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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'aster du golfe Saint-Laurent au Canada - Mise à jour

Tailles et tendances des populations

On rapporte 33 occurrences d’asters du Saint-Laurent dans le golfe du Saint-Laurent, dont quatre sont historiques. La densité des populations est estimée dans les tableaux 1 à 3 à partir des travaux de terrain de Houle (1988b), de Godbout (2000 et 2001) et du Projet Siffleur (Sabine Dietz, comm. pers., 2002) pour le Nouveau-Brunswick, de Guignion et al. (1995), de Houle (1988b), de l’Island Nature Trust (Stewart et Lacroix, comm. pers., 2001) et du Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard (Stewart et Lacroix, comm. pers., 2001) pour l’Île-du-Prince-Édouard, et de Gagnon et al. (1995a et b) et de Houle et al. (2002) pour les Îles-de-la-Madeleine. L’aster du Saint-Laurent est relativement fréquent aux Îles-de-la-Madeleine, avec 15 occurrences existantes, comportant au total plus de 12 millions d’individus. Au Nouveau-Brunswick, cinq occurrences sont encore présentes, puisque sur les sept occurrences, deux sont presque certainement disparues. En 2002, les effectifs étaient faibles comparativement aux années antérieures à ces sites, avec un total d’environ 1 000 individus seulement. Jusqu’aux inventaires de Guignion et al. (1995), l’aster du Saint-Laurent passait pour particulièrement rare à l’Île-du-Prince-Édouard, alors que seulement 13 plantes avaient été localisées dans le parc national et 10 à Tignish. Aujourd’hui, on sait qu’il y a probablement plus de 100 000 individus à l’emplacement des huit occurrences existantes, ce qui fait de l’Île-du-Prince-Édouard la seconde population en importance après celle des Îles-de-la-Madeleine.

La différence importante dans l’estimation du nombre total d’individus pour l’ensemble des Îles-de-la-Madeleine (1985 : environ 661; 1995 : plus d’un million; 2001 : plus de 12 millions) et pour l’Île-du-Prince-Édouard (1985 : 23; 1993 : 63 000 à 80 000; 2002 : ~ 100 000) pourrait s’expliquer par un effort d’inventaire plus intense entre 1992 et 2001. Il est également possible que des conditions particulièrement favorables aient stimulé la croissance de vastes colonies d’asters du Saint-Laurent entre 1992-1995 et 1999-2001, en particulier aux Îles-de-la-Madeleine. L’été 1994, par exemple, a été particulièrement sec, ce qui a peut-être asséché plus que d’habitude la partie supérieure des marais des Îles-de-la-Madeleine, favorisant ainsi l’aster du Saint-Laurent. Selon Houle et al. (2002), la topographie du rivage, l’exposition aux vagues et l’abondance des dépôts de matière organique (surtout de zostère) influencent de façon déterminante la répartition locale de l’aster du Saint-Laurent. Il se peut également que des conditions climatiques défavorables certaines années produisent une diminution importante, bien que probablement temporaire, des populations d’asters du Saint-Laurent.

Populations aux Îles-de-la-Madeleine

Les populations des Îles-de-la-Madeleine comptent au total 16 occurrences dans 11 localités distinctes. Une seule d’entre elles est considérée historique (disparue du Canada), c’est-à-dire non relevée depuis plus de 25 ans, selon les critères de Labrecque et Lavoie (2002).


Secteur du Havre-aux-Basques

La lagune du Havre-aux-Basques renferme la population la plus importante de l’espèce aux Îles-de-la-Madeleine (localités 1, 2 et 3, figure 3). En 1985, Houle et Brouillet avaient observé deux sous-populations totalisant environ 200 individus dans la partie sud-ouest de la lagune, et près de la route 199 dans la zone est (Houle et Haber, 1990). Lors des campagnes de 1994 et 1995, l’aster du Saint-Laurent a été recensé à cinq endroits autour de la lagune (Gagnon et al., 1995a et b). La population, estimée à plus d’un million d’individus, couvrait une superficie totale de plus de 5 hectares. Le plus grand nombre d’individus se trouvait dans le secteur ouest. Houle et al. (2002) ont subdivisé cette population en trois occurrences isolées les unes des autres (partie est de la lagune, partie ouest de la lagune et pointe aux Canots) et comportant à ce jour un total de 106 à 107 individus sur 3,9 hectares.


Secteur de l’Île du Cap-aux-Meules

La population de l’Étang-du-Nord (localité 4) n’a pas été relocalisée depuis sa découverte par Fernald en 1912, malgré des recherches effectuées en 1992 (par J. Gagnon et C. Roy), en 1995 (Attention FragÎles) et en 1999, 2000 et 2001 (Houle et al., 2002). Il est possible que les activités humaines ou la fermeture progressive du couvert végétal dans ce secteur ait modifié l’habitat au point de provoquer la disparition de l’espèce.

Une population située à l’Anse-aux-Étangs (localité 5) a été observée en 1985 par Houle et Brouillet (Houle et Haber, 1990). Ils y avaient noté la présence d’environ 60 individus. Le site fut brièvement visité par J. Gagnon en 1995, mais aucun individu de l’aster du Saint-Laurent ne s’y trouvait. Par la suite, Houle et al. (2002) y ont retrouvé l’aster sur une surface de 5 m2. En 1999 et 2000, il y en avait 100 à 1 000 individus, tandis qu’en 2001, la population était tombée à 10 à 100 individus. Il est possible qu’un ensablement d’origine anthropique ait contribué à la baisse de cette population.

La localité du Lac-aux-Canards est située près de Gros-Cap (localité 6). Un seul individu y a été observé en 1995. Par la suite, malgré des recherches, l’aster n’y a pas été retrouvé entre 1999 et 2001.

La population du marais Barachois (Cap-de-l’Hôpital), à Fatima, comportait une vingtaine d’individus en 1985 (Houle et Haber, 1990). En 1995, la population a été estimée entre 10 000 et 100 000 individus, couvrant une superficie d’environ un demi-hectare. Le site était alors perturbé par le passage de véhicules tout-terrain et par l’exploitation d’une sablière à proximité. En 1999 et 2000, la population est restée stable entre 105 et 106 individus, sur des aires considérées comme deux occurrences distinctes (localités 7 et 8), en raison de leur séparation par des habitats non propices sur une distance supérieure à 1 km. À l’été 2002, la population de la localité 8 avait toutefois baissé considérablement de 104 - 105 individus à 102 - 103 plantes, présumément à cause de l’activité anthropique.


Secteur de l’Île de la Grande-Entrée

Un seul spécimen de l’aster du Saint-Laurent a été observé à Grande-Entrée, Île de la Grande-Entrée (localité 9), par Houle et Brouillet en 1985. La localité ne fut pas retrouvée lors de visites subséquentes effectuées par G. Lavoie en 1992, J. Gagnon en 1995 et Houle et Hamel en 1999, 2000 et 2001.

Fernald (1914) fut le premier à trouver l’aster du Saint-Laurent à Grande-Entrée en 1912. Il ne précise pas l’emplacement de sa collecte, mais mentionne que l’espèce a été trouvée en grande abondance, couvrant les sables humides saumâtres. Ce site pourrait correspondre au Bassin-aux-Huîtres. Celui-ci a été visité en 1985 par Houle et Brouillet qui y découvrirent environ 150 individus répartis dans deux sous-populations. En 1995, le nombre d’individus était estimé entre 105 et 106, répartis sur environ 3 hectares. En 1999 et 2000, Houle et al. (2002) y ont dénombré autant d’individus, mais sur 0,2 à 0,4 hectare et séparés en trois populations par plus de 500 m d’habitat non propice à l’espèce (localités 10, 11 et 12). Il semble que l’habitat aurait été modifié à cet endroit par un déplacement de l’ouverture du bassin, ce qui aurait provoqué une baisse générale du niveau d’eau et de la taille des populations 10 et 12, tel que mentionné au tableau 1 (Line Couillard, CDPNQ, comm. pers., 2003).


Secteur de l’Île de l’Est

La population de la plage de la Grande-Échouerie (localité 13) fut tout d’abord visitée par Houle et Brouillet en 1985, qui y découvrirent environ 200 individus. En 1994, entre 200 et 500 individus furent observés sur deux sites séparés. Cependant, en 1995, il n’y avait plus d’aster du Saint-Laurent. Il semble que cette absence temporaire puisse s’expliquer par des modifications de l’habitat dues à une hausse du niveau de l’eau à la suite d’une tempête estivale, à l’accumulation de débris de zostère sur l’habitat ou à la fermeture progressive du couvert végétal. En 1999, 2000 et 2001, on n’a dénombré que 10 à 100 individus sur une superficie de moins de 10 m2.

Entre 10 et 100 individus ont été observés en 1994 sur l’Île de l’Est, à l’extrémité nord de l’Étang de l’Est et à la Pointe de l’Est (localité 14). La superficie occupée couvrait 5 m2 à l’Étang de l’Est et moins d’un mètre carré à la Pointe de l’Est, où un seul individu a été recensé. En 1999, 2000 et 2001, la population atteignait entre 100 et 1 000 individus sur 100 à 600 m2.

Près de la limite ouest de la baie Clarke (localité 15), une trentaine d’individus ont été dénombrés en 1985 par Houle et Brouillet. En 1994, la population était estimée à une centaine d’individus couvrant une superficie de 25 m2. L’ouverture temporaire de la végétation, causée par le passage d’un véhicule tout-terrain, semble avoir favorisé l’espèce car l’habitat, un haut marais dominé par Festuca rubra, est plutôt atypique. De fait, selon Houle (1988b), l’aster du Saint-Laurent fréquente habituellement des marais dominés par Spartina alterniflora, Carex paleacea ou Scirpus pungens. En 1999, 2000 et 2001, la population a été estimée par Houle et al. (2002) à 103 à 104 individus, sur une superficie de 100 à 500 m2.

Une nouvelle occurrence de l’aster du Saint-Laurent (localité 16) a été découverte en 2001, dans le secteur de la Baie de la Grosse-Île (Houle et al., 2002); entre 103 et 104 individus occupaient une superficie de plus de 1 000 m2.

Populations au Nouveau-Brunswick

Les populations d’asters du Saint-Laurent au Nouveau-Brunswick comptent au total sept occurrences dans quatre localités distinctes. Parmi elles, une seule est considérée historique.


Île Miscou

La première récolte de l’aster du Saint-Laurent à cet endroit remonte à 1963, par Roberts et Drury (NY et UNB). Sa présence y a été vérifiée en 1984, alors qu’une centaine d’individus ont été dénombrés par Houle et Legault (CAN, DAO, GH, LE, MT; Houle, 1988b). Selon Sean Blaney (comm. pers., 2002), ce site près du phare serait presque certainement disparu (localité 1, figure 4). Toutefois, une nouvelle occurrence a été découverte en 2002 à Malbaie sud, où plus de 1 000 plantes ont été dénombrées (Dietz, Projet Siffleur, comm. pers., localité 2). En 2003, la population était estimée à 1 500 plantes (Lewnanny Richardson, comm. pers.).


Tracadie

À Tracadie, au bout du chemin Val-Comeau, un marais salé abrite une population d’asters du Saint-Laurent (Houle, 1988b). La première mention de cette population remonte à 1913, lorsque des spécimens ont été récoltés par S.F. Blake (GH, DAO, DS, NY, UC/JEPS). Houle et Legault (MT, Houle, 1988b) ont confirmé sa présence en 1984, date à laquelle ils ont relevé une population d’une centaine d’individus (localité 3). Elle n’avait pas été revue depuis des années mais, en 1999, Jim Goltz et Maureen Bourque l’ont redécouverte (Maureen Toner, comm. pers.). Une centaine de plantes y ont été dénombrées en 1999 et plus de 1 000 en l’an 2000 (Grand Lac, Dietz et Chiasson, 2001). Seulement 15 plantes subsistaient à cet endroit en 2001 et 12 plantes immergées ont été aperçues en 2002 (Sabine Dietz, comm. pers.). Ce site n’a pas été visité en 2003.


Parc national de Kouchibouguac

La localité du quai St-Louis, mentionnée par Hinds (1983) pour 1979, a été parcourue brièvement à la recherche de l’aster (Houle 1988b), mais sans succès (localité 4). Une reconnaissance faite par le parc en 1999 n’a pas été plus fructueuse, probablement à cause des perturbations ou des changements dans l’habitat (débris de zostère empilés; Dietz et Chiasson, 2001).

En 2000, deux nouvelles populations ont été localisées dans le parc national de Kouchibouguac. Une occurrence à la lagune de Lac-à-Exilda regroupait plus de 1 000 individus (localité 5), alors que celle de Barachois ne comptait que quatre plantes (localité 6). Toutefois, une grosse tempête à l’automne 2000 a changé la configuration des dunes où se trouvait l’aster du Saint-Laurent et les deux occurrences ont été ensevelies, la première sous 60 cm de sable et la deuxième sous 30 cm d’eau (Éric Tremblay, comm. pers.). La situation n’a pas changé depuis ce temps-là.


Dune de Bouctouche

Deux populations découvertes en 2000 par Valérie Godbout (2000) sur la dune de Bouctouche comprenait respectivement 500 à 1 000 et 2 plantes (localité 7). Depuis 2000, l’aster du Saint-Laurent a été observé à quatre endroits sur la dune (David Mazerolle, 2003). Nous les considérons comme une seule occurrence. Comme ce fut le cas pour les occurrences à Kouchibouguac, le site a été affecté par un mélange d’inondation et de dépôt de sable pendant une tempête en 2002 (David Mazerolle, 2003.). À l’époque, on avait cru que les plantes avaient été détruites avant l’implantation des graines. En 2003, environ 100 plantes ont été dénombrées à ce site et n’ont pas été perturbées durant la production des graines (David Mazerolle, 2003).

Populations à l’Île-du-Prince-Édouard

Les populations de l’Île-du-Prince-Édouard comptent 10 occurrences, dont la grande majorité se trouve dans le Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard. Deux d’entres elles sont historiques. L’année 2002 a été très mauvaise pour les populations d’asters du Saint-Laurent dans le Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard avec plusieurs pertes dues à des tempêtes.


Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard

L’effectif total de l’aster du Saint-Laurent dans le Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard est actuellement estimé à environ 40 000 individus sur les six sites de Covehead Pond, Long Pond, Campbell’s Pond, Western Wetland, Dune Slack et East Marsh. D’ouest en est sur le territoire du parc, 13 sites ont été visités par Guignion et al. en 1992 et 1993. Toutes les localités où la présence de l’espèce est confirmée se trouvent dans la moitié est du parc. Elles ont fait l’objet d’un suivi par le parc depuis 1997.

Covehead Pond (localité 1, figure 5) est la plus rapprochée de la localité type de Brackley Point. Elle comptait 164 individus en 1992 et 214 en 1993. Entre 1994 et 1996, aucune donnée n’a été recueillie. En 1997, 763 individus y ont été recensés, 412 en 1998, entre 174 et 243 en 1999, 123 en 2001 et seulement 10 en 2002 (Denyse Lajeunesse, comm. pers.; Stewart et Lacroix, 2001). Ce site est en déclin. La population a été entièrement inondée en 2002 et les individus dénombrés l’ont été sous 30 cm d’eau (Jean Gagnon, comm. pers.).

La population de Long Pond (localité 2), également visitée par Houle (1988b), ne comptait qu’un seul individu. Sa situation est demeurée la même en 1992 et en 1993. le site a été visité de 1997 à 2001 et aucun individu n’y a été revu. Ce site fait l’objet de nombreux travaux de dragage. Il est donc possible que la population soit complètement disparue (Lajeunesse, comm. pers.).

Campbell’s Pond (localité 3) abritait 30 individus en 1992, mais seulement trois en 1993. Quatre individus y ont été revus en 1997, mais aucun de 1998 à 2001 (Lajeunesse, comm. pers.).

Trois populations ont été reconnues à Blooming Point (Western Wetland, Dune Slack et Eastern Marsh), aire non parcourue lors des inventaires précédents. Alors que Western Wetland (localité 4) comptait une population de 450 individus en 1992, elle n’en avait plus aucun en 1993. Le site a été revisité en 1993, en 1998 (Ben Hoteling) et en 1999, mais sans succès. La population est probablement disparue (Lajeunesse, comm. pers.).

Les deux autres populations sont les plus importantes de toute l’Île-du-Prince-Édouard, avec des estimations de 15 000 à 20 000 individus à Dune Slack et de 48 000 à 60 000 individus à East Marsh, toutes deux constantes entre 1992 et 1993. À Dune Slack (localité 5), les populations ont été estimées de 1998 à 2001 par Ben Hoteling et ses étudiants (Holland College) et en 2002 par Joni Fern Kemp, une étudiante de Christian R. Lacroix (Université de l’Île-du-Prince-Édouard). En 1998, il y avait 126 000 individus sur 900 m2, 117 600 sur 1 200 m2 en 1999, 52 000 sur 1 000 m2 en 2000, 65 250 individus en 2001 (Stewart et Lacroix, 2001) et 2 223 en 2002. La population est actuellement en déclin (Lajeunesse, comm. pers.).

Depuis 1998, l’occurrence d’East Marsh a été divisée en deux populations (localités 6 et 7). Elles ont été estimées par Ben Hoteling et ses étudiants de 1998 à 2000 et par Stewart et Lacroix (2001) et Lacroix (2002, inédit, Lajeunesse, comm. pers.) en 2001. La population d’East Marsh A (localité 6) est descendue graduellement de 38 700 individus en 1998 à seulement 133 en 2001, sur une superficie d’environ 900 m2. Celle d’East Marsh B (localité 7) est la seule qui soit demeurée assez importante dans tout le parc national, variant de 38 400 à 106 000 individus entre 1998 et 2002. La population comptait 44 133 individus en 2002.

La localité type de Brackley Point (localité 8), où Macoun avait recueilli pour la première fois des spécimens de la plante en 1888, a été revisitée en 1912 (Fernald, 1914), en 1953 (Erskine et Smith, ACAD) et en 1984 (Houle et Legault, 1986). Toutefois, en 1992, Guignion et al. (1995) ont constaté que les 12 individus mentionnés par Houle (1988b) avaient disparu du site suite à des travaux d’aménagement effectués par le parc.


Tignish

Fernald (1914) a localisé dès 1912 une population d’asters du Saint-Laurent à Tignish, comté de Prince, au nord de l’île. Elle occupait alors les sables humides derrière la grève (GH). Sa persistance a pu être vérifiée en 1986 par Houle (1988b), qui l’identifia dans les marais de Tignish Shore (localité 9). Seulement 10 individus avaient alors été dénombrés dans cette population. Depuis lors, Sean Blaney et Rosemary Curley y sont retournés à deux reprises (comm. pers., 7 nov. et 11 déc. 2002), et de nouveau à l’automne 2002 avec Jean Gagnon, mais sans succès. Selon Jean Gagnon, l’habitat a été modifié au point de devenir quasiment inadéquat pour l’espèce. Néanmoins, Rosemary Curley a l’intention d’y retourner en 2003 pour rechercher l’aster à Tignish.


Grand Tracadie

La localité de Grand Tracadie a été mentionnée dans une source citée par Houle (1988b) datant de 1912 (localité 10). Des recherches effectuées en 1984 et en 1986 ont été infructueuses. Aucune autre recherche n’a été réalisée à cet endroit. Cette localité est considérée historique.

Sites potentiels

Deux sites identifiés comme des habitats potentiels pour l’aster du Saint-Laurent (Houle et Legault, 1986, P.S. carte 2), à savoir John Archies Pond et Clarkes Pond dans le Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard, ont été visités par Houle (1988b) et par Guignion et al. (1995). Malgré la présence de la plupart des espèces qui lui sont fréquemment associées, ces deux campagnes se sont révélées infructueuses. Des recherches de sites potentiels ont été effectuées à l’Île-du-Prince-Édouard, mais en dehors du parc national, par l’Island Nature Trust (Kate MacQuarrie, comm. pers.) et par Jean Gagnon (septembre et octobre 2002, comm. pers.), à de nombreux sites illustrés à l’Annexe 1. Aucune nouvelle occurrence n’a été trouvée. Selon ces relevés, le site de Canavoy serait le meilleur habitat potentiel, bien que décrit par Gagnon comme marginal sur la base des habitats occupés par l’espèce aux Îles-de-la-Madeleine. Kate MacQuarrie a l’intention de retourner visiter ce site en 2003. Selon Jean Gagnon, une tempête survenue avant ses recherches aurait provoqué le dépôt de grandes quantités de débris de zostère sur les habitats propices à l’aster du Saint-Laurent.

Au Nouveau-Brunswick, le Projet Siffleur et l’ ont effectué des recherches sur un grand nombre de sites potentiels non encore inventoriés dans les recherches portant sur l’aster du Saint-Laurent (Sabine Dietz, comm. pers., Annexe 2; David Mazerolle, 2003). Dans le parc national de Kouchibouguac, compte tenu de la courte période de fructification de la plante et des restrictions du projet de 2000 (Godbout, 2000), il est fort probable que les sites potentiels n’ont pas encore été tous identifiés.

Occurrences erronées

Hinds (1986) a rapporté l’aster du Saint-Laurent à Bathurst (NB) sur la base d’un spécimen mal identifié (Hinds 5803, NB!, in Houle, 1988b). L’appellation correcte de ce spécimen est Symphyotrichum subulatum (Michx.) Nesom var. obtusifolius Fern.