Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le psilocarphe nain, Population des montagnes du Sud et la population des Prairies au Canada – Mise à jour

Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique :

Psilocarphus brevissimus Nutt.

Synonymes :

  • Psilocarphus oreganus Nutt. var. brevissimus (Nutt.) Jeps.
  • P. globiferus Nutt.
  • P. chilensis Gray
  • Bezanilla chilensis Remy

Nom commun :

Psilocarphe nain

Famille:

Astéracées (Composées), famille des asters

Deux variétés du P. brevissimus ont été décrites, mais la variété multiflorus est restreinte au centre de la Californie. Les spécimens de partout ailleurs appartiennent à la variété brevissimus (Morefield, 1993). 

Description morphologique

Le P. brevissimus est une petite plante herbacée annuelle d’aspect laineux s’élevant à partir d’une courte racine pivotante (figure 1). L’espèce a des feuilles caulinaires étroites, courtes et opposées d’une longueur habituelle de 5 à 20 mm et d’une largeur de 1,5 à 5 mm. Les feuilles supérieures dépassent généralement les capitules. 

Les capitules semblent terminaux sur les pousses, mais un examen consciencieux révèle qu’ils naissent plutôt à la fourche de branches à peine visibles. Ils sont dépourvus d’involucres (anneaux de petites bractées entourant les fleurs présentes chez la plupart des membres de la famille des asters), de rayons ou d’autres structures visibles, ils sont d’un aspect très laineux et sont peu visibles, comme tout le reste de la plante. Chaque capitule est lobé, et les lobes semblent issus d’une combinaison incomplète de 4 à 5 capitules en un seul. Chaque lobe contient quelques fleurs mâles centrales entourées de 8 à 80 fleurs femelles. Chaque fleur femelle est partiellement encloisonnée par un minuscule réceptacle de bractées laineux ayant l’aspect d’un sac et qui porte un appendice latéral translucide. Les bractées, à maturité, mesurent environ 3 mm de longueur (de 2,5 à 4,0 mm). Le style, situé près du sommet de l’akène, est excentré (Cronquist, 1950; Douglas, 1998). 

Figure 1. Illustration du P. brevissimus. Par J.H. Janish in Hitchcock et al. 1955, reproduit avec autorisation. Les chiffres représentent le degré de grossissement.

  • Haut : Réceptacle de bractées laineux avec son appendice latéral.
  • Milieu : akène avec style excentré.
  • Bas : Plante typique avec capitule caché parmi les feuilles au haut de la tige.
Illustration du P. brevissimus Haut : Réceptacle de bractées laineux avec son appendice latéral

Bien que les espèces du genre Psilocarphus soient relativement bien décrites (Morefield, comm. pers.), « les combinaisons des caractères des espèces s’entrecroisent » (Cronquist, 1950), et les spécimens ne peuvent pas toujours être facilement identifiés avec une clé dichotomique. Tout de même, le P. brevissimus peut généralement être distingué des deux autres membres du genre retrouvés au Canada--le P. tenellus et le P. elatior. Le P. tenellus a des réceptacles de bractées plus courts (de 1,2 à 2,7 mm contre 2,5 à 4,0 mm chez le brevissimus), ses feuilles tendent à être plus larges au sommet (plutôt qu’à la base), et ses akènes tendent à être largement oblancéolés à légèrement obovales (plutôt que seulement oblancéolés) (Cronquist, 1950). Malgré tout, le P. tenellus et le P. brevissimus peuvent, à l’occasion, être difficile à distinguer l’un de l’autre (Björk, comm. pers., 2005). Le P. elatior est plus étroitement apparenté au P. brevissimus. Les réceptacles de bractées des deux espèces sont d’une longueur d’environ 3 mm. Le P. elatior diffère dans son aspect moins densément laineux, en ayant un réceptacle simple plutôt que lobé, en ayant un style subapical plutôt qu’excentré et en ayant une apparence plus dressée que prostrée. L’akène de P. elatior est turgescent et légèrement oblong à elliptique-oblong plutôt qu’aplati et oblancéolé comme pour le P. brevissimus (Cronquist, 1950). Des spécimens de P. elatior peuvent se retrouver dans l’aire de répartition du P. brevissimus var. brevissimus et ressemblent à ce dernier (Morefield, comm. pers, 1993). 

En dépit des difficultés pour identifier les différentes espèces, le P. elatior, le P. tenellus et le P. brevissimus sont reconnus comme des espèces distinctes depuis plus d’un siècle et acceptés comme telles par le plus récent traitement générique (Cronquist, 1950) de même que dans un texte à être publié prochainement dans Flora of North America (Morefield, comm. pers.). 

Description génétique

Morefield (1993) mentionne que 2n=28 chez le P. brevissimus de même que pour la plupart des membres examinés de sa sous-tribu (Morefield, comm. pers., 2005). Il n’y a pas d’information supplémentaire concernant la génétique de l’espèce.

Unités désignables

La population des montagnes du Sud (région de Princeton en Colombie-Britannique) et la population des Prairies (Alberta et Saskatchewan) devraient être considérées comme des unités désignables distinctes. Il existe une importance disjonction entre les deux unités, qui sont séparées par une distance de plus de 500 km et par plusieurs chaînes de montagnes d’orientation nord-sud, notamment les montagnes Rocheuses, les chaînons Purcell, la chaîne de Selkirk et le chaînon Okanagan. La population des montagnes du Sud est probablement issue d’une population source située plus au sud, mais à l’ouest des Rocheuses, tandis que la population des Prairies est, selon toute vraisemblance, issue de populations sources situées à l’est des Rocheuses, au Montana ou au Wyoming. Selon une perspective continentale, les populations situées à l’est des Rocheuses ne semblent être que faiblement liées aux populations situées à l’ouest des Rocheuses. Par conséquent, au Canada, il est probable qu’il n’y ait jamais eu de dispersion entre la population des montagnes du Sud et la population des Prairies, et ce, même indirectement, par le corridor Washington-Idaho-Montana. Une telle dispersion n’est pas susceptible de se produire dans un avenir prévisible.

De surcroît, les deux unités occupent des régions éco-géographiques différentes, telles que définies par le COSEPAC : la zone écologique des montagnes du Sud et la zone écologique des Prairies. 

Morefield (comm. pers., 2005) a décrit les spécimens récoltés en Alberta et en Saskatchewan comme étant plus grands et plus allongés qu’ils ne le sont normalement chez cette espèce.

En mai 2001, les plantes reconnues dans le présent rapport comme appartenant à la population des Prairies ont été identifiées et traitées, à tort, comme faisant partie de la population des Prairies du psilocarphe élevé (P. elatior) et désignées « préoccupantes » par le COSEPAC. En 2005, les spécimens de l’Alberta et de la Saskatchewan ont été réexaminés par des spécialistes des plantes vasculaires des provinces de l’Alberta et de la Saskatchewan. Ces spécialistes sont : John G. Packer (professeur émérite, botanique, University of Alberta, Edmonton), Joyce Gould (Alberta Natural Heritage Information Centre) et Vernon L. Harms (Fraser Herbarium, département de phytotechnie et d’écologie végétale et département de biologie, University of Saskatchewan, Saskatoon). Leur examen des spécimens a entraîné la réidentification des spécimens des Prairies, d’abord considérés comme des représentants de l’espèce P. elatior, comme appartenant à l’espèce P. brevissimus. James D. Morefield, (botaniste, Nevada Natural Heritage Program), spécialiste mondial du genre Psilocarphus, a aussi examiné les spécimens des Prairies canadiennes et a confirmé leur appartenance à l’espèce P. brevissimus. Le P. elatior ne semble pas présent à l’est des Rocheuses, même aux États-Unis (Hitchcock et al., 1955).