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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation du chevalier cuivré au Canada – Mise à jour

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COSEPAC
Résumé

Chevalier cuivré
Moxostoma hubbsi

Information sur l’espèce

Le chevalier cuivré (Moxostoma hubbsi) est l’un de sept représentants du genre Moxostoma (famille des Catostomidés) au Canada. Sa découverte a été attribuée à Vianney Legendre en 1942 (Legendre, 1942), mais ce serait Pierre Fortin qui l’aurait décrit pour la première fois en 1866 sous le nom d’une espèce déjà connue du genre Moxostoma.

 

Répartition

L’espèce ne se trouve nulle part ailleurs au monde qu’au Canada. Son aire de répartition, extrêmement restreinte, qui se limite à quelques rivières dans les basses terres du sud-ouest du Québec, s’est considérablement rétrécie depuis quelques décennies. À l’heure actuelle, les populations confirmées sont localisées dans le fleuve Saint-Laurent et la rivière Richelieu. La rivière des Mille-Îles abrite probablement un groupement restant.

 

Habitat

Le chevalier cuivré fréquente principalement les cours d’eau de moyenne envergure où la température estivale de l’eau est supérieure à 20 ºC. Les frayères sont en eau vive, le courant y est modéré ou faible, et la profondeur varie de 0,75 à 2 mètres. Le substrat est principalement constitué de gravier fin à grossier et de roches. Tout comme leurs congénères, les jeunes chevaliers cuivrés de l’année fréquentent les zones littorales peu profondes durant leur première saison de croissance. Celles-ci sont caractérisées par des profondeurs inférieures ou égales à 1,5 m et de faibles pentes et sont pourvues de végétation. Le courant y est très faible et le substrat est relativement fin (mélange d’argile-limon et sable). À ce jour, seules deux frayères (archipel de Chambly et bief aval du barrage de Saint-Ours) sont connues, et une aire d’alevinage (Saint-Marc-sur-Richelieu) a été identifiée dans la rivière Richelieu. Très récemment, la présence du chevalier cuivré a été à nouveau enregistrée dans le secteur Lavaltrie-Contrecœur du fleuve Saint-Laurent. Les raisons de sa présence dans ce tronçon fluvial au printemps et au début de l’été (rassemblement pré-fraye, fraye ou voie de migration) ainsi qu’à l’automne (aire d’hivernage) n’ont pu être précisées. Les habitats de qualité pour le chevalier cuivré sont en régression. Sa disparition apparente dans les rivières Yamaska et Noire est d’ailleurs étroitement reliée à la détérioration de l’habitat.

 

Biologie

Comparativement aux autres espèces de chevaliers avec lesquelles il vit en sympatrie, le chevalier cuivré est l’espèce dont la longévité est la plus grande (plus de 30 ans) : c’est aussi l’espèce la plus féconde, et celle qui atteint la plus grande taille (plus de 70 cm). La période de reproduction, qui est plus tardive que celle de ses congénères, se déroule de la fin de juin au début de juillet alors que la température de l’eau varie de 18 à 26 ºC. L’espèce atteint également la maturité sexuelle à l’âge le plus avancé (vers l’âge de dix ans). Le régime alimentaire du chevalier cuivré est constitué presque exclusivement de mollusques. Pour broyer les coquilles, il est doté d’un appareil pharyngien très robuste et pourvu de dents molariformes.

 

Tailles et tendances des populations

Des fouilles archéologiques montrent que l’espèce était jadis plus abondante à diverses époques de l’histoire et de la préhistoire. Depuis le milieu des années 1980, son abondance relative par rapport à ses congénères affiche une baisse importante. La population est vieillissante, et le recrutement est extrêmement faible. Par rapport à leurs congénères, l’abondance relative des jeunes chevaliers cuivrés de l’année dans la rivière Richelieu, le seul cours d’eau où la reproduction est confirmée, est inférieure ou égale à 0,35 p. 100. Le déplacement des profils de distribution de taille vers les valeurs supérieures depuis 30 à 40 ans est significatif. La capture de juvéniles âgés de deux ans et plus est pratiquement nulle depuis 30 ans. Le nombre total d’individus matures serait de quelques milliers tout au plus.

 

Facteurs limitatifs et menaces

Certaines caractéristiques biologiques de l’espèce comme sa grande longévité, l’atteinte de la maturité sexuelle à un âge avancé, le fait qu’elle fraye tardivement et que son régime alimentaire soit spécialisé en font une espèce unique par rapport à ses congénères, mais contribuent toutefois, à certains égards, à la rendre plus vulnérable. Comme les cours d’eau fréquentés par le chevalier cuivré se trouvent dans les régions les plus densément peuplées du Québec, des facteurs d’origine anthropique sont en cause. Ces facteurs ne peuvent toutefois être déterminés avec certitude et agissent vraisemblablement en combinaison. La détérioration et la fragmentation de son habitat ainsi que le faible succès de reproduction seraient des éléments clés pour expliquer son déclin. La contamination, l’envasement, l’eutrophisation des cours d’eau et l’introduction d’espèces non indigènes, la construction d’ouvrages qui entravent sa libre circulation, et enfin le dérangement des géniteurs sur les sites de fraye sont autant de facteurs à considérer.

 

Importance de l’espèce

L’importance du chevalier cuivré ne se limite pas simplement à des considérations scientifiques et écologiques, mais s’inscrit dans le cadre de valeurs sociales, de développement durable et de conservation de la biodiversité. L’espèce est, en quelque sorte, un véritable indicateur des impacts des activités anthropiques sur les écosystèmes du sud du Québec. L’intérêt du public est non seulement soutenu mais grandissant.

 

Protection existante et autres désignations

Comme pour les autres espèces de poissons, la Loi sur les pêches (fédérale), la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune et la Loi sur la qualité de l’environnement (Québec) assurent une certaine protection de l’espèce et de son habitat. Comme ces dispositions étaient jugées insuffisantes pour assurer le maintien de l’espèce, des mesures supplémentaires ont été mises de l’avant, comme la modification du règlement de pêche sportive dans certains secteurs fréquentés par le chevalier cuivré et la création, en octobre 2002, du refuge faunique Pierre-Étienne-Fortin à Chambly. Ce dernier vise à préserver l’intégrité de la plus importante frayère et à prévenir le dérangement des géniteurs et le piétinement des sites de ponte durant la période de reproduction. Le chevalier cuivré a été désigné menacé en 1987 par le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada (CSEMDC) aujourd’hui devenu le COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada). Depuis avril 1999, le statut d’espèce menacée lui a été attribué en vertu de la Loi québécoise sur les espèces menacées ou vulnérables. Ce statut, le plus important qui puisse être attribué à une espèce au Québec, est utilisé lorsque sa disparition est appréhendée. Actuellement, la survie de l’espèce repose essentiellement sur les interventions de protection et les efforts de réintroduction.