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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le milandre au Canada

Résumé

Milandre
Galeorhinus galeus

Information sur l’espèce

Le milandre (Galeorhinus galeus), aussi appelé requin-hâ ou requin à grands ailerons, est une des 39 espèces appartenant à la famille des Triakidés. Il constitue le seul représentant de cette famille sur la côte pacifique du Canada. En anglais, on désigne cette espèce tope

On ignore la structure de population des milandres dans les eaux canadiennes et l’est du Pacifique. On considère l’espèce comme très migratrice; elle se déplace vers le nord l’été et vers le sud, en eaux plus profondes, l’hiver. En supposant que les milandres fréquentant les eaux canadiennes font partie d’une grande population très migratrice, la structure génétique de l’espèce, si elle existe, se restreindrait à des mécanismes comportementaux, car on ne connaît aucune barrière géographique ou écologique aux flux génétiques au sein de l’espèce. Aux fins du présent document, on considère que les milandres dans les eaux canadiennes du Pacifique forment une seule unité désignable.

Répartition

Le milandre fréquente les mers tempérées et subtropicales, entre 68°N et 55°S de latitude. Dans l’est du Pacifique, on le trouve depuis le nord de la Colombie-Britannique (aucune mention en Alaska) jusqu’au golfe de Californie, ainsi qu’au large du Pérou et du Chili. Dans les eaux canadiennes du Pacifique, le milandre est surtout présent sur le plateau continental le long de l’île de Vancouver, dans le détroit de la Reine-Charlotte et dans le détroit d’Hecate. Aucun navire de pêche commerciale ou scientifique n’a signalé avoir capturé un milandre dans le détroit de Georgia.

Habitat

Le milandre préfère des eaux tempérées du plateau continental, depuis la proximité immédiate des côtes, notamment des baies peu profondes, jusqu’aux eaux du large à moins de 471 m de profondeur. On croit généralement que les milandres se tiennent près du fond, mais on en a capturé à la palangre flottante pélagique en eaux profondes. Les petits et les juvéniles fréquentent des habitats côtiers peu profonds pendant 1 à 2 ans avant de se déplacer vers le large. Il n’existe aucune mesure de protection directe de l’habitat du milandre. 

Biologie

On en sait peu sur le comportement reproducteur du milandre. Son cycle de reproduction serait de 1 à 3 ans, incluant une période de gestation de 1 an. Le milandre est ovovivipare : les femelles portent de 6 à 52 petits qui naissent entre mars et juillet et qui mesurent alors en moyenne de 35 à 37 cm de long. Le milandre affiche une croissance rapide durant ses 3 premières années de vie, puis une croissance constante jusqu’à l’âge d’environ 10 ans, et il continue de croître lentement durant la maturité. Dans le nord-est du Pacifique, sa longueur maximale est de 195 cm pour les femelles et de 175 cm pour les mâles. La détermination de l’âge et de la longévité est restreinte par la difficulté de lire les coupes de vertèbres. Le milandre croît lentement et atteint un âge maximal d’au moins 45 ans. Les femelles atteignent la maturité vers 13 à 15 ans, et les mâles, vers 12 à 17 ans. Dans l’est du Pacifique, les femelles atteignent la maturité à une longueur totale de 150 cm, et les mâles, à une longueur de 135 cm. On estime le temps de génération à 23 ans.

On comprend peu les déplacements du milandre dans le nord-est du Pacifique. Il semble généralement effectuer des migrations verticales et latitudinales qui varient selon le sexe et la saison. Des études de marquage portent à croire qu’au moins une partie de la population effectue de longues migrations et qu’il peut parcourir de grandes distances en peu de temps.

Pêches commerciales

Le milandre a fait l’objet d’une pêche commerciale brève mais extensive dans l’ensemble de son aire de répartition dans le nord-est du Pacifique, à partir de 1937 en Californie, puis en Colombie-Britannique, en Oregon et dans l’État de Washington au début des années 1940. Cette pêche visait le milandre pour son foie qui contient les plus fortes concentrations de vitamine A des poissons de la côte pacifique. Au total, environ 840 000 milandres pourraient avoir été capturés dans le nord-est du Pacifique, dont environ 50 000 ont été débarqués dans des ports canadiens, mais on ignore le nombre de ces prises qui ont été faites dans les eaux canadiennes.

Il n’existe plus de pêche dirigée au milandre dans les eaux canadiennes du Pacifique, mais on estime que 143 milandres sont l’objet, chaque année, de prises accessoires dans des pêches commerciales au chalut ou à la palangre visant d’autres poissons.

Tailles et tendances des populations

Il n’existe aucun indice d’abondance du milandre dans son aire de répartition du nord-est du Pacifique. On ignore donc la taille totale et les tendances de la population dans les eaux canadiennes du Pacifique.

Facteurs limitatifs et menaces

La pêche intense qui a visé le milandre de 1937 à 1949 dans toute son aire migratoire du nord-est du Pacifique a sans doute rapidement épuisé la biomasse adulte de l’espèce. Depuis ce temps, le milandre n’a fait l’objet d’aucun intérêt commercial ou scientifique, les autorités responsables des pêches des États-Unis et du Canada se contentant d’en signaler les débarquements ou les prises accessoires. Il manque clairement d’information pour comprendre la situation de cette espèce.

Importance de l’espèce

Le foie du milandre contient la plus forte concentration de vitamine A de tous les poissons de la côte pacifique du Canada.

Protection actuelle

L’Union mondiale pour la nature (UICN) désigne le milandre comme vulnérable (VU A1bd) à l’échelle de la planète, en raison de son historique d’effondrement du stock dans le nord-est du Pacifique et de la réduction de sa population mondiale depuis 60 à 75 ans.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage

Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)

Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)

Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea

Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)

Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb

Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec

Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee

Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.