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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le lépisosté tacheté (Lepisosteus oculatus) au Canada

COSEPAC Résumé

Lépisosté tacheté
Lepisosteus oculatus

Information sur l’espèce

Le lépisosté tacheté appartient à la famille des Lépisostés et représente l’une des deux espèces de lépisostés présentes au Canada. Par comparaison à l’autre espèce, le lépisosté osseux, le lépisosté tacheté a un museau plus court et large et un pédoncule caudal plus court et plus haut.

Répartition

L’espèce occupe un territoire vaste, mais discontinu, dans les bassins du Mississippi et des Grands Lacs de l’est de l’Amérique du Nord. Son occurrence a été confirmée à cinq endroits au Canada : le lac Sainte-Claire, la baie Long Point (y compris le marais Big Creek, le parc national de la Pointe-Pelée, la baie Rondeau (lac Érié) et la baie de Quinte (lac Ontario).

Habitat

Les lépisostés tachetés adultes privilégient les eaux calmes, peu profondes, claires et riches en végétaux des lacs et des rivières. Les branches submergées, les arbres tombés ou les enchevêtrements de bois mort leur fournissent un abri pour les périodes de repos. Les habitats de croissance et de fraye se trouvent en eau peu profonde à végétation dense.

Biologie

L’âge maximum connu du lépisosté tacheté est de 18 ans. La maturité est atteinte à quatre ans. Le lépisosté tacheté, espèce présentant un dimorphisme sexuel, fraye au printemps. Prédateur principalement piscivore qui chasse à l’affût, le lépisosté tacheté se nourrit également d’écrevisses et d’insectes aquatiques. Il est bien adapté aux écosystèmes à végétation dense où la concentration en oxygène dissous est faible, car il peut respirer l’air.

Taille et tendances des populations

Étant donné que moins de 55 spécimens ont été capturés au Canada, il est impossible de déterminer la taille et les tendances des populations.

Facteurs limitatifs et menaces

La disparition des habitats calmes, peu profonds et riches en végétation en conséquence d’activités humaines comme le dragage, le remblayage ou l’aménagement des ports menace cette espèce dans son aire de répartition canadienne.

Importance de l’espèce

L’abondance relative élevée et le potentiel de prédation du lépisosté tacheté dans les habitats calmes, peu profonds et riches en végétation du sud des États-Unis indiquent que l’espèce est un élément clé du réseau trophique des écosystèmes qu’il occupe.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Les populations de lépisosté tacheté présentes dans le parc provincial Rondeau et le parc national de la Pointe-Pelée bénéficient d’une protection partielle. L’espèce fait également partie des huit espèces de poissons incluses dans le plan de rétablissement de l’écosystème de la rivière Sydenham. Cette espèce est actuellement inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril, où elle a le statut d’espèce menacée.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Espèce sauvage pour laquelle l’information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.