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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saule à bractées vertes (Salix chlorolepis) au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

La plupart des plants sont généralement inaccessibles, et aucune menace anthropique n’est à prévoir, sauf dans le cas du site de la population la plus importante, à l’extrémité ouest de la vallée du Diable. Ce site, dont le nombre d’individus est estimé à 200 par le CDPNQ, jouxte le Sentier international des Appalaches sur le mont Albert, et il est très exposé aux piétinements humains. D’ailleurs, le rédacteur a suivi les raccourcis que certains utilisateurs prennent pour contourner les obstacles dans le sentier. À long terme, ces déviations élargissent le sentier, ce qui endommage ou détruit les individus environnants. Dans le pire scénario, de 10 à 20 individus peuvent être touchés par la circulation des randonneurs. Les gestionnaires du parc provincial de la Gaspésie tentent de contrôler l’élargissement du sentier.

Le ski alpin hors piste est une activité qui gagne en popularité, et il se peut que les skieurs en viennent à vouloir utiliser d’autres secteurs du mont Albert. Il faudrait alors étudier l’importance des perturbations que les avalanches pourraient causer à l’habitat du saule à bractées vertes, mais cette menace semble faible, voire nulle.

Herbivores

Lors de l’inventaire de 2004, la chenille à houppes rousses Orgyia antiqua (Linné, 1758), de la famille des Lymantriidae (Lepidoptera), a été aperçue à quelques reprises sur le saule à bractées vertes et sur le saule à fruits courts (figure 7). Le feuillage de quelques saules à bractées vertes a été gravement affecté. Pour l’instant, il est impossible de connaître l’impact de cette herbivorie sur la population du saule à bractées vertes, mais il semble relativement limité (McIntosh, comm. pers., 2006). McIntosh, spécialiste des insectes et des maladies, a indiqué que, compte tenu du comportement connu de cette chenille et de la capacité des saules de produire des drageons et de survivre même à une herbivorie grave, il est improbable que cette chenille en vienne à tuer des saules. Par ailleurs, la population de cette chenille est sujette à un effondrement rapide de la population après une éclosion en raison du développement rapide de virus mortels (McIntosh, comm. pers., 2006).

Figure 7. La chenille à houppes rousses sur un saule à bractées vertes.

La chenille à houppes rousses sur un saule à bractées vertes

Par ailleurs, une galle (figure 8) non identifiée a été observée à quelques reprises sur le saule à bractées vertes et sur le saule à fruits courts (Salix brachycarpa). Ces galles sont irrégulières, et elles sont probablement causées par des acariens ou des pucerons (Goulet, 2005). Son impact sur le saule à bractées vertes est inconnu, mais Sacchi et al. (1988) indiquent que la production de bourgeons florifères est réduite de 43 % si on la compare à des tiges intactes et que la production de semences par individu est réduite de 10 à 50 % dans le cas du Salix lasiolepis.

Figure 8. Galles sur le saule à bractées vertes.

Galles sur le saule à bractées vertes

Sur le spécimen cultivé dans le jardin privé, des pucerons ont été observés la première année de la plantation (1994), mais aucune autre infestation n’a été notée par la suite. Aucune observation de ce type n’a été faite sur les individus du mont Albert.