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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le bruant de McCown (Calcarius mccownii) au Canada

Biologie

Cycle vital, reproduction et alimentation

La période annuelle de nidification des Bruants de McCown s’étend de la fin  d’avril à juillet (With, 1994a). Les mâles arrivent dans l’aire de nidification en petits groupes dès la fin mars et délimitent leurs territoires dont la surface varie entre 0,6 et 1,4 ha (With, 1994a). Des couples monogames se forment à l’arrivée des femelles environ deux semaines plus tard et la nidification commence tard en avril ou au début du mois de mai. Les couples nichent souvent à proximité les uns des autres (Felske, 1971). La femelle construit un nid ouvert en forme de coupe en creusant une légère dépression dans le sol. Généralement, le nid est constitué de grosses tiges et de grandes feuilles d’herbacées, doublées de matériaux doux comme des plumes ou du poil (With, 1994a).

La nichée compte généralement 3 ou 4 œufs (With, 1994a). Seule la femelle couve les œufs pendant les 12 jours d’incubation (With, 1994a). La femelle et le mâle couvent les oisillons pendant la nuit jusqu’à ce que leur plumage soit bien développé, 6 jours après l’éclosion. Les parents couvent aussi leurs oisillons par mauvais temps et pour les protéger du soleil. Mâles et femelles nourrissent leurs oisillons. Des études sur leur congénère, le Bruant à ventre noir, suggèrent que la participation des 2 parents au soin des oisillons est essentielle au succès de la reproduction (Lynn et Wingfield, 2003). Les sauterelles comptent pour 60 à 90 p. 100 de l’alimentation des oisillons (Felske, 1971; Maher, 1973; With, 1994a). Celle-ci comprend aussi parfois des larves de papillons diurnes et nocturnes et des coléoptères. Les oisillons quittent généralement le nid 10 jours après l’éclosion, lorsqu’ils ont atteint de 70 à 80 p. 100 de leur masse adulte. Ils restent dépendants de leurs parents pendant les 3 semaines suivant l’envol. Après le succès d’une première couvée, les Bruants de McCown en initieront une deuxième. Si la première nidification a échoué, ils construiront un nouveau nid. Les individus peuvent séjourner dans l’aire de reproduction jusqu’en début novembre, mais la nidification est généralement terminée fin juillet ou début août.

Un an après leur naissance, le Bruant de McCown porte le plumage adulte. On présume qu’il commence à se reproduire à cet âge (With, 1994a). Cette conjecture n’a toutefois pas été confirmée puisque les oiseaux de un an ne retournent pas dans leur territoire natal. 

Pendant la saison de reproduction, l’alimentation des adultes se compose de 60 à 90 p. 100 des graines de diverses graminées et autres herbacées, le reste étant composé d’arthropodes, principalement des sauterelles (With, 1994a).

Prédateurs et survie 

Les prédateurs des œufs et des oisillons sont la principale cause d’échec de la reproduction du Bruant de McCown (Greer et Anderson, 1989). Entre 30 et 75 p. 100 des nids sont l’objet des prédateurs (With, 1994a), les oisillons constituant la proie principale (Maher, 1973). Les nichées de la deuxième moitié de la saison de reproduction (Felske, 1971) et celles situées dans des champs intensément pâturés ou à proximité d’arbustes (With, 1994b) sont l’objet d’un plus grand nombre de prédateurs que les autres.

Le succès de la reproduction (nombre d’oisillons qui prennent leur envol/nombre d’œufs) varie de 32 à 46 p. 100, ce qui signifie que pour chaque tentative de nidification, entre 1,1 et 2 oisillons prendra leur envol. En moyenne, les femelles font entre 1,3 et 2,5 tentatives de nidification (deuxième couvée et nidification de remplacement) par saison de reproduction. Puisqu’il n’existe pas de données sur la survie après l’envol, il est difficile de déterminer la productivité annuelle (With, 1994a).

Rien n’indique que l’espace ou l’abondance de nourriture pendant la saison de reproduction limite la productivité (Greer et Anderson, 1989). Greer et Anderson (1989) suggèrent que les forts taux de prédation empêchent les populations de Bruants de McCown de saturer leur habitat. Par conséquent, ils ne sont pas affectés par des phénomènes liés à la densité de la population, comme l’abondance de la nourriture. Aucune donnée n’existe sur la survie des adultes (With, 1994a).

Parmi les autres causes de mortalité connues ou présumées, on compte la réduction du nombre d’oisillons causée par le mauvais temps (With, 1994a, 1994b), l’exposition aux pesticides agricoles (McEwen et Ells, 1975) et les prédateurs dans l’aire d’hivernage (Sovada et al., 2001).

Déplacements, dispersion et fidélité au site

Les Bruants de McCown migrent tous les ans à partir des aires de reproduction du sud de l’Alberta et de la Saskatchewan et du nord-ouest des Grandes Prairies vers les sites d’hivernage du sud-ouest des États-Unis et du nord-ouest du Mexique.

Dans les aires de reproduction, les oiseaux commencent à se regrouper au début du mois d’août. Les volées d’oiseaux migrateurs vers le sud sont composées d’oiseaux juvéniles et d’adultes et sont beaucoup plus grandes que les volées observées pendant la migration du printemps. Les dates de migration sont variables et des départs de Bruants de McCown ont été observés tant au début d’août que tard en novembre (With, 1994a). Les premières volées arrivent dans les aires d’hivernage à la fin septembre.

Dans les aires d’hivernage, c’est sur les prairies légèrement pâturées qu’on trouve le plus grand nombre de Bruants de McCown (Grzybowski, 1982). On les trouve régulièrement en volées mixtes avec des Alouettes hausse-col (Eremophila alpestris) et d’autres espèces du genre Calcarius. Les départs des aires d’hivernage s’échelonnent de la fin du mois de février jusqu’à la fin d’avril.

Il existe peu de données sur la fidélité au site. Il semble que les individus quittent leur lieu de naissance sans y revenir puisque les individus bagués lorsqu’ils étaient oisillons n’ont pas été revus, les années suivantes, dans les aires de reproduction (With, 1994a). Peu de renseignements existent sur la fidélité au site de reproduction. With (1994a) a observé que deux mâles adultes bagués étaient revenus au pâturage où ils avaient été capturés, mais aucune des deux femelles baguées n’est revenue. Les Bruants de McCown sont reconnus pour abandonner leurs sites de nidification pendant les années de fortes précipitations (Alsop, 2001). Ils n’ont pas tendance à revenir à la même aire de nidification d’une année à l’autre (With, 1994a). Il n’existe aucune donnée sur leur fidélité au site d’hivernage.

Relations interspécifiques

Pendant la migration et l’hivernage, les Bruants de McCown forment des volées avec les Alouettes hausse-col (Eremophila alpestris), d’autres espèces du genre Calcarius et les Pipits de Spague (Anthus spragueii) [With, 1994a; Rising, 1996].

Parmi les prédateurs connus ou présumés des nids du Bruant de McCown, on compte le spermophile rayé (Spermophilus tridecemlineatus), le spermophile de Richardson (S. richardsonii), le chien de prairie à queue noire (Cynomys ludovicianus), le blaireau d’Amérique (Taxidea taxus), la mouffette (Mephitis mephitis), la belette à longue queue (Mustela frenata), le coyote (Canis latrans), le renard roux (Vulpes vulpes), le renard véloce (V. velox), la souris sylvestre (Peromyscus maniculatus), le campagnol des prés (Microtus pennsylvanicus), la couleuvre des Plaines (Thamnophis radix), la couleuvre rayée (T. sirtalis) et la couleuvre à nez mince (Pituophis melanoleucos) [With, 1994a; Sutter 1997]. Les nids sont rarement parasités par le Vacher à tête brune (Molothrus ater) [With, 1994a].

Adaptabilité

Les données au sujet de l’incidence des perturbations humaines sur les Bruants de McCown sont peu nombreuses et contradictoires. Deux études rapportent que certains individus adultes ont déserté leur nid à la suite des perturbations humaines (Strong, 1971, cité par With, 1994a; Felske, 1971). Par contre, deux autres études n’ont décelé aucun signe de désertion des nids due à des perturbations humaines (Dubois, 1937; With, 1994a).