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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la villeuse irisée (Villosa iris) au Canada

Résumé

Villeuse irisée
Villosa iris

Information sur l’espèce

La villeuse irisée, Villosa iris (Lea, 1829), est une petite mulette (d’une longueur moyenne de quelque 55 mm au Canada), dont la coquille, comprimée latéralement, est elliptique allongée. La coquille est jaunâtre, d’un vert jaunâtre ou brune (chez les vieux spécimens) et compte un grand nombre de rayons interrompus vert sombre, étroits et/ou larges, qui en couvrent toute la surface. Les rayons peuvent être absents de la partie antérieure de la coquille. La nacre de la moule est d’un blanc argenté irisé, d’où le nom commun de l’espèce.

Répartition

La villeuse irisée a déjà occupé en Amérique du Nord une vaste aire de répartition s’étendant de l’État de New York et de l’Ontario jusqu’au Wisconsin, vers l’ouest, et, vers le sud, jusqu’à l’Oklahoma, l’Arkansas et l’Alabama. Au Canada, on compte des mentions pour les rivières Ausable, Bayfield, Détroit, Grand, Maitland, Moira, Niagara, Salmon, Saugeen, Sydenham, Thames et Trent ainsi que pour les lacs Huron, Ontario, Érié et Sainte-Claire. L’espèce semble disparue du bassin inférieur des Grands Lacs et de ses voies interlacustres, exception faite du delta du lac Sainte-Claire, mais elle est encore présente dans la plupart des rivières. Elle est en déclin dans toute la partie occidentale de son aire de répartition aux États-Unis.

Habitat

La villeuse irisée connaît sa plus grande abondance dans des rivières petites ou moyennes, mais se trouve aussi dans des lacs intérieurs. Elle a déjà été présente dans toutes les zones peu profondes proches des rives du bassin inférieur des Grands Lacs et de ses voies interlacustres, dans des substrats fermes de sable et de gravier. Dans les cours d’eau, le Villosa iris se trouve ordinairement dans les radiers ou dans leur voisinage et à la lisière de la végétation émergente, dans des courants modérés ou forts. L’espèce occupe des mélanges de substrat faits de galets, de gravier, de sable et, parfois, de vase ou de rochers. La villeuse irisée est le plus abondante dans des tronçons propres et bien oxygénés, à des profondeurs de moins de un mètre.

Biologie

La villeuse irisée compte des individus mâles et des individus femelles qui ne diffèrent que légèrement par la forme de la coquille et sont donc difficiles à distinguer. Les glochidies (larves) du Villosa iris, à l’instar des larves de la plupart des autres mulettes, sont des parasites de poissons. Le Villosa iris est une espèce à période de gravidité longue qui fraye à la fin de l’été, la femelle portant ses glochidies pendant tout l’hiver et les libérant au début du printemps. Les hôtes possibles de la villeuse irisée au Canada comprennent le méné rayé, l’achigan à petite bouche, l’achigan à grande bouche, le crapet vert, le dard vert, le dard arc-en-ciel et la perchaude, mais aucune étude n’a été effectuée pour identifier le ou les hôtes avec certitude. Le V. iris adulte se nourrit de bactéries, d’algues et autres particules organiques tirées de la colonne d’eau par filtration. Le V. iris juvénile vit entièrement enfoui dans le substrat où il se nourrit d’aliments similaires qu’il obtient directement du substrat ou de l’eau interstitielle.

Taille et tendances des populations

La villeuse irisée a probablement disparu des rivières Niagara et Détroit et de la plupart des zones où elle a déjà été présente dans les lacs Érié et Sainte-Claire. Une petite population estimée à 7 200 individus occupe les eaux canadiennes du delta du lac Sainte-Claire, mais elle décline à un taux estimé de 7 p. 100 par an, d’après les données recueillies dans 9 sites en 2001 et 2003. Les populations des rivières Ausable, Grand, Saugeen et Sydenham sont très modestes, seulement 20 spécimens ayant été recueillis dans 148 sites de ces rivières au cours des 10 dernières années. La population de la Sydenham Est est estimée à 18 900 individus, mais elle semble en déclin. La population du cours supérieur de la Thames est estimée à 40 000 moules, mais elle est aussi peut-être en train de décliner. La rivière Maitland abrite la population de villeuse irisée la plus importante et la plus saine au Canada; les captures par unité d’effort dans cette rivière sont de 10 à 100 fois supérieures à celles pour tout autre plan d’eau.

Facteurs limitatifs et menaces

C’est largement à cause de l’envahissement des eaux par la moule zébrée que la villeuse irisée a disparu du bassin inférieur des Grands Lacs et de ses voies interlacustres. Quand les moules zébrées s’établissent dans les réservoirs de retenue présents dans certaines rivières, elles peuvent constituer une menace pour les populations fluviales de moules indigènes. Jusqu’à présent, on a trouvé des moules zébrées dans deux réservoirs de la Thames. Les lourdes charges de sédiments, d’éléments nutritifs et de substances toxiques provenant de sources urbaines et agricoles ont dégradé l’habitat des mulettes dans tout le sud de l’Ontario. Des études ont montré que la villeuse irisée est particulièrement sensible au cuivre et à l’ammoniac.

Importance de l’espèce

Le genre Villosa compte 18 espèces nord-américaines, mais seules le Villosa iris et le Villosa fabalisont des aires de répartition s’étendant au Canada. Le Villosa fabalis a été désigné en voie de disparition par le COSEPACen 1999 et il est candidat à l’inscription sur la liste des espèces en péril des États-Unis. Seules 2 espèces du genre Villosa sont jugées non en péril (G5) en Amérique du Nord, dont l’une est le V. iris. Les mulettes constituent des indicateurs sensibles de la santé des écosystèmes, notamment de la qualité de l’eau et de l’habitat, de même que de l’état de la communauté de poissons dont elles dépendent. La sensibilité de la villeuse irisée aux produits chimiques toxiques en fait un indicateur particulièrement intéressant.

Protection actuelle

Un certain nombre de mulettes figurent sur la liste ontarienne des espèces en péril, mais elles ne sont pas régies par la loi provinciale, car les espèces aquatiques sont de ressort fédéral. Cependant, toutes les espèces figurant sur cette liste voient leurs habitats protégés en vertu de la Déclaration de principes provinciale associée à la Loi sur l’aménagement du territoire et à la Loi sur les ressources en agrégats. Les mulettes sont englobées dans la définition de « poisson » au sens du Règlement de pêche de l’Ontario pris sous le régime de la Loi sur les pêches du Canada. Les mulettes ne peuvent être récoltées en Ontario sans permis délivré par le ministère des Richesses naturelles de la province. Une partie de la population de villeuse irisée du lac Sainte-Claire se trouve sur le territoire de la Première nation de Walpole Island. Il faut se munir d’un permis spécial pour accéder au territoire de la Première nation, ce qui restreint les perturbations anthropiques dans la région.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC(alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPACest un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPACest composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD) Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P) Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP) Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI) Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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