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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le bruant de McCown (Calcarius mccownii) au Canada

COSEPAC Résumé

Bruant de McCown
Calcarius mccownii

Information sur l’espèce

Le Bruant de McCown (Calcarius mccownii) est un oiseau de la taille d’un moineau, au bec épais et dont la queue blanche est ornée d’un motif noir caractéristique en forme de « T » inversé. On ne lui connaît aucune sous-espèce.

Répartition

Le Bruant de McCown dispose d’une aire de reproduction limitée dans les prairies arides de l’Amérique du Nord. Elle s’étend depuis le sud-est de l’Alberta et le sud-ouest de la Saskatchewan vers le sud jusqu’au centre-nord du Colorado, après avoir traversé le Montana et le Wyoming. On trouve aussi des populations isolées d’oiseaux reproducteurs au sud-ouest du Dakota du Nord, dans la portion centre-nord du Dakota du Sud et dans la partie ouest du Nebraska. L’aire de reproduction s’est considérablement rétrécie depuis 1900. Le Bruant de McCown est disparu du Minnesota. Il hiverne dans le sud-ouest des États-Unis et le nord-ouest du Mexique.

Habitat

L’aire de reproduction caractéristique est une prairie aride, à la végétation indigène clairsemée, ponctuée de parcelles de sol dénudé comme on en trouve dans les prairies à graminées courtes ou dans les prairies mixtes intensivement pâturées. Au cours des cent dernières années, l’habitat de reproduction du Bruant de McCown a rétréci en raison de la transformation des prairies indigènes à des fins agricoles et autres, et de la suppression des incendies. Plus récemment, on a observé le Bruant de McCown sur des terres cultivées, notamment des champs de blé ou en jachère, ou présentant des parcelles de sol dénudé.

Biologie

Le Bruant de McCown est un oiseau migrateur. Les mâles arrivent en Alberta et en Saskatchewan à la fin mars ou au début avril. Les couples se forment à l’arrivée des femelles, environ deux semaines plus tard. Le nid est construit dans une légère dépression du sol. La femelle y pond généralement trois ou quatre œufs. L’incubation dure douze jours et, après l’éclosion, les oisillons sont nourris par les deux parents pendant dix jours au nid puis, après l’envol, pendant encore trois semaines. Selon les sites, entre 30 et 75 p. 100 de nids sont victimes des prédateurs. Ceux-ci s’attaquent plus souvent aux oisillons qu’aux œufs. En août, les Bruants de McCown se regroupent en vue de la migration vers le sud et, à la fin du mois de septembre, la plupart ont quitté le Canada. Les Bruants de McCown sont granivores pendant l’hiver et la migration. Toutefois, pendant la période de reproduction, leur alimentation se compose de graines et d’invertébrés (en particulier des sauterelles).

Taille et tendances des populations

La population reproductrice des Bruants de McCown au Canada est estimée à environ 375 000 individus (entre 100 000 et 1 000 000). Des analyses à long terme fondées sur les données du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) indiquent que, depuis 1968, la population canadienne des Bruants de McCown a globalement décliné de 98 p. 100. Il semble toutefois que ce déclin se soit atténué au cours de la dernière décennie. En effet, les données du BBS et du relevé de Surveillance des oiseaux de prairie (GBM) indiquent que la population est demeurée stable entre 1996 et 2004.

Facteurs limitatifs et menaces

L’aire de reproduction restreinte des Bruants de McCown s’est considérablement rétrécie au cours des cent dernières années. Bien que depuis dix ans on ait pu observer un ralentissement de la perte d’habitat, les prairies indigènes continuent à être détruites ou modifiées par l’agriculture, l’expansion domiciliaire, l’étalement urbain et l’extraction des ressources. Récemment, on a trouvé des Bruants de McCown (de 20 à 40 p. 100 de la population) sur des terres agricoles où la productivité de l’oiseau est vraisemblablement faible et où il pourrait être exposé à des pesticides.

Importance de l’espèce

Recensé pour une première fois en 1851 par le capitaine John P. McCown, le Bruant de McCown est une espèce endémique aux prairies de l’Amérique du Nord qui a coévolué avec les ongulés brouteurs de cette région.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Bruant de McCown a été désigné en péril (S2) au Dakota du Nord, au Colorado, au Wyoming et au Montana; vulnérable (S3) au Nebraska; et apparemment non en péril (S4) en Alberta et en Saskatchewan. La situation du Bruant de McCown au Dakota du Sud n’est pas connue. Il est protégé contre la chasse et la capture en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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