Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’iguane pygmée à cornes courtes (Phrynosoma douglasii)

Habitat

Besoins en matière d’habitat 

Les besoins en matière d’habitat de l’iguane pygmée à cornes courtes sont méconnus; il semble toutefois que divers types d’habitats soient utilisés. D’une façon générale, l’espèce occupe divers écosystèmes de steppes arbustives et de forêts claires, mais occupe toujours des sites bien drainés (Brown et al., 1995). La végétation doit être suffisamment clairsemée pour lui permettre de se chauffer au soleil et de se mouvoir librement dans le sous-étage (Sherbrooke, 2003; Lahti, 2005). Néanmoins, la végétation est utilisée de manière sélective pour obtenir de l’ombre lorsqu’il fait très chaud (p. ex. voir James, 2004; Lahti, 2005). Dans son domaine vital, un individu doit pouvoir bénéficier de sols friables propices à l’enfouissement, bien que la zone puisse être dominée par des sols très superficiels ou de texture grossière. En fait, dans le comté de Kittitas, les sols squelettiques (sols avec une quantité notable de rocailles) sont préférés, surtout par les mâles au printemps (Lahti, 2005). La structure de cet habitat est similaire à celle de l’habitat qui supporte de grandes concentrations d’iguanes pygmées à cornes courtes dans la vallée Methow du comté d’Okanogan, entre des altitudes de 750 et 1 050 m au-dessus du niveau de la mer (S. Fitkin, comm. pers.). À l’opposé, dans la région du bassin Columbia, on observe aussi des iguanes dans des peuplements d’armoises tridentées (Artemisia tridentata) caractérisés par des sols éoliens profonds et plats (R. Friesz, comm. pers.). Cela dit, ces milieux semblent surtout utilisés par des femelles adultes, lesquelles ont des seuils de tolérance plus grands en matière d’habitat que les nouveaux-nés ou les mâles adultes (Lahti, 2005). Quelques populations de l’État de Washington occupent des milieux caractérisés par des densités clairsemées à modérées de purshies tridentées (Purshia tridentata) et par quelques armoises tridentées, quelques lewisies rediviva (Lewisia rediviva) et quelques ériogones des neiges (Eriogonum niveum) (S. Fitkin, comm. pers.). Les iguanes pygmées à cornes courtes sont extrêmement tolérants au froid et, dans la chaîne des Cascades de l’Oregon, ils se trouvent jusqu’à au moins 1 677 m au-dessus du niveau de la mer (Brown et al., 1995), et à l’occasion à plus de 2 000 m au-dessus du niveau de la mer dans des peuplements clairs de sapins subalpins (S. Fitkin, comm. pers.).

La seule description d’hibernaculum concernant cette espèce provient du comté de Kittitas où une femelle s’est enfouie à maintes reprises lors de nuits fraîches et a par la suite été observée une dernière fois à la mi-octobre à une profondeur de 4 cm sous une motte d’herbes déracinées (Lahti, 2005). Dans le sud de l’Alberta, à une latitude similaire à celle de la vallée de l’Okanagan, les grands iguanes à petites cornes hibernaient sur des pentes de versants chauds où les sols étaient suffisamment friables pour permettre l’enfouissement à une profondeur de 10 cm (James, 2004).

Tendances en matière d’habitat 

Environ la moitié des prairies indigènes de la région de South Okanagan ont été converties en terres mises en valeur de façon intensive depuis 1940 (Bezener et al., 2006). Cette tendance s’est accélérée au cours des dernières années en raison d’importantes pressions venant du développement agricole et de l’expansion résidentielle. La répartition des habitats potentiellement propices dans la région l’Okanagan est actuellement très morcelée. Ce qui reste d’habitat propice dans la région de Similkameen est davantage contigu, mais les sols y sont généralement moins friables.

Une récente projection démographique sur la présence des humains dans le district régional Okanagan-Similkameen prévoit un accroissement de la population totale de 30 p. 100 entre 2004 et 2031, ce qui ajoute 24 506 résidents à l’actuelle population de 80 822 résidents (Hobson et collaborateurs, 2006). Cet accroissement aura pour effet d’augmenter la densité des zones urbaines et rurales déjà existantes et l’expansion de nouveaux quartiers résidentiels en régions périphériques. L’expansion de ces quartiers aura l’incidence la plus néfaste sur l’habitat potentiel de l’iguane pygmée à cornes courtes.

L’habitat se trouvant dans le reste de l’aire de répartition de l’iguane a également subi une perte importante par rapport à sa superficie historique par suite du développement agricole et de l’expansion résidentielle. Les bassins intérieurs Columbia et Klamath ont conservé 70 p. 100 de leurs steppes arbustives et à peine 30 p. 100 de leurs écosystèmes de prairies (Quigley et al., 1996).

Protection actuelle ou autres désignations de statut 

La carte de propriété des terrains a été superposée à l’habitat potentiel de l’iguane précisé dans le modèle d’utilisation de l’habitat afin de déterminer sa situation foncière. La majorité de l’habitat potentiel se trouve dans des réserves indiennes (31 p. 100) gérées par trois bandes distinctes. Les terres privées (29 p. 100) représentent le deuxième plus important mode de propriété de l’habitat utilisable. La majeure partie de cet habitat est partagée entre un assez petit nombre de grands ranchs. Les aires protégées du gouvernement provincial représentent 18 p. 100 de l’habitat utilisable. L’habitat utilisable situé sur d’autres terres protégées, comme les terres appartenant à des organismes privés (3 p. 100) et les terres fédérales (5 p. 100), porte à 26 p. 100 la quantité de terres protégées. Le gouvernement provincial possède également 14 p. 100 de l’habitat utilisable sous forme de terres non protégées, et certaines de ces terres (2 400+ ha) peuvent être aliénées (BC Government, 2004). Une réserve de parc national est envisagée pour le sud de la vallée de l’Okanagan et la vallée de la basse Similkameen. Elle pourrait comprendre quelques aires protégées déjà existantes et peut-être quelques terres adjacentes (T. Hurd, comm. pers.). Le tableau 1 résume l’appartenance d’habitats potentiellement propices à l’iguane pygmée à cornes courtes au Canada.

Tableau 1 : Mode de propriété et superficie d’habitats propices aux iguanes pygmées à cornes courtes au Canada
Méthode de tenureSuperficie (ha)%
Couronne fédérale – SCF4701 %
Couronne fédérale – CNRC1 7454 %
Réserves indiennes12 91931 %
Provinciale–protégées7 23418 %
Provinciale5 91014 %
Privée11 85929 %
Privée, organismes de conservation1 1203 %
Total41 256100 %