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Stratégie de rétablissement de l'haliotide pie

Résumé

L’haliotide pie, ou ormeau nordique, affiche un déclin de ses effectifs et de sa répartition dans les zones étudiées du littoral de la Colombie-Britannique (C.-B.), au Canada, comme en témoignent les relevés qui y sont effectués de façon régulière depuis la fin des années 1970. En 1990, la pêche à l’haliotide pie a été fermée en C.-B. afin de protéger ce qu’il reste de la population. Malgré l’interdiction complète imposée sur la pêche, la population a continué de décliner et n’a montré aucun signe de rétablissement. En conséquence, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)a attribué à l’haliotide pie le statut d’espèce menacée en avril 1999. En juin 2003, l’haliotide pie était officiellement inscrite et protégée en tant qu’espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP).

La pêche illégale est considérée comme la menace la plus importante pesant contre l’haliotide pie. Cette espèce est particulièrement vulnérable à la pêche en raison de sa répartition inégale (groupements), de la courte durée de son stade larvaire, de sa croissance lente, de sa longévité relativement longue, de son recrutement lent ou sporadique et, enfin, de la tendance des individus adultes à se regrouper dans des eaux peu profondes, où ils sont aisément accessibles aux  pêcheurs. Un faible recrutement dans une zone, lorsqu’il s’échelonne sur plusieurs années, accentue la menace qui pèse sur l’haliotide pie en ne permettant pas le renouvellement des adultes reproducteurs morts de causes naturelles ou prélevés dans le cadre de pêches illégales. Bien qu’un faible recrutement provoqué par des facteurs biotiques et environnementaux défavorables ne puisse d’ordinaire être prévu ni contrôlé, en s’assurant de la présence d’un nombre suffisant d’haliotides pies adultes qui se reproduisent chaque année, on s’assure d’un recrutement élevé lorsque les conditions environnementales sont favorables. Parmi les autres menaces potentielles, mentionnons les pertes d’habitats dans des zones localisées où s’effectuent des travaux ou des aménagements sur l’eau, dans l’eau ou sous l’eau sans qu’aucune réglementation ne soit appliquée, d’une part, et la prédation par les loutres de mer dans les zones où l’haliotide pie a déjà été fortement décimée, d’autre part.

À court terme, le but du rétablissement est d’arrêter le déclin de la population sauvage actuelle d’haliotides pies afin de réduire le risque que cette espèce devienne en voie de disparition. À long terme, le but du rétablissement est d’augmenter l’effectif et la densité de la population sauvage d’haliotides pies afin que l’espèce atteigne des niveaux durables dans cinq zones biogéographiques (Haida Gwaii [îles de la Reine-Charlotte], détroits de la Reine-Charlotte et de Johnstone, secteurs nord et centre de la côte, bassin de Georgia et côte ouest de l’île de Vancouver) afin de faire en sorte que l’haliotide pie ne soit plus menacée. L’atteinte du but consistant à accroître l’effectif d’haliotides pies jusqu’à des niveaux durables pourrait prendre plusieurs décennies.

Au cours des cinq prochaines années, les objectifs de rétablissement de l’haliotide pie seront les suivants :

  1. s’assurer que les densités moyennes d’haliotides pies adultes de grande taille (longueur de coquille [LC]³100 mm) ne diminuent pas en deçà de 0,1 par m2 sur les sites repères étudiés à Haida Gwaii et dans les secteurs nord et centre de la côte et que le pourcentage des sites repères étudiés où l’on trouve des haliotides pies adultes de grande taille (LC³100 mm) ne diminue pas en deçà de 40 %;
  2. s’assurer que les estimations de la densité totale moyenne aux sites repères nouvellement établis dans les détroits de la Reine-Charlotte et de Johnstone ne diminuent pas sous les niveaux observés en 2004 (0,06 haliotide pie par m2 et 0,02 haliotide pie par m2 respectivement) et que les estimations de la densité totale moyenne pour la côte ouest de l’île de Vancouver ne diminuent pas sous le niveau observé en 2003 (0,09 haliotide pie par m2);
  3. s’assurer, aux sites repères (dans les zones sans loutres de mer), que le taux de mortalité annuelle estimée pour les haliotides adultes (LC ³70 mm) diminue (< 0,20) et que les densités moyennes d’haliotides adultes (LC³70 mm) augmentent (³0,32 par m2);
  4. s’assurer, aux sites repères (dans les zones sans loutres de mer), que la proportion des quadrats (m2) où l’on trouve des haliotides pies augmente (> 40 %).

Les approches recommandées à long terme pour l’atteinte des objectifs de rétablissement sont les suivantes :

  1. le maintien des fermetures des pêches;
  2. la mise en application d’un plan de protection proactif (par le biais de programmes ciblés d’application de la loi et de surveillance côtière);
  3. a mise en œuvre d’une campagne de communication pour mettre un terme à la pêche illégale et pour sensibiliser le public;
  4. la réalisation de travaux de recherche et d’expériences de reconstitution des stocks;
  5. la surveillance de l’état de la population.

L’habitat essentiel de l’haliotide pie n’a pas été identifié. Il peut s’agir de zones où la survie des juvéniles est meilleure ou, encore, de zones où les adultes reproducteurs contribuent dans une plus forte proportion au recrutement total. L’identification de l’ habitat essentiel représente un composant important de tout plan de recherche sur l’haliotide pie et de reconstitution des stocks.

Un ou plusieurs plans d’action, lesquels donnent des détails spécifiques sur la mise en œuvre du rétablissement, seront réalisés dans les trois ans suivant l’élaboration du présent programme de rétablissement.

Pêches et Océans Canada a contribué à l’élaboration du présent programme de rétablissement avec le concours de l’Équipe de rétablissement de l’haliotide pie. D’autres organismes gouvernementaux, groupes d’intendance, communautés des Premières nations, universités, experts externes, entreprises, membres du public, organismes internationaux et organisations non gouvernementales (ONG) ont également été mis à contribution par le biais d’ateliers, de consultations publiques et d’examens externes,. Nombre de ces groupes travaillent activement pour tenter de stopper le déclin de l’espèce et de la radier de la liste des espèces menacées.

Pour rapporter toute activité de pêche douteuse ou illégale, composer le 1-800-465-4336; vous contribuerez ainsi à protéger l’haliotide pie.