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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le psilocarphe nain, Population des montagnes du Sud et la population des Prairies au Canada – Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

Les changements climatiques peuvent constituer une menace importante pour l’espèce par la réduction de la fréquence des inondations dans les sites propices. Ceci peut augmenter la mortalité des banques de semences enfouies dans le sol tout en diminuant la taille et la fréquence de formation de celles-ci. Les impacts des changements climatiques peuvent être exacerbés par la faible capacité de dispersion de l’espèce, ce qui restreindra probablement la colonisation des sites pouvant devenir plus propices à l’espèce.

Population des montagnes du Sud

La population des montagnes du Sud est particulièrement vulnérable en raison de sa petite zone d’occupation et de la rareté des habitats propices qui la mettent en position de risque de disparition du pays. Les menaces les plus manifestes proviennent de la modification des régimes hydrologiques ou des changements dans les tendances de pâturage du bétail. Autour de la zone, des changements dans le couvert végétal modifieraient l’accumulation de neige, la capture et le relargage de l’eau, ainsi que les pertes par transpiration. De tels changements peuvent aussi survenir en raison de facteurs variés, notamment la récolte du bois et le feu. Des changements dans la période et l’intensité du pâturage peuvent se répercuter, directement ou indirectement, sur le régime hydrologique, favoriser l’accumulation de chaume, ce qui nuirait à la germination, modifier l’équilibre compétitif auprès des espèces vivaces ou endommager directement les plantes par le piétinement, tôt durant la saison de croissance. Les espèces envahissantes sont peu susceptibles d’avoir des incidences importantes sur le P. brevissimus à moins de changements dans l’hydrologie ou le pâturage. L’utilisation d’herbicides pour contrôler les plantes nuisibles envahissant les parcours naturels, les emprises routières et les accotements d’autoroutes (tous à proximité d’une ou de plusieurs sous-populations) peut aussi éliminer la population. L’utilisation de véhicules tout-terrain, loisir qui gagne en popularité dans la région, constitue une menace pour la population en retournant la terre, en modifiant l’hydrologie ou en détruisant directement les plantes. L’habitat occupé par le P. brevissimus se trouve présentement dans les limites de la réserve de terres agricoles (RTA) dont le but est de protéger celles-ci contre d’autres formes d’exploitation. Des régions clés ont été retirées de la RTA durant la dernière décennie afin de permettre l’exploitation à proximité des villes et des villages. Étant donné la proximité entre les sous-populations et Princeton (moins de 10 km) et vu la nature panoramique des prairies où ces sous-populations se trouvent (près des impressionnantes falaises de la vallée de Similkameen), la région pourrait être retirée de la RTA à des fins d’exploitation. Dans la région de Princeton, les ventes immobilières ont affiché une tendance à la hausse au cours des derniers 12 à 18 mois, en tandem avec les marchés dans la vallée de l’Okanagan (Fabri, comm. pers. 2003). Un large éventail de pratiques agricoles (même la récolte des terres végétales) sont permises dans les limites de la RTA (Provincial Agricultural Land Commission, 2003) et, même sans la retrait de cette région, des changements dans l’utilisation des terres peuvent éliminer cet habitat essentiel. 

Population des Prairies

Douglas et al. (2000) mentionnent que la destruction de l’habitat associée à l’exploitation agricole et à l’exploration pétrolière et gazière sont les principales menaces aux populations de l’espèce dans les Prairies. Certains sites se trouvent dans une zone d’exploitation agricole intensive tandis que d’autres sont peut-être moins menacés en raison de facteurs relatifs aux sols et au climat qui découragent l’intensification des pratiques agricoles. 

Une importante partie de l’habitat de seize des sites a été directement endommagée par la construction de pipelines (Rintoul, comm. pers., 2005). Plusieurs autres populations, présentes juste à l’extérieur des emprises des pipelines, peuvent être affectées par des changements hydrologiques liés à la construction et à l’entretien des pipelines.

Tout comme c’est le cas pour la population des montagnes du Sud, les pratiques de gestion des terres et les mesures de lutte contre les mauvaises herbes représentent une menace pour un grand nombre de sous-populations des populations des Prairies.