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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saule à bractées vertes (Salix chlorolepis) au Canada

COSEPAC Résumé

Saule à bractées vertes
Salixchlorolepsis

Informationsur l’espèce

Le saule à bractées vertes (Salix chlorolepis) est un arbuste nain ramifié aux rameaux érigés, mesurant généralement moins de 30 cm. Les feuilles simples possèdent de courtes tiges et sont initialement recouvertes d’une couche blanche et cireuse des deux côtés, la face supérieure devenant verte par la suite. Elles peuvent atteindre 25 mm de longueur, sont entières, en forme d’œuf et plus larges dans l’apex, devenant glabres en vieillissant. Les bractées des chatons sont glabres, de couleur olivacée et sont persistantes durant la maturation de la capsule. Les chatons possèdent de courtes tiges et mesurent de 5 à 13 mm de longueur. Les fleurs staminées (sur les plants mâles) possèdent deux glandes basales.Les fleurs pistillées(sur les plants femelles) ont un style et un stigmate bifide consistant en deux lobes allongés divergents. Le fruit est une capsule glabre de 4 mm de longueur qui possède une courte tige. 

Répartition

Le saule à bractées vertes se rencontre uniquement sur les affleurements alpins de serpentine du mont Albert au Québec. Compte tenu de son aire de répartition limitée, le saule à bractées vertes est considéré comme une espèce endémique.

Habitat

Le saule à bractées vertes croît dans des habitats pauvrement vététalisés sur les pentes rocheuses stabilisées de serpentine à l'étage alpin entre les cailloux et les graviers ou sur une mince couche de sol sec ou moyennement humide et très ensoleillé. Des récoltes historiques mentionnent la présence du saule à bractées vertes dans les milieux tourbeux sur le plateau du sommet. L’habitat du saule à bractées vertes est fortement associé à l’altitude, qui varie entre 825 m et 1 050 m.

Biologie

Comme tous les saules, l’espèce est unarbuste dioïque qui a des plants mâles et femelles distinctsdont la période de floraison se situe entre le début juillet et la mi-août, après le développement des feuilles. La fructification débute à la dernière semaine de juillet jusqu’aux premières gelées (début septembre).La pollinisation est généralement entomophile et anémophile, ce qui expliquerait la fréquence relativement élevée de l'hybride (Salix x gaspeensis) entre le saule à bractées vertes et le saule à fruits courts (Salix brachycarpa). Les graines portent une touffe de poils soyeux qui facilite leur dispersion par le vent.

Taille et tendances des populations

On estime qu’environ 300 individus poussent sur le mont Albert. La plupart des sites ne comportent généralement qu’un ou deux individus. Cependant, un site en comporte environ 200. L’ensemble des cirques glaciaires du mont Albert n’a pas été exploré, mais le nombre total d’individus ne dépasserait probablement pas 1 000 individus.Un certain nombre de botanistes ont tenté de retrouver le saule à bractées vertes, mais en vain. En 1994, le saule à bractées vertes était connu dans quatre cirques glaciaires à l’intérieur de la vallée du Diable du mont Albert. L’inventaire de 2004 a permis de découvrir six nouveaux sites sur le mont Albert, dont plusieurs à l’extérieur de la vallée du Diable. Environ 45 heures de travail sur le mont Albert ont été effectuées afin de localiser les nouveaux sites.

Facteurs limitatifs et menaces

Le plus important site de la population du saule à bractées vertes se trouve dans l’extrémité ouest de la vallée du Diable où il jouxte le Sentier international des Appalaches sur le mont Albert. Le saule à bractées vertes y est très exposé aux piétinements humains, car certains randonneurs prennent des raccourcis pour contourner des obstacles, entrant ainsi en contact avec le saule. Les gestionnaires du parc national de la Gaspésie tentent de réduire un tel élargissement des sentiers par les randonneurs. Tous les autres sites sont inaccessibles, et aucune menace humaine n’est à prévoir.

L'hybridation entre le saule à bractées vertes et le saule à fruits courts est fréquente au mont Albert. Même si plusieurs hybrides ont été observés, le risque d'assimilation au saule à fruits courts (phénomène d'introgression) nécessite des études supplémentaires.

Importance de l’espèce

Les sols de serpentine causent des modifications tant dans l'apparence que dans le fonctionnement des plantes. Ces modifications, conjuguées à l'isolement caractéristique des habitats de serpentine, favorisent la formation de nouvelles espèces. C'est pourquoi ces milieux sont réputés, de façon générale, pour leur concentration en espèces endémiques ayant une aire de répartition peu étendue. Ainsi, la conjonction de la serpentine et d’un habitat de type toundra alpine est un phénomène plutôt rare dans le nord-est de l’Amérique du Nord, et le saule à bractées vertes est le résultat évolutif de ce type de milieu.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

NatureServe attribue au saule à bractées vertes la cote mondiale, nationale et infranationale (provinciale) « gravement en péril » (critically imperiled), soit G1, N1 et S1. Argus et Pryer le considèrent rare au Canada et lui attribuent, à partir d’un autre système d’évaluation, une priorité canadienne de 2.

Au Québec, le saule à bractées vertes est maintenant protégé en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables et le statut « menacé » lui est attribué depuis 1995. Actuellement, l’unique occurrence du saule à bractées vertes est située dans les limites d’un territoire protégé : le parc provincial de la Gaspésie.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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