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Noctuelle de l’abronie (Copablepharon fuscum)

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COSEPAC
Résumé

Noctuelle de l’abronie
Copablepharon fuscum

Information sur l’espèce

La noctuelle de l’abronie (Copablepharon fuscum) est un papillon nocturne de la famille des Noctuidés. Elle a été décrite en 1996 d’après des spécimens recueillis près de Sidney (C.-B.) et dans l’île Whidbey (l’État de Washington). Bien que cette espèce ait été décrite récemment, ses besoins en matière d’habitat et sa faible capacité de dispersion indiquent qu’elle n’est pas une introduction récente au Canada. Les adultes sont brun foncé à brun doré, avec des lignes noires et jaune pâle caractéristiques sur l’aile antérieure. Aucune espèce superficiellement semblable ne vole en Colombie-Britannique, et la noctuelle de l’abronie est le seul représentant du genre Copablepharon à l’ouest de la chaîne des Cascades. La plupart des représentants de ce genre fréquentent les milieux arides sablonneux ou les dunes.

Répartition

À l’échelle mondiale, la noctuelle de l’abronie a été trouvée à huit sites. Trois de ces sites se trouvent au Canada, dans la région bordant le détroit de Géorgie, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. Les cinq autres sites sont répartis dans la région du Puget Sound, dans l’État de Washington. Chaque site abrite apparemment une population distincte. L’espèce a été observée au nord jusque dans la région de Comox (C.-B.), et vers le sud, jusque dans la région de Port Townsend (l’État de Washington). Les populations sont isolées géographiquement les unes des autres.

Habitat

La noctuelle de l’abronie se rencontre en association avec sa plante hôte, l’abronie à feuilles larges, dans des flèches, des dunes et d’autres milieux côtiers  sablonneux. Elle a toujours été observée dans le voisinage immédiat de colonies denses de sa plante hôte. La noctuelle et l’abronie à feuilles larges semblent liées par une relation de type parasite-hôte. L’abronie dépend de la présence de milieux sablonneux dénudés et est sensible à la compétition exercée par d’autres plantes vasculaires et les bryophytes.

Biologie

La noctuelle de l’abronie est une espèce univoltine qui dépend de l’abronie à feuilles larges à toutes les étapes de son cycle vital. Les adultes volent de la mi‑mai au début de juillet, à la brunante et en début de soirée. Ils se nourrissent du nectar des fleurs de la plante hôte. La période d’accouplement atteint son point culminant au milieu de juin. Les œufs sont pondus individuellement ou en groupes sur les feuilles et les fleurs de la plante hôte. Après s’être nourries la nuit sur les fleurs de l’abronie en juillet et en août, les chenilles entrent en diapause en automne en vue de l’hibernation. La nymphose a lieu le printemps suivant, à la fin d’avril ou en mai.

Taille et tendances des populations

Il n’existe aucune estimation quantitative de la taille et des tendances des populations de la noctuelle de l’abronie. Les changements dans la répartition et l’abondance de l’abronie à feuilles larges pourraient fournir de précieuses indications sur les tendances des populations de noctuelle de l’abronie, mais il faut pour cela postuler que la taille des populations de noctuelle dépend de la quantité et de la qualité de l’abronie. Les occurrences de la plante hôte en Colombie-Britannique se maintiennent généralement, mais les populations semblent avoir connu un déclin prononcé à de nombreux endroits au cours des cinquante dernières par suite des changements floristiques qui y sont survenus.

Facteurs limitatifs et menaces

La principale menace pour la noctuelle de l’abronie est la réduction de l’abondance et de la qualité de sa plante hôte causée par la destruction ou la dégradation des milieux sablonneux dénudés. Le phénomène est principalement dû à la stabilisation de ces milieux par la végétation, elle-même une conséquence de la succession végétale qui se produit naturellement dans les milieux côtiers sablonneux. Le taux de succession végétale s’est cependant accéléré sous l’effet de certains facteurs anthropiques, en particulier l’introduction d’espèces exotiques envahissantes. Les perturbations directes liées au développement et à l’utilisation des dunes à des fins récréatives sont considérées comme des menaces secondaires. Au nombre des autres facteurs qui menacent la noctuelle, mentionnons l’utilisation du Btk, produit antiparasitaire employé contre de nombreux lépidoptères nuisibles, et les changements climatiques, qui pourraient entraîner la disparition d’habitats de la noctuelle en provoquant une élévation du niveau de la mer.

Importance de l’espèce

La noctuelle de l’abronie est endémique de milieux côtiers bordant le détroit de Géorgie (Colombie-Britannique) et de secteurs adjacents de la région du Puget Sound (l’État de Washington). Espèce monophage, elle dépend exclusivement pour son alimentation et sa reproduction de l’abronie à feuilles larges, plante rare dans la région, associée aux dunes côtières et aux plages. Si ce type de relation parasite-hôte n’est pas unique chez les papillons nocturnes, le degré de spécialisation affichée par les deux espèces à l’égard de l’habitat contribue à la vulnérabilité de la noctuelle de l’abronie. La noctuelle de l’abronie s’en trouverait aussi très sensible aux changements anthropiques ou stochastiques.

Protection actuelle ou autres désignations

Aucun organisme de conservation national, provincial ou d’État n’a attribué un statut à la noctuelle de l’abronie. L’espèce ne figure ni dans la base de données du centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique, ni dans la base de données mondiale de NatureServe.

L’abronie à feuilles larges est désignée « espèce vulnérable » par le centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique sur la base de sa sensibilité particulière aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels. Elle ne figure pas dans la liste des espèces en péril du Washington Natural Heritage Program. Le centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique a récemment attribué le statut en voie de disparition / menacées aux communautés végétales des dunes, ce qui indique qu’elles sont gravement en péril ou en péril. Ces communautés sont mentionnées sous l’association végétale nommée Végétation herbacée à Carex macrocephala.