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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la villeuse irisée (Villosa iris) au Canada

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Villosa iris figure sur la liste des espèces non en péril (G5) en Amérique du Nord; sa cote nationale est N5 aux États-Unis et N3 au Canada (NatureServe, 2004). À l’heure actuelle, elle n’est ni inscrite ni candidate à l’inscription à la Federal List of Endangered and Threatened Wildlife and Plants de la U.S. Endangered Species Act et elle ne paraît pas sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Le statut national général des moules d’eau douce au Canada a été déterminé en 2004 (Metcalfe-Smith et Cudmore-Vokey, 2004), et la villeuse irisée a reçu la cote 2 (peut-être en péril) à l’échelle nationale et en Ontario. L’espèce est classée S2S3 (entre « très rare » et « rare à peu commune ») par le Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario (Sutherland, comm. pers., 2004). Selon NatureServe (2004), les cotes actuelles du V. iris par État américain sont les suivantes : Alabama (S3), Arkansas (S2S3), Illinois (S1), Indiana (S3), Kentucky (S4S5), Michigan (S2S3), Missouri (SNR), New York (S2S3), Caroline du Nord (S1), Ohio (SNR), Oklahoma (S1), Pennsylvanie (S1), Tennessee (S5), Virginie (S4), Virginie-Occidentale (S2) et Wisconsin (S1). Les cotes de tous les États et provinces sont présentés à la figure 8. La villeuse irisée est jugée en voie de disparition en Illinois et au Wisconsin (Cummings et Mayer, 1992), préoccupante au Michigan (Badra et Goforth, 2003) et en Caroline du Nord (Bogan, 2002) et proposée pour désignation comme espèce en voie de disparition (endangered) en Pennsylvanie (Crabtree, comm. pers., 2004); par conséquent, elle bénéficie d’une certaine protection dans ces États.

Figure 8. Cotes de conservation attribuées au Villosa iris par les États américains et les provinces canadiennes (cotes S) (adaptation des renseignements fournis sur le site NatureServe; S? = non classé/à l’étude; S1 = gravement en péril; S2 = en péril; S3 = vulnérable; S4 = apparemment non en péril; S5 = non en péril). Dans le cas des cotes S hybrides (p. ex. S2S3), c’est la cote correspondant au risque le plus élevé qui prévaut.

Figure 8. Cotes de conservation attribuées au Villosa iris par les États américains et les provinces canadiennes (cotes S) (adaptation des renseignements fournis sur le site www.natureserve.org; S? = non classé/à l’étude; S1 = gravement en péril; S2 = en péril; S3 = vulnérable; S4 = apparemment non en péril; S5 = non en péril). Dans le cas des cotes S hybrides (p. ex. S2S3), c’est la cote correspondant au risque

L’espèce est désignée en voie de disparition en Ontario, et ses habitats sont protégés de la destruction délibérée en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de la province. Sept espèces de moules d’eau douce figurent sur la liste ontarienne des espèces en péril, mais elles ne sont pas régies par la loi provinciale, car les espèces aquatiques sont de ressort fédéral. Cependant, toutes les espèces figurant sur cette liste, qu’elles soient régies par la loi ontarienne ou non, voient leurs habitats protégés en vertu de la Déclaration de principes provinciale associée à la Loi sur l’aménagement du territoire et à la Loi sur les ressources en agrégats. La Loi sur l’aménagement des lacs et des rivières de l’Ontario (qui interdit d’endiguer ou de détourner un cours d’eau s’il en découlerait un envasement) et le programme d’intendance des terres II (Land StewardshipII, programme volontaire qui vise à réduire l’érosion des terres agricoles) du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO) protègent eux aussi l’habitat des moules. Le développement riverain en Ontario est régi par une réglementation sur les plaines inondables mise en œuvre par les offices de protection de la nature. La Loi sur les pêches du Canada est sans doute le principal texte de loi assurant la protection de l’habitat des moules au Canada. Les mulettes sont englobées dans la définition de « poisson » au sens de cette loi. La récolte de moules vivantes étant considérée comme une activité de « pêche », elle est visée par le Règlement de pêche de l’Ontario pris sous le régime de la Loi sur les pêches du Canada, ce qui signifie qu’on ne peut récolter de moules en Ontario sans permis délivré par le ministère des Richesses naturelles de la province.

Une partie de la population de villeuse irisée du lac Sainte-Claire se trouve sur le territoire de la Première nation de Walpole Island. Il faut se munir d’un permis spécial pour accéder aux terres et aux eaux de la Première nation, ce qui restreint les perturbations anthropiques dans la région. La Première nation a récemment rédigé un programme de rétablissement de l’île Walpole qui vise à conserver et à restaurer les écosystèmes du territoire de l’île d’une manière conforme à l’énoncé de politique environnementale de la Première nation de Walpole Island et propre à offrir des possibilités de développement économique et culturel et à assurer la protection des espèces en péril (Bowles, 2004).