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L’esturgeon blanc (Acipenser transmontanus)

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COSEPAC
Résumé

Esturgeon blanc
Acipenser transmontanus

Information sur l’espèce

L’esturgeon blanc, Acipenser transmontanus, qui peut atteindre 6 mètres de longueur, est le plus grand poisson d’eau douce du Canada. Le dos et les flancs sont recouverts de rangées de grandes plaques osseuses, les scutelles. Ces plaques, acérées chez le jeune poisson, s’émoussent graduellement à mesure que le poisson vieillit. Le squelette est cartilagineux plutôt qu’osseux. Ce poisson dépourvu de dents avance la bouche pour saisir et engloutir ses proies. Des œufs sortent des larves vésiculées, qui se transforment en petits ayant la même apparence que les adultes dans les 30 jours qui suivent.

On trouve parfois l'esturgeon vert, Acipenser medirostris, dans les mêmes cours d'eau. Ces deux espèces se ressemblent et peuvent être confondues. Cependant, l’esturgeon blanc a deux rangées de 4 à 8 scutelles ventrales entre les nageoires pelviennes et l’anale, alors que l'esturgeon vert n'en a qu'une, comptant de 1 à 4 plaques. On voit par ailleurs rarement ce dernier en eau douce, et on le capture souvent dans les pêches commerciales en eau salée. On l'aperçoit parfois dans les tronçons inférieurs des grands fleuves côtiers à la fin de l'été ou au début de l'automne.

Répartition

Trois grands bassins hydrographiques de la côte du Pacifique de l'Amérique du Nord (les bassins du Fraser, du Columbia et du Sacramento) abritent des populations reproductrices d'esturgeon blanc. Au Canada, l'espèce ne se trouve qu'en Colombie-Britannique, dans le bassin du Fraser, depuis l'estuaire vers l’amont jusqu'après la rivière Morkill, au nord-ouest de McBride; dans le cours supérieur du Columbia, dans les lacs Arrow et Slocan de même que dans le chenal principal en aval du barrage Hugh L. Keenleyside; de même que dans la rivière Kootenay, depuis le lac Kootenay vers l’amont jusqu'à la frontière américaine. Des mentions signalant sa présence dans les rivières Skeena, Nass et Yukon se sont révélées être, après vérification, des esturgeons verts.

Habitat

Au cours du siècle dernier, l'habitat de l'esturgeon blanc en Colombie-Britannique a diminué en quantité comme en qualité. La dérivation et la régularisation des eaux ont vraisemblablement eu une très forte incidence sur les populations. Les barrages ont fortement modifié les régimes d'écoulement dans les systèmes du Columbia, de la Kootenay et de la Nechako, et pourraient avoir des répercussions très variées : changements dans la qualité, le débit et la température de l'eau, altération de l'habitat, et modification de la composition spécifique. Les eaux s’écoulent librement dans le chenal principal du Fraser, qui n'a pas été aussi profondément modifié, mais la quantité d'habitat convenable pour l'esturgeon dans le cours inférieur du fleuve a diminué depuis l'établissement des humains. Le dragage, l'extraction de gravier, la construction de digues et la chenalisation ont été pratique courante. La contamination pourrait par ailleurs jouer un rôle dans la dégradation de l'habitat, tant dans les zones fortement utilisées par les humains qu’en aval de ces zones.

Biologie

L'esturgeon blanc est une espèce à forte longévité. Certains individus capturés dans le Fraser avaient dépassé l'âge de 100 ans. L'âge à la maturité varie selon le lieu et le sexe, et peut osciller entre 14 ans, chez les mâles du cours inférieur du Fraser, et plus de 30 ans, chez les mâles des régions situées plus au nord. Bien que ce poisson survive en général à la fraye, de nombreuses années peuvent s’écouler avant qu'il se reproduise de nouveau.

Souvent sédentaire ou peu enclin à se déplacer, l'esturgeon blanc doit quand même, dans certaines régions, parcourir de longues distances entre les divers types d'habitat qui lui sont nécessaires pour compléter son cycle biologique. Ce poisson se nourrit de divers organismes allant des invertébrés benthiques, comme l'écrevisse, les crevettes et les bivalves, aux poissons, comme la lamproie, le saumon et l'éperlan.

Taille et tendances des populations

Les populations déclinent dans toute l’aire de répartition canadienne, notamment dans le cours inférieur du Fraser, de la Nechako, du Columbia et de la Kootenay. L’effectif du chenal principal du Fraser en amont de Hell’s Gate pourrait être naturellement faible, mais il demeure stable.

Facteurs limitatifs et menaces

Du fait de sa croissance lente, de sa maturité tardive et de sa longévité, l’esturgeon blanc est particulièrement vulnérable à la surpêche. La pêche commerciale que l’on pratiquait avant 1920 a dévasté les stocks de la vallée du bas Fraser en Colombie-Britannique. Les activités humaines, notamment la construction de barrages et la régularisation des débits, ont aussi une incidence sur les populations d’esturgeons, car elles modifient l’habitat.

Importance de l’espèce

L’esturgeon blanc a déjà été une espèce commerciale recherchée, et il est encore très valorisé pour des raisons d’ordre social et culturel, sur le plan récréatif comme sur le plan traditionnel. Certains peuples des Premières Nations récoltaient déjà l’espèce bien avant l’arrivée des Européens. Ce grand poisson vénérable a une valeur inestimable pour notre patrimoine naturel.

Protection actuelle ou autres désignations

La récolte commerciale et sportive est interdite depuis 1994 dans toute la Colombie-Britannique, et certaines Premières Nations ont volontairement freiné leurs pêches. Aux États-Unis, la récolte est interdite dans le bassin de la Kootenai (même population que dans la rivière et le lac Kootenay en Colombie-Britannique) et dans le cours supérieur du Columbia. La population de la Kootenai a été classée comme en voie de disparition (endangered) en vertu de la Endangered Species Act des États-Unis le 6 septembre 1994.

Le Plan de rétablissement de l’esturgeon blanc de la Kootenai, élaboré par le Fish and Wildlife Service des États-Unis en collaboration avec des organismes canadiens, en est à la phase de mise en œuvre. Divers processus de planification du rétablissement de l’espèce sont en cours pour les populations de la Nechako et du cours supérieur du Columbia et du Fraser. Les efforts de rétablissement visant les populations transfrontalières du cours supérieur du Columbia et de la Kootenay sont étroitement coordonnés avec ceux des agences étatsuniennes. Le plan de rétablissement de l’esturgeon blanc du cours supérieur du Columbia est maintenant terminé, et celui visant l’esturgeon blanc de la Nechako devrait l’être en 2004. Quant aux travaux de planification du rétablissement de l’espèce dans le Fraser, ils en sont aux étapes préliminaires. Tous ces efforts de rétablissement ont mobilisé les gouvernements provinciaux et les administrations locales; les Premières Nations; des spécialistes de la biologie des esturgeons, de la pisciculture, du rétablissement des espèces en voie de disparition, des effets des barrages hydroélectriques et de la restauration des habitats; des intervenants du secteur public et de l’industrie; de même que des agences de réglementation et des organisations tribales étatsuniennes pour ce qui est des cours d'eau transfrontaliers. Pour compenser l’insuffisance du recrutement, un établissement piscicole expérimental à vocation de conservation a été aménagé à Fort Steele, en Colombie-Britannique, pour l’esturgeon de la Kootenay (Kootenai) et du Columbia.