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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Physe d'eau chaude (Physella wrighti) au Canada - Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

Les principaux facteurs limitatifs pour le Physella wrightisont liés à son besoin présumé de demeurer dans l’eau chaude et à son besoin d’avoir accès à l’interface air-eau pour respirer. La petite taille de sa population et son aire de répartition géographique très limitée font de la physe d’eau chaude une espèce très vulnérable aux perturbations causées par les activités humaines.

Environ 40 000 baigneurs visitent les sources thermales du parc chaque année, et la surveillance des bassins et du ruisseau est limitée. Malgré qu’il soit interdit d’utiliser du shampooing et du savon et que des panneaux indiquent aux baigneurs qu’ils doivent prendre une douche avant d’entrer dans les sources, l’introduction de savon, de shampooing, de crème solaire ou d’insectifuge est possible. Des quantités importantes ou cumulatives de ces substances pourraient nuire à la respiration ou à d’autres processus vitaux des physes. Le bassin Alpha est nettoyé toutes les semaines dans le cadre d’un entretien systématique (A. Hansen, comm. pers. [2008]). Il est probable que la baignade et les activités liées à l’entretien du bassin ont pour effet d’écraser ou de déloger des physes et des œufs, des individus ayant été observés dans les escaliers du bassin Alpha inférieur. Il est aussi possible que des physes soient piétinées, car des visiteurs explorent les berges du ruisseau Alpha.

L’introduction d’animaux ou de plantes exotiques dans les sources thermales pourrait représenter une menace pour le Physella wrighti. Deux introductions de tortues y ont été observées récemment (Hansen, comm. pers.; Elliott, comm. pers., cité dans Heron [2007]). Celles-ci ont été trouvées et retirées des sources. L’introduction d’une espèce fortement prédatrice ou compétitrice pourrait entraîner des effets dévastateurs graves sur le plan écologique. Par exemple, l’extinction du naseux des rapides de Banff (Rhinichthys cataractae smithi) a été causée par l’introduction de la gambusie (Gambusia affinis) dans les sources thermales de Banff (COSEPAC, 2006).

Une modification de l’écoulement de l’eau pourrait aussi menacer la physe d’eau chaude. De nombreuses années avant que la présence du P. wrightine soit connue, l’écoulement naturel de l’eau du bassin Alpha en direction du ruisseau Alpha a été modifié par la construction du barrage. Des travaux systématiques d’entretien et de réparation du barrage et du déversoir sont effectués afin de maintenir l’intégrité du bassin et du ruisseau Alpha, et, par conséquent, l’habitat de la physe d’eau chaude. Une rupture catastrophique du barrage pourrait causer une inondation qui délogerait les physes ou qui perturberait leur habitat. Une diminution du débit ou une déviation pendant des activités d’entretien pourraient aussi exposer les physes à la sécheresse, à une température de l’air létale ou à une modification de la température de l’eau du fait que les eaux fraîches et les eaux chaudes ne seraient pas prémélangées.

Le forage lié à l’exploration pétrolière et gazière dans la zone de fracture, par laquelle l’eau chaude provenant de la zone d’alimentation voyage vers les sources, constitue une menace potentielle grave (Heron, 2007). Même si cette menace n’est pas considérée comme imminente parce qu’aucune activité d’exploration n’a lieu actuellement dans cette région précise, le nord de la Colombie-Britannique fait l’objet d’une importante exploration, et la gravité de cette menace pourrait évoluer. On estime que la zone d’alimentation est située au nord des sources, hors des limites du parc. L’eau chauffée entre dans les sources par la fracture souterraine, mais le chemin exact qu’elle parcourt est inconnu. La profondeur maximale estimée de la voie de cheminement qu’emprunte l’eau est de 3,4 km sous la surface de la terre, et la température maximale de l’eau est évaluée à 120 °C (Gilles Wendling, comm. pers.). Des activités de forage dans la zone de fracture pourraient faire en sorte de rediriger l’écoulement, ce qui aurait pour effet d’assécher les sources.