction et la croissance des chenilles.
  7. Expansion de la recherche sur la remise en état de l'habitat des populations de mormons dans le sud de la vallée de l'Okanagan, y compris sur des méthodes visant à réduire la végétation stabilisatrice et à accroître les ressources en plantes hôtes.
  8. Besoins en matière de recherches visant à préciser les menaces : Il faut effectuer de la recherche afin d'évaluer les menaces pour l'habitat que pourraient présenter l'expansion et l'entretien des corridors de transport et de services publics, l'extraction d'agrégats, les mauvaises herbes envahissantes, la gestion des propriétés adjacentes et les feux de végétation. De la recherche est également nécessaire pour évaluer les menaces que pourraient présenter l'utilisation de pesticides et le bétail pour tous les stades de vie du mormon.  
  9. De la recherche supplémentaire pourrait également être nécessaire pour évaluer les impacts possibles de la prédation, du parasitisme, des variations climatiques, ainsi que de la faible abondance et de l'isolement des populations.
  10. Des connaissances traditionnelles autochtones ne sont pas disponibles.

Rétablissement

Caractère réalisable du rétablissement

Environnement Canada définit le rétablissement comme le processus par lequel le déclin d'une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces à sa survie sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de persistance de l'espèce à l'état sauvage. Une espèce sera considérée comme rétablie lorsque sa persistance à long terme à l'état sauvage aura été assurée. Le caractère réalisable du rétablissement du mormon dépend principalement de notre capacité d'assurer la survie des populations existantes et d'éliminer les menaces qui pèsent sur elles.

Le rétablissement du mormon est techniquement et biologiquement réalisable, avec un effort faible à modéré. Une population existe pour soutenir le rétablissement. Il semble exister une quantité raisonnable d'habitat d'après la cartographie biophysique et la vérification préliminaire sur le terrain. La plupart des menaces connues peuvent être contrées grâce à des ententes de gestion coopérative. Le rétablissement ne dépend pas de techniques expérimentales. Le rétablissement nécessitera l'inventaire et le suivi des populations, l'intendance et la gestion de l'habitat, ainsi que de la recherche sur les populations et l'habitat. Il nécessitera peut-être aussi la réintroduction de l'espèce à certains endroits et la remise en état d'habitat. Les critères servant à évaluer le caractère réalisable du rétablissement du mormon sur les plans technique et écologique sont énumérés au tableau 1 et abordés dans les sections suivantes.

Tableau 1. Critères servant à évaluer le caractère réalisable du rétablissement du mormon sur les plans technique et écologique.
Critère de rétablissementMormon
1.  Y a-t-il actuellement des individus capables de se reproduire pour accroître le taux de croissance de la population ou son abondance?Oui
2.  Existe-t-il suffisamment d'habitat pour soutenir l'espèce, ou pourrait-on en créer par des mesures de gestion ou de remise en état de l'habitat?Oui
3.  Les principales menaces pesant sur l'espèce ou son habitat peuvent-elles être évitées ou atténuées par des mesures de rétablissement?Oui
4.  Les techniques de rétablissement nécessaires existent-elles, et leur efficacité est-elle démontrée?Oui
  1. Capacité inhérente de l'espèce de se reproduire : Nous estimons qu'il y a plus de 2 000 mormons en Colombie-Britannique. Cette population persiste depuis plus de 20 ans dans l'habitat existant, ce qui indique l'existence d'individus capables de se reproduire. Nous ignorons si ces individus peuvent repeupler des habitats rapidement (d'ici 25 ou 50 ans). Il existe peu de données sur la structure de population et la capacité de reproduction de l'espèce.
  2. Disponibilité actuelle d'habitat de qualité : D'après les données disponibles, les sites actuellement occupés semblent pouvoir soutenir l'espèce durant au moins 20 ans.
  3. Caractère réalisable de l'élimination ou de l'atténuation des menaces : D'après les discussions préliminaires avec les gestionnaires des principales terres concernées, il semble possible d'éliminer ou d'atténuer la plupart des menaces pesant sur l'habitat grâce à des accords d'intendance.
  4. Techniques de rétablissement efficaces : Des accords d'intendance constitueront la principale technique de rétablissement utilisée. Ces accords sont largement utilisés et peuvent être efficaces. Le caractère réalisable de la réintroduction d'une deuxième population dans la vallée de l'Okanagan doit être évalué.

But de rétablissement

Maintenir une population viable de mormons dans de l'habitat préservéNote 8 de bas de page à l'intérieur de l'aire de répartition historique de l'espèce dans le sud de la vallée de l'Okanagan et la vallée de la basse Similkameen, en Colombie-Britannique.

Justification du but et des objectifs de rétablissement

Comme c'est le cas pour de nombreuses autres espèces de papillons rares, il manque de données adéquates sur la répartition historique du mormon. Rien n'indique que l'espèce était abondante ou largement répandue en Colombie-Britannique. Il manque actuellement de données permettant d'établir des cibles quantitatives à long terme en matière de population et d'habitat.

Le rétablissement devrait consister d'abord à accroître la probabilité de persistance de l'espèce à l'état sauvage aux sites occupés. Ensuite, il est recommandé (bien que cela pourrait ne pas être nécessaire pour le rétablissement de l'espèce) de rétablir la population disparue dans la vallée de l'Okanagan pour maintenir, si possible, deux populations distinctes dans l'aire de répartition historique afin de réduire les risques de disparition de l'espèce du pays en cas d'impacts catastrophiques sur une population. Toutefois, on ignore si l'habitat historiquement occupé par l'espèce dans la vallée de l'Okanagan est encore fonctionnel ou s'il pourrait être remis en état. Dans les objectifs à court terme, il est recommandé de combler cette lacune et d'autres lacunes dans les connaissances. On pourrait envisager des réintroductions de l'espèce s'il existe de l'habitat convenable préservé. Les lacunes dans les connaissances seront comblées par la réalisation du plan d'action pour l'espèce en vue de préciser les buts de rétablissement. Il faut maintenir l'espèce à court terme pendant que l'on comble les lacunes dans les connaissances. Une cible provisoire de préservation d'habitat pour maintenir l'espèce est présentée dans les objectifs plus bas. D'après le consensus de l'équipe de rétablissement en l'absence de solides données scientifiques, l'objectif de préservation de 13,5 ha est jugé nécessaire pour soutenir l'espèce à court terme, et réalisable d'ici cinq ans. Les sites choisis seront généralement de plus grande superficie et bien reliés spatialement. Les cibles pourront être modifiées à mesure que davantage de données seront obtenues.

Objectifs de rétablissement (2008 à 2012)

  1. Préserver au moins 13,5 ha (90 %) de l'habitat connu, actuellement occupé par l'espèce dans la région de la Similkameen d'ici 2012.
  2. Élaborer et lancer un programme de recherche avec ordre de priorité d'ici 2009 et terminer la recherche pour 2012 afin de combler les principales lacunes dans les connaissances, concernant notamment l'abondance et la répartition de la population, ses besoins en matière d'habitat, ses capacités de dispersion et les menaces potentielles.  
  3. Déterminer s'il est réalisable de réétablir une population viable de mormons dans de l'habitat préservé dans la vallée de l'Okanagan d'ici 2011. Si oui, un programme de réintroduction sera inclus d'ici 2012 dans un plan d'action pour le rétablissement de l'espèce.  

Approches recommandées pour l'atteinte des objectifs de rétablissement

Les stratégies générales de mise en œuvre du rétablissement comprendront la préservation d'habitat par des mesures d'intendance volontaire et d'acquisition de sites, de la recherche et la sensibilisation du public (tableau 2).

Tableau de planification du rétablissement
Tableau 2. Stratégies et approches pour l'atteinte des objectifs de rétablissement.
ObjectifStratégie ou approche généraleMenace ou
préoccupation visée
Approches recommandées pour l'atteinte des objectifs de rétablissementPriorité
1IntendancePerte ou dégradation d'habitatÉtablir l'ordre de priorité des sites occupés  pour l'intendance de l'habitat.Urgent
1IntendancePerte ou dégradation d'habitatCollaborer avec le ministère des Transports de la Colombie-Britannique à l'élaboration d'un accord d'intendance.Urgent
1IntendancePerte ou dégradation d'habitatCollaborer avec les services publics pour l'intendance de l'habitat sur leurs emprises.Urgent
1IntendancePerte ou dégradation d'habitatCommuniquer avec les propriétaires de terres privées abritant l'espèce et les encourager à assurer l'intendance des sites occupés.Urgent
1IntendancePerte ou dégradation d'habitatCollaborer avec les administrations municipales et régionales à l'élaboration de pratiques de gestion exemplaires ou de lignes directrices pour intégrer l'intendance de l'habitat aux processus de planification, notamment en ce qui concerne le zonage, les permis d'aménagement, l'utilisation de pesticides et l'aménagement paysager de milieux naturels à des fins ornementales.Urgent
2 et 3RechercheLacunes dans les connaissancesCollaborer avec les Premières nations concernées pour trouver et saisir des occasions de projets coopératifs de conservation de l'habitat tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des réserves.Urgent
2 et 3RechercheLacunes dans les connaissancesÉlaborer un plan de communication établissant les publics cibles et les messages clés afin d'améliorer la conservation communautaire.Bénéfique
2 et 3RechercheLacunes dans les connaissancesÉlaborer et commencer à mettre en œuvre une stratégie de recherche détaillée, notamment en ce qui a trait aux besoins prioritaires en matière de recherche biologique et écologique, à la clarification des menaces et aux partenariats de recherche.Urgent
2 et 3RechercheLacunes dans les connaissancesÉlaborer et commencer à mettre en œuvre une stratégie d'inventaire et de suivi.Nécessaire
2 et 3RechercheLacunes dans les connaissancesÉvaluer l'habitat potentiel et la connectivité de l'habitat dans le sud de la vallée de l'Okanagan, en relation avec d'éventuelles réintroductions de l'espèce.Nécessaire
2 et 3RechercheLacunes dans les connaissancesÉvaluer les techniques de réintroduction possibles si la vallée de l'Okanagan abritait de l'habitat convenable.Nécessaire après l'évaluation de l'habitat
2 et 3RechercheLacunes dans les connaissancesRecueillir auprès des groupes autochtones leurs connaissances traditionnelles sur l'espèce.Nécessaire
2 et 3RechercheLacunes dans les connaissancesContinuer d'échanger de l'information et de coordonner les activités avec la Saskatchewan et l'État de Washington.Bénéfique

Mesures de rendement

  • Une superficie de 13,5 ha d'habitat occupé est-elle protégée en date de 2012?
  • Un programme de recherche avec ordre de priorité est-il établi en date de 2009?
  • Dans la vallée de l'Okanagan, le caractère convenable et la connectivité de l'habitat sont-ils évalués en date de 2011?
  • Si l'on déterminait qu'il y a de l'habitat convenable dans la vallée de l'Okanagan, une stratégie de réintroduction est-elle établie en date de 2012?
  • Les principales lacunes dans les connaissances sont-elles comblées en date de 2012?

Habitat essentiel

Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

Aucun habitat essentiel, tel que défini à l'article 2 de Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral, n'est proposé à des fins de désignation à l'heure actuelle. Même si nous en savons beaucoup sur les besoins en matière d'habitat du mormon, il faudra réaliser d'autres travaux plus concluants avant de pouvoir proposer officiellement de l'habitat essentiel. Il est prévu que l'habitat essentiel du mormon soit désigné, dans la mesure du possible, dans le ou les plans d'action, selon les besoins. Le calendrier des études suivant décrit les travaux requis pour désigner l'habitat essentiel.

Calendrier recommandé pour les études visant à désigner l'habitat essentiel
Tableau 3. Calendrier des études.
Description de l'activitéRésultatÉchéancier
Effectuer de la recherche pour quantifier les besoins de l'espèce en matière d'habitat et son utilisation de l'habitat.Quantification des besoins de l'espèce en matière de qualité et de quantité d'habitat, de la distance de dispersion, de l'alimentation, des habitats de ponte et de dispersion, de la taille optimale des parcelles et de la connectivité de l'habitat.2008 à 2012
Effectuer l'inventaire et le suivi de la répartition et de l'abondance de l'espèce, de l'habitat occupé et de l'habitat de rétablissement potentielDétermination plus précise des effectifs, de la répartition, de la persistance, des obstacles au déplacement, de la propriété foncière et des menaces propres à chaque site.2008 à 2012
Élaborer un modèle de viabilité de populationRecenser les options pour établir un réseau de sites gérés de façon à soutenir une population viable à long terme (> 100 ans).2008 à 2012

Approches existantes et recommandées en matière de protection de l'habitat

Aucun des sites connus occupés par l'espèce n'est protégé. La propriété de l'habitat n'a pas été exactement déterminée, mais ces terres semblent comprendre des terres appartenant au gouvernement de la Colombie‑Britannique ou gérées par celui-ci (principalement le ministère des Transports), le district régional Okanagan-Similkameen et des entreprises de services publics, ainsi que des terres privées et des terres indiennes (BCMOE, 2004).

La protection de l'habitat nécessitera la mise en place d'une approche d'intendance de terres se trouvant sous divers régimes fonciers axée sur la coopération volontaire de propriétaires et de gestionnaires. Cette approche peut comprendre l'application de pratiques exemplaires ou de lignes directrices en matière de gestion, l'établissement d'utilisations désignées pour des terres de la Couronne, la protection d'aires protégées sur des terres fédérales, provinciales ou municipales, des accords de conservation, des covenants, des dons écologiques, la vente de terres privées à des fins de conservation par des vendeurs consentants, et d'autres options.

Le préambule de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral reconnaît que « les activités d'intendance visant la conservation des espèces sauvages et de leur habitat devraient bénéficier de l'appui voulu » et que « tous les Canadiens ont un rôle à jouer dans la conservation des espèces sauvages, notamment en ce qui a trait à la prévention de leur disparition du pays ou de la planète ». En outre, l'Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique précise que « l'intendance par les propriétaires de terres et de plans d'eau, ainsi que par leurs utilisateurs, est essentielle afin d'éviter que des espèces ne deviennent en péril et pour protéger et rétablir les espèces qui sont en péril » et que « des mesures coopératives et volontaires sont les premières approches pour assurer la protection et le rétablissement des espèces en péril ».

Effets sur les espèces non ciblées

Les effets possibles sur les espèces non ciblées ou les processus écologiques ne sont pas connus. Aucune espèce en péril connue, aussi bien à l'échelle provinciale qu'à l'échelle locale, n'a un habitat qui chevauche notablement celui du mormon. Les effets, le cas échéant, devraient être positifs grâce au maintien des processus écologiques et de l'habitat.

Considérations socioéconomiques

Le mormon est utilisé indirectement à des fins de recherche et d'observation par des lépidoptéristes professionnels et amateurs en Colombie-Britannique. Les petites populations de l'espèce dans la province sont importantes pour ces groupes d'intérêt parce qu'elles sont les seuls exemples de l'espèce à proximité au Canada. Ces populations se trouvent à la limite nord de l'aire de répartition de l'espèce et possèdent peut-être du matériel génétique unique et des comportements particuliers qui présenteraient un intérêt scientifique. L'information sur l'importance traditionnelle de l'espèce pour les peuples autochtones n'est pas disponible actuellement.

Le plus grand obstacle au rétablissement de la population de mormons des montagnes du Sud est notre connaissance limitée de sa répartition et de son écologie. Les autres difficultés comprennent la possibilité d'impacts climatiques incontrôlables sur cette petite population fragmentée et la sensibilisation limitée du public à l'espèce. L'aménagement ou une gestion néfaste des terres et l'entretien des corridors de transport et de services publics pourraient entrer en conflit avec la conservation de l'espèce à certains sites. L'expansion proposée d'un corridor de services publics pourrait nuire à la plupart des plus grands sites connus. La proposition est maintenant suspendue, mais, dans l'éventualité où elle était réactivée, le promoteur s'est efforcé dans le cadre des processus d'évaluation environnementale de déterminer des options d'atténuation et d'amélioration qui permettraient de protéger ces populations et d'accroître leur habitat total disponible.

Le rétablissement du mormon contribuera à la biodiversité, à la santé et au fonctionnement de l'environnement et accroîtra les possibilités d'apprécier des espèces et lieux spéciaux, accroissant ainsi la valeur sociale générale dans l'intérieur méridional de la Colombie-Britannique. La beauté naturelle des écosystèmes de prairies et de steppes arbustives dans cette région constitue pour les Britanno-Colombiens une importante ressource touristique et récréative qui contribue à l'économie locale. Les mesures de rétablissement pourraient avoir des effets sur les secteurs des loisirs, de l'aménagement des terres, des services publics et des transports. L'ampleur de ces effets devrait être faible puisque la superficie connue totale occupée par l'espèce est d'environ 15 ha.

Approche recommandée pour la mise en œuvre du rétablissement

Le succès du rétablissement de l'espèce dépendra d'une combinaison de recherches scientifiques, d'activités d'intendance, notamment la protection et la gestion de l'habitat, et de suivi à long terme de la population. Une approche monospécifique est actuellement recommandée pour le rétablissement du mormon. L'habitat utilisé par le mormon ne chevauche pas beaucoup celui d'autres espèces en péril, mais la coordination avec les activités de rétablissement de l'espèce menacée qu'est le porte-queue de Behr (Satyrium behrii columbia), comme l'intendance et l'éducation du public, permettra d'économiser temps et argent. Le rétablissement sera réalisé grâce à des partenariats au sein du programme de conservation de l'Okanagan Sud et de la Similkameen (South Okanagan-Similkameen Conservation Program) et à des accords d'intendance volontaire avec certains propriétaires ou gestionnaires fonciers.

Énoncé sur les plans d'action

Un ou plusieurs plans d'action pour le rétablissement seront achevés d'ici 2012.

Références

B.C. Ministry of Environment (BCMOE). 2004. Working files in Arcview, based on inventory. Penticton, BC.

Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada (COSEWIC). 2003. COSEWIC assessment and update status report on the Mormon Metalmark Apodemia mormo in Canada. Ottawa, ON. vii + 22 pp. (Également disponible en français : Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). 2003. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le mormon (Apodemia mormo) au Canada. Ottawa (Ontario). vii + 25 p.)

Guppy, C.S., et J.H. Shepard. 2001. Butterflies of British Columbia. UBC Press, Vancouver, BC. 414 pp.

Guppy, C.S., J.H. Shepard et N.G. Kondla. 1994. Butterflies and skippers of conservation concern in British Columbia. Can. Field-Nat. 108:31–40.

Lea, E.C., R.E. Maxwell et A. Swanson. 1998. Biophysical Habitat Units of the South Okanagan Study Area. Working Report. British Columbia Ministry of Environment, Lands, and Parks. Victoria.

NatureServe. 2007. NatureServe Explorer: an online encyclopedia of life [en anglais seulement]. Version 4.4. Arlington, VA. [consulté le 10 mai 2005]

St. John, R.D. 1996. Survey of rare Okanagan butterflies. B.C. Min. Environ., Lands and Parks, BC Conservation Data Centre, Victoria, BC. 7 pp. Rapport inédit.

_______. 2001. Impacts of the proposed inland pacific connector natural gas pipeline on butterfly species-at-risk in the Okanagan and Similkameen valleys. Westland Resources Group, Vancouver, BC. 21 pp.

Communications personnelles

Desjardins, S. 2007. Campus Okanagan de l'Université de la Colombie-Britannique.
Guppy, C.S. 2004. Consultant privé.
Richardson, H. 2007. Collège Okanagan.

Note de bas de page

Note 8 de bas de page

Maintenir une population viable de mormons dans de l'habitat préservé1 à l'intérieur de l'aire de répartition historique de l'espèce dans le sud de la vallée de l'Okanagan et la vallée de la basse Similkameen, en Colombie Britannique.

Retour à la référence de la note 8 de bas de page