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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la minuartie naine (Minuartia pusilla) au Canada

Habitat

Besoins de l’espèce 

Minuartia pusilla est présente sur la côte de la Colombie-Britannique dans une zone climatique et floristique très particulière, la zone côtière à douglas. Cette région comprend une petite partie du sud-est de l’île de Vancouver, plusieurs îles du Golf de Georgie et une étroite bande du continent adjacent (Nuszdorfer et al., 1991). Comme cette zone est située à une latitude relativement méridionale pour sur la côte ouest du Canada et dans une région de faibles précipitatons protégée par les montagnes de la presqu’île Olympic et de l’île de Vancouver, il en résulte un climat méditerranéen aux étés chauds et secs et des hivers doux et humides.

À l’intérieur de cette région, Minuartia pusilla est présente sur le sommet plat d’un promontoire côtier dans une dépression peu profonde constituée de quatre pouces de moraine (Ceska et Ceska, 1980). La dépression, dont l’inclinaison sud-est est de 0 à 24 p. 100, est humide au printemps et mésique à sec plus tard en saison. Le sol est un moder sablonneux à drainage rapide dont la teneur en nutriments est faible et qui, plus tard en saison, ne retient aucune humidité du sol. La couche bloquant le passage des racines est d’une profondeur de 1 à 20 cm et la teneur en fragments grossiers est d’environ de 35 à 70 p. 100 (M. Fairbarns, comm. pers.)

La croissance de la flore des promontoires côtiers, où se retrouve Minuartia pusilla, est contrôlée par les vents et les embruns salins. Les arbustes et les arbres tels que le salal (Gaultheria shallon) et le pin tordu (Pinus contorta) y sont incapables de se développer. Bien que les herbes à croissance lente soient capables de croître sous de telles conditions, elles sont aussi limitées par ces facteurs. En maintenant un approvisionnement constant et renouvelé du sol minéral au sein de l’habitat que constitue la source printanière, l’érosion joue un rôle clé dans la germination de
M. pusilla.

On retrouve dans ce même habitat les essences associées suivantes (A. Ceska et M. Fairbarns, comm. pers.) : la vulpie queue d’écureuil (Vulpia bromioides), le pâturin des plages (Poa confinis), la montie des fontaines (Montia fontana), différentes espèces de gnaphales (Gnaphalium species), le Triphysaria pusilla, la canche printanière (Aira praecox), le Crassula connata var. connata, le Dodecatheon pulchellum, la porcelle enracinée (Hypochaeris radicata), la vulpie queue-de-rat (Vulpia myuros), le Bryum miniatum,  le plantain lancéolé (Plantago lanceolata), le Plagiobothrys scouleri, le Plantago elongata, l’Agrostis microphylla, la céraiste à fleurs agglomérées (Cerastium glomeratum) et le gazon d’Espagne (Armeria maritima ).

Dans les États de Washigton, de la Californie, de l’Oregon et de l’Idaho, l’habitat de cette espèce est constitué d’un sol ouvert et sec où croissent l’armoise commune (Artemisia tridentata) et la forêt de pin à poids lourd (Pinus ponderosa) (Hitchcock et al., 1964). Minuartia pusilla est présente dans une variété d’habitats principalement xériques, souvent dans des zones dégradées ou des sites incultes (Meinke et Zika, 1992).

Tendances

L’aire de la région côtière à douglas est très limitée dans la province et les habitats convenant à Minuartia pusilla y sont également restreints et fragmentés. L’urbanisation, l’agriculture et la propagation d’espéces envahissantes dans l’aire de répartition de Minuartia pusilla pourraient limiter son habileté à se propager vers d’autres habitats plus appropriés. Ces facteurs ont réduit les zones boisées du chêne de Garry à moins 5 p. 100 de son étendue initiale dans la région de Victoria (Lea, 2002).  Depuis sa découverte en 1977, l’habitat serait tout de même demeuré inchangé à l’intérieur du site connu (A. Ceska, comm. pers.). L’assèchement de la petite source pourrait être désastreux pour M. pusilla. De la même façon, si les condtions devenaient trop humides, l’espèce pourrait disparaître. Des changements dans les conditions de l’habitat pourraient aussi permettre aux annuelles introduites ou aux autres plantes indigènes comme les mousses de se multiplier et de détruire M. pusilla.

Protection et propriété des terrains

La seule occurrence connue de Minuartia pusilla se situe sur une propriété où l’accès public est interdit, celle du ministère de la défense nationale (MDM), BFC Esquimalt. Cet endroit est actuellement utilisé comme une zone de tampon et d’entraînement pour de petites patrouilles exécutant des activités d’orientation avec carte et boussole. Aucun autre usage futur n’est prévu (A. Robinson, comm. pers.).  Un programme de gestion des ressources naturelles pour les propriétés du MDN sera mis en oeuvre. Le plan inclut des recommandations du comité scientifique consultatif (un groupe de surveillance des recherches sur le terrain) et des études démographiques et cartographiques sur les plantes rares. Tous les sites d’espèces rares seront identifiés sur une carte pour qu’elles puissent être mieux protégées (A. Robinson, comm. pers.).