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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’iguane pygmée à cornes courtes (Phrynosoma douglasii)

Résumé

Iguane pygmée à cornes courtes

Phrynosoma douglasii

 

Information sur l’espèce

L’iguane pygmée à cornes courtes a récemment été reconnu comme une espèce distincte. C’est le plus petit des phrynosomes, il dépasse rarement 6 cm de longueur lorsque mesuré du museau au cloaque. Si on le compare à certains autres phrynosomes à la cuirasse ornée, les épines que porte l’iguane pygmée à cornes courtes sur sa tête et son corps sont assez petites. On le désigne souvent (à tort) sous le nom de « crapaud cornu ». Les 13 espèces de phrynosomes sont confinées aux portions arides et semi-arides de l’Amérique du Nord et de l’Amérique Centrale.

Répartition

On trouve l’iguane pygmée à cornes courtes dans la région du Grand Bassin et les régions avoisinantes du nord de la Californie et du Nevada, en traversant l’est de l’Oregon et de l’État de Washington ainsi que la majeure portion du sud et de l’est de l’Idaho jusque dans l’extrême centre méridional de la Colombie-Britannique, dans les vallées de l’Okanagan et de la Similkameen.

Habitat

Une grande diversité d’habitats sont utilisés, des bassins de désert aux sols profonds jusqu’aux pentes et aux crêtes aux sols superficiels. Les caractéristiques communes à tous ces milieux sont les sites bien drainés au terrain exposé et la présence de sols friables. Cela permet l’enfouissement, la thermorégulation et la recherche de nourriture. Les vallées de l’Okanagan et de la Similkameen semblent toujours contenir un habitat propice à cette espèce, dont une partie est actuellement protégée. Certaines parties de l’aire de répartition de l’iguane pygmée à cornes courtes se trouvent à plus de 2 000 m au-dessus du niveau de la mer.

Biologie

Les iguanes pygmées à cornes courtes donnent naissance à des petits vivants – à la différence de quelques autres lézards qui, eux, pondent des œufs –, et peuvent en avoir jusqu’à quinze. Les femelles atteignent habituellement la maturité sexuelle au cours de leur troisième année. La longévité de ces iguanes est inconnue mais elle est d’au moins cinq ans dans la nature. Comme tous les reptiles de la zone tempérée, les iguanes pygmées à cornes courtes doivent hiberner durant l’hiver, ce qu’ils font dans des terriers peu profonds.

Les principales proies de tous les phrynosomes sont les fourmis, particulièrement les fourmis moissonneuses. D’autres invertébrés, comme les coléoptères, les sauterelles et les escargots, sont également mangés, le plus souvent par les adultes. La quête de nourriture débute après que les iguanes se soient réchauffés au soleil matinal et se poursuit jusqu’à ce qu’arrive la chaleur de l’après-midi, moment où ils cherchent refuge à l’ombre ou dans un terrier.

 Les iguanes pygmées à cornes courtes ont de multiples prédateurs potentiels, dont des oiseaux, des serpents, des coyotes et des belettes. La première ligne de défense consiste à demeurer immobile pour tirer profit de leur homochromie, de leur texture et de leur posture. S’ils sont découverts par des prédateurs lents, les iguanes peuvent fuir. Sinon, ils peuvent bomber leur corps et faire des gestes d’intimidation. Leurs projections en forme d’épines sont peu dissuasives, mais elles peuvent se montrer efficaces contre des prédateurs qui doivent avaler leurs proies entières. Certaines espèces de phrynosomes peuvent faire gicler un jet de sang au goût désagréable dans la bouche de certains de leurs prédateurs. Ce comportement n’a toutefois pas été observé dans le cas des iguanes pygmées à cornes courtes.

Taille et tendances des populations

On considère l’iguane pygmée à cornes courtes comme étant disparu du Canada, car aucune observation confirmée n’a été enregistrée au cours des 50 dernières années. Quatre relevés visant à découvrir cet iguane se sont soldés par un échec, quoiqu’au moins 18 observations anecdotiques aient été rapportées par les membres du public depuis que les premiers spécimens eurent été capturés en 1898. Le plus récent de ces signalements anecdotiques date de 2004.

Facteurs limitatifs et menaces

La perte d’habitat a été importante dans la vallée de l’Okanagan et, dans une moindre mesure, dans la vallée de la Similkameen. Bien qu’il soit très probable que cette perte d’habitat ait contribué à la disparition de l’espèce au Canada, les iguanes pygmées à cornes courtes semblaient déjà rares au début du XXe siècle. Cette rareté pourrait être le résultat d’une colonisation relativement récente, du piétinement par les nombreux grands troupeaux de bovins qui passèrent par cette vallée étroite durant la ruée vers l’or de Cariboo ou de sévères déclins de la population découlant d’importantes mortalités d’iguanes en hibernation au cours d’hivers extrêmement froids ou persistants avec peu de chutes de neige. Si l’espèce était réintroduite, les menaces potentielles actuelles seraient la perte extensive d’habitat, la mortalité sur les routes et la prédation par des animaux indigènes et exotiques.

Importance de l’espèce

L’iguane pygmée à cornes courtes était, parmi les espèces qui se sont aventurées au nord à partir des déserts du sud, l’une des créatures les plus curieuses du Canada. Il s’est buté aux limites de sa tolérance écologique dans le centre méridional de la Colombie-Britannique. Aujourd’hui disparu, il était l’une de seulement sept espèces de lézards recensés au Canada.

Protection existante ou autres désignations de statut

L’iguane pygmée à cornes courtes est inscrit à l’Annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril et à la BC Wildlife Act. Les deux lois protègent les individus et leurs résidences des activités nuisibles. L’Idaho semble être le seul État américain où il est défendu de capturer, de blesser ou de retirer de quelque autre façon cette espèce de son habitat naturel (Idaho Fish and Game, 2006).

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce :
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) :
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) :
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* :
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) :
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** :
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** :
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** :
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

*        Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
**      Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
***    Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****  Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.