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2.5 Besoins de l’espèce

 

2.5.1 Biologie et cycle biologique

Jusqu’à tout récemment, on en connaissait très peu sur la biologie et le cycle biologique du méné d’argent de l’Ouest. De ce fait, les études effectuées sur le méné d’argent de l’Est dans l’État de New-York (Raney, 1939) ont souvent servi de référence. Cette pratique s’est révélée inadéquate puisque le méné d’argent de l’Est habite des lacs, alors que le méné d’argent de l’Ouest fréquente des rivières (D. Watkinson, comm. pers.). Heureusement, depuis que l’espèce a été inscrite sur la liste par le COSEPAC en 2003, les études en cours menées par T. Clayton (Alberta Sustainable Resource Development) et D. Watkinson (Pêches et Océans Canada) permettent de combler des lacunes importantes dans les connaissances concernant le méné d’argent de l’Ouest. Lorsque des lacunes subsistent, on cite des études effectuées sur d’autres espèces de ménés qui fréquentent des habitats semblables dans les cours d’eau des grandes plaines plutôt que celles portant sur le méné d’argent de l’Est.

Croissance

Les ménés d’argent de l’Ouest de la rivière Milk peuvent atteindre une longueur à la fourche (LF) d’au moins 140 mm (D. Watkinson, comm. pers.). Les deux sexes atteignent la maturité à partir de 2 ans et peuvent vivre plus de 4 ans (Sikina et Clayton, 2006). Au Missouri, les ménés d’argent de l’Ouest adultes âgés entre 3 à 5 ans sont couramment observés, et peuvent atteindre un maximum de 5,5 ans (Pflieger, 1997).

Reproduction

Les espèces du genre Hybognathus utilisent diverses stratégies pour le frai. Toutefois, celle qu’utilise le méné d’argent de l’Ouest n’est pas connue. Il est probablement une espèce qui libère ses gamètes au hasard, à l’exemple d’autres ménés habitant les cours d’eau des grandes plaines, comme H. nuchalis, H. amarus et H. placitus qui libèrent des œufs pélagiques non visqueux et semiflottants en pleine eau qui se développeront pendant qu’ils dérivent en aval avec le courant (Platania et Altenbach, 1998; Cowley, 2002; R. Bramblett, comm. pers.). Les eaux chargées de sédiments maintiennent les œufs de H. amarus à flot et les faibles courants les transportent en aval (Cowley, 2002). Les embryons se développent rapidement pendant qu’ils dérivent avec le courant et éclosent dans les 24 à 48 heures, selon la température de l’eau. Ces espèces qui libèrent leurs gamètes au hasard ont besoin de longs tronçons d’habitat contigus qui permettront aux nouveau-nés qui dérivent en aval de remonter vers des habitats adéquats.

Les ménés d’argent de l’Ouest de la rivière Milk frayent en juin ou en juillet (D. Watkinson, comm. pers.). Leur fécondité varie selon leur taille, passant de moins de 2 000 œufs pour une femelle affichant une LF de 80 mm à 19 500 œufs pour celle affichant une LF de 130 mm. Des poissons capturés au cours d’un printemps extrêmement chaud n’avaient pas frayé à la fin mai et quelques-uns contenaient toujours des œufs matures à la mi-juillet. De plus, des ménés d’argent de l’Ouest adultes du Missouri ont été observés dans leur phase de reproduction à la fin juin (Pflieger, 1997).

Rôle écologique


Pendant l’été, les ménés d’argent de l’Ouest de la rivière Milk consomment des diatomées, de la matière végétale de niveau supérieur, des algues bleu-vert, des algues vertes, des cyanobactéries, des champignons microscopiques, du pollen, des protozoaires, des dinoflagellés, du zooplancton, des Cryptophyceae et des rotifères (D. Watkinson, comm. pers.). Étant donné la rareté de la végétation aquatique, la matière végétale de niveau supérieur peut consister en des feuilles d’arbres ou des faciès non digérés par les herbivores. On a également trouvé dans leur estomac du charbon de bois provenant possiblement de débris de fond, et un spicule d’éponge a également déjà été observée.

Le doré noir (Sander canadensis), le grand brochet (Esox lucius) et la lotte (Lota lota) sont vraisemblablement les principaux prédateurs du méné dans tous les stades de son cycle biologique, alors que les autres espèces peuvent de façon opportuniste consommer ses œufs et ses larves. Vingt-deux espèces de poisson, y compris le méné d’argent de l’Ouest, ont été recensées dans l’axe fluvial et les tributaires de la rivière Milk (tableau 1) (Alberta Sustainable Resource Development, 2003; T. Clayton, comm. pers.). Dix-sept de ces espèces fréquentent l’aire de répartition du méné d’argent de l’Ouest dans la rivière Milk. Le programme MULTISAR (Programme d’intendance d’espèces multiples à l’échelle du paysage) est un programme d’identification des espèces terrestres et aquatiques appliqué à l’échelle du bassin hydrographique ainsi qu’un programme d’intendance.

Tableau 1.Espèces de poisson fréquentant le bassin de la rivière Milk

Nom communNom scientifiqueFréquente l’aire de répartition du MAO*?
Méné laitonHybognathus hankinsoniO
Épinoche à cinq épinesCulaea inconstansO
LotteLota lotaO
Tête-de-boulePimephales promelasO
Méné à tête plateHybopsis gracilisO
Dard à ventre jauneEtheostoma exileN
Méné de lacCouesius plumbeusO
CorégoneCoregonus clupeaformisN
Naseux des rapidesRhinichthys cataractaeO
Meunier rougeCatostomus catastomusO
Meunier des montagnesCatostomus platyrhynchusO
Ménomini des montagnesProsopium williamsoniN
Grand brochetEsox luciusO
Ventre rouge du NordPhoxinus eosN
Doré noirSander canadensisO
Chabot du versant est (ou chabot de la rivière St. Mary)Cottus sp.O
Barbotte des rapidesNoturus flavusO
OmiscoPercopsis omiscomaycusO
Meunier noirCatostomus commersoniiO
Doré jauneSander vitreusO
PerchaudePerca flavescensO


*MAO : Méné d’argent de l’Ouest

Ce programme a récemment recensé l’omisco (Percopsis omiscomaycus), la perchaude (Perca flavescens), le doré jaune (Sander vitreus) et le corégone (Coregonus clupeaformis) dans le réseau de la rivière Milk (T. Clayton, comm. pers.), ce qui semble indiquer une migration de ces espèces depuis le Montana ou une introduction illégale.

2.5.2 Habitat

On peut couramment observer le méné d’argent de l’Ouest dans les grands cours d’eau vaseux des prairies, généralement dans les zones à faible débit ou à débit nul présentant un fond sablonneux, boueux ou couvert de débris (Pflieger, 1980; Trautman, 1957; Missouri Fish and Wildlife Information System, 2002). Dans ces réseaux, l’inclinaison, le type de fond et la turbidité semblent être fortement associés à la présence du méné. Dans le Dakota du Nord, 98 % de tous les ménés d’argent de l’Ouest ont été capturés dans des eaux de moins de 1 m de profondeur, affichant une vélocité inférieure à 0,5 m/s (Welker et Scarnecchia, 2004). Quatre-vingt-cinq pour cent de ces poissons se trouvaient dans des zones de turbidité relativement faible (< 250 UNT [unités néphélométriques de turbidité]), où les températures estivales étaient relativement élevées (de 18 à 22 °C). Un modèle d’habitat construit à l’aide d’une régression logistique incorporant la vélocité de l’eau, la profondeur et le pourcentage de sable a prédit la présence du méné dans des segments de cours d’eau pendant la période de pleine eau dans le Dakota du Nord avec 97 % d’exactitude (Welker et Scarnecchia, 2004). Cette expérience indique que ces variables de l’habitat sont des déterminants clés de la présence de l’espèce.

Dans l’axe fluvial de la rivière Missouri et du fleuve Mississippi, le méné d’argent de l’Ouest fréquente des zones transitionnelles caractérisées par une vélocité et une turbidité élevées, par un lit instable composé de substrats mouvants de sable et de limon ainsi que par un débit qui fluctue au cours de l’année (Burr et Page, 1986; Alberta Sustainable Resource Development, 2003). Welker et Scarnecchia (2004) ont désigné l’habitat situé en bordure du chenal comme l’habitat de prédilection de l’espèce. Les ménés tolèrent une grande fourchette de turbidité (Missouri Fish and Wildlife Information System, 2002). On les retrouve dans des zones riches en phytoplancton (Trautman, 1957) et dans des cours d’eau dépourvus de végétation aquatique, comme dans le cours inférieur de la rivière Missouri (Cross et al., 1986) et de la rivière Milk (D. Watkinson, comm. pers.).

L’aire de répartition en pleine eau du méné d’argent de l’Ouest dans la rivière Milk est étroitement corrélée à l’inclinaison et au type de substrat présent (figure 3). Au cours de l’été, dans le cours inférieur de la rivière Milk, l’espèce affiche une prédilection pour une vélocité de l’eau inférieure à 0,3 m/s, une profondeur d’eau inférieure à 0,3 m et les substrats limoneux (R.L. et L., 2002; D. Watkinson, comm. pers.). Toutefois, on le trouve également dans des eaux affichant une vélocité d’au moins 1,2 m/s et une profondeur d’au moins 1,4 m, au‑dessus d’un substrat de sable et de gravier. En amont du point de confluence avec le ruisseau Police, où l’espèce est moins abondante, l’inclinaison et la taille du substrat connaissent une augmentation abrupte. L’aire de répartition hivernale de l’espèce n’est pas connue. Certains poissons semblent hiverner dans les mêmes zones qu’ils occupent l’été, alors qu’autres se déplaceraient ailleurs pour trouver un habitat convenable qui ne gèle pas ou qui ne devienne pasanoxique.

Habitat clé

Pour les besoins du présent document, nous définissons « l’habitat clé » comme un habitat considéré comme important pour la survie du méné d’argent de l’Ouest dans les stades spécifiques de son développement en nous fondant sur les connaissances actuelles relatives à l’aire de répartition du méné dans la rivière Milk et à l’état physique de la rivière à certaines périodes de l’année. Les sections suivantes décrivent l’habitat clé probable de l’espèce pour l’hivernage, le frai et la croissance.

On connaît peu de choses sur les caractéristiques ou la disponibilité de l’habitat d’hivernage du méné d’argent de l’Ouest dans la rivière Milk. Dès que la dérivation des eaux de la rivière St. Mary prend fin en automne, la rivière reprend son débit naturel jusqu’au printemps. Dans les années normales, l’eau s’écoule dans un lit réduit. Dans des conditions de sécheresse intenses telles que celles que l’on a connues en 2001, la rivière se transforme en une série de bassins isolés, ce qui semble indiquer que ce phénomène serait important pour la survie de l’espèce. L’absence du méné d’argent de l’Ouest dans les relevés des hivers antérieurs réalisés dans ces bassins (R.L. et L. 2002) peut être attribuable à un d’échantillonnage insuffisant. Il se peut également que l’espèce ait cherché refuge dans des zones où l’eau s’écoule toujours.

Pendant les mois hivernaux, les petites zones de pleine eau longeant le rivage du cours inférieur de la rivière Milk peuvent être alimentées en partie par des petites sources ou des eaux souterraines ré-émergentes (R. Audet, comm. pers.). Des ménés d’une espèce inconnue ont été observés dans ces sites, ce qui démontre que ces derniers pourraient servir de refuge hivernal pour le méné d’argent de l’Ouest.

On pense également qu’une recolonisation périodique du méné d’argent de l’Ouest serait possible à partir de ses habitats situés en aval, bien que la construction du barrage dans les tronçons inférieurs de la rivière Milk puisse limiter cette possibilité. Ailleurs aux États-Unis, le méné d’argent de l’Ouest survit dans les segments en amont de nombreux petits cours d’eau intermittents où il peut trouver refuge pour hiverner plutôt que d’avoir à retourner à son lieu d’origine chaque année (R. Bramblett, comm. pers.). Il faut mener des études plus poussées pour caractériser et évaluer l’habitat d’hivernage de la rivière Milk, puisque cet habitat semble important pour la survie de l’espèce et qu’il peut être vulnérable aux perturbations d’origine anthropique.

L’habitat qu’utilise le méné d’argent de l’Ouest pour le frai n’a pas été décrit. Si cette espèce est une espèce pélagique qui libère ses gamètes au hasard, comme c’est le cas d’autres espèces de ménés recensées dans les cours d’eau des grandes plaines (voir la section 2.5.1), elle peut avoir besoin de longs tronçons d’habitat contigus possédant une eau turbide chargée de sédiments et une vélocité modérée pour le frai (Cowey, 2002; Platania et Altenbrach, 1998). La distance sur laquelle les larves se déplacent, le type d’habitat dans lequel les larves en mouvement se déposent et la capacité de ces larves à se déplacer librement vers les tronçons situés en amont où s’écoule un courant soutenu sont des déterminants importants de la réussite du frai de ces espèces (Platania et Altenbrach, 1998).

Dans la rivière Milk, l’habitat disponible pour la croissance et l’alimentation ne constitue probablement pas un facteur limitatif pour le méné d’argent de l’Ouest, si l’on tient compte du régime d’écoulement qui y est maintenu (R.L. et L., 2002). Après que le débit a atteint son plus haut niveau (habituellement en juin à la hauteur de la ville de Milk River), le niveau de l’eau redescend, ce qui crée des zones d’eau stagnante dans le chenal principal de la rivière où les ménés peuvent chercher refuge (T. Clayton, comm. pers.). D’après une étude de l’habitat du poisson réalisée en juin 2004, l’érosion et le mouvement interannuel important des barres de sable dans le cours inférieur de la rivière Milk répondent à des changements dans le débit (T. Clayton, note interne). Cette variation peut profiter à l’espèce en créant les habitats dynamiques qui lui sont nécessaires grâce aux processus constants d’érosion et de dépôt, à la condition que des habitats composés d’eaux stagnantes demeurent disponibles. Par contre, une augmentation soutenue du débit, provoquant un flux continu de l’entrée à la sortie du cours d’eau, pourrait être énergiquement coûteuse pour l’espèce et limiter son habitat disponible (D. Watkinson, comm. pers.).

Tendances relatives à l’habitat et facteurs limitatifs

Alors que la trajectoire du chenal et les caractéristiques du lit de la rivière sont demeurées essentiellement inchangés depuis 1917, les crues ont entraîné l’élargissement du lit de la rivière et une augmentation des interruptions du débit et du dépôt des sédiments (McLean et Beckstead, 1980). Ces effets se font clairement sentir dans la rivière Milk Nord, où la fréquence des inondations a doublé depuis que les activités de dérivation et les eaux de crues ont gagné en importance. L’augmentation du courant continue à éroder les rives et à détruire les habitats de fond composés de sédiments fins de la rivière Milk (McLean et Beckstead, 1980; D. Watkinson, comm. pers.). La disponibilité de l’habitat varie d’année en année selon le débit de l’eau, particulièrement à la fin de l’été, à l’automne et en hiver. La sécheresse et la fermeture prématurée ou temporaire du canal pour des travaux d’entretien d’urgence pendant la période de crue peuvent avoir un impact important sur le débit et les niveaux d’eau de la rivière Milk. La construction d’un barrage de retenue à 30 km en amont de la ville de Milk River et des modifications au régime d’écoulement du canal St. Mary constituent également des éléments de changements possibles dans le futur (Alberta Environment, 2004; U.S. Bureau of Reclamation, 2004).

Protection de l’habitat

Le méné d’argent de l’Ouest bénéficie d’un éventail de mesures de protection directe ou indirecte de son habitat par l’entremise de lois ou de programmes en place.

Au palier fédéral, la Loi sur les Pêches (R.S. 1985, c. F-14) interdit, sans autorisation, d’exploiter des ouvrages ou entreprises entraînant la détérioration, la destruction ou la perturbation de l’habitat du poisson (ch. 35) et d’immerger ou de rejeter une substance nocive – ou d’en permettre l’immersion ou le rejet – dans des eaux où vivent des poissons (son habitat) (ch. 36, art.3). La Loi canadienne de la protection de l’environnement (1999, c. 33), qui vise à prévenir la pollution et à protéger l’environnement et la santé humaine, se concentre sur la réglementation et l’élimination de l’usage de substances nuisibles pour l’environnement. La Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (1992, c.37) exige que les mesures réglementaires fédérales prescrites, dont l’autorisation de détruire l’habitat du poisson, soient soumises à un processus d’examen environnemental. La Loi sur les espèces en péril (2002, c.29) interdit la destruction de toute partie d’un habitat après qu’il a été désigné comme essentiel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action pour les espèces désignées comme étant disparues du pays, menacées ou en voie de disparition (ch. 58, art.1).

Au palier provincial, la loi intitulée Wildlife Act de l’Alberta (R.S.A. 2000, W-10) exige que le ministre compétent établisse un comité de conservation des espèces en péril qui offrira son expertise pour l’étude des questions concernant les espèces en péril en Alberta, notamment pour ce qui a trait à l’attribution d’une désignation aux espèces et à l’élaboration/adoption de plans de rétablissement. La Loi canadienne sur la protection de l’environnement (R.S.A. 2000, c. E-12) assure la protection des terres, des eaux et de l’air en exigeant de ceux qui exploitent ou proposent des projets d’aménagement qu’ils assument leurs responsabilités environnementales. Cette loi prévoit un processus d’évaluation environnemental. La loi intitulée Alberta Public Lands Act (R.S.A. 2000, c. P-40) prend charge de la désignation des différents types d’utilisation des terres de la Couronne, que ce soit des utilisations à des fins agricoles, d’exploitation pétrolière ou gazière ou, encore, de valorisation d’autres ressources. La loi intitulée Alberta Water Act (chapitre/règlement W-3 RSA 2000) se concentre sur la gestion et la protection des eaux de la province et réglemente l’allocation des ressources en eau.

En vertu du programme « Eau pour la vie » (Water For Life), l’Alberta appuie la formation de conseils consultatifs et de conseils de planification des bassins versants de même que l’élaboration de plans pour la gestion de ces mêmes bassins. Ces plans définissent les besoins en matière de ressources aquatiques, y compris ceux des poissons, et peuvent ainsi influer sur la délivrance d’autorisations, par le gouvernement de l’Alberta, pour des projets de dérivation de l’eau. Le Milk River Watershed Council of Canada planifie de dresser un rapport sur l’état du bassin hydrographique en 2007 et d’élaborer un plan de gestion de ce bassin deux ans plus tard (K. Miller, comm. pers.).

Au moment de la rédaction du présent document, 56 % des terres qui longent l’axe fluvial de la rivière Milk et la rivière Milk Nord sont des terres publiques; les autres sont privées. Seules 11 % des terres publiques et 14 % des terres privées sont soumises à un plan de conservation prévoyant une protection des rives (T. Clayton, comm. pers.). Les autres terres servent principalement au pâturage ou comme petites zones réservées à l’aménagement du territoire municipal (comme c’est le cas de la ville de Milk River). Six pour cent des terres publiques longeant la rivière ont été désignées à vocation récréative. Elles sont ouvertes au public pendant l’été, mais elles sont visées par des restrictions concernant leur aménagement. L’approbation de la municipalité est exigée pour l’aménagement riverain sur des terrains visés par une servitude de conservation municipale. Les autres initiatives ou les organismes qui font des recommandations sur la qualité ou le débit de l’eau, sur la gestion riveraine et sur d’autres aspects de la conservation du bassin hydrographique comprennent : Environmental Farm Planning, Alberta Riparian Habitat Management Society (Cows and Fish), Operation Grassland Community, Canards Illimités, MULTISAR, Conservation de la nature Canada, Agriculture Canada et Agriculture Alberta.

2.5.3 Facteurs limitatifs

On connaît trop peu la physiologie du méné d’argent de l’Ouest ou sa capacité de s’adapter à différentes conditions pour que l’on puisse relever les facteurs qui pourraient limiter la survie et le maintien de la population cette espèce. Ce méné est caractéristique de beaucoup d’espèces de poissons qui fréquentent de grands cours d’eau des plaines en ce sens  qu’il s’est adapté à un réseau où la concentration de sédiments est forte et où le débit fluctue naturellement. Bien que ces conditions fluviales puissent sembler hostiles, les espèces qui s’y sont adaptées ne peuvent survivre que si ces conditions persistent. Des changements tels que la régularisation du débit ou l’augmentation de la clarté de l’eau pourraient, par exemple, leur faire perdre leur avantage par rapport à leurs concurrents ou augmenter leur vulnérabilité face aux prédateurs qui ont besoin de leur vue pour se nourrir (p. ex. doré noir et grand brochet). Les changements de débit pourraient également modifier la trajectoire de dérive en aval des œufs et des alevins du méné d’argent de l’Ouest, diminuant ainsi leur viabilité ou augmentant leur exposition à la prédation.