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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation du chevalier cuivré au Canada – Mise à jour

Importance de l'espèce

Le chevalier cuivré revêt une grande importance sur les plans scientifique et écologique. Le niveau de spécialisation de son appareil pharyngien constitue un sommet évolutif (Legendre, 1964; Jenkins, 1970; Eastman, 1977; Mongeau et al., 1986, 1992). Reproducteur lithophile, benthophage spécialiste dont l’alimentation est basée presque exclusivement sur les mollusques, le chevalier cuivré présente des caractéristiques similaires à celles d’autres espèces qui sont connues pour être les plus touchées par la détérioration de l’habitat, notamment par l’envasement (Vachon, 2003b). L’espèce est, en quelque sorte, un véritable indicateur des impacts des activités anthropiques sur l’écosystème.

Rare, méconnue, actuellement sans grande valeur économique sur le plan de la pêche sportive et commerciale, l’espèce est très peu recherchée. Sa chair, autrefois appréciée, n’est plus prisée. Seuls les membres de certaines communautés ethniques (Européens de l’est, Asiatiques) utilisent les congénères du chevalier cuivré pour leur alimentation (Pierre Dumont, biologiste à la Société de la faune et des parcs du Québec, comm. pers.). Les valeurs de notre société évoluant, l’espèce a fait l’objet, plus récemment, d’une étude en vue de lui attribuer une valeur économique en tant qu’espèce menacée; cette étude a été réalisée par un professeur-chercheur spécialisé en écologie humaine et industrielle ainsi qu’en gestion, en comptabilité, en vérification et en éthique environnementales de l’Université du Québec à Montréal. Bien qu’approximative et devant être considérée comme un montant-plancher, la valeur du chevalier cuivré a été estimée à 25 millions de dollars (Clapin-Pépin, 1997).

Les préjugés dont faisait l’objet le chevalier cuivré, autrefois considéré comme un simple poisson de fond sans grande valeur, ont fait place au fil des ans à la faveur du public. Le chevalier cuivré est le porte-étendard de la biodiversité au Québec et fait office de symbole pour la sensibilisation à la cause des espèces menacées. Un projet de mini-centrale hydro-électrique dans les rapides de Chambly a été abandonné en 1994 suite aux interventions de la Société de la faune et des parcs du Québec (Dumont et al., 1997). Citoyens, municipalités, organismes gouvernementaux et non gouvernementaux ainsi que des institutions publiques n’hésitent pas à se mobiliser et à se concerter pour mettre en oeuvre des actions concrètes visant à assurer sa survie et à sensibiliser la population. À ce jour, ces implications ont pris plusieurs formes : la réalisation de la passe migratoire Vianney-Legendre à Saint-Ours, la mise en place de protocoles d’entente pour la création du refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin dans les rapides de Chambly, des collaborations diverses pour faciliter les travaux de terrain ainsi que la garde en captivité et l’élevage, la production de dépliants éducatifs, le lancement d’une bière, La Rescousse, dont une partie des profits est versée aux espèces menacées, la présentation de pièces de théâtre pour enfants (Super cuivré) et adultes (Moxostoma) et même la publication d’un livre d’histoire pour enfants, L’animal secret (Simard, 2001), dont le personnage principal est un chevalier cuivré.

Des écrits nous révèlent que le chevalier cuivré, tout comme ses congénères, était pêché et consommé par les peuples autochtones et, au moins jusqu’au début du 19e siècle, par nos prédécesseurs (Mongeau et al., 1986; Branchaud et Jenkins, 1999; Courtemanche, 2003). Aujourd’hui, le chevalier cuivré est trop peu abondant pour être exploité commercialement, et cette activité est d’ailleurs interdite en vue de le protéger. D’après les renseignements dont nous disposons, l’espèce ne fait pas l’objet d’une pêche de subsistance et n’est pas utilisée à des fins traditionnelles par les communautés autochtones. D’autre part, aucune mention de chevalier cuivré n’a été enregistrée près des réserves autochtones localisées dans ou à proximité de sa zone d’occurrence historique, soit celles de Kanesatake (lac des Deux-Montagnes), d’Akwasasne (lac Saint-François), de Kahnawake (fleuve Saint-Laurent, rapides de Lachine) et d’Odanak (rivière Saint-François) (Pierre Dumont, biologiste à la Société de la faune et des parcs du Québec, comm. pers.).

Depuis 20 ans, la somme de connaissances qui s’accumule au sujet de l’espèce est considérable, et les chercheurs sont soucieux de partager les expertises qu’ils ont développées et de tenir le public informé. Le chevalier cuivré a fait l’objet de nombreux reportages télévisés et radiophoniques. Des articles dans différentes revues et différents journaux locaux lui ont été consacrés. Des citoyens n’hésitent pas à contacter la Société de la faune et des parcs du Québec s’ils croient avoir capturé le chevalier cuivré. L’intérêt du public est non seulement soutenu mais grandissant.