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Programme de rétablissement de l’azolle du Mexique (Azolla mexicana) au Canada - 2017 [Proposition]

Partie 2 - Plan de rétablissement de l’azolle du Mexique (Azolla mexicana) en Colombie-Britannique, préparé par le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique

Plan de rétablissement de l'azolle du Mexique (Azolla mexicana) en Colombie-Britannique

Photo de partie 2 couverture de document
Photographie par Jamie Fenneman
Ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique
Avril 2016

Information sur le document

À propos de la série de Programmes de rétablissement de la Colombie-Britannique

La présente série réunit les documents de rétablissement visant à conseiller le gouvernement de la Colombie-Britannique quant à l’approche générale à adopter pour le rétablissement des espèces en péril. Le gouvernement provincial prépare les documents de rétablissement pour coordonner les mesures de conservation et pour respecter ses engagements relativement au rétablissement des espèces en péril dans le cadre de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

Qu’est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est le processus visant à arrêter ou à inverser le déclin des espèces en voie de disparition, menacées ou disparues de la province ainsi qu’à éliminer ou à réduire les menaces auxquelles elles sont exposées, de façon à augmenter leurs chances de survie à l’état sauvage.

Qu’est-ce qu’un document de rétablissement provincial?

Les documents de rétablissement résument les meilleures connaissances scientifiques et traditionnelles existant sur une espèce ou un écosystème en vue de la détermination des buts, des objectifs et des approches stratégiques qui assurent une orientation coordonnée du rétablissement. Ces documents décrivent les connaissances et les lacunes à propos d’une espèce ou d’un écosystème; ils cernent les menaces pesant sur une espèce ou un écosystème et expliquent les mesures à prendre pour les atténuer. Les documents de rétablissement fournissent également de l’information sur l’habitat nécessaire à la survie et au rétablissement de l’espèce. Cette information peut être résumée dans un programme de rétablissement d’abord, puis dans un ou plusieurs plans d’action, qui visent à donner des renseignements plus détaillés afin d’orienter la mise en œuvre du rétablissement d’une espèce ou d’un écosystème. Lorsque de l’information suffisante à la mise en œuvre du rétablissement peut être fournie dès le départ, toutes les données sont présentées dans un plan de rétablissement.

L’information fournie dans les documents de rétablissement provinciaux peut être adoptée par Environnement et Changement climatique Canada dans les documents de rétablissement fédéraux préparés par les organismes fédéraux afin de respecter leurs engagements en matière de rétablissement d’espèces en péril en vertu de la Loi sur les espèces en péril.

Prochaines étapes

La Province de la Colombie-Britannique accepte l’information présentée dans ces documents à titre d’avis pour la mise en œuvre de mesures de rétablissement, y compris les décisions relatives aux mesures de protection de l’habitat de l’espèce.

La réussite du rétablissement d’une espèce dépend de l’engagement et de la coopération de nombreux intervenants qui pourraient participer à la mise en œuvre du présent document. Tous les Britanno-Colombiens sont encouragés à participer à ces travaux.

Pour de plus amples renseignements

Pour en apprendre davantage sur le rétablissement des espèces en péril en Colombie-Britannique, veuillez consulter la page Web du ministère de l’Environnement portant sur la planification du rétablissement (en anglais seulement)

Référence recommandée

Ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique. 2016. Plan de rétablissement de l’azolle du Mexique (Azolla mexicana) en Colombie-Britannique. Ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 28 p.

Illustration/photographie de la couverture

Photograph Jamie Fenneman

Exemplaires supplémentaires

On peut télécharger la version anglaise du présent document à partir de la page Web du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique sur la planification du rétablissement Web du ministère de l’Environnement portant sur la planification du rétablissement (en anglais seulement)

Avis

Ce plan de rétablissement a été préparé par le ministère de l’Environnement de la Colombie‑Britannique à titre d’avis aux autorités responsables et aux organismes responsables qui pourraient participer au rétablissement de l’espèce. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique a obtenu cet avis afin de respecter ses engagements aux termes de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada et de l’Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique.

Ce document présente les stratégies de rétablissement jugées nécessaires pour rétablir les populations d’azolle du Mexique en Colombie-Britannique, à la lumière des meilleures connaissances scientifiques et traditionnelles dont nous disposons. Les mesures de rétablissement à adopter pour atteindre les buts et les objectifs exposés dans le présent plan sont assujetties aux priorités et aux contraintes budgétaires des organismes participants. Ces buts, objectifs et approches pourraient être modifiés de manière à tenir compte de nouvelles conclusions.

Les autorités responsables ont eu l’occasion d’examiner ce document. Malgré tout, le contenu ne reflète pas nécessairement la position officielle des organismes concernés ou les opinions personnelles de tous les particuliers qui siègent à l’équipe de rétablissement.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépend de l’engagement et de la coopération d’un grand nombre d’intervenants qui participent à la mise en œuvre des orientations exposées dans le présent plan. Le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique invite tous les citoyens de la province à participer au rétablissement de l’azolle du Mexique.

Remerciements

Le présent document est fondé sur une version antérieure du programme de rétablissement de la province qui a été préparée par l’Équipe de rétablissement des plantes rares de la région intérieure sud de la Colombie-Britannique (2008) (Southern Interior Rare Plants Recovery Team) et sur une version provisoire antérieure élaborée et financée par Environnement et Changement climatique Canada en 2015.

La présente version mise à jour du plan de rétablissement provincial a été préparée par Brenda Costanzo, du ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique (ME), avec l’aide des personnes suivantes : Marta Donovan, Jenifer Penny et Katrina Stipec, Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique (ME); Byron Woods (ministère des Forêts, des Terres et de l’exploitation des ressources naturelles de la Colombie-Britannique (B.C. Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations); Peter Fielder et Leah Westereng (ME). Des commentaires supplémentaires sur le programme de rétablissement ont été présentés par Matthew Huntley et Kella Sadler (Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune, Région du Pacifique et du Yukon (ECCC-SCF-RPY) et Brian Campbell (ECCC-SCF-Région de la capitale nationale); Robyn Reudink (ministère des Forêts, des Terres et de l’Exploitation des ressources naturelles de la Colombie-Britannique); Chris Pasztor, ministère de la Mise en valeur du gaz naturel de la Colombie-Britannique (B.C. Ministry of Natural Gas Development); Dave Trotter, ministère de l’Agriculture de la Colombie-Britannique (B.C. Ministry of Agriculture) et Johnathan Tillie, ministère des Transports et de l’Infrastructure (B.C. Ministry of Transportation and Infrastructure). Le calculateur des menaces a été préparé par Brenda Costanzo, Dave Fraser, Jenifer Penny, Peter Fielder et Leah Westereng (ME), Terry McIntosh (conseiller-expert) et Matthew Huntley (ECCC−SCF-RPY).

Sommaire

L’azolle du Mexique (Azolla mexicana) est une espèce de fougère aquatique tropicale à subtropicale qui flotte sur l’eau et peut former de grands tapis épais à la surface des lacs, des étangs, des fossés et des zones calmes des cours d’eau. À l’échelle mondiale, l’espèce se rencontre en Amérique du Nord, en Amérique centrale et en Amérique du Sud et atteint la limite nordique de son aire de répartition dans le centre-sud de la Colombie-Britannique. L’azolle du Mexique est inscrite comme espèce menacée au Canada à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Elle a été signalée pour la première fois en Colombie-Britannique en 1889 par John Macoun, et se rencontre aujourd’hui dans trois secteurs généraux de la province : 1) le secteur de Little Fort/rivière Thompson Nord; 2) le secteur du lac Shuswap et 3) la municipalité de Vernon. Dans ces secteurs, le rapport de situation publié par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) signale l’existence de 10 populations de l’espèce, dont deux sont aujourd’hui présumées disparues. Depuis les relevés présentés dans le rapport de situation, une nouvelle sous-population a été découverte à Salmon Arm en 2013, sur une île artificielle. De plus, une espèce non confirmée d’Azolla a été découverte en 2014, et à nouveau en 2015, près de Kelowna, dans le marais Michaelbrook. L’identification de l’espèce s’est avérée problématique, et cette localité n’a donc pas été intégrée au présent plan de rétablissement.

Les activités d’entretien des corridors de transport constituent la principale menace pesant sur l’azolle du Mexique dans la province. Ces activités d’entretien, comme l’utilisation de sel sur la route en hiver, la construction ou l’amélioration de routes et le traitement aux herbicides, peuvent soit tuer directement les plantes, soit avoir des incidences sur les conditions de l’eau, en modifiant sa composition chimique et en rendant ces sites non convenables pour l’espèce. Au nombre des autres menaces potentielles, on compte les incidents comme les déversements de produits chimiques et d’hydrocarbures et les changements touchant la composition chimique de l’eau, le niveau d’eau, la turbidité ou les cours d’eau. Les stratégies générales visant à atténuer ces menaces comprennent la protection et la gestion des sites, la réintroduction potentielle et∕ou la remise en état des sites ainsi que les mesures de suivi des populations pour évaluer les menaces.

Le but du rétablissement de l’azolle du Mexique est de maintenir la répartition et de maintenir ou (lorsque c’est possible) d’accroître l’abondance de l’ensemble des populations existantes connues de l’espèce ainsi que de toute autre population découverte et/ou réétablie.

Les objectifs de rétablissement suivants guideront la planification du rétablissement à court terme :

  1. protégerNote 5 de bas de page les populations existantes et présumées existantes de l’azolle du Mexique dans l’ensemble de son aire de répartition provinciale;
  2. faire le suivi des tendances relatives à la taille et à la répartition de toutes les populations répertoriées;
  3. étudier la possibilité de rétablir les populations dans les sites où l’espèce a disparu ou dans des habitats convenables situés à proximité de ces sites.

Résumé du caractère réalisable du rétablissement

Le rétablissement de l’azolle du Mexique en Colombie-Britannique est considéré comme réalisable sur les plans technique et biologique, sur la base des quatre critères suivants utilisés par Environnement et Changement climatique Canada pour évaluer le caractère réalisable du rétablissement :

1. Des individus de l'espèce sauvage capables se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.
Oui. Il existe des individus capables de se reproduire. La reproduction (par spores ou par voie végétative) dépend en partie de conditions abiotiques/biotiques, ce qui ne constitue toutefois pas un facteur limitatif pour l’espèce à l’heure actuelle.
2. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l’espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat.
Oui. La disponibilité actuelle d’habitat convenable est jugée suffisante pour soutenir l’espèce. De l’habitat convenable additionnel peut être rendu disponible au moyen de la remise en état de sites historiques et/ou de la gestion de l’habitat à de nouveaux sites potentiels.
3. Les principales menaces pesant sur l’espèce ou son habitat (y compris les menaces à l’extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.
Oui. La menace principale associée à l’entretien des corridors de transport peut être évitée ou atténuée par le biais d’une gestion appropriée des sites (p. ex. gestion et protection de l’habitat, amélioration de la qualité de l’eau et de la quantité d’eau).
4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.
Oui. Des techniques de rétablissement existent et comprennent des méthodes de remise en état de l’habitat et de réintroduction de l’espèce. Les techniques de multiplication et de réintroduction sont bien connues, car l’azolle du Mexique est cultivée partout dans le monde, tant à des fins horticoles qu’agricoles comme aliment du bétail et biofertilisant.

1 Évaluation de l’espèce du COSEPACi

Sommaire de l'évaluation :
Novembre 2008
Nom commun :ii
Azolle du Mexique
Nom scientifique :ii
Azolla mexicana
Statut :
Espèce menacée
Justification de la désignation :
Cette très petite fougère aquatique flottante du centre-sud de la Colombie-Britannique est confinée à huit petits plans d’eau où ses populations subissent des fluctuations périodiques de leurs effectifs. Deux populations et leur habitat ont disparu au cours des dernières années en raison d’activités de construction. La plupart des populations existantes se situent dans le voisinage immédiat de grandes routes ou d’une voie ferrée où elles sont menacées par des activités d’entretien, y compris l’utilisation de produits chimiques comme le sel de voierie.
Répartition :
Colombie-Britannique
Historique du statut :
Espèce désignée « menacée » en avril 1984. Réexamen et confirmation du statut en avril 1998, en mai 2000 et en novembre 2008. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d’un rapport de situation.

i COSEPAC = Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

ii Les noms commun (en anglais) et scientifique mentionnés dans le présent plan de rétablissement suivent les conventions d’appellation du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique. Dans ce cas, le nom commun de l’espèce indiqué par le Conservation Data Centre diffère légèrement de celui indiqué par le COSEPAC.

2 Information sur la situation de l'espèce

Azolle du Mexiqueiii

Désignation légale

Statut de conservation [en anglais seulement]vii

Cadre de conservation de la Colombie-Britannique [en anglais seulement]ix

But 1 : Participer aux programmes mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes.
Priorité :x 4 (2009)
But 2 : Empêcher que les espèces et les écosystèmes ne deviennent en péril.
Priorité : 6 (2009)
But 3 : Maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes.
Priorité : 2 (2009)
Groupes de mesures du cadre de conservation [en anglais seulement]xi :
Établissement du rapport de situation; inscription en vertu de la Wildlife Act; envoi au COSEPAC; protection de l’habitat; gestion de l’espèce et des populations; planification; intendance des terres privées; remise en état de l’habitat

iii Source de données : B.C. Conservation Data Centre (2015), à moins d’indication contraire.

iv Non = espèce non inscrite dans une des catégories d’espèces sauvages nécessitant une attention particulière en matière de gestion destinée à réduire les impacts des activités menées dans les forêts et les parcours naturels sur des terres de la Couronne, en vertu de la Forest and Range Practices Act (FRPA; Province of British Columbia, 2002) et∕ou les impacts des activités pétrolières et gazières sur des terres de la Couronne, en vertu de l’Oil and Gas Activities Act (OGAA; Province of British Columbia, 2008).

v Non = espèce non désignée comme espèce sauvage en vertu de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique (Province of British Columbia, 1982).

vi Annexe 1 = espèce inscrite sur la Liste des espèces sauvages en péril en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP; Gouvernement du Canada, 2002).

vii S = cote infranationale; N = cote nationale; G = cote mondiale; T = taxon infraspécifique; B = population reproductrice; X = espèce vraisemblablement disparue du territoire; H = possiblement disparue du territoire; 1 = gravement en péril; 2 = en péril; 3 = préoccupante, susceptible de disparaître du territoire ou de la planète; 4 = apparemment non en péril; 5 = manifestement répandue, abondante et non en péril; NA = non applicable; N = non classée; U = non classable.

viii Source de données : NatureServe (2015).

ix Source de données : B.C. Ministry of Environment (2015).

x Échelle à six niveaux : de la priorité 1 (la plus élevée) à la priorité 6 (la plus faible).

xi Source de données : B.C. Conservation Framework (2015).

3 Information sur l'espèce

3.1 Description de l'espèce

L’azolle du Mexique est décrite par Brunton (1984) et d’autres (Svenson, 1944; Gleason, 1974; Lumpkin, 1993; Douglas et al., 2002; Evrard et Van Hove, 2004; Pereira et al., 2011). La taxinomie du genre Azolla n’est pas encore résolue chez les taxinomistes, bien que plusieurs classifications taxinomiques de multiples espèces d’Azolla aient été publiées. En outre, Pereira et al. (2001) ont indiqué que de nombreuses caractéristiques végétatives et reproductrices décrites précédemment varient selon l’environnement. En conséquence, aux fins du présent document, la description suivante est tirée des références susmentionnées.

L’azolle du Mexique est une petite plante verte qui flotte à la surface de l’eau (figure 1) et possède des racines non ramifiées; la plante mesure souvent de 1,0 à 1,5 cm de largeur et porte de petites feuilles alternes et chevauchantes; sa ramification est dichotomique (ramifications fourchues de taille égale). Les feuilles comportent deux lobes : 1) un lobe supérieur, flottant et plus petit, qui mesure 0,7 mm de longueur, porte des papilles (petites projections arrondies) sur le dessus et dont les poils les plus grands sont épais et formés de 2 à 3 cellules, et 2) un lobe inférieur plus grand et décrit de diverses façons comme étant submergé ou flottant. L’identification est fondée sur les structures reproductrices microscopiques, qui comprennent les glochidies, dotées de deux ou plusieurs cloisons (septae), et les mégasporanges (organes reproducteurs femelles), de 0,4 à 0,5 mm de longueur, ornés à leur base de fossettes. Les plantes peuvent être vertes ou rouges. Les sporocarpes (organes de fructification) apparaissent en paires à l’aisselle des feuilles des vieilles plantes.

Figure 1. Azolle du Mexique, Little Fort, Colombie-Britannique (Jamie Fenneman).

Azolle du Mexique (voir longue description ci-dessous)

Source : © Jamie Fenneman
Description longue pour la figure 1

La figure 1 montre une azolle du Mexique photographiée à Little Fort, en Colombie-Britannique.

3.2 Populations et répartition

3.2.1 Répartition

L’azolle du Mexique occupe une aire de répartition disjointe en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et en Amérique centrale (Brunton, 1984; Douglas, 2004), et est répartie de façon éparse dans les zones d’habitat convenable. Aux États-Unis (figure 2), l’espèce est présente dans plusieurs États de l’Ouest et du Midwest : Arizona, Arkansas, Californie, Colorado, Illinois, Iowa, Kansas, Minnesota, Missouri, Nebraska, Nevada, Nouveau-Mexique, Oklahoma, Oregon, Texas, Utah, Washington et Wisconsin.

Figure 2. Aire de répartition nord-américaine de l’azolle du Mexique (COSEWIC, 2008).
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 2

La figure 2 est une carte illustrant l’aire de répartition (zones ombrées) de l’azolle du Mexique en Amérique du Nord. La majeure partie de cette aire se trouve dans les États de l’Ouest et du Midwest suivants : Arizona, Arkansas, Californie, Colorado, Illinois, Iowa, Kansas, Minnesota, Missouri, Nebraska, Nevada, Nouveau-Mexique, Oklahoma, Oregon, Texas, Utah, Washington et Wisconsin.

 

Au Canada, l’azolle du Mexique se rencontre uniquement en Colombie-Britannique, où elle atteint la limite nordique de son aire de répartition (Brunton, 1984). L’espèce a été récoltée pour la première fois à Sicamous, en 1889, par John Macoun, qui l’a également observée à Salmon Arm en 1890 (Brunton, 1984). Depuis, 10 autres localités de l’espèce ont été signalées, toutes situées dans le centre-sud de la Colombie-Britannique : dans le secteur de Little Fort/rivière Thompson Nord, le secteur du lac Shuswap et la municipalité de Vernon (B.C. Conservation Data Centre, 2015). Moins de 2 % de la population mondiale se trouve au Canada (B.C. Conservation Data Centre, 2015).

3.2.2 Populations

En Colombie-Britannique, toutes les populations de l’azolle du Mexique se rencontrent dans la Région forestière intérieure du sud, qui est située dans l’écozone de la Cordillère montagnarde (Ogilvie, 1998; Canadian Council on Ecological Areas, 2005) et comprend la sous-zone intérieure chaude et humide à Douglas [Interior Douglas-fir moist warm subzone (IDFmw)], la sous-zone intérieure très sèche et chaude à douglas [Interior Douglas-fir very dry hot subzone (IDFxh)] la sous-zone intérieure chaude et humide à thuya et pruche [Interior Cedar–Hemlock moist warm subzone (ICHmw)] (Meidinger et Pojar, 1991). Les populations sont peut-être des reliques d’une période postglaciaire plus chaude (Brunton, 1984), bien que le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEWIC, 2008) ait émis l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’une « espèce dont l’aire de répartition est en expansion ».

L’azolle du Mexique se rencontre dans trois secteurs de la Colombie-Britannique : 1) le secteur de Little Fort/rivière Thompson Nord (quatre populationsNote 6 de bas de page); 2) le secteur du lac Shuswap (trois populations) et 3) la municipalité de Vernon (une population) (figure 3; tableau 1). Des 10 populations répertoriées, huit sont considérées comme existantes (telles que décrites plus haut), tandis que deux populations (EO9 dans le secteur de Little Fort/rivière Thompson Nord et (EO1) dans le secteur du lac Shuswap) sont disparues en raison du remblayage des sites. Deux sous-populationsNote 7 de bas de page se trouvent à Cambie (EO3), dont l’une a un statut indéterminé (et est présumée existante) et a été observée pour la dernière fois en 1997, et l’autre est considérée comme historique (non observée depuis 1954). Dans la localité du mont Loveway (EO8) (c.-à-d. la sous-population 2, du côté est de la route), aucune plante n’a été observée depuis 1997, et des recherches ont été effectuées en 2005 et en 2007 (Southern Interior Rare Plants Recovery Team, 2008). Le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique considère que cette sous-population est disparue, en se fondant sur les deux derniers relevés effectués. G. W. Douglas a indiqué que l’espèce avait disparu de ce site en 2004 (B.C. Conservation Data Centre, 2015).

Depuis la publication du programme de rétablissement provincial et la mise à jour du rapport de situation du COSEPAC en 2008, une nouvelle sous-population a été découverte en 2013 dans le secteur du lac Shuswap, sur une île artificielle (île Christmas). Une autre population potentielle a été signalée en 2014, au marais Michaelbrook, près de Kelowna, et ce secteur a fait l’objet de relevés supplémentaires en 2015. Toutefois, la confirmation de l’identification de l’espèce s’est avérée problématique en raison de l’absence de production de sporocarpes, qui sont nécessaires à l’identification (J. Symonds et T. McIntosh, comm. pers., 2015). La mention de Kelowna est située à environ 45 km au sud de la population de Vernon et constituerait la population la plus méridionale au Canada, si l’identification de l’Azolla mexicana était confirmée.

Figure 3. Aire de répartition de l’azolle du Mexique en Colombie-Britannique. Les sous-populations sont regroupées à l’intérieur des populations par souci de visibilité (B.C. Conservation Data Centre, 2015).
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 3

La figure 3 est une carte illustrant l’aire de répartition de l’azolle du Mexique dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. L’emplacement des populations tant existantes que disparues de la province y est indiqué. On y trouve quatre populations existantes et une population disparue de la province immédiatement au nord de Barriere. Deux autres populations existantes se trouvent dans la région de Salmon Arm, et une autre au sud-ouest de Malakwa. Une autre population existante est située immédiatement au nord-est de Mara.

 

Tableau 1. Sommaire des populations d'azolle du Mexique en Colombie Britannique (B.C. Conservation Data Centre, 2015).
Emplace-ment géographi-queNo de la population sur la carteNom de la population (CDC)No de la sous-population.Statutb de la population/
sous-population
No d’occ. d’élément du CDC de la C.-B.Nom du site donné par le COSEPACNo du site donné par le COSEPACDernière observationDescription du siteNbre d’individus maturesPropriété des terres
Secteur de Little Fort1Little Fort, au nord du mont LovewayS.O.ExistanteEO10Little Fort – chemin Round Top (1)12007Étang (~ 10 x 5 m) couvert par l’espèce~ 500 000 Terrain privé/terre provinciale
Secteur de Little Fort2Au sud de Little FortSous-pop. 1ExistanteEO7Au sud de Little Fort (3)32005Étang peu profond à l’extrémité sud d’un pâturage (3 x 20 m)Non dénombrésTerrain privé
Secteur de Little Fort2Au sud de Little FortSous-pop. 2ExistanteEO7Au sud de Little Fort (3)32007Deux lacs en croissant du côté ouest de la route passant au sud du pâturage (20 x 150 m)> 1 000 000 Terrain privé
Secteur de Little Fort2Au sud de Little FortSous-pop. 3ExistanteEO7Au sud de Little Fort (3)32007Méandre mort situé du côté est de la route (20 x 60 m); couverture clairseméeNon dénombrésTerrain privé
Secteur de Little Fort31,8 km au sud-est du mont LovewaySous-pop. 1ExistanteEO8Au nord de Little Fort (2)22007Deux grands méandres morts couverts par l’espèce du côté ouest de la route (30 x 18 m)> 1 000 000 
(2004)
Terrain privé/terre provinciale
Secteur de Little Fort31,8 km au sud-est du mont LovewaySous-pop. 2DisparueEO8Au nord de Little Fort (2)21997Méandre mort du côté est de la route; espèce non observée depuis 1997; recherches infructueuses en 2005 et en 2007Non dénombrésTerrain privé/terre provinciale
Secteur de Little Fort41 km au sud de DarfieldS.O.DisparueEO9Darfield (4)41997Douglas (2004) signale que le site a été remblayé pour la construction d’une routeS.O.Propriétaires inconnus
Secteur de Little Fort5Ruisseau Chinook, 400 m au sud de la confluence avec un affluent de la rivière Thompson NordS.O.ExistanteEO12Au sud de Darfield (5)52007Méandre mort, seulement du côté est de la routePlusieurs milliersTerrain privé
Secteur du lac Shuswap6Tappen, lac ShuswapSous-pop. 1ExistanteEO4Tappen/ruisseau White61998En 1997, de petits nombres d’individus ont été observés parmi la végétation riveraine le long du cours inférieur du ruisseau (Martin, 1998). Aucun individu observé en 2004 (Douglas, 2004), mais l’habitat demeure intact.Non dénombrésPremières Nations
Secteur du lac Shuswap6Tappen, lac ShuswapSous-pop. 2ExistanteEO4Tappen/ruisseau Whitec61998Faible concentration d’individus couvrant une mare en croissant de 30 m2 à l’arrière d’une plage, dans les eaux calmes du premier coude à angle droit (Martin, 1998). Aucun individu observé en 2004 (Douglas, 2004).Non dénombrésPremières Nations
Secteur du lac Shuswap7Salmon ArmLomer 1998dExistanteEO2À l’ouest de Salmon Arm71998Des centaines d’individus dans le marais à l’embouchure de ce cours d’eau (Nature Bay)Non dénombrésPremières Nations/terres de la Couronne?
Secteur du lac Shuswap7Salmon ArmSous-pop. BExistanteEO2À l’ouest de Salmon Arm7 (sous-pop. 1)2004Superficie occupée de 5 x 30 m en 2004 (Douglas, 2004)Non dénombrésPremières Nations /terres de la Couronne?
Secteur du lac Shuswap7Salmon ArmSous-pop. FExistanteE02À l’ouest de Salmon Arm7 (sous-pop. 2)2007Rivage de Salmon Arm; en 2004, plusieurs centaines d’individus observés dans une superficie de 3 x 2 mAucunPremières Nations ∕terres de la Couronne?
Secteur du lac Shuswap7Salmon ArmSymondsExistanteEO2Île Christmas112013Sur une île artificielle (île Christmas) dans un fossé/mare entre deux étangs> 2 000 000
, à l’av. Okanagan
Terre provinciale
Secteur du lac Shuswap8SicamousS.O.DisparueEO1Sicamous81997Douglas (2004) signale que le site a été remblayé.S.O.Terrain privé
Secteur du lac Shuswap92,7 km à l’ouest de CambieSous-pop. 1Inconnu –
présumée existantee
EO3Rivière Eagle91997Cambie, le long de la rivière Eagle; étang couvert par l’espèce (1997). Non observée depuis ce temps, mais l’habitat était intact en 2007.Non dénombrésTerrain privé
Secteur du lac Shuswap92,7 km à l'ouest de CambieSous-pop. 2HistoriquefEO3Rivière Eagle91954Rivière Eagle/
Solsqua. Non observée depuis ce temps, mais l’habitat était intact en 2007.
Non dénombrésTerrain privé
Vernon10VernonSous-pop. 1ExistanteEO5Ruisseau Vernon102007Avenue Okanagan : deux colonies de 10 x 2 m dans un pâturageNon dénombrésPropriétaires inconnus
Vernon10VernonSous-pop. 2ExistanteEO5Ruisseau Vernon102007Aire de loisirs Marshall Fields; quelques individus en sept. 2007. Aucun individu observé en 2014 durant un relevé partiel.0Terrain municipal
Vernon10VernonSous-pop. 3gExistanteEO5Ruisseau Vernon102006Méandre mort du ruisseau Vernon; quelques individus dans la vase.Non dénombrésTerrain municipal

b Existante : l’occurrence a été vérifiée récemment et existe encore. Disparue : l’espèce n’est plus présente sur le site et les conditions du site ne conviennent plus à l’espèce. Historique : absence de données récentes sur le terrain permettant de vérifier l’existence continue de l’occurrence. De façon générale, s’il n’existe aucun relevé connu depuis 25 ans, la population devrait être considérée comme historique.

c Cette occurrence d’élément comprend le spécimen nº V234089 de l’herbier de l’Université de la Colombie-Britannique (University of British Columbia) (Lomer, 1998).

d Cette occurrence d’élément comprend le spécimen nº V234101 de l’herbier de l’Université de la Colombie-Britannique (Lomer, 1998).

e Le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique décrit cette occurrence comme étant « inconnue » (présumée existante), car l’habitat demeurait intact en 2007.

f Le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique décrit cette occurrence comme étant « historique », car la plante n’a pas été observée depuis 1954 (J. Penny, comm. pers., 2016). Le COSEPAC (COSEWIC, 2008) décrit aussi cette occurrence comme étant « un site historique ».

g Cette sous-population fait aussi partie des données du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, mais n’est pas mentionnée par le COSEPAC (COSEWIC, 2008); toutefois, le nom et le numéro du site correspondant décrit par le COSEPAC seraient « ruisseau Vernon » et « 10 », respectivement, pour les sous-populations 1 et 2. 

Les tendances de chaque population sont difficiles à évaluer pour l’espèce, et il faudrait effectuer des relevés annuels supplémentaires à toutes les localités connues. Les données et les observations existantes indiquent que la détectabilité de l’espèce fluctue d’une année à l’autre. L’absence d’observation n’indique pas l’absence d’une population viable ou la disparition de la population. La disparition de cette espèce peut uniquement être inférée en cas de perte complète et irréparable de milieux humides/sites.

3.3 Besoins biologiques et en matière d'habitat de l'azolle du Mexique

L’azolle du Mexique peut former de grands tapis à la surface des lacs, des étangs, des cours d’eau, des mares et des fossés et moins fréquemment dans les marais humides (COSEWIC, 2008). L’azolle du Mexique est principalement une espèce d’eau calme qui se rencontre habituellement dans les étangs non salins, les lacs et les fossés ainsi que dans les eaux des bras morts et des méandres des cours d’eau. Bien qu’elle démontre une préférence pour les eaux calmes ou stagnantes, l’espèce a aussi été observée en eaux vives en Colombie-Britannique et ailleurs (COSEWIC, 2008).

Douglas (2004) et Brunton (1984) mentionnent que l’espèce croît de façon optimale dans les eaux dormantes fraîches, légèrement acides, partiellement ombragées, de faible salinité, riches en phosphore, mais pauvres en autres éléments nutritifs. L’habitat existant offre des eaux partiellement ombragées et protégées où le courant est lent - conditions qui sont nécessaires à la survie de l’espèce. En effet, l’azolle du Mexique finit par être fragmentée et détruite sous l’action du vent et de l’eau (Lumpkin et Plucknett, 1980). Une faible salinité et des valeurs de pH à l’intérieur de la plage de tolérance physiologique de l’espèce sont aussi requises (Brunton, 1984). La coloration de l’azolle du Mexique passe du vert au rouge en réponse à des facteurs de stress, comme une carence en éléments nutritifs, la salinité ou des températures élevées (Lumpkin, 1993). Les inondations annuelles favorisent la dispersion de l’espèce (COSEWIC, 2008). Le tableau 2 présente un sommaire des éléments, des fonctions et des caractéristiques essentiels connus de l’habitat de l’azolle du Mexique dans la province.

Tableau 2. Sommaire des éléments, des fonctions et des caractéristiques essentiels de l'habitat de l'azolle du Mexique en Colombie Britannique (données regroupées par Environnement et Changement climatique Canada, 2015).
Type d’habitatÉlément(s)hFonctioniStade(s) du cycle vital soutenu(s)Caractéristiquesj
Habitat aquatiqueEaux peu profondes, où le courant est lent et qui sont partiellement ombragées et protégées (étangs, fossés, lacs en croissant, rivages de lacs)Croissance, reproduction, dispersionTous les stades du cycle vital

Profondeur : habituellement, mais non exclusivement, de 50 cm ou moins; où les racines peuvent atteindre le substrat dans la zone d’étiage estival

Mouvement : eaux protégées, où le courant est lent ou nul

Propriétés chimiques : pH ˃3,5; pH ˂ 10 (pH optimal 6,5–8,1); faible salinité (≤ 1,3 % de sel); riche en fer et en phosphore, mais pauvre en autres éléments nutritifs

Température : optimale : 18–28 °C (la tolérance au froid dépend du pH)

Habitat riverainZone d’étiage estival, bande de végétation riveraine (en dedans de 30 m du niveau d’eau le plus élevé)Croissance, reproduction, dispersionTous les stades du cycle vitalCouverture : semi-ombragée (habituellement, mais non exclusivement, avec un couvert forestier intermédiaire; couverture optimale d’environ 50 %

h Élément  élément structural essentiel de l’habitat dont l’espèce a besoin.

i Fonction : processus lié au cycle vital de l’espèce (exemples chez les animaux ou les plantes : fraye, reproduction, hibernation, alevinage, croissance, alimentation et migration; floraison, production de fruits, dispersion des graines, germination, développement des semis).

j Caractéristique : composante de base ou caractéristique mesurable d’un élément.

3.3.1 Profondeur de l'eau

L’azolle du Mexique est une espèce dont les exigences en matière de croissance sont relativement strictes et qui est sensible aux changements touchant le niveau et de la composition de l’eau (Douglas, 2004). La plante pousse bien dans les eaux peu profondes, de quelques centimètres seulement, là où les racines peuvent atteindre le substrat (Wagner, 1997; Watanabe, 1997). Ces conditions peuvent se retrouver dans les zones d’étiage estival des eaux plus profondes. Sadeghi et al. (2012) ont constaté que la profondeur de l’eau optimale d’autres espèces d’Alloza était de 50 cm ou moins. Dans l’ensemble de son aire de répartition, l’azolle du Mexique pousse avec d’autres espèces aquatiques, souvent les premières à coloniser un milieu, comme le Lemna minor (lenticule mineure) et le Riccia fluitans (riccie flottante) (Keddy, 1976, cité par Brunton, 1984).

3.3.2 Composition chimique de l'eau

Johnson (1986) mentionne que l’azolle du Mexique présente une croissance optimale dans les eaux légèrement acides et que l’espèce est le plus abondante dans les eaux à pH de 6,0 à 7,0; à l’intérieur de cette plage de valeurs, Nayak et Singh (2004) ont observé le taux de survie le plus élevé des jeunes plantes et la production maximale de mégasporocarpes. D’autres auteurs mentionnent la préférence de l’espèce à l’égard des eaux « légèrement » acides et sa croissance optimale dans les eaux à pH de 4 à 7,1 (Watanabe, 1997), bien qu’elle puisse survivre dans les eaux à pH de 3,5 à 10 (Lumpkin et Plucknett, 1980). La sensibilité aux changements de turbidité est inconnue, mais tous les sites examinés en 2005 contenaient de l’eau claire. Une turbidité excessive peut inhiber la germination des spores. Le phosphore et le fer sont des éléments essentiels à la survie de l’azolle du Mexique (Lumpkin et Plucknett, 1980, cité par Brunton, 1984) et peuvent constituer des facteurs limitatifs pour la croissance de la plante et l’établissement de ses populations.

L’azolle du Mexique, comme les autres espèces d’Alloza, vit en symbiose avec une cyanobactérie (algue bleue),l’Anabaena azollae (Moore, 1969; Wagner, 1997; Baker et al., 2003). Cette association permet à l’azolle du Mexique de fixer l’azote atmosphérique à des taux comparables à ceux des plantes légumineusesNote 8 de bas de page. Cette adaptation est bénéfique dans des habitats pauvres en éléments nutritifs, mais peut inhiber la croissance des espèces d’Azolla dans les eaux où les concentrations en azote sont élevées (Kitoh et al., 1993; Wagner, 1997) ou favoriser la concurrence d’autres plantes aquatiques dans ces conditions.  

La majorité des Alloza peuvent tolérer une très faible salinité, mais meurent si la salinité devient élevée (Moore, 1969; Johnson, 1986). Le taux de croissance des Alloza est nul lorsque la salinité atteint 1,3 % (33 % d’eau de mer). Brunton (1984) signale une conductivité élevée aux localités de Sicamous et de Salmon Arm (169 et 500, respectivement).

Il semble que l’azolle du Mexique soit plus tolérante à la salinité du chlorure de sodium qu’à celle d’autres sels, comme le sulfate de magnésium, le chlorure de magnésium, le sulfate de potassium, le chlorure de potassium, le sulfate de sodium et le chlorure de calcium (Johnson, 1986).

Brunton (1984) mentionne que les populations du lac Shuswap se trouvent dans des plaines d’épandage glaciaire localement parsemées de dépôts calcaires. Les analyses d’eau réalisées par Brunton (1984) ont montré que les eaux occupées par l’azolle du Mexique avaient un pH de 6,5 (à Sicamous) à 8,1 (à Salmon Arm).

3.3.3 Température de l'eau

De plus, les basses températures hivernales provoquent la mort des azolles aux stations nordiques (Tryon et Tryon, 1982, cité par Brunton, 1984). Les observations indiquent que les azolles résistent généralement au froid, mais que le gel de la surface de l’eau les tue (Tsujimura, Ideda et Tukamoto, 1957, cité par Moore, 1969). Lumpkin (1993) mentionne que l’azolle du Mexique est moins tolérante au froid que l’azolle de Caroline (A. caroliniana) et est associée à une gamme plus étroite de conditions écologiques. L’azolle du Mexique est une espèce sensible à la dessiccation (Watanabe, 1997; Douglas, 2004) et est tuée par les températures élevées de l’eau (Vitousek et al., 2002).

3.3.4 Niveaux d'eau

Même si Brunton (1984) mentionne que la fluctuation des niveaux d’eau est nécessaire à l’espèce, le COSEPAC (COSEWIC, 2008) indique que la présence de l’azolle du Mexique dans des sites provinciaux où les eaux sont courantes pourrait remettre en question cette présomption; cependant, les fluctuations des niveaux d’eau peuvent contribuer à la dispersion de colonies ou d’individus de l’espèce (COSEWIC, 2008).

3.3.5 Ensoleillement

De façon générale, un ensoleillement de 50 % convient le mieux à la croissance de l’azolle du Mexique (Lumpkin et Plucknett, 1980, cité par Brunton, 1984). L’espèce privilégie les sites partiellement ombragés et protégés ainsi que les sites adjacents à des prairies humides et à d’autres milieux humides.

3.3.6 Reproduction

Les populations d’azolle du Mexique de la Colombie-Britannique présentent des différences considérables en ce qui concerne la taille et la production de sporophytes. Ces différences peuvent découler d’une variation des propriétés chimiques de l’eau, des conditions de l’ensoleillement par rapport à l’ombre, des courants d’eau ou de l’effet fondateur. Il est nécessaire de mener d’autres études sur la production de sporocarpes (Lumpkin, 1993).

3.3.7 Dispersion

L’azolle du Mexique peut être dispersée par le vent et l’eau et être transportée par des animaux ou des humains (Moore, 1969; Lumpkin et Plucknett, 1980). Les populations forment habituellement des tapis là où elles se rencontrent.

3.4 Rôle écologique

Le rôle écologique de l’espèce n’est pas bien connu. Comme la plante a la capacité de fixer l’azote atmosphérique, elle pourrait contribuer de façon importante à la fixation d’azote dans les milieux aquatiques où elle vit.

3.5 Facteurs limitatifs

L’azolle du Mexique se reproduit par voie végétative (mode de reproduction le plus fréquent) et par la production de spores (Moore, 1969). Cependant, les spores de cette espèce peuvent demeurer à l’état dormant durant de nombreuses années (Lumpkin et Plucknett, 1980) jusqu’à ce que les conditions soient optimales pour la germination. Lorsque la production de spores et/ou la germination sont limitées, l’espèce sera génétiquement restreinte si la reproduction est principalement végétative. Par ailleurs, Brunton (1984) a émis l’hypothèse que le croisement hétérogène peut survenir, bien que rarement, et que ce mécanisme pourrait jouer un rôle clé dans la recolonisation et l’établissement des populations.

L’azolle du Mexique est sensible aux basses températures, ce qui pourrait expliquer les fluctuations démographiques observées d’une année à l’autre. Elle est également sensible aux changements de pH, de salinité et de température de l’eau, ainsi qu’à sa teneur en phosphore et en fer. Des changements dans la concentration de ces éléments pourraient également expliquer les fluctuations démographiques et imposer des limites à la répartition de l’espèce.

4 Menaces

Les menaces découlent des activités ou des processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner la destruction, la dégradation et/ou la détérioration de l’entité évaluée (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d’intérêt (mondiale, nationale ou infranationale) (Salafsky et al., 2008). Aux fins de l’évaluation des menaces, seules les menaces actuelles et futures sont prises en considérationNote 9 de bas de page. Les menaces présentées dans la présente section ne comprennent pas les facteurs limitatifsNote 10 de bas de page qui sont déjà présentés à la section 3.5.

La plupart des menaces sont liées aux activités humaines, mais elles peuvent aussi être d’origine naturelle. L’impact des activités humaines peut être direct (p. ex. destruction de l’habitat) ou indirect (p. ex. introduction d’espèces envahissantes). Les effets des phénomènes naturels (p. ex. incendies, inondations) peuvent être particulièrement importants lorsque l’espèce est concentrée dans une seule localité ou que les occurrences sont peu nombreuses, parfois à cause de l’activité humaine (Master et al., 2012). En conséquence, les menaces comprennent les phénomènes naturels, mais cette notion doit être appliquée avec prudence. Les événements stochastiques doivent être considérés comme une menace seulement lorsqu’une espèce ou un habitat a subi les effets d’autres menaces et a perdu sa capacité de rétablissement. L’impact de ces événements sur la population serait alors beaucoup plus important que l’impact qui aurait été subi dans le passé. (Salafsky et al., 2008).

4.1 Évaluation des menaces

La classification des menaces présentée ci-dessous est fondée sur le système unifié de classification des menaces proposé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le Partenariat pour les mesures de conservation (Conservation Measures Partnership, ou CMP) et est compatible avec les méthodes utilisées par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique. Pour une description détaillée du système de classification des menaces, veuillez consulter le site Web « Open Standards » (Open Standards, 2015). Les menaces peuvent être observées, inférées ou prévues à court terme. Dans le présent plan, les menaces sont caractérisées en fonction de leur portée, de leur gravité et de leur immédiateté. L’« impact » de la menace est calculé selon sa portée et sa gravité. Pour des précisions sur l’établissement des valeurs, voir Master et al. (2012) [en anglais seulement] et les notes au bas du tableau. Les menaces qui pèsent sur l’azolle du Mexique ont été évaluées pour l’ensemble de la province (tableau 3).

Tableau 3. Tableau de classification des menaces pour l'azolle du Mexique en Colombie Britannique.
Numéro de la menacekDescription de la menaceImpactlPortéemGraviténImmédiatetéoPopulation(s)
1Développement résidentiel et commercialNégligeableNégligeableExtrême–élevéeModéréeblanc 
1.1Zones résidentielles et urbainesNégligeableNégligeableExtrême–élevéeModéréeVernon (EO5); ruisseau Chinook (EO12)
4Corridors de transport et de serviceMoyen–faibleGrandeModérée–légèreModéréeblanc 
4.1Routes et voies ferréesMoyen–faibleGrandeModérée–légèreModéréeLocalités près d’une route : Little Fort au sud (EO7) du mont Loveway (EO8); Little Fort (EO10); ruisseau Chinook (EO12); Salmon Arm (EO2) près d’une voie ferrée
7Modifications des systèmes naturelsNon calculéPetiteInconnueFaible 
7.3Autres modifications de l’écosystèmeNon calculéPetiteInconnueFaiblePrésence d’alpistes roseaux aux localités suivantes : Sicamous (EO1); Salmon Arm (EO2); Tappen, lac Shuswap (EO4); Vernon (EO5); mont Loveway (EO8)
9PollutionInconnuPetiteInconnueÉlevée–modéréeblanc 
9.1Eaux usées domestiques et urbainesInconnuPetiteInconnueÉlevée–modéréeSalmon Arm (EO2)
11Changements climatiques et phénomènes météorologiques violentsNon calculéGénéralisée–grandeInconnueFaibleblanc 
11.2SécheressesNon calculéGénéralisée–grandeInconnueFaibleToutes

k Les numéros renvoient aux menaces de catégorie  1 (chiffres entiers) et de catégorie 2 (chiffres avec décimales).

l Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce. Le taux médian de réduction de la population pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact ne peut être déterminé (p. ex. lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l’impact n’est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d’évaluation (p. ex. l’immédiateté est insignifiante/négligeable [menace passée] ou faible [menace possible à long terme]);); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n’est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu’il y a un avantage possible.

m Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71-100 %; grande = 31-70 %; restreinte = 11-30 %; petite = 1-10 %; négligeable = < 1 %).

n Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace qui pèse sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations. Pour cette espèce, une durée de 10 ans a été utilisée (gravité extrême = 71-100 %; élevée = 31-70 %; modérée = 11-30 %; légère = 1-10 %; négligeable = < 1 %; neutre ou avantage possible = ≥0 %).

o Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); insignifiante/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct mais qui pourrait être limitative.

4.2 Description des menaces

Un sommaire de l’évaluation des menaces pesant sur l’azolle du Mexique est présenté au tableau 3. L’impact global calculé des menaces est de « moyen à faible ». Les activités de construction ou d’entretien de routes et de voies ferrées constituent la principale menace.

La classification des menaces présentée ci-dessous est fondée sur le système unifié de classification des menaces proposé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le Partenariat pour les mesures de conservation (Conservation Measures Partnership, ou CMP). Ce système est actuellement utilisé par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique et par le cadre de conservation de la province. Pour une description détaillée du système de classification des menaces, veuillez consulter le site Web « Open Standards » (Open Standards, 2015).

Menace 1. Développement résidentiel et commercial
1.1 Zones résidentielles et urbaines

L’aménagement de zones résidentielles et urbaines est une menace potentielle dans le secteur du lac Shuswap et la municipalité de Vernon. L’une des sous-populations à Vernon (EO5 – sous-population 1) se trouve sur un terrain récemment acheté par une société de développement. Dans l’ensemble, l’impact au cours des 10 prochaines années est négligeable. Une population historique dans le secteur du lac Shuswap (EO1) est disparue, probablement en raison du remblayage dans une zone de développement résidentiel.

Menace 4. Corridors de transport et de service
4.1 Routes et voies ferrées

Plusieurs populations d’azolle du Mexique se trouvent à proximité de routes, de chemins et de voies ferrées, ce qui peut constituer une menace. Les populations voisines de chemins et de routes sont les suivantes : Cambie (EO3), mont Loveway (EO8), sud de Little Fort (EO7), Little Fort (EO10) et ruisseau Chinook (EO12). Une population historique a disparu dans le secteur de Darfield (EO9) en raison du remblayage effectué durant des activités de construction ou de réparation de routes (COSEWIC, 2008). De plus, la salinité élevée résultant de l’utilisation de sel de voirie et du ruissellement de ce sel peut présenter une menace pour des individus ou des groupes d’individus de l’espèce. Les déversements de produits chimiques et d’hydrocarbures pourraient modifier la composition chimique de l’eau, ce qui pourrait entraîner le déclin de l’azolle du Mexique. La possibilité d’un déversement à partir de la voie de chemin de fer voisine de la population de Salmon Arm (EO2) est aussi une menace. Bien que la probabilité d’un tel déversement soit faible, cet incident aurait toutefois des effets négatifs sur les milieux humides avoisinants (p. ex. un changement du pH de l’eau) et sur l’azolle du Mexique.

Menace 7. Modifications des systèmes naturels
7.3 Autres modifications de l’écosystème

L’empiètement de l’alpiste roseau (Phalaris arundinacea) est manifeste à plusieurs endroits : Salmon Arm (EO2); Tappen, lac Shuswap (EO4); Vernon (EO5); mont Loveway (EO8) (B.C. Conservation Data Centre, 2015). L’alpiste roseau perturbe l’habitat en causant un remblayage permanent, ce qui réduit les niveaux d’eau (c.-à-d. transformation d’un habitat aquatique en un habitat terrestre) de sorte que l’habitat ne peut plus soutenir l’azolle du Mexique. Ailleurs, la présence d’une autre espèce de plante semi-aquatique introduite, le roseau commun (Phragmites spp.), crée un brise-vent et un abri pour d’autres espèces d’azolles (Sadeghi et al., 2012). La présence du roseau commun n’est pas considérée comme problématique (pas encore) aux localités du secteur de l’Okanagan (D. Fraser et T. McIntosh, comm. pers., 2015).

Menace 9. Pollution
9.1 Eaux usées domestiques et urbaines

L’eutrophisationNote 11 de bas de page est manifeste à la localité de Salmon Arm (EO2), bien que la source de la hausse des concentrations d’éléments nutritifs n’ait pas été déterminée. Une prolifération d’algues était bien visible à cette localité en 2005 et en 2006 (COSEWIC, 2008). De récentes évaluations de la qualité de l’eau ont aussi indiqué une augmentation des concentrations d’éléments nutritifs (phosphore et azote) près de la localité de Salmon Arm (EO2) (Northwest Hydraulic Consultants, 2013). L’effet réel de l’augmentation des concentrations d’éléments nutritifs sur l’azolle du Mexique est variable (Lumpkin et Plucknett, 1980); toutefois, il a été démontré qu’une hausse des concentrations d’azote dans l’eau a un effet inhibiteur sur la croissance d’autres espèces d’Azolla (Kitoh et al., 1993; Wagner, 1997). De plus, le phosphore (et le fer) peut constituer un facteur limitatif pour la croissance (Brunton, 1984); par conséquent, tout changement de la concentration du phosphore pourrait avoir des incidences sur l’azolle du Mexique.

Menace 11. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents

À long terme, les modèles de changements climatiques montrent un déclin des milieux humides, mais cette constatation déborde la période visée pour le calcul des menaces.

5 But et objectifs du rétablissement

5.1 But du rétablissement (en matière de population et de répartition)

Le but du rétablissement (en matière de population et répartition) est le suivant :

Maintenir la répartition et maintenir ou (lorsque c’est possible) accroître l’abondance de l’ensemble des populations existantes connues de cette espèce ainsi que de toute autre population découverte et/ou réétablie.

5.2 Justification du but du rétablissement (en matière de population et de répartition)

L’information sur l’abondance et la répartition de l’azolle du Mexique indique l’existence de neuf populations dans trois secteurs de la Colombie-Britannique : 1) le secteur de Little Fort/rivière Thompson Nord; 2) le secteur du lac Shuswap et 3) la municipalité de Vernon. Cette espèce a déjà été plus répandue au Canada. Deux populations, une à Darfield (EO9) et l’autre à Sicamous (EO1), sont disparues en raison du remblayage des sites, qui a rendu l’habitat non convenable pour l’espèce.

Les techniques de multiplication et de réintroduction sont bien connues pour les espèces d’Azolla (Lumpkin et Plucknett, 1982; Carrapiço et Pereira, 2009); par conséquent, si de l’habitat convenable était découvert dans le voisinage de ces deux sites (à Darfield et à Sicamous), la réintroduction serait jugée appropriée (si elle était réalisable) pour remplacer les deux populations disparues. Le taux de changement de la taille des populations existantes est inconnu. Il est important de souligner, aux fins de suivi et/ou d’estimation des tendances, que l’absence d’observation au cours d’une année particulière de relevés n’indique pas l’absence d’une population viable ou la disparition de la population, et que la taille des populations de cette espèce annuelle peut subir des fluctuations caractéristiques entre les années où des relevés sont effectués. Lorsque la meilleure information accessible et/ou les données de suivi à long terme disponibles indiquent un déclin général de la population, les tentatives délibérées pour accroître l’abondance seraient jugées appropriées dans les cas où un tel accroissement serait réalisable.

5.3 Objectifs du rétablissement

Les objectifs de rétablissement suivants guideront la planification du rétablissement à court terme :

  1. protégerNote 12 de bas de page les populations existantes et présumées existantes de l’azolle du Mexique dans l’ensemble de son aire de répartition provinciale;
  2. faire le suivi des tendances relatives à la taille et à la répartition des populations à tous les sites, et ce, pour toutes les populations répertoriées;
  3. étudier la possibilité de rétablir les populations dans les sites où l’espèce a disparu ou dans des habitats convenables situés à proximité de ces sites.

6 Approches pour l'atteinte des rétablissement objectifs de rétablissement

6.1 Mesures déjà achevées ou en cours

Les mesures suivantes ont été classées d’après les groupes de mesures du cadre de conservation de la Colombie-Britannique (B.C. Ministry of Environment, 2015). L’état d’avancement des groupes de mesures visant l’azolle du Mexique est indiqué entre parenthèses

Élaboration du rapport de situation (terminé); envoi du rapport au COSEPAC (terminé)

  • Le rapport de situation du COSEPAC a été achevé (COSEWIC, 2008). La mise à jour est prévue pour 2018.
  • L’azolle du Mexique est désignée « espèce menacée » (COSEWIC, 2008). Nouvelle évaluation prévue pour 2018.

Planification (en cours)

  • Le plan/programme de rétablissement de la Colombie-Britannique est achevé (le présent document, 2016).

Protection de l’habitat et intendance des terres privées (en cours)

  • Une population (EO8) jouit d’une protection en vertu de la Protected Areas of British Columbia Act dans la zone protégée Dunn Peak.

6.2 Tableau de planification du rétablissement

Tableau 4. Mesures de rétablissement de l'azolle du Mexique.
ObjectifGroupe de mesures du cadre de conservationMesures pour atteindre les objectifsMenacep ou préoccupation viséePrioritéq
1Protection de l’habitat et intendance des terres privées
  • Identifier tous les propriétaires et gestionnaires des terres et communiquer avec eux.
  • Chercher à conclure des covenants de conservation ou des accords d’intendance avec les propriétaires des terres privées.
  • Mener des activités de sensibilisation dans les secteurs visés pour communiquer la présence de l’azolle du Mexique, notamment les populations situées près des terres agricoles.
  • Évaluer, préparer et mettre en œuvre des pratiques exemplaires de gestion pour tous les sites, y compris les corridors de transport.
Perte ou dégradation d’habitat; eau (qualité et quantité)Élevée
2Gestion de l’espèce et des populations
  • Effectuer des relevés des populations existantes pour déterminer les tendances en matière de répartition et de population.
  • Élaborer et appliquer un protocole de suivi qui fournit des estimations fiables de la taille de la population et permet de détecter les menaces à chaque localité connue.
  • Effectuer le suivi de la situation de la population et des menaces aux localités existantes tous les deux ans (au minimum).
Lacune dans les connaissancesMoyenne
3Remise en état de l’habitat
  • Repérer et sélectionner des sites d’introduction convenables (si cela est jugé approprié) en utilisant des données sur l’écologie végétale pour établir les paramètres des sites et déterminer leur caractère convenable.
  • Réaliser des activités de remise en état.
Perte ou dégradation d’habitatFaible

p La numérotation des menaces correspond à celle des catégories de l’UICN-CMP (voir le tableau 3 pour obtenir les détails)

q Essentielle = urgente et importante; la mesure doit être prise immédiatement; nécessaire = importante mais non urgente; la mesure peut être prise dans les 2 à 5 prochaines années; bénéfique = la mesure est bénéfique et pourrait être prise lorsque cela est possible.

7 Habitat de survie et de rétablissement de l'espèce

L’habitat de survie/rétablissement désigne l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement de l’espèce. Il correspond à l’aire où l’espèce se trouve naturellement ou dont l’espèce dépend directement ou indirectement pour mener à bien les processus associés à son cycle vital ou encore, où l’espèce se rencontrait dans le passé et où il est possible de la réintroduire.

7.1 Description biophysique de l'habitat de survie / rétablissement de l'espèce

La section 3.3 décrit les éléments et les caractéristiques biophysiques connus de l’habitat qui sont nécessaires pour appuyer les processus (fonctions) associés au cycle vital de l’espèce. D’autres travaux doivent être réalisés pour combler les lacunes dans les connaissances sur les exigences en matière d’habitat et la répartition. Ces lacunes sont décrites en détail dans le tableau de planification du rétablissement (tableau 4).

7.2 Description spatiale de l'habitat de survie / rétablissement de l'espèce

La superficie d’habitat de survie∕rétablissement requise par une espèce dépend de la quantité d’habitat nécessaire pour atteindre le but du rétablissement. Bien que le présent document ne présente aucune carte de l’habitat de survie∕rétablissement, il est recommandé de fournir une description spatiale de l’emplacement de cet habitat pour atténuer les menaces pesant sur l’habitat et faciliter la mise en œuvre des mesures établies pour atteindre les buts de rétablissement (en matière de population et de répartition).

8 Mesure des progrès

Les mesures de rendement présentées ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte du but (en matière de population et de répartition) et des objectifs de rétablissement. Les mesures de rendement correspondant à chaque objectif sont présentées ci-après.

Résultats mesurables pour l’objectif 1

  • L’habitat nécessaire pour soutenir les populations connues de l’azolle du Mexique est désigné et protégé d'ici 2021.Note 13 de bas de page

Résultats mesurables pour l’objectif 2

  • Des mesures de suivi de la population et de la répartition sont mises en œuvre d'ici 2021.

Résultats mesurables pour l’objectif 3

  • Une évaluation est effectuée pour déterminer la disponibilité d’habitat convenable potentiel et∕ou le potentiel de remise en état d’un tel habitat pour l’azolle du Mexique dans les sites où l’espèce a disparu ou à proximité de ces sites d'ici  2021. Si cela est jugé réalisable et pertinent, tenter de remettre en état l’habitat et∕ou de réintroduire l’espèce à ces sites.

9 Effets sur les espèces non ciblées

Les mesures de rétablissement recommandées ne devraient avoir aucun effet négatif sur les espèces non ciblées. Les activités réalisées pour promouvoir la conservation de l’azolle du Mexique sont susceptibles de profiter indirectement à d’autres espèces dans cette région, pouvant comprendre le crapaud du Grand Bassin (Spea intermontana, espèce qui figure sur la liste bleue et qui est menacée au Canada) et le crapaud de l’Ouest (Bufo boreas, espèce préoccupante au Canada). Ces deux espèces ont besoin de plans d’eau à écoulement lent pour une partie de leur cycle vital. La sous-population de l’île Christmas à Salmon Arm (Symonds; EO2) se rencontre dans un secteur qui fournit de l’habitat au Pélican d’Amérique (Pelecanus erythrorhynchos), espèce figurant sur la liste rouge de la province, et au Grèbe élégant (Aechmophorus occidentalis). Les activités de planification du rétablissement seront mises en œuvre en considérant toutes les espèces en péril partageant l’habitat de l’azolle du Mexique, de façon à éviter les incidences négatives sur ces espèces ou leur habitat.

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Communications personnelles

Fraser, D., Unit Head, Species Conservation Science, B.C. Ministry of Environment, Ecosystems Branch, Victoria, Colombie-Britannique.
McIntosh, T., Ph. D, Biological Consultant, Vancouver, Colombie-Britannique.
Penny, J., Program Botanist, B.C. Conservation Data Centre.
Symonds, J., Ecosystem Biologist, B.C. Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations, Penticton, Colombie-Britannique.

Note de bas de page

Note 5 de bas de page

La protection peut être réalisée au moyen de divers mécanismes, y compris des accords volontaires d'intendance, des covenants de conservation, la vente de terres privées par des propriétaires consentants, des désignations relatives à l'utilisation des terres, l'établissement d'aires protégées et l'atténuation des menaces.

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Note 6 de bas de page

Dans le présent rapport, une localité/population est définie d'après les caractéristiques des occurrences d'éléments utilisées par NatureServe (2015), qui établit que les populations se trouvent à plus de un kilomètre les unes des autres.

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Note 7 de bas de page

Les sous-populations se trouvent à moins de 1 km les unes des autres (NatureServe 2015). 

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Note 8 de bas de page

Plantes de la famille des pois (Fabacées) qui hébergent dans leurs racines des bactéries fixatrices d'azote.

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Note 9 de bas de page

Des menaces antérieures peuvent avoir été répertoriées, mais elles ne sont pas utilisées dans le calcul de l'impact des menaces. On tient compte des effets des menaces passées (s'ils ne persistent pas) pour déterminer les facteurs de tendance à long terme et/ou à court terme (Master et al., 2012).

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Note 10 de bas de page

Il est important de faire la distinction entre les facteurs limitatifs et les menaces. Les facteurs limitatifs ne sont généralement pas d'origine humaine et comprennent des caractéristiques qui limitent la capacité de l'espèce ou de l'écosystème de réagir favorablement aux mesures de rétablissement ou de conservation (p. ex. dépression de consanguinité, faible abondance des populations et isolement génétique).

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Note 11 de bas de page

Enrichissement d'un écosystème avec des éléments nutritifs, habituellement des composés qui contiennent de l'azote et phosphore.

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Note 12 de bas de page

La protection peut être réalisée au moyen de divers mécanismes, y compris des accords volontaires d'intendance, des covenants de conservation, la vente de terres privées par des propriétaires consentants, des désignations relatives à l'utilisation des terres, l'établissement d'aires protégées et l'atténuation des menaces.

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Note 13 de bas de page

La protection peut être réalisée au moyen de divers mécanismes, y compris des accords volontaires d'intendance, des covenants de conservation, la vente de terres privées par des propriétaires consentants, des désignations relatives à l'utilisation des terres, l'établissement d'aires protégées et l'atténuation des menaces.

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