Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le psilocarphe nain, Population des montagnes du Sud et la population des Prairies au Canada – Mise à jour

COSEPAC Résumé

Psilocarphe nain
Psilocarphus brevissimus
Population des montagnes du Sud
Population des Prairies

Information sur l’espèce

Le Psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus) est une plante herbacée annuelle, de petite taille et d’aspect laineux, portant de courtes feuilles opposées. Les capitules sont dénués de verticilles de bractées formant un involucre qui, chez la plupart des membres de la famille des asters, entoure les capitules. Ces inflorescences sont également sans rayons ou autres structures voyantes. Elles sont abondamment laineuses et discrètes, comme tout le reste de la plante. Chaque capitule est lobé, et chaque lobe contient quelques fleurs mâles centrales entourées de 8 à 80 fleurs femelles. Chaque fleur femelle est partiellement encloisonnée par un minuscule réceptacle de bractées laineux en forme de sac. Ce réceptacle de bractées porte un appendice latéral translucide. Le style, près du sommet de l’akène, est excentré.

Répartition

Au Canada, le P. brevissimus se trouve dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, le sud-est de l’Alberta et le sud-ouest de la Saskatchewan. Les deux groupes de populations, soit la population des montagnes du Sud et la population des Prairies respectivement, semblent être des unités évolutives distinctes, car elles ne sont pas réunies, vers le sud, par une répartition continue des populations. L’aire de répartition mondiale de l’espèce s’étend à travers le centre et l’est de l’Oregon jusqu’au sud, le long des deux côtés de la chaîne de la Sierra Nevada jusqu’en Basse-Californie de même qu’en Argentine et au Chili.

Habitat

Le P. brevissimus se trouve dans les étangs printaniers, les dépressions temporairement inondées et les zones de rabattement de nappe le long des lacs et des étangs. Une partie de l’habitat possible a été détruit au cours du siècle dernier en raison de l’exploitation agricole et de l’envahissement par les herbes et les arbustes exotiques. Le nombre d’habitats propices fluctue fortement selon l’importance des inondations printanières.

Biologie

Le P. brevissimus est une plante annuelle qui fleurit et produit ses fruits du milieu à la fin de l’été. Sa structure florale est fortement adaptée pour favoriser l’autogamie. Les graines, qui se dispersent tard en automne, sont enveloppées dans un réceptacle de bractées laineux et sont dépourvues des structures permettant la dispersion sur de longues distances. Les graines germent tôt en été, et la plante continue à se développer malgré l’assèchement des hautes terres avoisinantes. La capacité qu’a la plante de supporter des niveaux élevés d’humidité durant l’hiver et de très faibles niveaux d’humidité durant l’été lui permet de croître là où beaucoup d’autres végétaux succomberaient au stress environnemental.

Taille et tendances des populations

Les populations fluctuent fortement au fil des ans, en fonction de la pluviosité et des inondations. La population des montagnes du Sud pourrait ne comprendre que 700 individus matures dans les années « creuses » et possiblement jusqu’à 2 000 000 d’individus matures dans les « bonnes » années. La population des Prairies, quant à elle, pourrait comprendre jusqu’à 27 000 individus dans les « bonnes » années, mais de nombreuses sous-populations disparaissent complètement durant les années « creuses », lorsque l’ensemble de la population ne comprend que 2 000 individus.

Facteurs limitatifs et menaces

La population des montagnes du Sud est grandement susceptible de disparaître du Canada, car elle ne se trouve qu’en très peu d’endroits qui sont restreints à des petites zones d’habitat propice. Au Canada, cette population est principalement menacée par la modification de l’habitat entraînée par des changements dans l’hydrologie de même que dans les pratiques de pâturage. Elle est aussi menacée par l’utilisation d’herbicides pour le contrôle des espèces envahissantes sur les parcours naturels environnants, ainsi que par l’utilisation des véhicules tout-terrain.

La population des Prairies est menacée par l’exploitation agricole, l’exploration pétrolière et gazière, les pratiques de gestion de parcours et les mesures de lutte contre les mauvaises herbes.

Importance de l’espèce

Les populations canadiennes pourraient être les vestiges d’une répartition autrefois plus large, soit durant l’intervalle hypsithermal, au climat chaud et sec. 

Protection actuelle ou autres désignations de statut

En 2003, le Psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus) a d’abord été désigné par le COSEPAC comme espèce « en voie de disparition » au Canada. Toutefois, puisque le rapport de situation original ne tenait pas compte de la population des Prairies, présente dans de nombreux sites du sud-est de l’Alberta et du sud-ouest de la Saskatchewan, le COSEPAC a demandé que le rapport soit mis à jour afin de réévaluer le statut de conservation de l’espèce. Au Canada ou ailleurs, le P. brevissimus ne bénéficie pas de protection spécifique à l’espèce. Seulement 2 des 41 emplacements colonisés par la population des Prairies sont connus pour être situés dans des aires protégées tandis que les trois emplacements colonisés par la population des montagnes du Sud sont situés sur des terres privées. 

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

Retour à la référence de la note de bas de pagea

Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

Retour à la référence de la note de bas de pageb

Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de pagec

Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

Retour à la référence de la note de bas de paged

Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Retour à la référence de la note de bas de pagee