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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la minuartie naine (Minuartia pusilla) au Canada

COSEPAC Résumé

Minuartie naine
Minuartia pusilla

Information sur l’espèce

La minuartie naine (Minuartia pusilla) est une herbacée annuelle de la famille des Caryophyllacées. Pourvue d’une racine pivotante grêle, elle atteint une hauteur de 2 à 5 cm et comporte une tige solitaire ou quelques tiges dressées, simples ou ramifiées, glabres et cireuses. Les feuilles caulinaires basilaires et inférieures sont opposées et linéaires. Les feuilles supérieures, peu nombreuses, sont similaires quoiqu’un peu plus réduites et sans stipules. Les fleurs sont groupées en une inflorescence lâche, à bractées foliacées, atteignant souvent les 4/5 de la hauteur totale de la plante. Les pétales sont parfois absents. Le fruit, de forme ovoïde, est une capsule à 3 valves.

Répartition

La minuartie naine est présente dans l’ouest de l’Amérique du Nord de la Colombie-Britannique jusqu’à l’Idaho, l’Arizona et le nord-ouest de la Californie vers le sud. Elle est connue dans une seule localité au Canada, à Rocky Point, dans le sud de l’Île de Vancouver, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. L’emplacement le plus près au sud de Rocky Point, où sa présence a été notée, est dans le comté de Klickitat dans la partie la plus au sud de l’État de Washington.

Habitat

La minuartie naine est présente, sur la côte de la Colombie-Britannique, dans une zone climatique et floristique très particulière, la zone côtière à douglas. Elle y croît dans une petite source printanière sur le sommet plat d’un promontoire côtier constitué d’environ quatre pouces de moraine. La dépression, dont l’inclinaison sud-est est de 0 à 24 p. 100, est humide au printemps et mésique à sec plus tard en saison. Le sol est de type moder à drainage rapide (un type d’humus sablonneux) qui, tard en saison, ne retient pas l’humidité du sol et dont la teneur en substances nutritives est faible.

Biologie

En Colombie-Britannique, la minuartie naine atteindrait le stade reproductif à l’intérieur d’une année, ses graines germant vraisemblablement en décembre ou en janvier. La plante hivernerait au stade de semis et, par conséquent, se comporterait comme une annuelle d’hiver dont la floraison débuterait en mai ou en juin.  Cette plante est une saisonnière stricte dépendant grandement des précipitations, avant et durant sa saison de croissance, pour germer et croître. Les minuscules fleurs de la minuartie naine ne possèdent pas de glandes nectarifères et sont parfois apétales. En outre, les anthères s’ouvrent avant l’épanouissement des fleurs suggérant ainsi que la plante se reproduirait exclusivement par autofécondation.

Taille et tendances des populations

La minuartie naine est connue dans une seule localité en Colombie-Britannique. Lorsqu’elle fut observée pour la première fois en 1977, une vingtaine de plants avaient été recensés sur une superficie d’environ 10 . Lors de la dernière observation réalisée en 2002, neuf plants seulement ont été dénombrés pour la même superficie. D’année en année, les saisonnières annuelles expérimentent souvent des changements dans la taille de leurs populations liés aux conditions climatiques changeantes. Ce déclin pourrait donc ne pas représenter une tendance significative. De nombreuses inspections ont été réalisées dans la région pour localiser de nouvelles populations mais sans succès.

Facteurs limitatifs et menaces

En raison de sa petite taille, la minuartie naine est vraisemblablement très sensible aux perturbations physiques. Tout changement physique ou chimique perturbant la source printanière qu’elle occupe pourrait lui être sans doute dommageable. Le fouissage par les goélands et le piétinement causé par les plaisanciers transgressant les limites de propriété constituent également des menaces réelles. Durant l’hiver 2002-2003, les sols, au voisinage immédiat du site, ont été bouleversés par les goélands. Les plantes annuelles introduites pourraient elles aussi constituer un problème éventuellement de même que les mousses qui détruiraient la minuartie naine sur le site. Le nombre de minuarties naines varie probablement selon les années. Si l’humidité nécessaire à la germination des graines et au développement des semis n’est pas disponible durant une année donnée, il est probable que l’espèce puisse disparaître complètement. De la même façon, si l’habitat est trop humide, les conditions pourraient s’avérer inappropriées.

Importance de l’espèce

Comme la minuartie naine est à la limite septentrionale de sa répartition en Amérique du Nord, des différences génétiques entre cette population et les populations situées au sud de la frontière canado-américaine pourraient être observées. Les populations périphériques génétiquement distinctes d’une espèce pourraient s’avérer importantes pour la survie à long terme de l’espèce dans son ensemble.

Protection existante ou autres désignations de statut

Dans l’ensemble, la minuartie naine est commune à très commune, manifestement hors de danger et essentiellement inextirpable sous les conditions présentes. Cependant, au niveau provincial, le British Columbia Conservation Data Centre du Ministry of Sustainable Resource Management a classé cette espèce « S1 » (en danger critique) et l’a incluse sur la « liste rouge ».

De nouvelles études portant sur les plantes rares localisées sur les propriétés du ministère de la Défense nationale où est présente la minuartie naine seront envisagées dans un plan de gestion des ressources naturelles.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2004)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pageb
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page a

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page c

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page d

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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