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Programme de rétablissement du chevalier cuivré (Moxostoma hubbsi) au Canada (Proposé)

2. Rétablissement

2.1 Faisabilité du rétablissement

Ce programme de rétablissement vise à améliorer la situation du chevalier cuivré afin d’en arrêter le processus d’extinction, d’accroître l’abondance de l’espèce et, à plus long terme, d’amener la population à un niveau jugé suffisant pour que le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) puisse lui attribuer un statut moins élevé, soit menacé, préoccupant ou non en péril. La cible de rétablissement pour le maintien d’une population autoperpétuatrice de chevaliers cuivrés tout en maintenant 90% de la diversité génétique a été évaluée à 4 000 adultes (Bernatchez, 2004; Lippé et coll., 2006; Pêches et Océans Canada (MPO), 2007). Le délai pour atteindre ce but est de 20 ans. Compte tenu que les méthodes d’évaluations actuelles ne permettent de vérifier l’atteinte de la cible de rétablissement, plusieurs objectifs de population et de répartition ont été définis pour ce programme afin de mesurer les progrès :

  • le ratio de géniteurs de chevaliers cuivrés par rapport à l’ensemble des chevaliers, toutes espèces confondues, devra atteindre 3% ;
  • les captures automnales de jeunes chevaliers cuivrés de l’année devront représenter au moins 3% des captures de l’ensemble des jeunes chevaliers, toutes espèces confondues ;
  • au cours des prochaines années, les juvéniles provenant des ensemencements devront contribuer significativement aux inventaires tandis que ceux provenant de la reproduction naturelle devront prendre graduellement la relève ;
  • l’aire de répartition actuelle devra être maintenue.

Pour l’atteinte de ces objectifs de population, trois approches générales ont été préconisées :

  1. La conservation : mesures législatives ou administratives et actions préconisées autres que la sensibilisation et la recherche pour favoriser le rétablissement du chevalier cuivré;
  2. La sensibilisation : sensibilisation et éducation des groupes concernés à la situation précaire de la population de chevaliers cuivrés et aux menaces à son rétablissement;
  3. La recherche et le suivi : étude et suivi des chevaliers cuivrés et des menaces à leur rétablissement.

2.2 Mesures déjà achevées ou en cours

Grâce à la mise en œuvre des précédents plans de rétablissement du chevalier cuivré, plusieurs mesures ont été entreprises et réalisées pour permettre le rétablissement de l’espèce (Comité d'intervention, 1995, 1999; Équipe de rétablissement du chevalier cuivré, 2005).

2.2.1 Mesures de conservation

2.2.1.1 Protection légale

Le chevalier cuivré est inscrit sur l’annexe 1 de la Loi sur les espèsces en péril (LEP) depuis 2007 et bénéficie de l’interdiction de tuer un individu d'une espèce sauvage inscrite, de lui nuire, de le harceler, de le capturer ou de le prendre. L’espèce dispose également, depuis 1999, du statut le plus important en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (L.R.Q., chapitre E-12.01) en vigueur au Québec, soit celui d’espèce menacée. De plus, selon le Règlement de pêche du Québec (DORS/90-214 et DORS/2008-322), il est interdit de capturer et posséder les meuniers et les chevaliers à la pêche sportive dans l’aire de répartition du chevalier cuivré, à l’exception du lac Saint-Pierre et son archipel, afin de limiter les mortalités, puisque ces poissons ressemblent beaucoup au chevalier cuivré et il peut être difficile pour les pêcheurs de les différencier.

D’autre part, tous les pêcheurs commerciaux ont une obligation de remise à l’eau en cas de capture de chevaliers cuivré et de rivière, tandis que l’utilisation de toutes les espèces de chevalier en tant que poisson appât est interdite. Une interdiction de pêche aux poissons appât est en vigueur depuis le 1er avril 2008 dans la rivière Richelieu, en aval du barrage de Chambly, dans le but de protéger les juvéniles du chevalier cuivré. De plus, la Loi sur les pêches protège l’habitat des chevaliers cuivrés puisqu’il est interdit d’exploiter des ouvrages ou des entreprises entraînant la détérioration, la destruction ou la perturbation de l’habitat du poisson à moins d’obtenir une autorisation du ministre.

La Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q., chapitre 61.1, r.46) assure une protection légale du refuge Pierre-Étienne-Fortin, dans les rapides de Chambly, contre d’éventuelles modifications des éléments physiques, chimiques ou biologiques de l’habitat et interdit toute activité durant la période de fraie et d’incubation des œufs du chevalier cuivré, soit du 20 juin au 20 juillet, dans les zones utilisées à cette fin. Cette loi permet aussi de protéger l’habitat du poisson grâce à la préparation de plans d’habitats fauniques qui fixe les normes et conditions d’intervention dans le milieu (chapitre IV.1).

2.2.1.2 Construction et opération de la passe migratoire Vianney-Legendre

Depuis la fin des années 1960, le libre passage du chevalier cuivré et d’autres espèces de poisson était gravement compromis par la restauration du barrage de Saint-Ours, sans la reconstruction de la passe migratoire dont il était autrefois pourvu (Dumont et coll., 1997). La mise en opération d’une passe migratoire multispécifique a été effectuée au printemps 2001, grâce à la participation logistique et financière de plusieurs partenairesNote de bas de page12. L’ouvrage est opéré par Parcs Canada, gestionnaire du lieu historique national du Canal-de-Saint-Ours et du barrage. Le permis d’opération de la passe, émis par Pêches et Océans Canada, exigeait une période de rodage au cours de laquelle divers scénarios d’opération de la passe et des vannes du barrage ont été testés et comparés par un comité scientifiqueNote de bas de page13pour identifier les modalités qui favorisent le passage du chevalier cuivré et des autres espèces ciblées par cet aménagement, soit l’esturgeon jaune (Acipenser fulvescens), l’alose savoureuse (Alosa sapidissima), l’anguille d’Amérique (Anguilla rostrata) et le chevalier de rivière (Moxostoma carinatum). Les résultats sont très encourageants puisque le chevalier cuivré emprunte la passe migratoire, quoiqu’il reste plutôt rare (Fleury et Desrochers, 2003; Fleury et Desrochers, 2004; Fleury et Desrochers, 2005; Fleury et Desrochers, 2006).

2.2.1.3 Création du refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin

Le refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin, qui a été inauguré en octobre 2002, doit son nom au naturaliste qui fut le premier à décrire un spécimen de chevalier cuivré dans la littérature scientifique en 1866. La création du refuge faunique dans les rapides de Chambly vise à préserver l’intégrité de la plus importante des deux seules frayères connues, à assurer la quiétude des géniteurs pendant la période de reproduction et à protéger les œufs du piétinement pendant l’incubation. La création du refuge relève d’une concertation entre Hydro-Québec, le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec (MRNF), les municipalités de Richelieu et de Chambly et Conservation de la nature Canada (CNC). Cette dernière est devenue propriétaire du lit de la rivière sur un tronçon de 15 km en amont du refuge et se consacre à la conservation des habitats aquatiques et à l’éducation et la sensibilisation dans le refuge.

2.2.1.4 Protection des îles Jeannotte et aux Cerfs

En vue d’assurer leur protection à long terme, Conservation de la nature Canada a acquis en décembre 2006 et février 2009, les îles Jeannotte et aux Cerfs, dans la rivière Richelieu. La propriété de l’île aux Cerfs a depuis été transférée au MRNF. Ces acquisitions assurent une protection particulière aux sites propices à la croissance du chevalier cuivré dont les rives sont pratiquement les seules de ce tronçon de la rivière Richelieu qui n’ont pas été artificialisées par les activités humaines. Dès 2010, un projet de sensibilisation a été mis de l’avant par CNC et le Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu (COVABAR) autour des îles aux Cerfs et Jeannotte. Des bouées et deux quais portant des affiches ont été installés pour sensibiliser les plaisanciers à la présence de cet important habitat d’alevinage et des séances d’animation ont eu lieu durant la saison estivale afin de sensibiliser les plaisanciers à la notion d’habitat faunique ainsi qu’aux règles de nautisme durable.

2.2.1.5 Reproduction artificielle, élevage et ensemencement

Depuis 2004, un plan de reproduction artificielle et d’ensemencement est mis en œuvre pour pallier à la faiblesse de la reproduction naturelle. Près de trois millions de larves et 140 000 juvéniles ont été relâchés dans les aires d’alevinage de la rivière Richelieu entre 2004 et 2009. Les géniteurs sont capturés à la passe migratoire Vianney-Legendre. Ce plan vise à reconstituer le stock reproducteur en maintenant au moins 90% de la diversité génétique de départ de la population sur une période de 100 ans (Bernatchez, 2004). Neuf étangs ont été aménagés par le MRNF spécifiquement pour l’élevage du chevalier cuivré à la station piscicole provinciale de Baldwin. La reproduction artificielle est réalisée par le MRNF, à même les installations de Parcs Canada et est appuyée par le MPO depuis 2009.

2.2.1.6 Interventions dans le milieu

Le club conseil en agroenvironnement Conseilsol a obtenu une subvention du programme « Mise en valeur de la biodiversité des cours d’eau en milieu agricole » de la Fondation de la faune du Québec, en collaboration avec l’Union des producteurs agricoles, pour la réalisation d’activités de restauration et de stabilisation de berges sur le ruisseau Richer. Ce tributaire a une incidence sur la qualité de l’eau dans les sites d’alevinage de la rivière Richelieu. Ce club s’est associé au COVABAR afin de caractériser et réaliser des interventions en territoire agricole ainsi que de travailler avec les producteurs agricoles afin de modifier leurs pratiques culturales.

Depuis 2006, CNC a contribué à restaurer et caractériser des rives du Richelieu, en amont du refuge Pierre-Étienne Fortin et autour des îles Jeannotte et aux Cerfs. Plusieurs chantiers de restauration et de stabilisation de berges ont été réalisés dans les rivières des Hurons, l’Acadie et dans le ruisseau Beloeil, des tributaires de la rivière Richelieu jugés prioritaires pour l’intervention dans le milieu, de 2006 à 2010 par le COVABAR en collaboration avec Agriculture et Agroalimentaire Canada. La rivière des Hurons, la rivière la plus polluée au Québec, a été ciblée en raison de la proximité de son embouchure avec la principale frayère du chevalier cuivré et d’autres espèces menacées. Ces chantiers ont été réalisés grâce au financement du Fonds interministériel pour le rétablissement des espèces en péril ainsi que de nombreux autres partenaires. L’organisme Éco-Nature a mis sur pied un programme de caractérisation des rives, le long de la rivière des Mille Îles, dans le but d’en dresser un portrait et de proposer des améliorations dans l’aménagement de celles-ci. Depuis 2007, près de 180 propriétés (privées et municipales) ont été caractérisées. Les propriétaires recevront une Trousse du riverain les incitant à améliorer l’état de leur rive notamment, par la végétalisation et la signature d’ententes de conservation basées sur l’honneur. Cette activité s’inscrit dans le cadre du Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril (PIH).

2.2.2 Mesures de sensibilisation et de communication

2.2.2.1 Outils de sensibilisation sur le chevalier cuivré

L’objectif de la publication de dépliants de sensibilisation sur le chevalier cuivré était d’informer le public sur le statut précaire de l’espèce, de proposer des moyens d’agir, de démontrer l’importance de la rivière Richelieu et de renseigner la population au sujet de la création et du rôle du refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin. Un dépliant a été produit par le COVABAR et un second, qui présente de façon plus détaillée le refuge faunique, a été rédigé par CNC en collaboration avec le MRNF, l’Agence Parcs Canada, le PIHet le Projet Rescousse. Le comité ZIP du Lac Saint-Pierre a, pour sa part, réalisé des guides d’identification et de sensibilisation pour différents groupes cibles (p. ex. : les pêcheurs sportifs et commerciaux), pour plusieurs espèces en situation précaire dont le chevalier cuivré. Huit panneaux éducatifs ont également été aménagés à des sites stratégiques autour du lac (mises à l’eau). L’espèce a également fait l’objet de plusieurs articles dans différents journaux et revues et fut le sujet de reportages télévisés et radiophoniques ainsi que de pièces de théâtre.

2.2.2.2 Projet Rescousse

Le Projet Rescousse est un organisme sans but lucratif qui vise deux objectifs précis, soit de récolter des fonds pour la sauvegarde des espèces menacées et de sensibiliser le public à cette cause. En décembre 1998, il a lancé sur le marché une bière de microbrasserie, La Rescousse. Une partie des sommes récoltées lors de la vente de la bière est versée au fonds Partenaire pour la biodiversité de la Fondation de la faune du Québec, en vue de soutenir des projets qui portent sur des espèces menacées du Québec. Le chevalier cuivré est désormais considéré comme un véritable porte-étendard des espèces menacées du Québec et La Rescousse, qui constitue un excellent véhicule de communication à travers les médias, a contribué à redorer l’image du poisson auprès du public. Le Projet Rescousse a également été l’un des partenaires financiers de la passe migratoire Vianney-Legendre à Saint-Ours.

2.2.2.3 Rivière des Mille Îles

À l’aide du PIH, Éco-Nature, un organisme environnemental à but non lucratif, a fait plusieurs interventions auprès du public, notamment auprès des riverains, grâce à des panneaux d’interprétation, des conférences et du matériel éducatif. Ces interventions étaient orientées vers la conservation de l’habitat et la sensibilisation à la cause du chevalier cuivré. Les efforts concertés de nombreux intervenants, dont Éco-Nature et le MRNF, ont mené à la création du refuge faunique de la Rivière-des-Mille-Îles. Ce territoire, protégé en 1998, est constitué de dix îles couvrant 26,2 hectares de terres privées appartenant aux villes de Laval et de Rosemère et à l’organisme Éco-Nature. Ce dernier assume la gestion de ce site.

2.2.2.4 Gardiennage au refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin

Le COVABAR, en collaboration avec le MRNF ainsi que d’autres partenaires, a mis en place un projet de gardiennage au refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin. Ce projet avait pour but de préserver l’intégrité de la plus importante des deux seules frayères connues et l'habitat du chevalier cuivré. Ce site naturel d’une grande richesse est hautement fréquenté au cours de la période estivale par les plaisanciers (baignade, motomarine, kayak, pêche).

La présence d’agents de sensibilisation qui ont patrouillé le secteur durant les étés 2006 et de 2008 à 2010, principalement durant les périodes de fraie des espèces fréquentant ce site, a permis de faire respecter la réglementation du refuge faunique et de la pêche sportive, d’effectuer de la sensibilisation des usagers et de réaliser le sondage sur les pêches. Ce projet de sensibilisation a été rendu possible grâce au financement du PIH, d’Environnement Canada et de la Fondation de la faune du Québec.

2.2.2.5 Projet « Le périple du chevalier cuivré »

Cinq panneaux d’interprétation portant sur le chevalier cuivré ont été conçus. Ce projet est le fruit d’une étroite collaboration entre CNC, le COVABAR et le MRNF. Déployés sur le territoire de la rivière Richelieu à des endroits stratégiques, les panneaux bilingues permettent de faire connaître le chevalier cuivré et son habitat, les menaces pesant sur lui, les interventions de rétablissement réalisées et en cours, et ils suggèrent aux visiteurs des actions concrètes et simples pour participer à sa protection.

2.2.2.6 Interprétation et animation à la passe migratoire Vianney-Legendre

Le COVABAR a mis sur pied un projet pilote d’interprétation et d’animation à la passe migratoire Vianney-Legendre sur le territoire du Lieu historique national du Canada du Canal-de-Saint-Ours pendant à l’été 2010. Ce projet avait pour but d’informer et de sensibiliser le public aux thématiques du bassin versant de la rivière Richelieu et à la passe migratoire et aux espèces qui la fréquentent, incluant le chevalier cuivré.

Ce projet a permis de poursuivre les efforts de sensibilisation des usagers et des riverains de la rivière Richelieu et de mettre sur pied un programme d’animation qui pourrait être reconduit pour les prochaines années.

2.2.3 Mesures en recherche et suivi

2.2.3.1 Guide d’identification des juvéniles

Compte tenu des difficultés d’identification des jeunes chevaliers des cinq espèces présentes au Québec, une clé dichotomique bilingue a été conçue en 2003 pour les juvéniles de 35 mm et plus (Vachon, 2003a). Des efforts ont également été investis pour la description des spécimens de plus petite taille, notamment par l’examen comparé du développement ostéologique de la queue chez divers les chevaliers (Grünbaum et coll., 2003).

2.2.3.2 Analyses génétiques

À ce jour, l’analyse de l’ADN est la seule façon fiable de discriminer les larves (25 mm et moins), puisque leur identification à partir de caractères morphologiques externes s’est avérée peu concluante. Les méthodes d’analyses ont été raffinées et la caractérisation génétique de la population ainsi que l’évaluation de l’hétérogénéité génétique ont été réalisées (Lippé et coll., 2004, 2006). Ces travaux ont aussi permis d’acquérir les connaissances requises pour la rédaction du plan de reproduction. Outre la caractérisation génétique de toutes les captures et des géniteurs utilisés pour la reproduction artificielle, une étude de marquage a été effectuée en 2007 et des analyses d’assignation parentale ont été réalisées avec les tissus des juvéniles capturés dans le but de déterminer leur origine, soit naturelle ou artificielle, pour améliorer les connaissances sur la survie des jeunes ensemencés. Globalement, le ratio de chevaliers cuivrés issus de la reproduction artificielle et naturelle se situe autour de 9:1 (Vachon, 2010). Ce suivi permet de mesurer le rendement des différentes activités de protection et de rétablissement mises de l’avant.

2.2.3.3 Suivi annuel du recrutement

Un protocole de suivi du recrutement des jeunes chevaliers de l’année de la rivière Richelieu a été élaboré et exécuté sur une base presque annuelle. Ces travaux visent à mettre au point un indice de rendement des mesures de conservation et de soutien mises en place et à venir. Des pêches automnales à la seine de rivage ont ainsi été effectuées à 40 stations entre 1998 et 2009. Depuis 2008, les travaux couvrent également le secteur de Saint-Ours à Sorel. Certaines corrélations, bien que préliminaires, ont pu être dégagées entre l’abondance, la croissance des jeunes de l’année et les conditions climatiques et hydrologiques du milieu (Vachon, 1999b, 2002, 2007). Ces travaux, combinés aux analyses génétiques, ont également permis de confirmer la survie à court terme des jeunes chevaliers cuivrés ensemencés et ont contribué à améliorer nos connaissances sur les juvéniles plus âgés.

2.2.3.4 Télémétrie

La télémétrie s’avère le meilleur outil pour localiser, dans un premier temps, les habitats fréquentés par le chevalier cuivré dans le fleuve Saint-Laurent et ses tributaires. Dans un second temps, la définition des caractéristiques de ces habitats a permis de délimiter, dans l’ensemble du territoire fréquenté, les milieux essentiels susceptibles d’être utilisés par l’espèce au stade adulte (aires de fraie, zones d’alimentation, voies de migration), et d’en déterminer l’étendue et la répartition. Ce travail permet d’intervenir par des mesures de conservation appropriées et de suggérer des modalités de gestion qui maximisent la protection des habitats du chevalier cuivré. La phase I du projet de télémétrie a permis de raffiner la méthode de fixation des émetteurs, tandis que les phases subséquentes ont permis de dresser un portrait de la répartition, des déplacements et des habitats sélectionnés par le chevalier cuivré. La télémétrie a démontré que l’aire de répartition de cette espèce était plus étendue que ce que les captures laissaient entrevoir. Les travaux de télémétrie ont permis de cerner les variables environnementales responsables de la sélection d’habitat et de bâtir un modèle d’habitat multivarié. Ce modèle a été utilisé pour produire des cartes représentant la probabilité de présence de l’espèce en période printanière, estivale et automnale (Comité ZIP des Seigneuries, 2006; D. Hatin, MRNF, données non publiées). Cette information a ensuite permis de définir les zones d’habitat essentiel aux chevaliers cuivrés adultes dans le fleuve Saint-Laurent (MPO, 2010a).

2.2.3.5 Suivi des captures commerciales et sportives accidentelles

En 1998, la collaboration d’un pêcheur commercial œuvrant dans le secteur Lavaltrie-Contrecœur du fleuve Saint-Laurent a permis de mettre en évidence une concentration importante de chevaliers cuivrés adultes. Depuis, toujours en collaboration avec ce pêcheur, un suivi annuel des captures accidentelles dans ses engins commerciaux est assuré, d’avril à novembre, par le MRNF.

Plusieurs renseignements sont colligés dans le cadre de ce suivi : date, engin, site, longueur totale, présence de tubercules nuptiaux et d’anomalies externes, état de santé à la remise à l’eau ou toutes autres informations jugées pertinentes (stade de maturité sexuelle, coloration particulière, etc.). Lorsque cela est possible, le sexe est déterminé par pression abdominale, par la présence de tubercules nuptiaux ou par l’angle formé par les nageoires pelviennes. Une micropuce est insérée dans chaque poisson remis à l’eau pour identification ultérieure. La découverte de ce groupe permet d’accroître de façon considérable les connaissances.

En 2009 un projet d’évaluation de l’impact de la pêche commerciale et sportive au lac Saint-Pierre a été coordonné par le comité ZIP du lac Saint-Pierre. Le but du projet est de sensibiliser les pêcheurs à la fragilité du chevalier cuivré et de vérifier l’importance des captures accidentelles. Ce projet comportait plusieurs volets dont la sensibilisation des pêcheurs, la formation du personnel et la mise en place d’une ligne téléphonique d’urgence.

2.3 Objectifs de rétablissement

Afin d’atteindre la cible de 4 000 individus matures et les objectifs en matière de population et de répartition, cinq objectifs de rétablissement ont été définis.

Objectif 1. Améliorer les conditions d’habitat requises pour l’ensemble des étapes du cycle vital nécessaires à la survie et au rétablissement du chevalier cuivré, en visant :

  • a. la protection des habitats importants connus et la création d’habitats supplémentaires ;
  • b. l’amélioration de la qualité de l’eau et des habitats dans le bassin versant de la rivière Richelieu et du fleuve Saint-Laurent, afin que la reproduction et la croissance puissent s’effectuer normalement ;
  • c. le maintien de la connectivité entre les différents habitats utilisés aux différentes étapes du cycle vital.

Objectif 2. Soutenir la population de chevaliers cuivrés grâce à l’ensemencement, jusqu’à ce que la reproduction naturelle permette le maintien de la population à long terme.

Objectif 3. Encourager les efforts de recherche sur la composante subadulte (100-500 mm) de la population afin de combler le manque de connaissance de cette étape du cycle vital du chevalier cuivré.

Objectif 4. Réduire l’impact des pressions anthropiques sur le chevalier cuivré et son habitat.

Objectif 5. Effectuer un suivi régulier de l’état de la population.

Le tableau suivant présente des mesures visant à orienter les actions de rétablissement mises en œuvre par le MPO et tous les partenaires intéressés par le rétablissement du chevalier cuivré.

2.4 Stratégies recommandées pour l'atteinte des objectifs de rétablissement

2.4.1 Planification du rétablissement

Des stratégies de rétablissement pour atténuer l’impact des menaces sont suggérées pour chaque objectif de rétablissement. Ces stratégies sont groupées selon l’approche correspondante (conservation, sensibilisation, recherche) et elles sont détaillées dans la colonne « mesures ». Les stratégies de rétablissement sont priorisées :

utile
qui serait profitable au rétablissement
nécessaire
ui présente un grand intérêt pour le rétablissement
essentiel
indispensable au rétablissement
Tableau 2a. Planification du rétablissement : Objectif 1. Améliorer les conditions d’habitat requises pour l’ensemble des étapes du cycle vital nécessaires à la survie et au rétablissement du chevalier cuivré.
Sous-objectifsPriorité des mesures (Utile, Nécessaire, Essentiel)ApprochesMenaces abordéesStratégies de rétablissementMesures
1a. Protection des habitats importants connus et la création d’habitats supplémentairesEssentielConservationBarrageAssurer le maintien des activités optimales à la passe migratoire Vianney-Legendre.Maintenir, et au besoin adapter les modalités d’exploitation optimales à long terme à la passe migratoire Vianney-Legendre.
1a. Protection des habitats importants connus et la création d’habitats supplémentairesEssentielConservationDégradation de l’habitat, niveaux d’eauAssurer l’intégrité physique et hydrologique des frayères connues.
  • Assurer une gestion adéquate du barrage de Saint-Ours en période de migration, de fraie et d’incubation des œufs du chevalier cuivré.
  • Mettre en place des mesures adaptées dans les processus d’analyse et de surveillance des interventions en milieu riverain et aquatique afin de maintenir l’intégrité physique et hydrologique de la frayère à Chambly.
1a. Protection des habitats importants connus et la création d’habitats supplémentairesEssentielConservationDégradation de l’habitatAcquérir ou protéger légalement des sites propices à la reproduction, à l’alimentation, à la croissance et à l’alevinage du chevalier cuivré.
  • Réviser et corriger les restrictions ainsi que les règlements (périodes d’accès et activités interdites) du refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin.
  • Protéger légalement l’Île Hervieux (Lavaltrie).
  • Consolider la protection des îles Jeannotte et aux Cerfs par la création d’un refuge faunique.
1a. Protection des habitats importants connus et la création d’habitats supplémentairesNécessaireConservationDégradation de l’habitatProtéger les habitats importants, notamment les herbiers des effets du dragage et de la mise en dépôt des sédiments dragués.Mettre en place des mesures adaptées dans les processus d’analyse et de surveillance afin de prévenir le dragage et le rejet de matériaux dragués dans les herbiers du corridor fluvial du Saint-Laurent et de la rivière Richelieu.
1a. Protection des habitats importants connus et la création d’habitats supplémentairesNécessaireConservationNiveaux d’eauS’assurer que les modalités de gestion des débits du fleuve Saint-Laurent respectent les exigences en matière d’habitat du chevalier cuivré.Faire des représentations auprès de la Commission mixte internationale pour inclure la mise en eau des herbiers du Saint-Laurent offrant de bonnes conditions d’habitat au chevalier cuivré dans les critères de gestion des niveaux d’eau du Saint-Laurent.
1a. Protection des habitats importants connus et la création d’habitats supplémentairesNécessaireConservationDégradation de l’habitatFreiner l’artificialisation des rives et restaurer les milieux riverains.
  • Appliquer la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables du Québec, dans les MRC situées dans l’aire de répartition du chevalier cuivré.
  • Évaluer les réglementations en vigueur des municipalités riveraines visant les ouvrages de stabilisation des berges et de soutènement issues de la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables.
  • Mettre en place des mesures adaptées dans les processus d’analyse et de surveillance des interventions en milieux riverain et aquatique afin de prévenir l’artificialisation des rives.
  • Créer un mécanisme d'expertise-conseil en stabilisation végétale.
  • Mettre en place un plan de restauration des rives dans l’aire de répartition du chevalier cuivré en priorisant : la rivière Richelieu, la confluence des rivières des Prairies et des Mille Îles et le tronçon Varennes-Boucherville du fleuve Saint-Laurent.
1a. Protection des habitats importants connus et la création d’habitats supplémentairesNécessaireSensibilisationDégradation de l’habitatSensibiliser les riverains, les producteurs agricoles et les municipalités aux impacts négatifs de l’artificialisation des rives et promouvoir la restauration de bandes riveraines.
  • Effectuer des campagnes de sensibilisation. Repérer les clientèles cibles et évaluer l’efficacité des campagnes de sensibilisation sur la modification et le maintien des comportements.
  • Promouvoir la restauration de bandes riveraines sur 10 à 15 m, dans l’aire de répartition de l’espèce.
1a. Protection des habitats importants connus et la création d’habitats supplémentairesUtileRecherche et suiviDégradation de l’habitatConcevoir une approche de suivi des habitats aquatiques dans l’aire de répartition du chevalier cuivré.
  • Effectuer un suivi périodique des herbiers du corridor fluvial du Saint-Laurent et perfectionner les modèles de végétation aquatique.
  • Quantifier et qualifier les habitats aquatiques des rivières Yamaska et Noire dans le but d’évaluer la possibilité de réhabiliter la population de chevaliers cuivrés.
1a. Protection des habitats importants connus et la création d’habitats supplémentairesUtileConservationDégradation de l’habitatCréer de nouveaux habitats propices dans l’aire de répartition de l’espèce.Restaurer des habitats aquatiques propices à divers stades du cycle vital de l’espèce.
1b. Amélioration de la qualité de l’eau et des habitats dans le bassin versant de la rivière Richelieu et du fleuve Saint-Laurent, afin que la reproduction et la croissance puissent s’effectuer normalementEssentielConservationDégradation de l’habitat, contaminantsRéduire l’apport de nutriments et de pesticides provenant de l’agriculture dans les cours d’eau de l’aire de répartition du chevalier cuivré.
  • Modifier les pratiques culturales afin de réduire l’apport de nutriments et de pesticides dans les cours d’eau.
  • Implanter des bandes riveraines filtrantes qui réduisent de façon significative l’apport de nutriments et de pesticides provenant du milieu agricole.
1b. Amélioration de la qualité de l’eau et des habitats dans le bassin versant de la rivière Richelieu et du fleuve Saint-Laurent, afin que la reproduction et la croissance puissent s’effectuer normalementEssentielConservationDégradation de l’habitat, contaminantsRéduire l’apport de matière organique et de contaminants provenant des eaux usées dans les cours d’eau de l’aire de répartition du chevalier cuivré.
  • Améliorer le rendement des systèmes d’assainissement des eaux usées municipales de manière à réduire l’apport de matière organique et de contaminants dans les cours d’eau et à assurer le rejet d’eau traitée en tout temps et toutes circonstances.
  • Réduire la charge de perturbateurs endocriniens dans les effluents municipaux, en particulier celui de l’agglomération métropolitaine de Montréal.
  • Appliquer la réglementation sur les systèmes d’assainissement autonomes des eaux usées domestiques.
1b. Amélioration de la qualité de l’eau et des habitats dans le bassin versant de la rivière Richelieu et du fleuve Saint-Laurent, afin que la reproduction et la croissance puissent s’effectuer normalementNécessaireRecherche et suiviDégradation de l’habitat, contaminantsSuivre périodiquement l’évolution de la qualité de l’eau ainsi que des concentrations de pesticides et de contaminants dans les habitats du chevalier cuivré.Poursuivre le suivi de la qualité de l’eau, des pesticides et des contaminants dans la rivière Richelieu et le fleuve Saint-Laurent.
1b. Amélioration de la qualité de l’eau et des habitats dans le bassin versant de la rivière Richelieu et du fleuve Saint-Laurent, afin que la reproduction et la croissance puissent s’effectuer normalementNécessaireRecherche et suiviContaminantsSuivre l’évolution temporelle de l’œstrogénécité de l’eau et évaluer l’exposition aux perturbateurs endocriniens.Poser un diagnostic sur le rôle possible des perturbateurs endocriniens dans les difficultés de reproduction du chevalier cuivré (féminisation, hermaphrodisme, etc.).
1b. Amélioration de la qualité de l’eau et des habitats dans le bassin versant de la rivière Richelieu et du fleuve Saint-Laurent, afin que la reproduction et la croissance puissent s’effectuer normalementUtileSensibilisationDégradation de l’habitat, contaminantsSensibiliser les agriculteurs à la situation du chevalier cuivré et à l’impact de la pollution agricole sur celui-ci.
  • Inciter les exploitants agricoles à réduire l’érosion dans les bassins versants du Richelieu et du Saint-Laurent.
  • Inciter les exploitants agricoles à diminuer l’épandage de pesticides.
1b. Amélioration de la qualité de l’eau et des habitats dans le bassin versant de la rivière Richelieu et du fleuve Saint-Laurent, afin que la reproduction et la croissance puissent s’effectuer normalementUtileSensibilisationDégradation de l’habitat, contaminantsSensibiliser les municipalités, les industries et les riverains à l’impact de la pollution par les eaux usées sur le chevalier cuivré et son habitat.Inciter les municipalités à traiter les eaux usées de manière à réduire efficacement les contaminants, particulièrement les perturbateurs endocriniens, ainsi que la matière organique dans les rejets.
1c. Maintien de la connectivité entre les différents habitats utilisés aux différentes étapes du cycle vital.EssentielConservationBarrageS’assurer que les projets d’aménagement proposés et autorisés n’entravent aucunement la migration du chevalier cuivré.Mettre en place des mesures précises dans les processus d’analyse et de surveillance des interventions en milieux riverain et aquatique afin de prévenir toute entrave à la migration.

 

Tableau 2b. Planification du rétablissement : Objectif 2. Soutenir la population de chevaliers cuivrés grâce à l’ensemencement, jusqu’à ce que la reproduction naturelle permette le maintien de la population à long terme.
Priorité des mesures (Utile, Nécessaire, Essentiel)ApprochesMenaces abordéesStratégies de rétablissementMesures
EssentielConservationToutesMettre en œuvre le plan de reproduction.
  • Effectuer un bilan de la mise en œuvre du plan de reproduction 2004-2009 et des résultats obtenus.
  • Évaluer le succès du plan de reproduction après 10 ans dans le but de formuler des recommandations pour la poursuite ou la modification d’un plan subséquent.
EssentielRecherche et suiviToutesOptimiser le rendement de la reproduction artificielle et des ensemencements.
  • Rédiger et mettre à jour un rapport sur les techniques de reproduction artificielle et d’élevage des chevaliers cuivrés.
  • Mettre au point un dilueur spécifique pour préserver le sperme du chevalier cuivré.
  • Évaluer d’autres sites d’introduction potentiels présentant les conditions propices au chevalier cuivré.
  • Mettre au point un indice de contribution des géniteurs au plan de reproduction artificielle depuis le début des opérations.
  • Réaliser la caractérisation génétique ainsi que des analyses d’assignation parentale de tous les géniteurs utilisés dans le cadre de la reproduction artificielle.

 

Tableau 2c. Planification du rétablissement : Objectif 3. Encourager les efforts de recherche sur la composante subadulte (100-500 mm) de la population afin de combler le manque de connaissance de cette étape du cycle vital du chevalier cuivré.
Priorité des mesures (Utile, Nécessaire, Essentiel)ApprochesMenaces abordéesStratégies de rétablissementMesures
NécessaireRecherche et suiviToutesÉvaluer l’état du segment de population des subadultes et leur habitat.
  • Concevoir et mettre en œuvre une méthode d’échantillonnage pour les chevaliers cuivrés subadultes.
  • Rechercher, localiser, caractériser et protéger l’habitat des chevaliers cuivrés subadultes.

 

Tableau 2d. Planification du rétablissement : Objectif 4. Réduire l’impact des pressions anthropiques sur le chevalier cuivré et son habitat.
Priorité des mesures (Utile, Nécessaire, Essentiel)ApprochesMenaces abordéesStratégies de rétablissementMesures
EssentielConservationActivités récréatives, pêchesRenforcer la surveillance des habitats importants.
  • Intensifier la surveillance et l’application de la réglementation en période de reproduction et d’incubation dans le refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin, notamment pendant les périodes de grande affluence par les plaisanciers.
  • Améliorer la signalisation des limites et l’affichage des règlements du refuge Pierre-Étienne-Fortin.
UtileSensibilisationActivités récréatives, pêchesSensibiliser le public à l’impact de ses activités sur la conservation du chevalier cuivré.
  • Repérer les clientèles cibles.
  • Atteindre la modification et le maintien des comportements grâce à des campagnes de sensibilisation efficaces sur le dérangement, le piétinement des sites de ponte, les captures accidentelles et la navigation de plaisance.
  • Poursuivre la sensibilisation dans le refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin et dans le secteur des îles Jeannotte et aux Cerfs.
  • Mettre en valeur l’écosystème de la rivière Richelieu et la passe migratoire Vianney-Legendre au Lieu historique national du Canal-de-Saint-Ours par l’aménagement d’un pavillon d’interprétation et de laboratoires
UtileConservationPêchesRéduire l’impact de la pêche commerciale et des inventaires ichtyologiques.
  • Prioriser le rachat de permis de pêche commerciale au filet maillant et au verveux dans le couloir fluvial.
  • Poursuivre l’évaluation des mortalités de chevaliers cuivrés capturés accidentellement dans le cadre des pêches commerciales.
  • Réduire la mortalité des chevaliers cuivrés lors d’inventaires et recherches scientifiques.
  • Former adéquatement les divers intervenants (p. ex. les agents de protection de la faune, les pêcheurs commerciaux et les employés des consultants en environnement) appelés à travailler dans l’habitat du chevalier cuivré afin qu’ils soient en mesure d’identifier les spécimens de chevaliers cuivrés
UtileConservationPêchesRéduire l’impact de la pêche sportive
  • Modifier la réglementation de la pêche sportive pour que soit étendue l’interdiction de capture et de possession de chevaliers et meuniers à toute l’aire de répartition de l’espèce, incluant le lac St-Pierre et son archipel
  • Continuer la sensibilisation des pêcheurs sportifs à la remise à l’eau en cas de capture de chevaliers.

 

Tableau 2e. Planification du rétablissement : Objectif 5. Effectuer un suivi régulier de l’état de la population.
Priorité des mesures (Utile, Nécessaire, Essentiel)ApprochesMenaces abordéesStratégies de rétablissementMesures
EssentielRecherche et suiviToutesEffectuer un suivi de la population de chevaliers cuivrés dans la rivière Richelieu.
  • Réaliser annuellement le suivi du recrutement des jeunes chevaliers de l’année dans la rivière Richelieu.
  • Effectuer la caractérisation génétique ainsi que des analyses d’assignation parentale de tous les chevaliers cuivrés récoltés dans le cadre de tous les échantillonnages menés dans l’aire de répartition.
  • Évaluer le succès de reproduction naturelle dans la rivière Richelieu à partir de la caractérisation génétique.
NécessaireRecherche et suiviToutesMise sur pied d’un indicateur d’abondance des géniteurs.Élaborer et mettre en œuvre une méthodologie validée permettant de dénombrer les géniteurs à partir des données récoltées lors de la réalisation du plan de reproduction.
UtileRecherche et suiviToutesRepérer et valider de nouvelles aires de fraie.Vérifier la présence d’indices de reproduction dans les différents sites de fraie potentiels.

2.4.2 Commentaire à l’appui du tableau de planification du rétablissement

Le premier objectif de rétablissement vise à préserver l’habitat du chevalier cuivré par le maintien des habitats existants par des mesures de conservation (protection légale, politiques de gestion) et de sensibilisation (protection des rives), mais aussi par l’amélioration de la qualité de l’eau, milieu de vie de cette espèce. Les deuxième et troisième objectifs visent à augmenter le recrutement des chevaliers cuivrés en maintenant et bonifiant le programme de reproduction artificielle et d’ensemencement ainsi qu’en améliorant les connaissances sur un segment de la population encore peu connu, soit les subadultes (100-500 mm), dans le but de mettre de l’avant les mesures de gestion et de protection appropriées. Le quatrième objectif permet de mettre en œuvre des mesures visant à réduire l’impact de la pression exercée par les activités anthropiques. La sensibilisation des pêcheurs et la surveillance visant à limiter la perturbation par les plaisanciers sont des approches préconisées pour atteindre cet objectif. Le dernier objectif, le suivi de la population, s’avère essentiel pour valider et améliorer les efforts de rétablissement ainsi que pour améliorer les connaissances, à ce jour assez limitées, sur cette espèce découverte récemment.

2.5 Habitat essentiel

2.5.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

La Loi sur les espèces en péril (2002) définit au paragraphe 2(1), l’habitat essentiel comme étant :

« …l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce ». [p. 2(1)]

La Loi définit l’habitat pour les espèces aquatiques en péril comme étant :

« …les frayères, aires d’alevinage, de croissance et d’alimentation et routes migratoires dont sa survie dépend, directement ou indirectement, ou aires où elle s’est déjà trouvée et où il est possible de la réintroduire ». [p. 2(1)]

L’habitat essentiel pour le chevalier cuivré est désigné dans la mesure du possible et en se basant sur la meilleure information accessible. Il est composé des herbiers du fleuve Saint-Laurent, de la zone littorale de la rivière Richelieu et des rapides en aval des barrages de Saint-Ours et de Chambly (figures 4 à 9). Les herbiers sont des habitats de croissance et d’alimentation, tandis que les rapides servent de frayères. L’habitat essentiel désigné dans la zone littorale de la rivière Richelieu est utilisé pour la croissance des alevins et la migration des adultes vers les frayères. L’habitat essentiel désigné dans ce programme de rétablissement est nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce, mais il n’est pas suffisant pour l’atteinte des objectifs de population. Le calendrier des études présenté à la section 7.2 donne un aperçu des recherches nécessaires pour compléter la désignation de l’habitat essentiel afin d’atteindre les objectifs de population et de répartition.

2.5.2 Information et méthode utilisées pour désigner l'habitat essentiel

Dans le cadre de deux ateliers tenus en 2009 et en 2010, avec la participation du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, Pêches et Océans Canada (MPO) a revu l’information et pris connaissance des nouvelles données afin de définir l’utilisation de l’habitat par le chevalier cuivré dans le fleuve Saint-Laurent et la rivière Richelieu (MPO, 2010a). En octobre 2010, l’Équipe de rétablissement du chevalier cuivré a également formulé une recommandation pour inclure dans la désignation de l’habitat essentiel, entre autres, les habitats utilisés par le chevalier cuivré dans les rivières des Mille Îles et des Prairies, ceux-ci n’ayant pu être abordés dans le cadre des ateliers, faute de temps. La désignation de l’habitat essentiel dans le présent programme se fonde sur l’information recueillie dans les ateliers (résumée ci-dessous) et la recommandation de l’Équipe de rétablissement.

Habitat de fraie

Afin de déterminer l’habitat essentiel pour la fraie du chevalier cuivré, les experts ont exploré les besoins et les comportements probables de l’espèce, l’utilisation des rapides en aval des barrages de Chambly et de Saint-Ours, et la superficie d’habitat potentiel pour la fraie dans la rivière Richelieu (MPO, 2010b). Le chevalier cuivré aurait un comportement de fraie qui impliquerait deux mâles ou plus par femelle. Il utiliserait les mêmes sites que les autres espèces de chevalier, mais il y aurait un faible niveau de compétition dans les sites étant donné sa fraie tardive. Il posséderait une certaine capacité d’adaptation aux conditions environnementales et serait plutôt fidèle aux sites de reproduction. La superficie nécessaire à l’acte de fraie par femelle (trio) est évaluée à 1 m², ce qui correspond à une superficie minimale requise de 2 000 m² pour 2 000 femelles (pour un objectif de 4 000 individus matures). Cette valeur est extrapolée à partir de données connues pour d’autres espèces de chevalier. La surface potentielle de fraie dans la rivière Richelieu a été estimée à 583 064 m² (Chambly : 488 364 m² et Saint-Ours : 94 700 m²). Cette surface potentielle a été établie à partir de la localisation des frayères, de la variabilité du substrat et des conditions d’hydraulicité, de la dérive des œufs et d’aires de repos utilisées par les géniteurs. L’habitat essentiel pour la fraie désigné dans ce programme est donc jugé suffisant pour atteindre l’objectif de population de 4 000 géniteurs.

Habitat de croissance et de migration

Les habitats fréquentés par les jeunes de l’année et les subadultes peuvent être décrits globalement comme les zones littorales peu profondes à courant faible comportant des herbiers aquatiques. Ces habitats se retrouvent de façon relativement homogène tout le long de la rivière Richelieu et la superficie d’herbier disponible dans la rivière Richelieu demeure inconnue. C’est pourquoi une approche bathymétrique a été proposée pour désigner l’habitat essentiel de croissance des juvéniles. Étant donné les conditions hydrologiques actuelles dans la rivière Richelieu, il serait difficile de restaurer les herbiers perdus. La zone littorale utilisée par les chevaliers cuivrés juvéniles se situe entre 0 et 3 mètres de profondeur. L’habitat essentiel désigné dans la rivière Richelieu couvre cependant la zone littorale de 0 à 4 mètres afin d’inclure la zone de migration des géniteurs.

Habitat d’alimentation des adultes

Une modélisation basée sur l’utilisation des habitats grâce à des suivis télémétriques et sur 12 variables d’habitat (p. ex. : profondeur, vitesse de courant, densité de végétation) a été utilisée pour désigner l’habitat d’alimentation des adultes. Cette modélisation a été effectuée dans le fleuve Saint-Laurent, entre le lac Saint-Louis et le lac Saint-Pierre. Elle n’a pas été appliquée aux rivières des Prairies et des Mille Îles, mais l’utilisation des portions aval des ces rivières a été confirmée par des suivis télémétriques récents et par des données historiques. À l’échelle du Saint-Laurent (entre Beauharnois et Trois-Rivières), la superficie d’habitat potentiel comme aire d’alimentation et de croissance n’apparaît pas limitative à l’atteinte de la cible de rétablissement. Par contre, la superficie d’habitat actuellement utilisée, confirmée par des suivis télémétriques, est restreinte au tronçon fluvial (entre Montréal et Sorel). En effet, selon le modèle, le potentiel d’habitat est très élevé dans les lacs fluviaux, mais leur utilisation par le chevalier cuivré reste marginale, tandis que la plus faible superficie d’habitat (entre 25 et 35 km² selon les débits) disponible entre Montréal et Sorel est fortement utilisée. L’habitat essentiel d’alimentation des adultes désigné est donc l’habitat possédant les caractéristiques favorables au chevalier cuivré, utilisées par le modèle, dans le tronçon fluvial entre Montréal et Sorel. Cet habitat ne sera cependant pas suffisant pour soutenir une population rétablie de 4 000 géniteurs, dont les besoins sont estimés à 260 km² de superficie d’habitat d’alimentation des adultes (MPO, 2010a).

2.5.3 Description de l’habitat essentiel

L’habitat essentiel désigné du chevalier cuivré comprend trois composantes liées à des fonctions du cycle vital : les herbiers, la zone littorale et les rapides. Les caractéristiques de ces composantes sont résumées au le tableau 3.

Toutefois, les installations permanentes d’origine anthropique telles que les ports, les quais et les marinas qui peuvent être présentes à l’intérieur des aires délimitées, sont exclues de la description de l’habitat essentiel. La passe migratoire du barrage de Saint-Ours est également exclue de la description de l’habitat essentiel.

Tableau 3. Sommaire des caractéristiques et des fonctions de l’habitat essentiel
FonctionsComposanteLocalisationCaractéristiques
Fraie, incubation (mai, juin, juillet)RapidesRivière Richelieu, en aval des barrages Saint-Ours et Chambly
  • Profondeur de 0,75 à 2 m
  • Courant faible à modéré (0,2 à 0,6 m/s)
  • Substrat hétérogène constitué de gravier fin à grossier, de roches et parfois de blocs enfoncés dans l’argile
Croissance et alimentationZone littoraleRivière Richelieu, du bassin Chambly jusqu’à l’embouchure
  • Profondeur de 0 à 4 m
  • Faible pente (moins de 20 degrés)
  • Courant faible à modéré (moins de 0,5 m/s)
  • Présence de végétation
  • Substrat relativement fin (mélange d’argile-limon-sable)
MigrationZone littoraleRivière Richelieu, du bassin Chambly jusqu’à l’embouchure
  • Profondeur de 0 à 4 m
Alimentation des adultesHerbiersFleuve Saint-Laurent, entre Montréal et Sorel
Rivière des Prairies
Rivière des Mille Îles
  • Profondeur de 0 à 4 m
  • Courant faible à modéré (moins de 0,5 m/s)
  • Substrat relativement fin
  • Densité de végétation moyenne à élevée, essentiellement composée de Vallisneria americana et de Potamogeton sp.
  • Abondance de gastéropodes et de dreissenidés
Habitat de fraie

L’habitat essentiel désigné englobe les deux seules frayères connues du chevalier cuivré, toutes deux situées dans la rivière Richelieu, soit au bief aval du barrage de Saint-Ours (figure 4) et dans les rapides de Chambly (figure 5). Ces frayères sont fréquentées par le chevalier cuivré pendant les mois de mai, juin et juillet. Les caractéristiques de ces frayères sont présentées au tableau 3.

Figure 4. Habitat essentiel pour la fraie du chevalier cuivré au barrage de Saint-Ours

Figure 4. Habitat essentiel pour la fraie du chevalier cuivré au barrage de Saint-Ours. (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 4

Habitat essentiel pour la fraie du chevalier cuivré au barrage de Saint-Ours. Il correspond au secteur situé immédiatement en aval du barrage de Saint-Ours et délimité à l’est par la rive gauche de l’Île Darvard jusqu’à son extrémité nord et à l’ouest par la rive gauche de la rivière Richelieu.

Figure 5. Habitat essentiel pour la fraie du chevalier cuivré au barrage de Chambly

Figure 5. Habitat essentiel pour la fraie du chevalier cuivré au barrage de Chambly. (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 5

Habitat essentiel pour la fraie du chevalier cuivré au barrage de Chambly. Il correspond au secteur situé immédiatement en aval du barrage de Chambly incluant les îles de l’archipel des rapides de Chambly.

Habitat de croissance et de migration

L’habitat essentiel dans la rivière Richelieu inclut la zone littorale de la rivière, soit la bande située entre 0 et 4 m de profondeur, à partir du barrage de Chambly jusqu’à l’embouchure de la rivière (figure 6 et figure 7). C’est dans cette zone que se retrouve la végétation aquatique submergée (tableau 3). La rivière Richelieu est le seul cours d’eau où des larves et des jeunes chevaliers cuivrés de l’année ont été observés. Les chevaliers juvéniles de moins de 100 mm, dont le chevalier cuivré, sont inféodés aux herbiers de la zone littorale. L’habitat pour la croissance des juvéniles se trouve dans les herbiers présents dans la zone littorale de la rivière Richelieu, désignée habitat essentiel. Ces herbiers, qui jouent un rôle déterminant dans l’alevinage (croissance, alimentation et abris), constituent non seulement un habitat important pour les juvéniles mais également pour les adultes qui fréquentent ce cours d’eau ou qui l’utilisent comme couloir migratoire.

Habitat d’alimentation des adultes

L’habitat essentiel désigné pour l’alimentation des adultes se situe dans le fleuve Saint-Laurent, entre Montréal et Sorel, ainsi que dans les rivières des Prairies et des Mille Îles. L’habitat essentiel pour l’alimentation des adultes dans le fleuve Saint-Laurent est situé dans une zone délimitée par la pointe est de l’île Notre-Dame (figure 8) et l’embouchure de la rivière Richelieu (figure 9), et il correspond aux herbiers riches en gastéropodes présentant les caractéristiques décrites dans le tableau 3. L’emplacement potentiel de ces herbiers a été modélisé grâce à des suivis télémétriques et des variables d’habitat; cette modélisation est représentée en vert dans les figures 8 et 9. L’habitat essentiel désigné dans les rivières des Prairies et des Mille Îles correspond également aux herbiers riches en gastéropodes présentant les caractéristiques décrites dans le tableau 3, à l’intérieur des tronçons situés entre les longitudes 73° 37′ 11″ O (des Prairies) et 73° 35′ 31″ O (des Mille Îles), jusqu’à l’embouchure de ces rivières. Aucune modélisation des emplacements potentiels des herbiers n’a été effectuée dans ces rivières.

Figure 6. Habitat essentiel pour la croissance et la migration dans le secteur amont de la rivière Richelieu. L’habitat essentiel désigné est la zone littorale entre 0 et 4 m de profondeur (représentée en rouge), à partir du barrage de Chambly jusqu’à l’embouchure de la rivière (amont).

Figure 6. Habitat essentiel pour la croissance et la migration dans le secteur amont de la rivière Richelieu. (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 6

Habitat essentiel pour la croissance et la migration dans le secteur amont de la rivière Richelieu. L’habitat essentiel désigné est la zone littorale entre 0 et 4 m de profondeur (représentée en rouge), à partir du barrage de Chambly jusqu’à l’embouchure de la rivière (amont).

Figure 7. Habitat essentiel pour la croissance et la migration dans le secteur aval de la rivière Richelieu. L’habitat essentiel désigné est la zone littorale entre 0 et 4 m de profondeur (représentée en rouge), à partir du barrage de Chambly jusqu’à l’embouchure de la rivière (aval).

Figure 7. Habitat essentiel pour la croissance et la migration dans le secteur aval de la rivière Richelieu. (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 7

Habitat essentiel pour la croissance et la migration dans le secteur aval de la rivière Richelieu. L’habitat essentiel désigné est la zone littorale entre 0 et 4 m de profondeur (représentée en rouge), à partir du barrage de Chambly jusqu’à l’embouchure de la rivière (aval).

Figure 8. Zone de délimitation (en noir) dans laquelle l’habitat essentiel désigné correspond aux herbiers présentant les caractéristiques décrites dans le tableau 3. Représentée en vert, la modélisation des zones présentant les caractéristiques de l’habitat essentiel pour l’alimentation des adultes dans le fleuve Saint-Laurent, région de Montréal. Les tronçons de rivière dans lequel se situe l’habitat essentiel désigné commencent à la longitude 73° 35′ 31″ O dans la rivière des Mille Îles et à la longitude 73° 37′ 11″ O dans la rivière des Prairies.

Figure 8. Zone de délimitation (en noir) dans laquelle l’habitat essentiel désigné correspond aux herbiers (région de Montréal) présentant les caractéristiques décrites dans le tableau 3. (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 8

Zone de délimitation (en noir) dans laquelle l’habitat essentiel désigné correspond aux herbiers présentant les caractéristiques décrites dans le tableau 3. Représentée en vert, la modélisation des zones présentant les caractéristiques de l’habitat essentiel pour l’alimentation des adultes dans le fleuve Saint-Laurent, région de Montréal. Les tronçons de rivière dans lequel se situe l’habitat essentiel désigné commencent à la longitude 73° 35′ 31″ O dans la rivière des Mille Îles et à la longitude 73° 37′ 11″ O dans la rivière des Prairies. Le tronçon fluvial dans lequel se retrouve l’habitat essentiel modélisé commence à l’est des îles Sainte-Hélène et Notre-Dame jusqu’à Verchères et correspond principalement aux herbiers situés en périphérie des îles présentes dans ce secteur.

Figure 9. Zone de délimitation (en noir) dans laquelle l’habitat essentiel désigné correspond aux herbiers présentant les caractéristiques décrites dans le tableau 3. Représentée en vert, la modélisation des zones présentant les caractéristiques de l’habitat essentiel pour l’alimentation des adultes dans le fleuve Saint-Laurent, région de Contrecœur.

Figure 9. Zone de délimitation (en noir) dans laquelle l’habitat essentiel désigné correspond aux herbiers (région de Contrecœur) présentant les caractéristiques décrites dans le tableau 3. (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 9

Zone de délimitation (en noir) dans laquelle l’habitat essentiel désigné correspond aux herbiers présentant les caractéristiques décrites dans le tableau 3. Représentée en vert, la modélisation des zones présentant les caractéristiques de l’habitat essentiel pour l’alimentation des adultes dans le fleuve Saint-Laurent, situées dans la région de Contrecœur. L’habitat essentiel modélisé correspond aux herbiers qui sont situés principalement en périphérie des îles présentes dans ce secteur du fleuve situé entre Verchères et Sorel-Tracy.

2.5.4 Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel

Ce programme de rétablissement présente l’habitat essentiel du chevalier cuivré désigné dans la mesure du possible, et en se basant sur la meilleure information disponible. La quantité et la qualité des habitats désignés pour la croissance des adultes dans ce programme de rétablissement ne semblent pas suffisantes pour fournir un milieu de vie adéquat à une population comprenant 4 000 individus matures. Les lacs fluviaux pourraient offrir un habitat adéquat pour le chevalier cuivré, mais leur utilisation par cette espèce est peu documentée. Des études devront être effectuées afin de désigner l’ensemble de l’habitat essentiel nécessaire à l’atteinte des objectifs de population et de répartition (tableau 4).

Tableau 4. Calendrier des études
Description de l’activitéRésultat/justificationÉchéance
Déterminer les herbiers du lac Saint-Pierre, du lac St-Louis et du bassin de la Prairie qui offrent les caractéristiques d’un habitat essentiel d’alimentation du chevalier cuivré adulte.Désigner des aires de croissance et d’alimentation pour les adultes afin d’atteindre les objectifs de population et de répartition.2016

2.5.5 Exemples d’activités susceptibles de détruire l’habitat essentiel

La destruction est ainsi définie :

« La destruction de l’habitat essentiel aura lieu si une partie de cet habitat est dégradé de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque celles-ci sont requises par l’espèce. La destruction peut découler d’une ou plusieurs activités à un moment donné ou de leurs effets cumulés au fil du temps. »

Toute activité venant modifier les caractéristiques, présentées au tableau 3, des différentes composantes de l’habitat essentiel désigné peut entraîner sa destruction. Étant donné que l’utilisation de l’habitat varie dans le temps, chaque activité humaine doit être évaluée individuellement et des mesures d’atténuation adaptées doivent être mises en place lorsqu’elles sont efficaces et disponibles. La liste des activités présentées dans le tableau ci-dessous (tableau 5) n’est pas exhaustive. Elle découle directement de la section 1.5 « Menaces » du présent programme de rétablissement. L’absence d’une activité humaine dans cette liste ne peut empêcher ou entraver l’habilité du ministère à la réglementer en vertu de la LEP. De plus, l’inclusion d’une activité dans cette liste n’entraîne pas automatiquement son interdiction, car c’est la destruction de l’habitat essentiel qui est interdite et non l’activité elle-même.

Aux termes de la LEP, l’habitat essentiel doit légalement être protégé contre la destruction une fois qu’il a été désigné comme tel. Cette protection sera assurée par un décret S-58 qui interdira la destruction de l’habitat essentiel désigné comme tel, sauf si elle est autorisée par le ministre de Pêches et Océans Canada, en application des conditions de la LEP.

Le ministre de Pêches et Océans Canada invite les Canadiennes et les Canadiens qui le désirent à formuler des commentaires sur l’application éventuelle d’un décret S-58 en vue de protéger l’habitat essentiel du chevalier cuivré dans les plus brefs délais. Veuillez prendre note qu’aux termes du S-58, un tel décret doit entrer en vigueur dans les cent quatre-vingts (180) jours suivant l’affichage de la version définitive de la stratégie de rétablissement ou du plan d’action qui définit l’habitat essentiel.

La stabilisation des rives par l’enrochement ou la construction de murets mène à l’artificialisation des rives ce qui modifie l’écoulement de l’eau dans les herbiers et la composition des plantes. Le déboisement des rives empêche de retenir le ruissellement de l’eau de pluie et l’érosion des sols et fait augmenter la température de l’eau. Le remblayage des milieux humides ou des herbiers et la construction de certains types de quais ou autres structures directement dans les habitats entraînent leur modification ou leur destruction. Le dragage et le dépôt de sédiment détruisent le lit des cours d’eau, notamment en faisant disparaître les herbiers aquatiques. De plus, plusieurs activités nautiques de plaisance peuvent entraîner une dégradation du substrat par le piétinement, l’augmentation de la turbidité ou la destruction de la végétation aquatique.

Finalement, tout ouvrage de régularisation des débits et de production d’hydroélectricité modifiant l’apport en eau dans les habitats essentiels du chevalier cuivré peut les altérer ou les détruire. Les ouvrages constituant des obstacles à la migration – montaison et dévalaison – peuvent également détruire l’habitat essentiel.

Tableau 5. Exemple d’activités susceptibles de détruire l’habitat essentiel
ActivitésSéquence des effetsFonction perturbéeComposante perturbéeCaractéristiques perturbées
Construction de barragesAltération des conditions hydrauliquesFraieRapides
  • Profondeur de 0,75 à 2 m
  • Courant faible à modéré (0,2 à 0,6 m/s)
  • Substrat hétérogène (gravier fin à grossier, roches)
Construction de barragesAltération des conditions hydrauliquesAlimentation
Croissance
Herbiers
Zone littorale
  • Profondeur de 0 à 4 m
  • Courant faible à modéré (moins de 0,5 m/s)
  • Faible pente (moins de 20 degrés)
  • Substrat relativement fin
  • Densité de végétation moyenne à élevée
  • Abondance de gastéropodes et de dreissenidés
Construction de barragesObstacle à la migrationMigrationZone littorale
  • Profondeur de 0 à 4 m
Construction (quai, pont, marina, etc.)Destruction des herbiers
Sédimentation
Alimentation
Croissance
Zone littorale
Herbiers
  • Profondeur de 0 à 4 m
  • Courant faible à modéré (moins de 0,5 m/s)
  • Faible pente (moins de 20 degrés)
  • Substrat relativement fin
  • Densité de végétation moyenne à élevée
  • Abondance de gastéropodes et de dreissenidés
RemblayageDestruction des herbiersAlimentation
Croissance
Zone littorale
Herbiers
  • Profondeur de 0 à 4 m
  • Courant faible à modéré (moins de 0,5 m/s)
  • Faible pente (moins de 20 degrés)
  • Substrat relativement fin
  • Densité de végétation moyenne à élevée
  • Abondance de gastéropodes et de dreissenidés
Construction en rive (mur de soutènement, enrochement, etc.)Destruction des herbiers SédimentationAlimentation
Croissance
Zone littorale
  • Profondeur de 0 à 4 m
  • Courant faible à modéré (moins de 0,5 m/s)
  • Faible pente (moins de 20 degrés)
  • Substrat relativement fin
  • Densité de végétation moyenne à élevée
  • Abondance de gastéropodes et de dreissenidés
NavigationBatillage créant de l’érosion dans les herbiers
Destruction de la végétation aquatique
Alimentation
Croissance
Zone littorale
Herbiers
  • Substrat relativement fin
  • Densité de végétation moyenne à élevée
  • Abondance de gastéropodes et de dreissenidés
Dragage et dépôt de sédimentDestruction du lit du cours d’eauAlimentation
Croissance
Herbiers
  • Substrat relativement fin
  • Densité de végétation moyenne à élevée
  • Abondance de gastéropodes et de dreissenidés
Activités nautiques de plaisancePiétinement et destruction de la végétation aquatiqueFraieRapides
  • Substrat hétérogène (gravier fin à grossier, roches)
Activités nautiques de plaisancePiétinement et destruction de la végétation aquatiqueAlimentation
Croissance
Zone littorale
Herbiers
  • Substrat relativement fin
  • Densité de végétation moyenne à élevée
  • Abondance de gastéropodes et de dressenidés

2.6 Lacunes dans les connaissances

Malgré des efforts considérables consentis pour l’acquisition de connaissances sur une espèce aussi rare, certaines lacunes subsistent. Ces lacunes ont été définies et devront être comblées afin d’établir une stratégie complète et adéquate pour le rétablissement du chevalier cuivré.

2.6.1 Reproduction et frayères

Il existe d’autres sites de fraie potentiels (figure 3). Par contre, la présence d’activité de reproduction dans ces sites n’a jamais été clairement démontrée. L’offre que représentent les frayères potentielles et l’adéquation des caractéristiques de l’habitat de fraie devront être examinée.

2.6.2 Immatures

Certains aspects de la croissance, de l’alimentation et de l’habitat des larves et des juvéniles, catégorie qui inclut les jeunes de l’année et ceux qui ont un an au printemps (entre 25 mm et 60 mm environ), sont maintenant connus. De plus, une importante aire d’alevinage a été localisée dans la rivière Richelieu. Cependant, des lacunes subsistent dans les connaissances sur les larves (moins de 25 mm) et les subadultes, soit les poissons qui ont entre un et dix ans et dont la longueur totale varie entre 100 et 500 mm. Les connaissances sur les larves et les chevaliers subadultes ainsi que leur habitat sont très fragmentaires et se limitent à quelques captures.

De nombreuses questions subsistent donc quant à la répartition et l’habitat des chevaliers immatures, notamment les conditions entourant la dévalaison et la survie des larves, la présence de sites de concentration de juvéniles dans la rivière Richelieu, les caractéristiques et les menaces qui pèsent sur l’habitat des subadultes ou qui limitent leur survie.

2.6.3 Adultes

La population adulte est composée principalement d’individus âgés et les connaissances disponibles indiquent une faible reproduction naturelle. Les mécanismes d’absorption et les effets physiologiques sur le chevalier cuivré de divers contaminants (atrazine, autres pesticides, produits pharmaceutiques et d’hygiène personnelle) provenant des rejets municipaux, industriels et agricoles n’ont pas encore été démontrés bien qu’ils soient soupçonnés d’agir comme perturbateurs endocriniens et de la reproduction. Des résultats d’études effectuées sur le queue à tache noire (Notropis hudsonius), un petit cyprinidé commun dans le bassin des Grands Lacs et exposé à l’émissaire de la Ville de Montréal ont démontré une forte prévalence de féminisation des spécimens.

Il est possible que le mode d’obtention des connaissances sur l’ensemble de l’aire de répartition ait entraîné un biais dans les données au détriment du lac Saint-Louis. Les connaissances découlant de la pêche commerciale effectuée dans le lac Saint-Pierre proviennent des captures accidentelles tandis que les travaux de recherche sont concentrés sur le fragment de la population située dans la rivière Richelieu et le couloir fluvial, en aval de Montréal. De plus, aucune campagne d’échantillonnage n’a été effectuée depuis 1995 dans les rivières Noire et Yamaska. Bien que ces milieux soient fortement dégradés et soumis à des étiages sévères, la présence ou l’absence de l’espèce dans ces deux rivières ne peut donc pas être confirmée. On s’interroge également sur les facteurs (p. ex. : herbiers peu propices) qui pourraient expliquer la faible fréquentation de certaines zones potentielles d’habitat estival situées dans les lacs fluviaux.

Lorsque des espèces exotiques envahissantes telles que la tanche, le gobie à taches noires, la moule zébrée, la châtaigne d’eau et le roseau commun sont implantées dans un milieu, elles contribuent à modifier le milieu physique et la chaîne trophique. Cependant, les effets de ces nouveaux arrivants sur la population de chevaliers cuivrés ne sont pas bien documentés.

Les connaissances sur l’habitat hivernal demeurent encore fragmentaires et sont basées sur un suivi télémétrique de 11 poissons effectué à l’hiver 2008.

Malgré ces lacunes, les connaissances sur le chevalier cuivré sont importantes et généralement d’une bonne qualité compte tenu de la rareté de cette espèce. Il serait judicieux de réduire le plus possible les manipulations requises pour acquérir des connaissances, car elles présentent un risque pour la survie de l’espèce.

2.7 Approches existantes et recommandées en matière de protection d'habitat

Le Règlement sur le refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin, R.Q.c. C-61.1, r.3.01.3.3, offre des mesures de protection à la frayère des rapides de Chambly. Le territoire du refuge faunique est la propriété d’Hydro-Québec et de la municipalité de Richelieu. Selon les articles 3 et 4 du Règlement : « nul ne peut, au cours de la période du 20 juin au 20 juillet, accéder, séjourner, circuler ou se livrer à une activité quelconque dans les secteurs B et C du refuge faunique » et « nul ne peut, dans le refuge faunique, se livrer à une activité quelconque susceptible de modifier un élément biologique, physique ou chimique de l’habitat du chevalier cuivré, du chevalier de rivière et du fouille-roche gris (Percina copelandi) » (c. C-61.1, r.46, articles 3 et 4). Un agrandissement du refuge pour englober toutes les zones de ponte sera nécessaire pour protéger efficacement cet habitat essentiel

Le lieu historique national du Canal-de-Saint-Ours sur la rivière Richelieu, incluant le pont-barrage avec la passe migratoire, la rive ouest adjacente et l’île Darvard, est sous la juridiction de l’Agence Parcs Canada. Le bief aval du barrage est une frayère connue tandis que la passe migratoire est une étape obligée de la migration des chevaliers cuivrés vers la frayère de Chambly.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada est propriétaire de plusieurs îles dans l’archipel de Contrecœur, constituées en réserve nationale de la faune grâce au Règlement sur réserves d’espèces sauvages(C.R.C., ch. 1609) de la Loi sur les espèces sauvages du Canada. La Réserve nationale de faune des îles de Contrecœur est d’une superficie de 312 hectares et englobe onze îles de l’archipel.

Les îles Jeannotte et aux Cerfs, situées en aval du bassin Chambly dans la rivière Richelieu, ont été acquises par Conservation de la Nature Canada. La propriété de l’île aux Cerfs a depuis été transférée au MRNF. Les rives de ces îles sont donc protégées du développement urbain. Cette protection est bénéfique pour les herbiers autour de l’archipel. La mise en place d’un refuge faunique dans ces îles est envisagée.

2.8 Indicateurs de rendement

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. Les progrès précis réalisés en vue de la mise en œuvre du programme de rétablissement seront mesurés par rapport aux indicateurs définis dans les plans d’action ultérieurs.

Indicateurs de rendement

  • Augmentation du nombre d’adultes recensés à la passe migratoire Vianney-Legendre pendant la montaison ;
  • Pourcentage de 3% de chevaliers cuivrés parmi tous les chevaliers échantillonnés dans le cadre de campagne d’échantillonnage;
  • Pourcentage de 3% de chevaliers cuivrés parmi tous les chevaliers juvéniles recensés dans la rivière Richelieu;
  • Augmentation du nombre et du pourcentage de juvéniles recensés dans la rivière Richelieu provenant de la reproduction naturelle;
  • Au moins deux frayères utilisées par l’espèce;
  • Augmentation du nombre d’individus recensés dans le lac Saint-Louis, le lac Saint-Pierre, la rivière des Mille Îles et la rivière des Prairies;
  • Maintien de la superficie en km² de l’aire de répartition du chevalier cuivré.

2.9 Activités autorisées dans le cadre du programme de rétablissement

La Loi sur les espèces en péril stipule que : « Il est interdit de tuer un individu d’une espèce sauvage inscrite comme espèce disparue du pays, en voie de disparition ou menacée, de lui nuire, de le harceler, de le capturer ou de le prendre. » (paragraphe 32(1)). Tel qu’indiqué au paragraphe 83(4) de la Loi sur les espèces en péril, « Les paragraphes 32(1) et (2), l’article 33, les paragraphes 36(1), 58(1), 60(1) et 61(1) ne s’appliquent pas à une personne exerçant des activités autorisées, d’une part, par un programme de rétablissement, un plan d’action ou un plan de gestion et, d’autre part, sous le régime d’une loi fédérale, notamment au titre d’un règlement pris en vertu des articles 53, 59 ou 71. »

Pêcheries

Bien que la pêche du chevalier cuivré ne soit pas permise au Québec, des individus sont capturés accidentellement lors de certaines activités de pêche commerciale ou sportive. La remise à l’eau de ces poissons est cependant obligatoire selon le Règlement de pêche du Québec (1990), DORS/90-214 pris en vertu de la Loi sur les pêches, L.R.C., 1985, ch. F-14. Tel que mentionné dans la section « Menaces », le risque de mortalités accidentelles par la pêche commerciale est très faible. Un projet éducatif visant les pêcheurs du lac Saint-Pierre pour évaluer les prises accidentelles de chevalier cuivré dans la pêche commerciale a permis de confirmer qu’aucun chevalier cuivré n’a été capturé accidentellement par ces pêcheurs (Comité ZIP du lac Saint-Pierre, 2010). Le risque de mortalité par la pêche commerciale dans le tronçon fluvial est considéré comme n’étant pas préjudiciable au chevalier cuivré, car le seul permis de pêche au verveux sera racheté (P. Dumont, MRNF, communication personnelle) et les filets maillants utilisés pour la pêche à l’esturgeon et à la carpe sont peu susceptibles de capturer des chevaliers cuivrés (Vachon et Chagnon, 2004; Chagnon, 2006c, b, a).

En vertu du paragraphe 83(4) de la LEP, le présent programme de rétablissement autorise les pêcheurs à exercer des activités de pêche sportive ou commerciale sous réserve des conditions suivantes :

  • l’activité de pêche est exercée conformément à un permis de pêche sportive ou à un permis de pêche commerciale délivré en vertu du Règlement de pêche du Québec (1990), DORS/90-214 ;
  • toute personne qui capture accidentellement un chevalier cuivré pendant qu’elle exerce l’activité de pêche doit le remettre sur-le-champ dans l’eau où elle l’a pris, en prenant soin, si le poisson est toujours vivant, de le blesser le moins possible.

En vertu du paragraphe 83(4) de la LEP, le présent programme de rétablissement autorise les pêcheurs à pêcher au titre d’un permis communautaire sous réserve des conditions suivantes:

  • l’activité de pêche est exercée conformément à un permis communautaire délivré en vertu du Règlement sur les permis de pêche communautaires des Autochtones, DORS/93-332 ; 
  • toute personne qui capture accidentellement un chevalier cuivré pendant qu’elle exerce l’activité de pêche doit le remettre sur-le-champ dans l’eau où elle l’a pris, en prenant soin, si le poisson est toujours vivant, de le blesser le moins possible.

Recherches

Depuis 2004, un plan de reproduction artificielle et d’ensemencement est mis en œuvre pour pallier à la faiblesse de la reproduction naturelle. Ce plan vise à reconstituer le stock reproducteur en maintenant au moins 90% de la diversité génétique de départ de la population sur une période de 100 ans (Bernatchez, 2004). La reproduction artificielle est réalisée par le MRNF, à même les installations de Parcs Canada et est appuyée par le MPO depuis 2009.

En vertu du paragraphe 83(4) de la LEP, le présent programme de rétablissement autorise les employés du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec à se livrer, dans l’exercice de leurs fonctions, aux activités relatives au programme de reproduction artificielle du chevalier cuivré, aux conditions suivantes :

  • Ces activités sont également autorisées en vertu du paragraphe 3(3) du Règlement de pêche du Québec (1990), DORS/90-214;
  • Une surveillance constante du filet est effectuée ainsi qu’un démaillage immédiat du poisson lors de la capture;
  • Les géniteurs sont manipulés avec soin, en priorité et sont sous surveillance constante par du personnel expérimenté;
  • Les manipulations des spécimens sont réalisées sous anesthésie et conformément au Guidelines for the Use of Fishes in Research (2004) de l’American Fisheries Society;
  • L’endroit où sont réalisées toutes les étapes de la reproduction artificielle n’est pas accessible au public afin de limiter le dérangement. Les lieux sont sécurisés est des mesures d’urgence sont prévues en cas de panne électrique afin d’assurer l’alimentation constante en eau des bassins.

Un protocole de suivi du recrutement des jeunes chevaliers de l’année de la rivière Richelieu a été élaboré et exécuté sur une base presque annuelle. Ces travaux visent à mettre au point un indice de rendement des mesures de conservation et de soutien mises en place et à venir. Certaines corrélations, bien que préliminaires, ont pu être dégagées entre l’abondance, la croissance des jeunes de l’année et les conditions climatiques et hydrologiques du milieu (Vachon, 1999b, 2002, 2007). Ces travaux ont également permis de confirmer la survie à court terme des jeunes chevaliers cuivrés ensemencés et ont contribué à améliorer nos connaissances sur les juvéniles plus âgés.

En vertu du paragraphe 83(4) de la LEP, le présent programme de rétablissement autorise les employés du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec à se livrer, dans l’exercice de leurs fonctions, aux activités relatives au programme de suivi du recrutement du chevalier cuivré, aux conditions suivantes :

  • Ces activités d’échantillonnage et d’identification sont également autorisées en vertu du paragraphe 3(3) du Règlement de pêche du Québec (1990), DORS/90-214;
  • Le triage des espèces en péril telles que les chevaliers cuivré et de rivière, le dard de sable et le fouille-roche gris est prioritaire;
  • Tous les spécimens de chevalier cuivré âgés d’un an ou plus sont mesurés et remis à l’eau immédiatement après un prélèvement de tissu;
  • Les espèces en péril capturées autres que le chevalier cuivré seront mesurées et relâchées sur les lieux de capture.

Des lacunes subsistent dans les connaissances sur les subadultes, soit les poissons qui ont entre un et dix ans et dont la longueur totale varie entre 100 et 500 mm. Les connaissances sur ces poissons ainsi que leur habitat sont très fragmentaires et se limitent à quelques captures. Un effort de recherche sur cette composante de la population (objectif 3 de ce programme) sera nécessaire afin de mieux la protéger.

En vertu du paragraphe 83(4) de la LEP, le présent programme de rétablissement autorise les employés du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec à se livrer, dans l’exercice de leurs fonctions, aux activités relatives au programme d’échantillonnage de subadultes de chevalier cuivré, aux conditions suivantes :

  • Ces activités d’échantillonnage sont également autorisées en vertu du paragraphe 3(3) du Règlement de pêche du Québec (1990), DORS/90-214;
  • L’échantillonnage est effectué au moyen d’engins de pêche sécuritaires tels le verveux, la seine coulissante et le chalut;
  • Le triage des espèces en péril telles que les chevaliers cuivré et de rivière, le dard de sable et le fouille-roche gris est prioritaire;
  • Tous les spécimens de chevalier cuivré sont mesurés et remis à l’eau immédiatement après un prélèvement de tissu;
  • Les espèces en péril capturées autres que les chevaliers cuivrés seront mesurées et relâchées sur les lieux de capture.

2.10 Énoncé sur les plans d'action

Un ou plusieurs plans d’action seront publiés sur le Registre des espèces en péril d’ici décembre 2016.

Notes de bas de page

Note de bas de page 12

Parcs Canada, MPO, ministère des Transports du Canada, Développement économique Canada, Environnement Canada, ministère de l'Environnement et de la Faune (maintenant le MRNF), ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, Fondation de la faune du Québec et Projet Rescousse.

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Note de bas de page 13

Ce comité était formé de représentant du MPO, du MRNF et de Parcs Canada.

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