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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'aster du golfe Saint-Laurent au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation
du COSEPAC
sur
l’aster du Saint-Laurent
Symphyotrichum laurentianum
au Canada

l’aster du Saint Laurent (Symphyotrichum laurentianum)

Espèce menacée
2004


COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
COSEWIC logo

COSEWIC
Committee on the status
of endangered wildlife
in Canada

 

Les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante.

COSEPAC. 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’aster du Saint-Laurent Symphyotrichum laurentianum au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 42 p.
(Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

Rapports précédents :

Houle, F. 1989. COSEWIC status report on the Gulf of St. Lawrence Aster Aster laurentianus in Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. 37 p.

Note de production :

Le COSEPAC remercie Hélène Gilbert qui a rédigé la mise à jour du rapport de situation sur l’aster du Saint-Laurent Symphyotrichum laurentianum au Canada. Le rapport a été supervisé et révisé par Erich Haber, co-président du sous-comité de spécialistes des plantes et lichens (plantes vasculaires) du COSEPAC. Antérieurement désignée par le COSEPAC sous le nom d’aster du Saint-Laurent Aster laurentianus.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa  (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Gulf of St. Lawrence Aster Symphyotrichum laurentianum in Canada.

Illustration de la couverture :
Aster du Saint-Laurent - Réjean Roy

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004
PDF : CW69-14/401-2004F-PDF
ISBN 0-662-77133-8
HTML : CW69-14/401-2004F-HTML
ISBN 0-662-77134-6

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2004

Nom commun :
Aster du Saint-Laurent

Nom scientifique :
Symphyotrichum laurentianum

Statut :
Espèce menacée

Justification de la désignation :
Halophyte annuel des habitats littoraux maritimes endémique dans le golfe du fleuve Saint-Laurent. L'espèce pousse dans près de 30 sites existants, où certaines populations sont très grandes, surtout aux îles de la Madeleine, mais sa très petite zone d'occupation totale est de beaucoup moins de cinq kilomètres carrés. La taille de bon nombre des populations fluctue naturellement, et celles-ci subissent parfois des pertes importantes dues à des tempêtes violentes. Les activités récréatives de l'être humain et la perte de l'habitat attribuable à des activités de développement représentent des menaces constantes.

Répartition :
Québec, Nouveau‑Brunswick et Île‑du‑Prince‑Édouard

Historique du statut :
Déclarée espèce préoccupante en avril 1989. Réexamen du statut et désignée comme espèce menacée en mai 2004. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour du rapport de situation.

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Résumé

Aster du Saint-Laurent
Sympohyotrichum laurentianum

Information sur l’espèce

L’aster du Saint-Laurent, Symphyotrichum laurentianum (synonyme Aster laurentianus), est une plante halophytique annuelle herbacée qui pousse dans les habitats côtiers au Nouveau-Brunswick (NB), à l’Île-du-Prince-Édouard (IPE) et dans les Îles-de-la-Madeleine (IDLM). C’est une plante rare endémique du golfe du Saint-Laurent : 29 populations sont connues et vérifiées, dont 15 aux IDLM, huit à l’IPE et six au NB. En dehors de cela, on compte quatre occurrences historiques dont l’habitat a été détruit ou qui n’ont pas été vues depuis 25 ans (une aux IDLM, deux à l’IPE et une au NB).


Répartition

L’aster du Saint-Laurent a été signalé à cinq endroits de l’archipel des Îles-de-la-Madeleine, pour un total de 16 occurrences, dont une est historique. L’une des populations constitue une nouvelle observation par rapport aux données de Gilbert et al. (1999) et trois sont nouvelles par rapport aux données contenues dans le dernier rapport du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) (Houle et Haber, 1990). Pratiquement tous les individus sont concentrés sur trois sites : la lagune du Havre-aux-Basques, le Bassin-aux-Huîtres et le marais salé Barachois à Fatima.

Quatre localités abritent des populations au Nouveau-Brunswick : une sur l’Île Miscou, une autre près de Tracadie (Val-Comeau), une troisième au Parc national de Kouchibouguac et une à la dune de Bouctouche. On compte au total sept occurrences, dont une historique. De récents efforts de recensement ont permis de localiser quatre nouvelles occurrences depuis 1999.

Parmi les dix occurrences à l’Île-du-Prince-Édouard, deux sont historiques. Ce sont les mêmes que dans Gilbert et al. (1999), mais l’occurrence d’East Marsh a été subdivisée en deux populations distinctes. La plupart des occurrences sont mentionnées dans le Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard. Celle de Tignish, comté de Prince, au nord de l’île, n’a pas été vue depuis 1986.


Habitat

L’aster du Saint-Laurent croît sur les substrats humides à dominance sableuse atteints par les marées hautes d’équinoxe et les vagues de tempête sur les plages abritées et dans les zones à végétation clairsemée des hauts marais salés, près du niveau de la mer sur un terrain ouvert et en pente faible.


Biologie

L’aster du Saint-Laurent est en pleine floraison à la mi-septembre et en fruits à la fin d’octobre (Houle, 1988b). Son développement en serre est très rapide (deux à trois mois). L’aster du Saint-Laurent et les autres espèces du genre Symphyotrichum sont autofertiles. Même si des hybrides unidirectionnels interspécifiques peuvent être produits de façon expérimentale, cette espèce est isolée reproductivement par deux facteurs : l’isolement géographique et l’autofertilité.


Taille et tendances des populations

La population totale des Îles-de-la-Madeleine est estimée à plus de 12 millions d’individus, répartis sur environ 10 hectares. L’estimation plus élevée de la population, comparativement aux données de Houle et Haber, semble s’expliquer à la fois par un effort d’inventaire plus intense et peut-être par les conditions écologiques favorables à l’espèce pendant les recensements, en particulier le bas niveau de l’eau dans les lagunes en 1994. Certaines populations ont décliné ou disparu, peut-être à cause d’une fermeture du couvert végétal, du recouvrement par des débris de zostère ou d’un enfouissement sous du sable à la suite de tempêtes ou d’activités humaines. Étant donné que l’habitat est dénudé de façon plus ou moins cyclique par des phénomènes naturels (vagues, tempêtes, etc.), la disparition de ces sous-populations n’est peut-être que temporaire.

Les sept populations du Nouveau-Brunswick totalisent environ 2 000 à 3 000 individus; cependant, on a constaté de fortes fluctuations au cours des deux dernières années, principalement à cause de tempêtes. La population au quai St-Louis, dans le Parc national de Kouchibouguac, est probablement disparue depuis 1979. La population autour du phare de l’Île Miscou n’a pas été revue depuis 1984 et a presque certainement disparu. Par contre, quatre nouvelles populations ont été découvertes : une sur l’Île Miscou (Malbaie sud), deux dans le Parc national de Kouchibouguac et une à la dune de Bouctouche.

Parmi les dix populations de l’Île-du-Prince-Édouard, deux sont historiques (Brackley Point et Grand Tracadie). Sur les six sites étudiés en 1999 dans le Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard, un a été subdivisé depuis lors en deux occurrences distinctes (East Marsh). À l’extérieur du parc, seule l’occurrence à Tignish, comté de Prince, au nord de l’île, existait encore en 1986. Dans le parc national, les localités de Dune Slack et East Marsh B abritent les plus grandes populations, totalisant ensemble près de 100 000 individus.


Facteurs limitants et menaces

La concurrence interspécifique joue un rôle important dans la dynamique des population de l’aster du Saint-Laurent. La fermeture du couvert végétal n’est propice ni à son effort reproducteur ni à son taux de survie. La lumière serait le principal facteur abiotique important pour la croissance et la reproduction de l’aster du Saint-Laurent. Par conséquent, les perturbations naturelles causées par les vagues, les glaces ou les tempêtes semblent jouer un rôle dans le maintien ou la création de l’habitat. Les perturbations anthropiques, comme la construction de chalets et les opérations de remblayage, détruisent complètement l’habitat de l’espèce.


Importance spéciale de l’espèce

L’aster du Saint-Laurent est un exemple de taxon endémique restreint au golfe du Saint-Laurent. D’autres espèces rares sont parfois associées à cette espèce. Il n’y a pas d’utilisation économique connue pour l’aster du Saint-Laurent, ni d’utilisation traditionnelle par les Autochtones.


Protection existante ou autre statut

Les occurrences situées dans les parcs nationaux de l’Île-du-Prince-Édouard et de Kouchibouguac sont protégées par les gestionnaires des parcs et surveillées chaque année. L’aster du Saint-Laurent a été désigné comme une espèce préoccupante au Canada par le COSEPAC en 1989. Il est actuellement désigné espèce menacée au Québec et comme espèce menacée d’extinction au Nouveau-Brunswick. À l’Île-du-Prince-Édouard, il est considéré comme une espèce rare, mais il n’a pas encore reçu de désignation particulière.

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Historique, mandat, composition et définitions du COSEPAC

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.


Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.


Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.


Définitions
(depuis mai 2004)

Espèce
Toute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du pays (DP)Note de bas de page 1
Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page 2
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page 3
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page 4
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page 5
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique :
Symphyotrichum laurentianum (fernald) nesom
Description originale :
fernald, m.l. 1914. some halophytic, annual asters of the maritime provinces. rhodora 16:57-80.
Spécimen type :
île-du-prince-édouard, brackley point, 31 août 1912. fernald, long et st. john 8166; holotype: gh!; isotypes†: bm!, ds!, f!, gh!, mo!, mt!, ny!, uc/jeps! (!: spécimens pointés par f. houle, 1988a)
Synonymes :
Aster laurentianus fernald
Aster laurentianus var. magdalenensis fernald
Aster laurentianus var. contiguus fernald
Brachyactis laurentiana (fernald) botschantzev
Brachyactis ciliata ssp. laurentiana (fernald) A.G. Jones
Noms anglais :
Gulf of St Lawrence Aster, Rayless Aster
Nom français :
Aster du Saint-Laurent
Famille :
Astéracées
Principal groupe de plantes :
Plantes dicotylédones phanérogames

Description

Plante halophyte annuelle, entièrement glabre, charnue; tige de 0,1 à 40 cm de hauteur; simple ou raméfiée avec des branches axillaires racémiformes à un seul capitule ou occasionnellement avec des branches allongées (figure 1); feuilles très molles et charnues, assez lisses, sessiles ou subsessiles, entières, non ciliées, linéaires-lancéolées à spatulées, obtuses ou aiguës, souvent mucronées, de 1,1 à 6,5(10) cm de longueur, de 2 à 9,8(15) mm de largeur, largeur maximale située en moyenne dans un rapport de 0,6 sur la longueur; capitules de 0,5 à 1,4(2) cm de largeur; involucre hémisphérique-campanulée; bractées involucrales principalement foliacées et charnues, lancéolées, oblongues ou spatulées, majoritairement subégales, souvent un peu ciliées à la base, de 5 à 11(18) mm de long, de 1 à 2,5(4) mm de large; corolles externes nombreuses, en plusieurs rangées, fertiles, filiformes, de 2 à 5 mm de long, sans rayon ou au plus avec un simple rudiment de ligule plus courte que le style, blanchâtres à rosâtres; corolles centrales peu nombreuses, fertiles, filiformes, de 3 à 5,4 mm de long, à limbe campanulé 4-5 denté, blanchâtres à rosâtres, à peu près égales aux stigmates violacés; akènes pubescents; aigrettes abondantes, égalant ou dépassant les fleurs; nombre chromosomique : 2n = 14 (Houle et Brouillet, 1985); électrophorégrammes pour six enzymes (PHA, IS, SOD, PER, PGI et GOT) dans Houle (1988a).

In the field, this species can be recognized by the following characteristics: annual, glabrous, halophytic plant with ligules very short and inconspicuous or wanting, in many rows. No other local species has these characteristics.


Figure 1. Illustration de l’aster du Saint-Laurent

Illustration de l’aster du Saint-Laurent (par Réjean Roy).

Par Réjean Roy.

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Répartition

Répartition mondiale

L’aster du Saint-Laurent est une espèce endémique de la région du golfe du Saint-Laurent. On ne la trouve qu’au Québec, au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard (Houle et Haber, 1990; Gilbert et al., 1999). Sa répartition mondiale est donc extrêmement limitée (figure 2). Il colonise les sites où le sable est saumâtre aux Îles-de-la-Madeleine, à l’Île-du-Prince-Édouard (IPE) et au Nouveau-Brunswick. Toutes les localités se trouvent dans des régions de température comparable et à faibles élévations.


Figure 2. Répartition canadienne de l’aster du Saint-Laurent

Répartition canadienne de l’aster du Saint-Laurent

Répartition canadienne

Répartition au Québec

La répartition de l’aster du Saint-Laurent aux Îles-de-la-Madeleine (IDLM), seul endroit où l’espèce croît au Québec, a été précisée par Gagnon (1996), Gagnon et al. (1995a, 1995b) et Houle et al. (2002). Lors de ces inventaires, tous les sites mentionnés dans Houle et Haber (1990) ont été relocalisés et trois nouveaux sites (localités 6, 14 et 16, figure 3) ont été découverts. Certaines occurrences reconnues dans le rapport de Gilbert et al. (1999), dont les populations sont segmentées, ont été subdivisées en deux ou trois occurrences distinctes par Houle et al. (2002).


Figure 3. Répartition de l’aster du Saint-Laurent aux Îles-de-la-Madeleine

Répartition de l’aster du Saint-Laurent aux Îles-de-la-Madeleine

Occurrences de Symphyotrichum laurentianum aux Îles-de-la-Madeleine.


Dans le présent rapport, nous reconnaissons ces nouvelles subdivisions comme des occurrences distinctes Les Îles-de-la-Madeleine comptent actuellement 16 occurrences distinctes de l’aster du Saint-Laurent, dont une datant de 1912 (Fernald, 1914), qui n’a jamais été retrouvée. La lagune du Havre-aux-Basques compte trois grosses populations alors que d’autres n’abritent qu’un nombre restreint d’individus. L’effectif total de cette espèce aux Îles-de-la-Madeleine a été estimé, en 2002, à plus de 12 millions d’individus répartis sur un peu moins de 10 hectares. Le tableau 1 fournit une synthèse de l’information recueillie à chaque localité québécoise.

 

Tableau 1. Occurrences de l’aster du Saint-Laurent au Québec (Îles-de-la-Madeleine)
Numérotation de l'occurrenceAnnéeStatut de la populationSuperficieSource
NoNo utilisée
par Gilbert
et al. (1999)
 11985200 individus Gagnon et al. 1995b
 11994105 - 106 ind.5 haGagnon et al. 1995b
 11995105 - 106 ind.5 haGagnon et al. 1995b
111999106 - 107 ind.> 1 000 m2Houle et al. 2002
112000106 - 107 ind.> 1 000 m2Houle et al. 2002
112001106 - 107 ind.> 1 000 m2Houle et al. 2002
211999105 - 106 ind.> 1 000 m2Houle et al. 2002
212000105 - 106 ind.> 1 000 m2Houle et al. 2002
212001105 - 106 ind.> 1 000 m2Houle et al. 2002
311999106 - 107 ind.> 1 000 m2Houle et al. 2002
312000106 - 107 ind.> 1 000 m2Houle et al. 2002
312001106 - 107 ind.> 1 000 m2Houle et al. 2002
421912? Fernald 1914
421992Non trouvée Gagnon 1996
421999Non trouvée Houle et al. 2002
422000Non trouvée Houle et al. 2002
422001Non trouvée Houle et al. 2002
53198560 ind. Houle 1988
531995Non trouvée Gagnon 1996
531999102 - 103 ind.5 m2Houle et al. 2002
532000102 - 103 ind.5 m2Houle et al. 2002
532001100 - 101 ind.5 m2Houle et al. 2002
6419951 ind. Gagnon 1996
641999Non trouvée Houle et al. 2002
642000Non trouvée Houle et al. 2002
642001Non trouvée Houle et al. 2002
65198520 ind. Gagnon 1996
651995104 - 105 ind.0,5 haGagnon 1996
751999105 - 106 ind.> 1 000 m2Houle et al. 2002
752000105 - 106 ind.> 1 000 m2Houle et al. 2002
752001105 - 106 ind.> 1 000 m2Houle et al. 2002
851999104 - 105 ind.> 1 000 m2Houle et al. 2002
852000104 - 105 ind.> 1 000 m2Houle et al. 2002
852001102 - 103 ind.30-300 m2Houle et al. 2002
9619851 ind. Houle 1988b
961992Non trouvée Gagnon 1996
961995Non trouvée Gagnon 1996
961999Non trouvée Houle et al. 2002
962000Non trouvée Houle et al. 2002
962001Non trouvée Houle et al. 2002
971912Très abondante Fernald 1914
971985150 ind. 2 populations Gagnon 1996
971995105 - 106 ind.3 haGagnon 1996
1071999105 - 106 ind.1 000-2 000 m2Houle et al. 2002
1072000103 - 104 ind.600-1 500 m2Houle et al. 2002
1072001101 - 102 ind.500-1 000 m2Houle et al. 2002
1171999101 - 102 ind.10-100 m2Houle et al. 2002
1172000101 - 102 ind.10-100 m2Houle et al. 2002
1172001101 - 102 ind.10-100 m2Houle et al. 2002
1271999105 - 106 ind.1 000-2 000 m2Houle et al. 2002
1272000105 - 106 ind.1 000-2 000 m2Houle et al. 2002
1272001103 - 104 ind.600-1 500 m2Houle et al. 2002
1381985200 ind. Gagnon et al. 1995a
1381994102 - 103 ind (2 pop.) Gagnon et al. 1995a
1381995Non trouvée Gagnon et al. 1995a
1381999101 - 102 ind.< 10 m2Houle et al. 2002
1382000101 - 102 ind.< 10 m2Houle et al. 2002
1382001101 - 102 ind.< 10 m2Houle et al. 2002
149199410-100 ind.5 m2Gagnon et al. 1995a
1491999102 - 103 ind.100-600 m2Houle et al. 2002
1492000102 - 103 ind. Houle et al. 2002
1492001102 - 103 ind. Houle et al. 2002
1510198530 ind. Houle 1988b
1510199410-100 ind.25 m2Gagnon et al. 1995a
15101999103 - 104 ind.100-500 m2Houle et al. 2002
15102000103 - 104 ind. Houle et al. 2002
15102001103 - 104 ind. Houle et al. 2002
16-2001103 - 104 ind.0.1 haHoule et al. 2002


Répartition au Nouveau-Brunswick

De récents efforts de recensement ont permis de localiser quatre nouvelles occurrences au Nouveau-Brunswick depuis 1999. Pour le rapport de situation initial du COSEPAC, Houle (1988b) avait recensé deux sites au Nouveau-Brunswick, sur l’île Miscou (phare) et près de Tracadie (Val-Comeau). Des populations d’asters du Saint-Laurent sont maintenant connues dans quatre secteurs : un à l’île Miscou (Malbaie Sud), découvert en 2002 (Sabine Dietz, Projet Siffleur, comm. pers.), un autre près de Tracadie (Val-Comeau), un troisième dans le parc national de Kouchibouguac (deux occurrences) et un quatrième à la dune de Bouctouche (Godbout, 2000). Il y a donc un total de sept occurrences (figure 4, dont une est presque certainement historique dans le parc de Kouchibouguac (quai St-Louis). Cette localité, d’où un spécimen avait été récolté en 1979 et identifié comme A. brachyactis par Munro (Hinds, 1983), n’avait pas été retrouvée par Houle (1988b). Le spécimen lui-même n’est plus retraçable dans les herbiers consultés (DAO, GH, NBM et UNB). Une reconnaissance effectuée en 1999 (Dietz et Chiasson, 2001) n’a pas été plus fructueuse. Le tableau 2 donne une synthèse de l’information recueillie à chaque localité néo-brunswickoise. Des travaux supplémentaires effectués sur le terrain aux sites 2 et 7 en 2003, après l’achèvement du présent rapport, sont inclus dans le rapport (M. Toner, comm. pers.).


Figure 4. Répartition de l’aster du Saint-Laurent au Nouveau-Brunswick

Figure 4. Répartition de l’aster du Saint-Laurent au Nouveau-Brunswick

Malbaie sud (encart supérieur droit)

 

Tableau 2. Occurrences de l’aster du Saint-Laurent au Nouveau-Brunswick
Numérotation de l'occurrenceAnnéeStatut de la populationSuperficieSource
NoNo utilisée
par Gilbert
et al. (1999)
111963Non étudiée Houle 1988b
111984100 individus Houle 1988b
112002Non trouvée S. Blaney (comm. pers.)
2-20021 000 ind.< 8 000 m2Sabine Dietz (comm. pers.)
2-20031 500 L Richardson (comm. pers.)
2-   L Richardson (comm. pers.)
321984100 ind. Houle 1988b
321999100 ind.< 104 m2Maureen Toner (comm. pers.)
322000~2 000 ind.< 104 m2Maureen Toner (comm. pers.)
32200115 ind.10 m2Maureen Toner (comm. pers.)
32200212 ind.< 2 m2Maureen Toner (comm. pers.)
431979Non étudiée Hinds 1983
431984Non trouvée Houle 1988b
431999Non trouvée Dietz et Chiasson 2001
5-2000> 1 000 ind. Godbout 2000
5-2001Non trouvée Éric Tremblay (comm. pers.)
5-2002Non trouvée Éric Tremblay (comm. pers.)
6-20004 ind. Godbout 2000
6-2001Non trouvée Éric Tremblay (comm. pers.)
6-2002Non trouvée Éric Tremblay (comm. pers.)
7-2000500-1 000 ind. Godbout 2000
7-20002 ind. Godbout 2000
7-2002Inondée Mazerolle 2003
7-2003100 Mazerolle 2003

 

Répartition à l’Île-du-Prince-Édouard

Il y a actuellement 10 occurrences connues de l’aster du Saint-Laurent à l’Île-du-Prince-Édouard, dont deux sont historiques (figure 5. Guignion et al. (1995) ont localisé six sites uniquement à l’intérieur du Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard. Un de ceux-ci, East Marsh, a été subdivisé depuis en deux occurrences distinctes, East Marsh A et B (Denyse Lajeunesse, Parc national de l’IPE, comm. pers.). La localité type de Brackley Point a disparu à la suite de travaux d’aménagement effectués dans le parc. Cependant, de vastes populations ont été observées ailleurs dans le parc, les plus importantes à Blooming Point, à savoir les occurrences 4, 5, 6 et 7 (Western Wetland, Dune Slack et East Marsh A et B). Ailleurs à l’Île-du-Prince-Édouard, une population a été localisée à Tignish, comté de Prince, à la pointe nord de l’île (Houle 1988b), mais n’a pas été revue par la suite en 2001 ou en 2002 (Sean Blaney, Centre de données sur la conservation du Canada Atlantique, comm. pers.).  Du site de Grand Tracadie, dans le comté de Queens, il ne subsiste qu’un seul spécimen récolté par Fernald, Long et St. John en 1912 (GH!, in Houle, 1988b). Au cours d’une brève visite dans les années 1984-1986, Houle n’a pas retrouvé d’asters du Saint-Laurent. Le tableau  3 offre une synthèse de l’information recueillie à chaque localité de l’Île-du-Prince-Édouard.


Figure 5. Répartition de l’aster du Saint-Laurent à l’Île-du-Prince-Édouard

Figure 5. Répartition de l’aster du Saint-Laurent à l’Île-du-Prince-Édouard.

Occurrences de Symphyotrichum laurentianum à l’Île-du-Prince-Édouard

 

Tableau 3. Occurrences de l’aster du Saint-Laurent à l’Île-du-Prince-Édouard.
Numérotation de l'occurrenceAnnéeStatut de la populationSuperficieSource
NoNo utilisée
par Gilbert
et al. (1999)
11198612 individus J. Whitford Env. Ltd. 1994
111992164 individus Guignion et al. 1995
111993214 ind. Guignion et al. 1995
111997763 ind. PNIPE
111998412 ind. PNIPE
111999174 à 243 ind. PNIPE et Stewart et Lacroix 2001
112001123 ind. PNIPE
11200210 ind. inondés UIPE
2219861 ind. J. Whitford Env. Ltd. 1994
2219921 ind. Guignion et al. 1995
2219931 ind. Guignion et al. 1995
221997Non trouvée PNIPE
221998Non trouvée PNIPE
221999Non trouvée PNIPE
222000Non trouvée PNIPE
222001Non trouvée PNIPE
33199230 ind. Guignion et al. 1995
3319933 ind. Guignion et al. 1995
3319974 ind. PNIPE
331998Non trouvée PNIPE
331999Non trouvée PNIPE
332000Non trouvée PNIPE
332001Non trouvée PNIPE
441992450 ind. J. Whitford Env. Ltd. 1994
441993Non trouvée Guignion et al. 1995 et PNIPE
441998Non trouvée Ben Hoteling
441999Non trouvée Stewart et Lacroix 2001
55199215-20 000 ind. Guignion et al. 1995
55199315-20 000 ind. Guignion et al. 1995
551998126 000 ind.900 m2Ben Hoteling (PNIPE)
551999117 000 ind.1 200 m2Ben Hoteling (PNIPE)
55200052 000 ind.1 000 m2Ben Hoteling (PNIPE)
5520022 223 ind. UIPE
56199248-60 000 ind. Guignion et al. 1995
56199348-60 000 ind. Guignion et al. 1995
66199838 700 ind.900 m2Ben Hoteling (PNIPE)
66199917 100 ind.900 m2Ben Hoteling (PNIPE)
6620002 000 ind.1 000 m2Ben Hoteling (PNIPE)
662001133 ind. UIPE
76199838 400 ind.900 m2Ben Hoteling (PNIPE)
76199961 500 ind.1 500 m2Ben Hoteling (PNIPE)
762000106 000 ind.2 000 m2Ben Hoteling (PNIPE)
76200244 133 ind. UIPE
871912Non étudiée Houle 1988b
871953Non étudiée Houle 1988b
87198412 ind. Guignion et al. 1995
871992Remblayée Guignion et al. 1995
981912Non étudiée Fernald 1914
98198610 ind. Houle 1988b
982001Non trouvée S. Blaney (comm. pers.)
982002Non trouvée K. MacQuarrie, INT*
1091912Non étudiée Houle 1988b
1091984Non trouvée Houle 1988b
1091986Non trouvée Houle 1988b

PNIPE : Données recueillies par le personnel du Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard (Denyse Lajeunesse, comm. pers., 15 novembre 2002)
UIPE : Données du Dr C.R. Lacroix, de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (D. Lajeunesse, comm. pers.)
Ben Hoteling : instructeur au Holland College; observations faites par ses étudiants et par lui-même (D. Lajeunesse, comm. pers.)
INT : Island Nature Trust, Île-du-Prince-Édouard; comm. pers. de Kate MacQuarrie, 12 novembre 2002

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Dans le climat maritime où l’on rencontre l’aster du Saint-Laurent, la température moyenne varie entre 18 et 20ºC en juillet et entre -5 et -10ºC en janvier (Thannheiser, 1984). Un pourcentage d’humidité élevé, avec de fréquents brouillards et des vents réguliers, caractérise également la zone climatique occupée par l’aster du Saint-Laurent. Le microclimat se distingue par son plein ensoleillement, des habitats plus ou moins salés inondés seulement lors des marées hautes extrêmes et durant les tempêtes, correspondant à une submersion d’environ 10 cm aux Îles-de-la-Madeleine (Gilbert et al., 1999). Cet habitat est relativement protégé des vents par les dunes.

L’aster du Saint-Laurent croît sur les substrats humides à dominance sableuse atteints par les marées hautes d’équinoxe et les vagues de tempête sur les plages abritées et dans les zones à végétation clairsemée des hauts marais salés (Gagnon et al., 1995a et b). Il pousse près du niveau de la mer sur un terrain ouvert et en pente faible (Gilbert et al. 1999) et nécessite la pleine lumière pour sa croissance (Reynolds et al., 2001; Houle et al., 2002). Sa germination et sa croissance peuvent être affectées par l’eau salée, mais les graines résistent assez bien au sel et peuvent germer de nouveau dans l’eau douce après un séjour dans l’eau salée (Houle et al., 2002; Houle et al., 2001).

La nature dynamique des caractéristiques côtières crée une grande variation annuelle au niveau de l’abondance et de la répartition de l’aster du Saint-Laurent sur un site donné. Les dépôts et l’érosion peuvent avoir une incidence sur sa germination et sa survie. Par exemple, le dépôt de débris de zostère (mousse de mer) ou de sable sur son habitat à la suite de tempêtes au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard en 2001 et en 2002 a contribué aux baisses d’effectif récentes (Éric Tremblay, Kate MacQuarrie et Jean Gagnon, comm. pers.).

La salinité du substrat constitue également un facteur limitant pour la répartition de l’aster du Saint-Laurent (Reynolds et Houle, 2002). L’influence de l’eau douce aux sites de croissance est évidente à partir de la liste des plantes qui accompagnent l’aster du Saint-Laurent (Godbout, 2000).

L’hydrologie et l’humidité sont également importantes. Par exemple, la disponibilité de l’eau pendant la période de différentiation des bourgeons semble cruciale, tandis que la sécheresse cause des échecs de reproduction, rendant les populations potentiellement vulnérables à l’extinction locale (Houle et Belleau, 2000). La granulométrice du substrat semble peu importante puisqu’on trouve l’aster sur du sable fin, du sable grossier, du gravier et de l’argile (Houle 1988b). Le pH de son substrat varie de 5,5 (Grandtner, 1967) à 6,9 (CDPNQ, 2002).

En somme, une combinaison des facteurs suivants contribue à sa présence : un climat maritime, un courant calme favorisant le dépôt de sédiments fins, le dépôt de limon ou de sable durant les pleines mers extrêmes et les inondations de tempête, une fréquence particulière d’inondation durant la saison de croissance, un substrat non salé en période de germination et de croissance, la proximité de la nappe phréatique, une certaine protection contre les vents, un certain pourcentage de substrat exposé, une faible concurrence interspécifique, la pleine lumière, l’exposition à certains changements naturels (vagues, tempêtes) ou artificiels (Jacques Whitford Env. Ltd., 1994; Gilbert et al., 1999; Houle et Belleau, 2000; Houle et al. 2001; Reynolds et al., 2001; Houle et al., 2002; Reynolds et Houle, 2002).

Tendances

Les espèces associées à l’aster du Saint-Laurent sont des taxons de marais salés, de dunes côtières ou de franges littorales. Ce sont des nitrophytes et des halophytes obligatoires à tolérantes au sel (Dansereau, 1959; Grandtner, 1966, 1967; Chapman, 1976; Lamoureux et Grandtner, 1976; Géhu et Grandtner, 1982; Thannheiser, 1984).

La plupart des espèces côtières, dont l’aster du Saint-Laurent, peuvent être considérées comme colonisatrices d’habitats nouveaux ou changeants. En outre, les perturbations naturelles ou artificielles dans des associations secondaires peuvent permettre l’établissement de l’aster du Saint-Laurent. Ce n’est généralement pas une espèce dominante mais, si c’est le cas, ce sera seulement dans de petites zones bien définies et relativement modestes à l’intérieur des communautés types. Ce peut être le cas, par exemple, dans les associations à Spartina alterniflora, Carex paleacea ou Scirpus pungens.

L’aster du Saint-Laurent est une plante annuelle et les habitats qu’elle occupe sont très fluctuants. Ses populations ont donc la particularité d’être assez variables en nombre suite à des perturbations naturelles (par ex. des tempêtes) ou artificielles.

Protection et propriété des terrains

Toutes les populations connues se trouvent dans les habitats côtiers, incluant les plages, les lagunes, les dunes et les dépressions entre les dunes. Au Québec, tous les sites où l’on trouve l’aster du Saint-Laurent sont sous juridiction provinciale, puisque les plages relèvent du ministère de l’Environnement et de la Faune, alors que les dunes et leurs dépressions relèvent du ministère de l’Énergie et des Ressources (Chap. 20 de la Loi des terres des Îles-de-la-Madeleine, Statuts de Québec, 1958-59, sanctionnée le 18 décembre 1958).

À l’Île-du-Prince-Édouard, la plupart des sites se trouvent dans le Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard. Quant à celui de Tignish, son marais de sable humide se trouve sur des terres littorales de juridiction provinciale.

Au Nouveau-Brunswick, l’aster du Saint-Laurent est protégé en vertu de la Loi sur les espèces menacées d’extinction qui est provinciale et un site se trouve à l’intérieur d’un parc national. Parmi les sites restants, deux (Tracadie et Miscou) sont sur des terres ayant de nombreux propriétaires, dont la Couronne. Quant à la dune de Bouctouche, elle se trouve sur un terrain privé, même si c’est dans un secteur géré à des fins de conservation.

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Biologie

Généralités

L’aster du Saint-Laurent a été d’abord recueilli par J. Macoun, à Brackley Point, à l’Île-du-Prince-Édouard, le 5 septembre 1888. Il a alors été distribué sous le d’Aster subulatus Michx. (CAN, GH, NY) (Macoun, 1883-1903; Hurst, 1933). Plus tard, on l’a rapporté sous le nom d’A. frondosus (Nutt.) T.&G. (Fernald et Wiegand, 1910; Britton et Brown, 1913; Hurst, 1940), pour finalement l’appeler l’A. laurentianus (Fernald, 1914). Le genre Aster a été révisé récemment par Nesom (1994), lequel a transféré au genre Symphyotrichum tous les taxons dont le nombre chromosomique de base est n = 8 ou n = 7.

Fernald (1914, 1925, 1950) a constaté que l’aster du Saint-Laurent était très porté à produire des variétés insulaires. Il en a décrit trois : une confinée à l’Île-du-Prince-Édouard et à la partie méridionale des Îles-de-la-Madeleine (var. laurentianus), une à la partie septentrionale de l’archipel des Îles-de-la-Madeleine (var. magdalensis) et une troisième aux sables du nord du Nouveau-Brunswick (var. contiguus).

Plus récemment, Boivin (1966-67, 1972) considérait A. brachyactis comme synonyme d’A. laurentianus, ce dernier ayant priorité d’utilisation. Plusieurs auteurs ont approuvé cette position (Rousseau, 1968; Scoggan, 1978-1979; Jones, 1980; Semple et Brouillet, 1980; Morton, 1981; Jones et Young, 1983; Semple et al., 1983; Hinds, 1983, 1986). Jones (1984) a traité l’aster du Saint-Laurent comme une sous-espèce d’A. brachyactis. Cependant, après un examen minutieux des isotopes et des topotypes (CAN, DAO), Catling et McKay (1980) ont reconnu l’aster du Saint-Laurent comme un taxon distinct. Houle (1988a) a démontré que les différences morphologiques, phénologiques et écologiques entre l’aster du Saint-Laurent et A. brachyactis, observées aussi bien dans la nature qu’en laboratoire, justifient cette reconnaissance. La stabilité des caractères diagnostiques et l’isolement reproductif entre les taxons justifient le rang d’espèce. L’isolement géographique de l’aster du Saint-Laurent le suggère également.

L’aster du Saint-Laurent appartient à un petit groupe d’espèces annuelles (Aster sensu lato, section ß Conyzopsis) largement répandues dans des habitats salins ou saumâtres et quelque peu transitionnels dans leur structure florale entre les vrais Asters et les genres Erigeron et Conyza. Il en est résulté une confusion à propos de sa situation générique et la création d’un genre distinct, Brachyactis (Ledebour, 1845-46; Gray, 1873; Hooker, 1876; Löve et Löve, 1982; Jones, 1984, 1985). Depuis la révision de Nesom (1994), l’appellation retenue pour l’aster du Saint-Laurent est maintenant Symphyotrichum laurentianum (Fernald) Nesom.

Les seules espèces apparentées de près à l’aster du Saint-Laurent sont S. frondosus (synonyme : A. frondosus) de la région de Great Basin dans l’ouest de l’Amérique du Nord et S. brachyactis (synonyme : A. brachyactis) des habitats salins et saumâtres d’Asie centrale et de la région des Grandes plaines de l’Amérique du Nord. Certains caractères constants et stables distinguent clairement les trois espèces. En voici une description :

Fleurs marginales de 5,5 à 8 mm de longueur; bractées involucrales souvent imbriquées régulièrement, les plus externes étant plus courtes que les internes.

S. frondosus

Fleurs marginales de 2 à 5 mm de longueur; bractées involucrales généralement non imbriquées, toutes semblables de forme.

Feuilles linéaires-atténuées à étroitement lancéolées, ciliées, minces et scabres; tige pubescente, de 15 à 60 cm de hauteur; reste à l’état de rosette plusieurs mois avant de produire sa tige florale.

S. brachyactis

Feuilles linéaires-oblongues à spatulées-oblancéolées, non ciliées, plus ou moins charnues; tige glabre, de 1 à 30 cm de hauteur; monte en graine aussitôt la formation de la première rosette basale de feuilles après la germination.

S. laurentianus

Des similarités écologiques entre ces trois espèces ont été révélées par la présence d’espèces compagnes qu’elles ont en commun (Houle, 1988b). S. brachyactis démontre une grande amplitude écologique; il peut coloniser des habitats similaires à ceux des deux autres espèces, mais semble préférer les plaines salines. S. frondosus est plutôt restreint aux habitats xériques des Rocheuses, tandis que S. laurentianus l’est aux habitats côtiers du golfe du Saint-Laurent.

Les variétés de l’aster du Saint-Laurent décrites par Fernald (1914, 1950) n’ont pas été reconnues. Les trois morphotypes peuvent être identifiés dans la collection de Fernald, mais ils ne sont pas distinguables dans la collection de Houle, laquelle est maintenant plus représentative de l’espèce. De plus, les caractéristiques servant au diagnostic de ces variétés sont influencées par les conditions culturales. Ainsi, cette variabilité correspond probablement à la plasticité phénotypique de l’aster du Saint-Laurent.

Biogéographie et phylogénie

L’aster du Saint-Laurent habite les marais salés des Îles-de-la-Madeleine, de la côte est du Nouveau-Brunswick et de la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard (Houle et Haber, 1990; Guignion et al., 1995; Godbout, 2001). Son plus proche parent est un aster des abords d’étangs salés temporaires des prairies et de l’Asie centrale, considéré comme une mauvaise herbe au Québec dans les endroits salés artificiellement, le Symphyotrichum brachyactis. Les deux espèces sont autogames, ce qui les différencie des autres asters (Houle, 1988a). Toutes deux dérivent d’une espèce annuelle du sud-ouest des États-Unis, S. frondosus. Cette dernière est munie de rayons fins qui attirent les insectes pollinisateurs et peuvent assurer une fécondation croisée, mais elle aussi capable d’autogamie. Elle habite les marges des étangs temporaires salés des demi-déserts de cette région. En plus de la réduction des rayons et de l’autogamie, ces trois espèces partagent une caractéristique génétique unique au sein du genre Aster sensu lato : au lieu de 9 ou 8, le nombre haploïde de chromosomes est de 7, ce qui confirme leur parenté.

L’origine du genre Symphyotrichum (section Conyzopsis du genre Aster sensu lato) résulte de la réduction du nombre de chromosomes de 8 à 7, de la réduction de la taille des rayons et de l’acquisition du port annuel (Houle, 1988a). S. frondosus en fut la première espèce. Elle étendit ensuite son aire aux étangs salés temporaires de l’ouest des Rocheuses. Un événement de migration fortuit fit franchir cette barrière géographique vers l’est à une petite population, donnant naissance à S. brachyactis, dont les rayons ne sont plus visibles en dehors du capitule. Cet événement s’est probablement produit au cours des glaciations du Quaternaire. Ultérieurement, lors de la migration vers l’est et vers le nord suivant le retrait des glaces, une population aurait atteint le golfe du Saint-Laurent. L’aster du Saint-Laurent se serait alors adapté aux conditions des marais salés influencés par les marées. Il s’agit d’une spéciation rapide et relativement récente.

Le processus de spéciation qui a donné naissance à l’aster du Saint-Laurent est donc le résultat des glaciations du Quaternaire et des bouleversements et migrations qui les ont accompagnées. Les conditions ambiantes qui règnent depuis cette époque sur le territoire occupé par l’espèce l’ont modelée pour en faire ce qu’elle est devenue aujourd’hui.

Phénologie

L’aster du Saint-Laurent ne fleurit qu’à la fin du mois d’août. Il est en pleine floraison à la mi-septembre et en fruits tard en septembre. Les fruits sont libérés à la fin octobre (Houle, 1988b).

Le développement de l’aster du Saint-Laurent en serre est très rapide (2 à 3 mois comparativement à 6 à 8 mois pour S. brachyactis et S. frondosus). De plus, dans des conditions de croissance uniformes, l’aster du Saint-Laurent est une plante généralement plus petite, avec des feuilles basilaires et des capitules moins nombreux et plus petits (Houle, 1988a).

Reproduction

L’aster du Saint-Laurent et les autres espèces du genre Symphyotrichum sont autofertiles (Houle, 1988a). La morphologie florale de S. laurentianus et de S. brachyactis a donc des caractéristiques d’espèces autofertiles : ligules et nectaires petites ou absentes, style généralement inclus dans le tube staminique et soies surplombant la corolle même avant l’anthèse. L’auto-pollinisation et la morphologie florale de ces deux espèces témoignent d’une relation étroite entre elles. Elles pourraient fixer rapidement des caractéristiques morphologiques dans leur génotype. Quant à S. frondosus, il est fréquemment visité par des insectes sur le terrain et peut probablement aussi se reproduire par pollinisation croisée, conformément au mode ancestral chez Aster sensu lato.

L’interfertilité artificielle de S. brachyactis (f) X S. frondosus (m), S. laurentianus (f) X S. frondosus (m) et S. laurentianus (f) X S. brachyactis (m) a été démontrée par Houle (1988a) avec la production respective de 7, 7 et 45 hybrides fertiles en F1 et la production d’hybrides par auto-fécondation naturelle en F2 (Houle, 1988a). Le statut hybride de la progéniture est confirmé par l’héritage de caractères paternels. Il existe une plus grande affinité génétique entre A. laurentianus et A. brachyactis, telle que démontrée par leur degré plus élevé d’interfertilité.

Les croisements réciproques se sont avérés impossibles à réaliser, ce qui suggère une interfertilité unidirectionnelle allant de A. frondosus à A. brachyactis et à A. laurentianus. Il semble que, dans ce genre, seules les espèces ancestrales peuvent se croiser avec des espèces dérivées. Même si des hybrides unidirectionnels interspécifiques peuvent être produits de façon expérimentale, l’aster du Saint-Laurent est isolé reproductivement par deux facteurs : l’isolement géographique et l’autofertilité.

Cependant, la récente expansion de S. brachyactis le long des routes salées du Nouveau-Brunswick à l’intérieur de l’aire de répartition de S. laurentianum pourrait en fin de compte compliquer la situation par l’hybridation (Sean Blaney, Centre de données sur la conservation du Canada Atlantique, comm. pers., 2002). S. brachyactis est encore rare, mais connu à Saint John, à Sussex et dans la région de Moncton. Ce ne serait qu’une question de temps avant qu’il atteigne la côte de Northumberland, où il pourrait aisément envahir les marais salés.

Survie

Boudreau et Houle (1998) et Houle et al. (2002) ont démontré que la concurrence interspécifique semble jouer un rôle non négligeable dans la dynamique des populations d’asters du Saint-Laurent. La fermeture du couvert végétal n’est propice ni à son effort reproducteur, ni à son taux de survie. La perturbation semble donc jouer un rôle dans le maintien des populations.

En outre, les perturbations anthropiques, comme la construction de chalets et les remblayages, détruisent complètement l’habitat de l’espèce. Cela pourrait avoir provoqué la perte d’au moins deux sites, même si une telle pression potentielle sur les populations actuelles est moins évidente. Alors que l’impact des véhicules tout-terrains (VTT) pourrait être temporairement favorable (une population ayant été observée en train de coloniser des ornières à la baie Clarke (Île de l’Est, Îles-de-la-Madeleine [IDLM])), l’effet à long terme de cette perturbation dépendrait de l’étendue des dommages immédiats causés aux plantes et à leur habitat, ainsi que du potentiel ultérieur d’érosion grave.

Physiologie

La germination des graines est inhibée par une salinité supérieure à 20 g sel/L (Houle et al., 2001 et 2002; Reynolds et al., 2001). Toutefois, les graines conservent leur viabilité lorsqu’elles sont soumises à des salinités allant jusqu’à 40 g sel/L pendant une période de 30 jours. La salinité du substrat a un effet négatif prononcé sur la germination et l’émergence des plantules. Des salinités d’à peine 1 p.100 réduisent l’émergence du tiers, même si une augmentation supplémentaire jusqu’à 5 p.100 n’a pas d’effets additionnels. La croissance des plantes est considérablement réduite par les salinités de 10 à 40 p.100. Cependant, le nombre d’inflorescences par plante ne semble pas affecté par la salinité. Durant les stades suivant l’émergence et l’établissement, l’aster du Saint-Laurent a donc une très grande tolérance à de fortes salinités.

Entre la salinité, la disponibilité des nutriments et la lumière, seule cette dernière a un effet significatif sur la croissance et la reproduction. Ainsi, en situation de concurrence interspécifique, c’est la lumière, et non les nutriments, qui est la ressource pour laquelle les différentes espèces entrent en concurrence avec l’aster du Saint-Laurent. Par contre, l’aster du Saint-Laurent démontre certaines caractéristiques associées aux plantes opportunistes, telle l’absorption excessive de nutriments, même si elle se comporte comme une plante tolérante au stress salin et au stress nutritif.

Quant au stress hydrique, au stade juvénile qui est celui de la différentiation des bourgeons reproducteurs, il réduit de 83 p.100 la production d’inflorescences. Un tel stress au stade plantule ou adulte n’a d’effet que sur la biomasse totale et sur la surface foliaire (Houle et Belleau, 2000; Houle et al., 2002).

Déplacements et dispersion

Selon les divers inventaires réalisés depuis la publication du rapport de situation initial (Houle et Haber, 1990), à savoir ceux de Gagnon et al. (1995b et 1996), Houle et al. (2002), Godbout (2000 et 2001), le Projet Siffleur (Sabine Dietz, comm. pers., 2002) et ceux réalisés sous l’égide du Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard (Denyse Lajeunesse, comm. pers., 2002), il appert que, hormis les nouvelles populations découvertes à des sites pas ou peu explorés auparavant, sa répartition n’a pas changé et qu’il demeure très fidèle aux sites d’occurrence connus. À l’intérieur même d’un site, ses déplacements sont sujets aux fluctuations régulières de la topographie, de la salinité et des zones de dépôt de zostère (Houle et al., 2002; Reynolds et Houle, 2002), qui déterminent également sa densité. La répartition locale de l’aster du Saint-Laurent est aussi influencée par la concurrence interspécifique dans la partie supérieure du gradient topographique.

Interactions interspécifiques

La concurrence interspécifique est un facteur important contrôlant la répartition de l’aster du Saint-Laurent à un site donné (Houle, 2002). Lorsque la concurrence est éliminée, l’aster devient plus abondant, en particulier dans la partie supérieure du gradient topographique, où les conditions abiotiques sont moins limitatives (par ex. salinité plus faible et exposition réduite aux vagues et aux débris de zostère et de sable). De même, le succès global de reproduction des plantes (nombre de fruits produits) augmente lorsque la concurrence interspécifique est absente. Le principal effet des concurrents, et celui qui influence le plus l’aster du Saint-Laurent, est la réduction de la lumière disponible.

Houle et Legault (1986) ainsi que Boudreau et Houle (1998) ont déterminé les espèces fréquemment associées à l’aster du Saint-Laurent. Pour Houle et Legault, il s’agit, par ordre de prédominance, de Juncus bufonius, Atriplex patula, Rumex maritimus var. fueginus, Agrostis alba var. palustris, Potentilla anserina ssp. egedii, Plantago maritima, Bidens cernua, Ranunculus cymbalaria, Spergularia marina var. leiosperma et Glaux maritima var. obtusifolia. La liste complète des 50 espèces associées à l’aster du Saint-Laurent se trouve dans Houle (1988a). Pour Boudreau et Houle, les espèces les plus abondantes de deux communautés des Îles-de-la-Madeleine sont Spartina pectinata, Juncus balticus, Atriplex hastata, Ranunculus cymbalaria, Eleocharis smallii, Sonchus arvensis, Agrostis stolonifera et Calystegia sepium. À celles-ci, s’ajoutent Scirpus acutus et Lomatogonium rotatum (Dietz et Chiasson, 2001).

Des larves de lépidoptères ont été observées sur des asters du Saint-Laurent à Havre-aux-Basques (Boudreau et Houle, 1998). Les larves semblaient se nourrir des feuilles. Elles pourraient avoir un impact sur le rendement reproducteur des plantes et sur la dynamique des populations. Quelques individus d’un coléoptère, Trirhabda borealis, ont été observés en 1994 se nourrissant de l’aster du Saint-Laurent sur un îlot de la lagune de Havre-aux-Basques (Jean Gagnon, comm. pers.). L’impact de ce prédateur sur la plante n’est pas connu.

Comportement et adaptabilité

Étant donné que l’aster du Saint-Laurent est une plante annuelle qui colonise un substrat relativement dénudé, la densité du couvert végétal et la concurrence avec les autres espèces représentent indubitablement une contrainte importante pour son installation et son maintien. Le processus dynamique par lequel l’habitat est remanié, dénudé (par exemple par les tempêtes estivales) et recolonisé de façon plus ou moins cyclique pourrait expliquer en grande partie les fluctuations importantes de son effectif ainsi que la disparition apparente de certaines populations. Étant donné que les graines de l’aster du Saint-Laurent peuvent probablement survivre pendant une dizaine d’années (Houle, 1988b), elles pourraient persister dans le sol jusqu’à ce que les conditions écologiques redeviennent favorables, lors de l’apparition de nouvelles ouvertures dans son habitat.

L’aster du Saint-Laurent possède un taux élevé de production de graines (50 à 60 p.100 en serre, Houle, 1988a). La présence de fruits dispersés a été notée dans toutes les populations en pleine fructification. C’est le vent et l’eau qui assurent la dispersion des fruits. Aucune dormance, scarification ou concentration solide n’est requise pour la culture de cette espèce. Des conditions ordinaires pour la germination des graines dans la vermiculite peuvent être utilisées. Après deux semaines, 80 p.100 des akènes germent. Le taux de survie de l’espèce dans la nature semble toutefois être fortement tributaire de conditions saisonnières favorables, comme en atteste sa rareté. Des tempêtes provoquant le dépôt de débris de zostère, l’enfouissement sous des dépôts sableux ou la submersion de l’habitat se sont produites au cours des deux dernières années au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard et semblent avoir eu un impact sur plusieurs populations (Kate MacQuarrie et Éric Tremblay, comm. pers., 2002). Un suivi permettra de déterminer si les populations touchées réapparaîtront ou récupéreront.

Dans des conditions de laboratoire, les akènes sont encore viables après trois ans. La longévité supposée est d’environ 10 ans, selon des données de culture recueillies sur un taxon apparenté, S. brachyactis, en utilisant des akènes cueillis par Hudson (1979, in Houle, 1988b).

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Tailles et tendances des populations

On rapporte 33 occurrences d’asters du Saint-Laurent dans le golfe du Saint-Laurent, dont quatre sont historiques. La densité des populations est estimée dans les tableaux 1 à 3 à partir des travaux de terrain de Houle (1988b), de Godbout (2000 et 2001) et du Projet Siffleur (Sabine Dietz, comm. pers., 2002) pour le Nouveau-Brunswick, de Guignion et al. (1995), de Houle (1988b), de l’Island Nature Trust (Stewart et Lacroix, comm. pers., 2001) et du Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard (Stewart et Lacroix, comm. pers., 2001) pour l’Île-du-Prince-Édouard, et de Gagnon et al. (1995a et b) et de Houle et al. (2002) pour les Îles-de-la-Madeleine. L’aster du Saint-Laurent est relativement fréquent aux Îles-de-la-Madeleine, avec 15 occurrences existantes, comportant au total plus de 12 millions d’individus. Au Nouveau-Brunswick, cinq occurrences sont encore présentes, puisque sur les sept occurrences, deux sont presque certainement disparues. En 2002, les effectifs étaient faibles comparativement aux années antérieures à ces sites, avec un total d’environ 1 000 individus seulement. Jusqu’aux inventaires de Guignion et al. (1995), l’aster du Saint-Laurent passait pour particulièrement rare à l’Île-du-Prince-Édouard, alors que seulement 13 plantes avaient été localisées dans le parc national et 10 à Tignish. Aujourd’hui, on sait qu’il y a probablement plus de 100 000 individus à l’emplacement des huit occurrences existantes, ce qui fait de l’Île-du-Prince-Édouard la seconde population en importance après celle des Îles-de-la-Madeleine.

La différence importante dans l’estimation du nombre total d’individus pour l’ensemble des Îles-de-la-Madeleine (1985 : environ 661; 1995 : plus d’un million; 2001 : plus de 12 millions) et pour l’Île-du-Prince-Édouard (1985 : 23; 1993 : 63 000 à 80 000; 2002 : ~ 100 000) pourrait s’expliquer par un effort d’inventaire plus intense entre 1992 et 2001. Il est également possible que des conditions particulièrement favorables aient stimulé la croissance de vastes colonies d’asters du Saint-Laurent entre 1992-1995 et 1999-2001, en particulier aux Îles-de-la-Madeleine. L’été 1994, par exemple, a été particulièrement sec, ce qui a peut-être asséché plus que d’habitude la partie supérieure des marais des Îles-de-la-Madeleine, favorisant ainsi l’aster du Saint-Laurent. Selon Houle et al. (2002), la topographie du rivage, l’exposition aux vagues et l’abondance des dépôts de matière organique (surtout de zostère) influencent de façon déterminante la répartition locale de l’aster du Saint-Laurent. Il se peut également que des conditions climatiques défavorables certaines années produisent une diminution importante, bien que probablement temporaire, des populations d’asters du Saint-Laurent.

Populations aux Îles-de-la-Madeleine

Les populations des Îles-de-la-Madeleine comptent au total 16 occurrences dans 11 localités distinctes. Une seule d’entre elles est considérée historique (disparue du Canada), c’est-à-dire non relevée depuis plus de 25 ans, selon les critères de Labrecque et Lavoie (2002).


Secteur du Havre-aux-Basques

La lagune du Havre-aux-Basques renferme la population la plus importante de l’espèce aux Îles-de-la-Madeleine (localités 1, 2 et 3, figure 3). En 1985, Houle et Brouillet avaient observé deux sous-populations totalisant environ 200 individus dans la partie sud-ouest de la lagune, et près de la route 199 dans la zone est (Houle et Haber, 1990). Lors des campagnes de 1994 et 1995, l’aster du Saint-Laurent a été recensé à cinq endroits autour de la lagune (Gagnon et al., 1995a et b). La population, estimée à plus d’un million d’individus, couvrait une superficie totale de plus de 5 hectares. Le plus grand nombre d’individus se trouvait dans le secteur ouest. Houle et al. (2002) ont subdivisé cette population en trois occurrences isolées les unes des autres (partie est de la lagune, partie ouest de la lagune et pointe aux Canots) et comportant à ce jour un total de 106 à 107 individus sur 3,9 hectares.


Secteur de l’Île du Cap-aux-Meules

La population de l’Étang-du-Nord (localité 4) n’a pas été relocalisée depuis sa découverte par Fernald en 1912, malgré des recherches effectuées en 1992 (par J. Gagnon et C. Roy), en 1995 (Attention FragÎles) et en 1999, 2000 et 2001 (Houle et al., 2002). Il est possible que les activités humaines ou la fermeture progressive du couvert végétal dans ce secteur ait modifié l’habitat au point de provoquer la disparition de l’espèce.

Une population située à l’Anse-aux-Étangs (localité 5) a été observée en 1985 par Houle et Brouillet (Houle et Haber, 1990). Ils y avaient noté la présence d’environ 60 individus. Le site fut brièvement visité par J. Gagnon en 1995, mais aucun individu de l’aster du Saint-Laurent ne s’y trouvait. Par la suite, Houle et al. (2002) y ont retrouvé l’aster sur une surface de 5 m2. En 1999 et 2000, il y en avait 100 à 1 000 individus, tandis qu’en 2001, la population était tombée à 10 à 100 individus. Il est possible qu’un ensablement d’origine anthropique ait contribué à la baisse de cette population.

La localité du Lac-aux-Canards est située près de Gros-Cap (localité 6). Un seul individu y a été observé en 1995. Par la suite, malgré des recherches, l’aster n’y a pas été retrouvé entre 1999 et 2001.

La population du marais Barachois (Cap-de-l’Hôpital), à Fatima, comportait une vingtaine d’individus en 1985 (Houle et Haber, 1990). En 1995, la population a été estimée entre 10 000 et 100 000 individus, couvrant une superficie d’environ un demi-hectare. Le site était alors perturbé par le passage de véhicules tout-terrain et par l’exploitation d’une sablière à proximité. En 1999 et 2000, la population est restée stable entre 105 et 106 individus, sur des aires considérées comme deux occurrences distinctes (localités 7 et 8), en raison de leur séparation par des habitats non propices sur une distance supérieure à 1 km. À l’été 2002, la population de la localité 8 avait toutefois baissé considérablement de 104 - 105 individus à 102 - 103 plantes, présumément à cause de l’activité anthropique.


Secteur de l’Île de la Grande-Entrée

Un seul spécimen de l’aster du Saint-Laurent a été observé à Grande-Entrée, Île de la Grande-Entrée (localité 9), par Houle et Brouillet en 1985. La localité ne fut pas retrouvée lors de visites subséquentes effectuées par G. Lavoie en 1992, J. Gagnon en 1995 et Houle et Hamel en 1999, 2000 et 2001.

Fernald (1914) fut le premier à trouver l’aster du Saint-Laurent à Grande-Entrée en 1912. Il ne précise pas l’emplacement de sa collecte, mais mentionne que l’espèce a été trouvée en grande abondance, couvrant les sables humides saumâtres. Ce site pourrait correspondre au Bassin-aux-Huîtres. Celui-ci a été visité en 1985 par Houle et Brouillet qui y découvrirent environ 150 individus répartis dans deux sous-populations. En 1995, le nombre d’individus était estimé entre 105 et 106, répartis sur environ 3 hectares. En 1999 et 2000, Houle et al. (2002) y ont dénombré autant d’individus, mais sur 0,2 à 0,4 hectare et séparés en trois populations par plus de 500 m d’habitat non propice à l’espèce (localités 10, 11 et 12). Il semble que l’habitat aurait été modifié à cet endroit par un déplacement de l’ouverture du bassin, ce qui aurait provoqué une baisse générale du niveau d’eau et de la taille des populations 10 et 12, tel que mentionné au tableau 1 (Line Couillard, CDPNQ, comm. pers., 2003).


Secteur de l’Île de l’Est

La population de la plage de la Grande-Échouerie (localité 13) fut tout d’abord visitée par Houle et Brouillet en 1985, qui y découvrirent environ 200 individus. En 1994, entre 200 et 500 individus furent observés sur deux sites séparés. Cependant, en 1995, il n’y avait plus d’aster du Saint-Laurent. Il semble que cette absence temporaire puisse s’expliquer par des modifications de l’habitat dues à une hausse du niveau de l’eau à la suite d’une tempête estivale, à l’accumulation de débris de zostère sur l’habitat ou à la fermeture progressive du couvert végétal. En 1999, 2000 et 2001, on n’a dénombré que 10 à 100 individus sur une superficie de moins de 10 m2.

Entre 10 et 100 individus ont été observés en 1994 sur l’Île de l’Est, à l’extrémité nord de l’Étang de l’Est et à la Pointe de l’Est (localité 14). La superficie occupée couvrait 5 m2 à l’Étang de l’Est et moins d’un mètre carré à la Pointe de l’Est, où un seul individu a été recensé. En 1999, 2000 et 2001, la population atteignait entre 100 et 1 000 individus sur 100 à 600 m2.

Près de la limite ouest de la baie Clarke (localité 15), une trentaine d’individus ont été dénombrés en 1985 par Houle et Brouillet. En 1994, la population était estimée à une centaine d’individus couvrant une superficie de 25 m2. L’ouverture temporaire de la végétation, causée par le passage d’un véhicule tout-terrain, semble avoir favorisé l’espèce car l’habitat, un haut marais dominé par Festuca rubra, est plutôt atypique. De fait, selon Houle (1988b), l’aster du Saint-Laurent fréquente habituellement des marais dominés par Spartina alterniflora, Carex paleacea ou Scirpus pungens. En 1999, 2000 et 2001, la population a été estimée par Houle et al. (2002) à 103 à 104 individus, sur une superficie de 100 à 500 m2.

Une nouvelle occurrence de l’aster du Saint-Laurent (localité 16) a été découverte en 2001, dans le secteur de la Baie de la Grosse-Île (Houle et al., 2002); entre 103 et 104 individus occupaient une superficie de plus de 1 000 m2.

Populations au Nouveau-Brunswick

Les populations d’asters du Saint-Laurent au Nouveau-Brunswick comptent au total sept occurrences dans quatre localités distinctes. Parmi elles, une seule est considérée historique.


Île Miscou

La première récolte de l’aster du Saint-Laurent à cet endroit remonte à 1963, par Roberts et Drury (NY et UNB). Sa présence y a été vérifiée en 1984, alors qu’une centaine d’individus ont été dénombrés par Houle et Legault (CAN, DAO, GH, LE, MT; Houle, 1988b). Selon Sean Blaney (comm. pers., 2002), ce site près du phare serait presque certainement disparu (localité 1, figure 4). Toutefois, une nouvelle occurrence a été découverte en 2002 à Malbaie sud, où plus de 1 000 plantes ont été dénombrées (Dietz, Projet Siffleur, comm. pers., localité 2). En 2003, la population était estimée à 1 500 plantes (Lewnanny Richardson, comm. pers.).


Tracadie

À Tracadie, au bout du chemin Val-Comeau, un marais salé abrite une population d’asters du Saint-Laurent (Houle, 1988b). La première mention de cette population remonte à 1913, lorsque des spécimens ont été récoltés par S.F. Blake (GH, DAO, DS, NY, UC/JEPS). Houle et Legault (MT, Houle, 1988b) ont confirmé sa présence en 1984, date à laquelle ils ont relevé une population d’une centaine d’individus (localité 3). Elle n’avait pas été revue depuis des années mais, en 1999, Jim Goltz et Maureen Bourque l’ont redécouverte (Maureen Toner, comm. pers.). Une centaine de plantes y ont été dénombrées en 1999 et plus de 1 000 en l’an 2000 (Grand Lac, Dietz et Chiasson, 2001). Seulement 15 plantes subsistaient à cet endroit en 2001 et 12 plantes immergées ont été aperçues en 2002 (Sabine Dietz, comm. pers.). Ce site n’a pas été visité en 2003.


Parc national de Kouchibouguac

La localité du quai St-Louis, mentionnée par Hinds (1983) pour 1979, a été parcourue brièvement à la recherche de l’aster (Houle 1988b), mais sans succès (localité 4). Une reconnaissance faite par le parc en 1999 n’a pas été plus fructueuse, probablement à cause des perturbations ou des changements dans l’habitat (débris de zostère empilés; Dietz et Chiasson, 2001).

En 2000, deux nouvelles populations ont été localisées dans le parc national de Kouchibouguac. Une occurrence à la lagune de Lac-à-Exilda regroupait plus de 1 000 individus (localité 5), alors que celle de Barachois ne comptait que quatre plantes (localité 6). Toutefois, une grosse tempête à l’automne 2000 a changé la configuration des dunes où se trouvait l’aster du Saint-Laurent et les deux occurrences ont été ensevelies, la première sous 60 cm de sable et la deuxième sous 30 cm d’eau (Éric Tremblay, comm. pers.). La situation n’a pas changé depuis ce temps-là.


Dune de Bouctouche

Deux populations découvertes en 2000 par Valérie Godbout (2000) sur la dune de Bouctouche comprenait respectivement 500 à 1 000 et 2 plantes (localité 7). Depuis 2000, l’aster du Saint-Laurent a été observé à quatre endroits sur la dune (David Mazerolle, 2003). Nous les considérons comme une seule occurrence. Comme ce fut le cas pour les occurrences à Kouchibouguac, le site a été affecté par un mélange d’inondation et de dépôt de sable pendant une tempête en 2002 (David Mazerolle, 2003.). À l’époque, on avait cru que les plantes avaient été détruites avant l’implantation des graines. En 2003, environ 100 plantes ont été dénombrées à ce site et n’ont pas été perturbées durant la production des graines (David Mazerolle, 2003).

Populations à l’Île-du-Prince-Édouard

Les populations de l’Île-du-Prince-Édouard comptent 10 occurrences, dont la grande majorité se trouve dans le Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard. Deux d’entres elles sont historiques. L’année 2002 a été très mauvaise pour les populations d’asters du Saint-Laurent dans le Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard avec plusieurs pertes dues à des tempêtes.


Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard

L’effectif total de l’aster du Saint-Laurent dans le Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard est actuellement estimé à environ 40 000 individus sur les six sites de Covehead Pond, Long Pond, Campbell’s Pond, Western Wetland, Dune Slack et East Marsh. D’ouest en est sur le territoire du parc, 13 sites ont été visités par Guignion et al. en 1992 et 1993. Toutes les localités où la présence de l’espèce est confirmée se trouvent dans la moitié est du parc. Elles ont fait l’objet d’un suivi par le parc depuis 1997.

Covehead Pond (localité 1, figure 5) est la plus rapprochée de la localité type de Brackley Point. Elle comptait 164 individus en 1992 et 214 en 1993. Entre 1994 et 1996, aucune donnée n’a été recueillie. En 1997, 763 individus y ont été recensés, 412 en 1998, entre 174 et 243 en 1999, 123 en 2001 et seulement 10 en 2002 (Denyse Lajeunesse, comm. pers.; Stewart et Lacroix, 2001). Ce site est en déclin. La population a été entièrement inondée en 2002 et les individus dénombrés l’ont été sous 30 cm d’eau (Jean Gagnon, comm. pers.).

La population de Long Pond (localité 2), également visitée par Houle (1988b), ne comptait qu’un seul individu. Sa situation est demeurée la même en 1992 et en 1993. le site a été visité de 1997 à 2001 et aucun individu n’y a été revu. Ce site fait l’objet de nombreux travaux de dragage. Il est donc possible que la population soit complètement disparue (Lajeunesse, comm. pers.).

Campbell’s Pond (localité 3) abritait 30 individus en 1992, mais seulement trois en 1993. Quatre individus y ont été revus en 1997, mais aucun de 1998 à 2001 (Lajeunesse, comm. pers.).

Trois populations ont été reconnues à Blooming Point (Western Wetland, Dune Slack et Eastern Marsh), aire non parcourue lors des inventaires précédents. Alors que Western Wetland (localité 4) comptait une population de 450 individus en 1992, elle n’en avait plus aucun en 1993. Le site a été revisité en 1993, en 1998 (Ben Hoteling) et en 1999, mais sans succès. La population est probablement disparue (Lajeunesse, comm. pers.).

Les deux autres populations sont les plus importantes de toute l’Île-du-Prince-Édouard, avec des estimations de 15 000 à 20 000 individus à Dune Slack et de 48 000 à 60 000 individus à East Marsh, toutes deux constantes entre 1992 et 1993. À Dune Slack (localité 5), les populations ont été estimées de 1998 à 2001 par Ben Hoteling et ses étudiants (Holland College) et en 2002 par Joni Fern Kemp, une étudiante de Christian R. Lacroix (Université de l’Île-du-Prince-Édouard). En 1998, il y avait 126 000 individus sur 900 m2, 117 600 sur 1 200 m2 en 1999, 52 000 sur 1 000 m2 en 2000, 65 250 individus en 2001 (Stewart et Lacroix, 2001) et 2 223 en 2002. La population est actuellement en déclin (Lajeunesse, comm. pers.).

Depuis 1998, l’occurrence d’East Marsh a été divisée en deux populations (localités 6 et 7). Elles ont été estimées par Ben Hoteling et ses étudiants de 1998 à 2000 et par Stewart et Lacroix (2001) et Lacroix (2002, inédit, Lajeunesse, comm. pers.) en 2001. La population d’East Marsh A (localité 6) est descendue graduellement de 38 700 individus en 1998 à seulement 133 en 2001, sur une superficie d’environ 900 m2. Celle d’East Marsh B (localité 7) est la seule qui soit demeurée assez importante dans tout le parc national, variant de 38 400 à 106 000 individus entre 1998 et 2002. La population comptait 44 133 individus en 2002.

La localité type de Brackley Point (localité 8), où Macoun avait recueilli pour la première fois des spécimens de la plante en 1888, a été revisitée en 1912 (Fernald, 1914), en 1953 (Erskine et Smith, ACAD) et en 1984 (Houle et Legault, 1986). Toutefois, en 1992, Guignion et al. (1995) ont constaté que les 12 individus mentionnés par Houle (1988b) avaient disparu du site suite à des travaux d’aménagement effectués par le parc.


Tignish

Fernald (1914) a localisé dès 1912 une population d’asters du Saint-Laurent à Tignish, comté de Prince, au nord de l’île. Elle occupait alors les sables humides derrière la grève (GH). Sa persistance a pu être vérifiée en 1986 par Houle (1988b), qui l’identifia dans les marais de Tignish Shore (localité 9). Seulement 10 individus avaient alors été dénombrés dans cette population. Depuis lors, Sean Blaney et Rosemary Curley y sont retournés à deux reprises (comm. pers., 7 nov. et 11 déc. 2002), et de nouveau à l’automne 2002 avec Jean Gagnon, mais sans succès. Selon Jean Gagnon, l’habitat a été modifié au point de devenir quasiment inadéquat pour l’espèce. Néanmoins, Rosemary Curley a l’intention d’y retourner en 2003 pour rechercher l’aster à Tignish.


Grand Tracadie

La localité de Grand Tracadie a été mentionnée dans une source citée par Houle (1988b) datant de 1912 (localité 10). Des recherches effectuées en 1984 et en 1986 ont été infructueuses. Aucune autre recherche n’a été réalisée à cet endroit. Cette localité est considérée historique.

Sites potentiels

Deux sites identifiés comme des habitats potentiels pour l’aster du Saint-Laurent (Houle et Legault, 1986, P.S. carte 2), à savoir John Archies Pond et Clarkes Pond dans le Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard, ont été visités par Houle (1988b) et par Guignion et al. (1995). Malgré la présence de la plupart des espèces qui lui sont fréquemment associées, ces deux campagnes se sont révélées infructueuses. Des recherches de sites potentiels ont été effectuées à l’Île-du-Prince-Édouard, mais en dehors du parc national, par l’Island Nature Trust (Kate MacQuarrie, comm. pers.) et par Jean Gagnon (septembre et octobre 2002, comm. pers.), à de nombreux sites illustrés à l’Annexe 1. Aucune nouvelle occurrence n’a été trouvée. Selon ces relevés, le site de Canavoy serait le meilleur habitat potentiel, bien que décrit par Gagnon comme marginal sur la base des habitats occupés par l’espèce aux Îles-de-la-Madeleine. Kate MacQuarrie a l’intention de retourner visiter ce site en 2003. Selon Jean Gagnon, une tempête survenue avant ses recherches aurait provoqué le dépôt de grandes quantités de débris de zostère sur les habitats propices à l’aster du Saint-Laurent.

Au Nouveau-Brunswick, le Projet Siffleur et l’ ont effectué des recherches sur un grand nombre de sites potentiels non encore inventoriés dans les recherches portant sur l’aster du Saint-Laurent (Sabine Dietz, comm. pers., Annexe 2; David Mazerolle, 2003). Dans le parc national de Kouchibouguac, compte tenu de la courte période de fructification de la plante et des restrictions du projet de 2000 (Godbout, 2000), il est fort probable que les sites potentiels n’ont pas encore été tous identifiés.

Occurrences erronées

Hinds (1986) a rapporté l’aster du Saint-Laurent à Bathurst (NB) sur la base d’un spécimen mal identifié (Hinds 5803, NB!, in Houle, 1988b). L’appellation correcte de ce spécimen est Symphyotrichum subulatum (Michx.) Nesom var. obtusifolius Fern.

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Facteurs limitants et menaces

Boudreau et Houle (1998) et Houle et al. (2002) ont démontré que la concurrence interspécifique semble jouer un rôle important dans la dynamique des populations de l’aster du Saint-Laurent. La fermeture du couvert végétal n’est propice ni à son effort reproducteur, ni à son taux de survie. La lumière serait le principal facteur abiotique ayant un effet significatif sur la croissance et la reproduction de l’aster du Saint-Laurent (Houle et al., 2002). Étonnamment, la disponibilité des nutriments n’a aucun effet significatif sur la croissance et la reproduction. La salinité du substrat a un effet inhibiteur marqué sur la germination des graines, même si elles conservent leur viabilité lorsqu’elles sont rincées à l’eau distillée après 30 jours d’exposition au sel (Houle et al., 2002). Cependant, la salinité ne semble pas avoir d’effet sur la reproduction. Les années sèches et chaudes pourraient affecter considérablement les populations, puisque l’aster du Saint-Laurent est sensible aux stress hydriques.

Une importante tempête (« Gustave » le 12 septembre 2002) a inondé ou enfoui sous des amas de zostère ou de sable plusieurs populations au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard (David Mazerolle, 2003, Jean Gagnon, Denyse Lajeunesse, comm. pers.). Les populations de Kouchibouguac, inondées en 1999, ne sont pas encore réapparues, même si des plantes se sont rétablies à la dune de Bouctouche (David Mazerolle, 2003).

Par ailleurs, les perturbations anthropiques, comme la construction de chalets et les opérations de remblayage, détruisent complètement l’habitat de l’espèce. Elles sembleraient avoir eu des incidences sur au moins deux sites dans le passé, même s’il existe une protection à plusieurs des sites actuels. Dans le Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard, la localité type de Brackley Point a disparu suite à des travaux d’aménagement effectués par le parc. De vastes opérations de dragage ont été réalisées au site de Long Pond et il est possible que l’aster du Saint-Laurent ait disparu après cela.

Des traces de véhicules tout-terrains (V.T.T.) ont été observées à l’occasion, surtout au site de la baie Clarke (Cap de l’Est, Îles-de-la-Madeleine [IDLM]), dans le marais salé Barachois, à Fatima (Cap-de-l’Hôpital, IDLM) et dans les habitats du Parc national de Kouchibouguac (Dietz et Chiasson, 2001). L’impact de ces perturbations devrait varier selon leur portée et leur intensité, mais elles ont peut-être favorisé temporairement son implantation en créant des ouvertures dans le couvert végétal, notamment à la baie Clarke, où l’aster du Saint-Laurent a été trouvé colonisant des ornières.

Enfin, des modifications artificielles des niveaux ou des modèles de circulation de l’eau salée (ouverture ou fermeture permanente d’une lagune, etc.) pourraient affecter la santé des populations d’asters du Saint-Laurent en modifiant le cycle de perturbation nécessaire pour le maintien de son habitat. Cette situation s’est produite, par exemple, au Bassin-aux-Huîtres, Île de la Grande-Entrée, IDLM, où la circulation dans le bassin a été modifiée par un déplacement de son ouverture.

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Importance particulière de l'espèce

L’aster du Saint-Laurent est un exemple de taxon endémique restreint au golfe du Saint-Laurent (Fernald, 1925; Erskine et al., 1985; Marie-Victorin, 1964; Catling et McKay, 1980). D’autres espèces rares sont parfois associées à cette espèce (Houle, 1988a; Gagnon et al., 1995a et b), notamment :

Lomatogonium rotatum L. (rare au Nouveau-Brunswick selon Hinds, 1983)

Calamagrostis neglecta (Ehrh.) Gaertn, Mey et Schreb. (rare en Nouvelle-Écosse selon Maher et al., 1978)

Rumex persicarioides L. (rare au Nouveau-Brunswick selon Hinds, 1983, et en Nouvelle-Écosse, selon Maher et al., 1978)

Stellaria humifusa Rottb. (rare en Nouvelle-Écosse, selon Maher et al., 1978)

Bidens heterodoxa (Fernald) Fernald et St. John (susceptible d’être désignée espèce menacée ou vulnérable au Québec, selon Labrecque et Lavoie, 2002)

Triglochin gaspense Lieth et D. Löve (susceptible d’être désignée espèce menacée ou vulnérable au Québec, selon Labrecque et Lavoie, 2002)

Il n’y a pas d’utilisation économique connue pour l’aster du Saint-Laurent.

Les Micmacs de la région n’ont pas de connaissance particulière de cette espèce et on ne connaît aucun nom autochtone. Aucune utilisation traditionnelle de l’espèce n’est connue non plus.

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Protection existante ou autre statut

Une partie de la population de la lagune du Havre-aux-Basques est incluse dans une aire de repos pour oiseaux migrateurs, mais cela ne lui accorde aucune protection juridique. L’aménagement du marais Barachois à Fatima a débuté à l’automne 1995 dans le but de protéger et de mettre en valeur le marais salé qu’il abrite. Le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec a été consulté dans le cadre de ce projet afin que soit prise en compte la problématique des plantes susceptibles d’être désignées comme espèce menacée ou vulnérable, dont l’aster du Saint-Laurent.

Le Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard (IPE) a participé financièrement à l’étude de Guignion et al. (1995) et assure le suivi des occurrences de l’espèce depuis 1997. Le parc a autorisé la participation de chercheurs de l’Université de l’IPE et du Holland College aux inventaires annuels (Lajeunesse, comm. pers.). En outre, le Parc national de Kouchibouguac a dressé un plan d’aménagement et de surveillance, qui tient compte de la présence de l’espèce dans le parc (Dietz et Chiasson, 2001).

Statut international

Aucun statut international n’est accordé à cette espèce, parce qu’elle n’est présente qu’au Canada.

Statut national

L’aster du Saint-Laurent a été désigné espèce rare au Canada en 1989 et transféré à la catégorie vulnérable lorsque la catégorie rare a été remplacée en 1990 (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada [COSEPAC], 1998). Elle a été désignée comme espèce préoccupante en 1999, lorsque la catégorie vulnérable a été remplacée comme espèce préoccupante.

Statut provincial

L’aster du Saint-Laurent est actuellement désigné espèce menacée au Québec (gouvernement du Québec, 8 février 2001) et espèce menacée d’extinction au Nouveau-Brunswick (Loi sur les espèces menacées d’extinction du Nouveau-Brunswick, 1996). À l’Île-du-Prince-Édouard, elle est considérée comme une espèce rare (Day et Catling, 1991), mais elle n’a pas encore été désignée sur la liste de la Wildlife Act.

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Résumé technique

Symphyotrichum laurentianum
Aster du Saint-Laurent

Gulf of St. Lawrence Aster

Aire de répartition au Canada : Golfe du Saint-Laurent, Québec (Îles-de-la-Madeleine [IDLM]), Île-du-Prince-Édouard (IPE), Nouveau-Brunswick (NB)


Renseignements sur les zones d’occurrence et d’occupation

Zone d’occurrence (km2)
(reposant sur le calcul par le SIG d’un polygone dans lequel tous les points situés aux limites extérieures de l’aire de répartition sont inclus).
Peut-être ~2 000
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).
Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?
Non
Zone d’occupation (km2).
<5
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).
(Les déclins remarqués au NB et à l’lPE ne sont peut-être pas des tendances à long terme mais pourraient refléter des fluctuations périodiques dues à des impacts importants comme les grosses tempêtes.)
Stable dans l’ensemble aux Îles-de-la-Madeleines mais avec des déclins récents dans certaines populations
Peut-être en déclin à l’IPE
Fluctuation, déclin possible au NB
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?
Oui à cause des tempêtes et des fluctuations naturelles des effectifs de cette espèce annuelle
Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).
28 existants
(33 au total, dont 4 sont historiques et un non recensé depuis 1986)
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Possiblement stable mais varie avec les fluctuations des populations dues en particulier aux tempêtes
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur >1)?
Non
Préciser la tendance de la superficie, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat.
(La superficie d’occurrence fluctue selon des impacts comme les grosses tempêtes; les déclins récents constatés peuvent refléter des changements temporaires, mais sans aucune certitude.)
Peut-être en déclin à l’IPE depuis deux ans
Stable dans l’ensemble aux IDLM


Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population :  indiquer en années, en mois, en jours, etc.).
1 an
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).
12 000 000 (IDLM)
1 000-2 000 (NB)
~40 000 (IPE)
Total : ~12 000 000
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.
Stable dans l’ensemble en raison des effectifs aux IDLM
(fluctuations et déclins récents dans certaines populations des IDLM, déclin possible au NB et à l’IPE)
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).
Non applicable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?
Oui
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de ≤ 1 individu/année)?
Oui/Non
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Stable dans l’ensemble
(fluctuant aux IDLM, peut-être en déclin au NB et à l’IPE)
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur >1)?
Non mais quelques fluctuations
Énumérez les populations avec le nombre d’individus matures dans chaque population :


Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • circulation de véhicules tout-terrains (V.T.T.) dans son habitat (dépressions entre les dunes); remblayage de l’habitat pour des travaux de construction ou d’aménagement
  • recouvrement de populations par du sable pendant les tempêtes
  • niveaux des marées hautes


Effet de sauvetage (immigration à partir d’une source extérieure)

Statut des populations de l’extérieur?
É.-U. : Aucune
L’immigration est-elle connue ou possible?
Non applicable
Des immigrants s’adapteraient-ils pour survivre au Canada?
Non applicable
Un habitat suffisant existe-t-il pour des immigrants au Canada?
Non applicable
Le sauvetage de populations de l’extérieur est-il probable?
Non (Endémique)


Analyse quantitative

Non applicable


Autre statut

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) : Espèce préoccupante (1989)
Québec : Espèce menacée
Nouveau-Brunswick : Espèce menacée d'extinction
Île-du-Prince-Édouard : Espèce rare mais pas officiellement listée


Statut et raisons de la désignation

Statut : Espèce menacée
Code alphanumérique : D2


Motifs de la désignation : Plante halophyte annuelle des habitats du littoral maritime, endémique du golfe du Saint-Laurent. On la trouve dans presque 30 sites existants avec quelques populations très importantes, surtout aux Îles-de-la-Madeleine, mais elle couvre une superficie d’occupation très modeste, nettement inférieure à cinq kilomètres carrés. Bon nombre des populations sont assujetties à des fluctuations naturelles de leurs effectifs et subissent parfois d’importantes pertes dues aux grosses tempêtes. On note également des impacts permanents par suite des activités récréatives humaines et elle subit des pertes d’habitat en raison des activités d’aménagement.


Applicabilité des critères

Critère A (Déclin de la population totale) : Non applicable. Les déclins au NB et à l’IPE sont relativement modestes par rapport à la taille énorme de la population aux Îles-de-la-Madeleine; quelques populations nouvelles ont également été découvertes au NB et aux Îles-de-la-Madeleine en raison des efforts de recherche accrus et les pertes récentes de populations dues à des tempêtes sont trop récentes pour reconnaître qu’il s’agit d’une espèce disparue du Canada en permanence puisque ses graines ont une longévité allant jusqu’à 10 ans.

Critère B (Petite aire de répartition et déclin ou fluctuation) : Non applicable. Même avec une petite zone d’occurrence et une petite zone d’occupation, on ne sait pas avec certitude si les populations sont sévèrement fragmentées à cause du mode de dispersion des graines et de l’incertitude, à long terme, concernant l’impact des fluctuations des effectifs et celui des tempêtes.

Critère C (Population totale faible et déclin) : Non applicable. La population totale minimale est trop grande.

Critère D (Population très petite ou aire de répartition limitée) : Menacée en vertu de D2 avec une zone d’occupation <5 km2.

Critère E (Analyse quantitative) : Non applicable.

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Remerciements, Autorités contactées et Ouvrages cités

Remerciements

L’auteur tient à remercier toutes les personnes ayant contribué, de près ou de loin, à la réalisation de ce rapport de situation. Elles sont nombreuses dans chacune des trois provinces concernées, c’est pourquoi j’adresse tout de suite mes excuses à toutes celles que je pourrais avoir oubliées.

Je remercie donc Line Couillard, Guy Jolicoeur, Sean Blaney, Jean Gagnon, Kate MacQuarrie, Rosemary Curley, Éric Tremblay, Denyse Lajeunesse, Sabine Dietz, Valérie Godbout, Erich Haber, Maureen Toner, Liette Vasseur, Gloria Goulet, Manny Metallic, Charles Martijn, etc.

La traduction française a été effectuée par Jean-Luc Malherbe.

Le financement pour la préparation de ce rapport de situation a été assuré par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

Autorités contactées

Éric Tremblay, écologiste, Parc national de Kouchibouguac. Parc national de Kouchibouguac, 186 Route 117 (NB) E4X 2P1.

Denyse Lajeunesse, écologiste des parcs, Parcs Canada, Île-du-Prince-Édouard [IPE], 2 Palmers Lane, Charlottetown (IPE) C1A 5V6.

Rosemary Curley, gestionnaire de programme, Conservation des habitats et de la biodiversité, Division des ressources halieutiques et fauniques, ministère des Pêches, de l’Aquaculture et de l’Environnement de l’IPE, C.P. 2000, Édifice Jones, 11, rue Kent, Charlottetown (IPE) C1A 7N8.

Jean Gagnon, biologiste à la Direction de la planification des parcs, Société de la faune et des parcs du Québec [QC], 675. boul. René Lévesque Est, 10e étage, C.P. 94, Québec (QC) G1R 5V7.

Maureen Toner, biologiste, Programme des espèces en péril, Direction de la pêche sportive et de la chasse, ministère des Ressources naturelles et de l’Énergie, Gouvernement du Nouveau-Brunswick [NB], C.P. 6000, 1350, rue Regent, Fredericton (NB) E3B 5H1.

Sabine Dietz, biologiste, Projet Siffleur, Fédération des naturalistes du Nouveau-Brunswick, 4800 Route 11, Tabusintac (NB) E9H 1J6.

Kate MacQuarrie, Island Nature Trust, C.P. 265, Charlottetown (IPE) C1A 7K4.

Guy Jolicoeur, biologiste, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec, Service de la conservation de la flore et des milieux naturels, Direction du patrimoine écologique et du développement durable, ministère de l’Environnement du Québec, 675, boul. René Lévesque Est, 4e étage, Québec (QC) G1R 5V7.

Sean Blaney, botaniste, Centre de données sur la conservation du Canada Atlantique, C.P. 6416, Sackville (NB) E4L 1C6.

Line Couillard, biologiste-écologiste, Direction du patrimoine écologique et du développement durable, ministère de l’Environnement du Québec, 675, boul. René Lévesque Est, 4e étage, Québec (QC) G1R 5V7.

Manny Metallic, rédacteur d’un dictionnaire Micmac-Listuguj.

Charles Martijn, ethnologue retraité, 10, avenue Wilfrid Laurier, App. 6, Québec (QC) G1R 2K7.

Liette Vasseur, professeure/chercheure à l’Université de Moncton, chaire d’études K.C. Irving en développement durable, Université de Moncton, Pavillon P.A. Landry, Salle 126, Campus de Moncton, 165, rue Massey, Moncton (NB) E1A 3E9.

Ouvrages cités

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport et Collections consultées

Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Hélène Gilbert est bio‑écologiste spécialisée en études de la végétation. En 1979, elle a obtenu une maîtrise en écologie végétale de l’Université Laval. Depuis ce temps, elle a travaillé comme experte‑conseil, chercheure, professeure, écologiste et botaniste. Ses expériences de travail en écologie végétale et en botanique ont couvert de larges étendues du Québec, allant du Nouveau‑Québec à la baie James, de la Gaspésie à l’estuaire d’eau douce du Saint‑Laurent et de la Beauce à l’Abitibi. Ses intérêts englobent la conservation de la nature au sens le plus large et elle s’efforce d’intégrer ses principes dans sa vie personnelle autant que professionnelle.

En ce qui concerne les plantes menacées, elle a réalisé des inventaires de plantes rares sur des terres privées dans la péninsule de Gaspé en 2001 et en 2002, en plus de mettre à jour l’inventaire des plantes rares du Parc national Forillon en 2002. Elle a également participé à l’inventaire des plantes rares des parcs urbains sur l’Île de Montréal en 1999, elle a mis à jour les rapports de situation de trois espèces végétales menacées ou vulnérables en 1999 (le cypripède tête‑de‑bélier, le ptérospore andromède et l’aster du Saint‑Laurent) pour le ministère de l’Environnement du Québec, elle a participé à l’inventaire des espèces menacées ou vulnérables à plusieurs endroits du Québec pour divers clients et elle a produit un rapport sur les réactions prévisibles des espèces végétales forestières en péril à la lumière des pratiques forestières québécoises.

Collections consultées

Aucune collection n’a été consultée dans le cadre de cette mise à jour.

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Annexes

Annexe 1

Localités prospectées en septembre et octobre 2002 à la recherche de l’aster du Saint-Laurent à l’Île-du-Prince-Édouard

Localités prospectées en septembre et octobre 2002 à la recherche de l’aster du Saint-Laurent à l’Île-du-Prince-Édouard

Carte fournie par Kate MacQuarrie, de Island Nature Trust, le 12 novembre 2002.

Annexe 2

Localités prospectées de 1999 à 2002 à la recherche de l’aster du Saint-Laurent au Nouveau-Brunswick

Localités prospectées de 1999 à 2002 à la recherche de l’aster du Saint-Laurent au Nouveau-Brunswick

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