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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation du chevalier cuivré au Canada – Mise à jour

Mise à jour
Rapport de situation du COSEPAC
sur le
chevalier cuivré
Moxostoma hubbsi
au Canada
2004

Information sur l'espèce

Nom et classification

Classe :
Actinopterygii
Ordre :
Cypriniformes
Famille :
Catostomidae


Le chevalier cuivré (« copper redhorse » en anglais) (Moxostomahubbsi, Legendre) (figures 1 et 2) est l’un de sept représentants du genre Moxostoma (famille des Catostomidés) au Canada. Sa découverte a été attribuée à Vianney Legendre en 1942 (Legendre, 1942), mais ce serait Pierre Fortin qui l’aurait décrit pour la première fois en 1866 sous le nom d’une espèce déjà connue du genre Moxostoma (Branchaud et Jenkins, 1999). Croyant qu’il s’agissait d’une espèce déjà décrite par Valenciennes, Legendre lui donna d’abord le nom de Megapharynx valenciennesi en considérant toutefois Megapharynx comme un nouveau genre. Des études plus approfondies ont par la suite mis en évidence le fait qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce. En se basant sur la description qu’il en avait faite dix ans auparavant, Legendre (1952) désigna officiellement le chevalier cuivré comme une nouvelle espèce et lui attribua le nom scientifique Moxostoma hubbsi en hommage au célèbre ichtyologiste Carl L. Hubbs. Un peu plus tard, Robins et Rainey (1956) ont placé ce poisson dans le sous-genre Megapharynx. L’étude la plus récente ne reconnaît toutefois plus Megapharynx comme un taxon valide (Harris et al., 2002).

Ce poisson était connu anciennement sous le nom de « suceur cuivré », mais son nom vernaculaire français a été changé en 1998 dans l’optique de faciliter la sensibilisation du public à sa protection en éliminant toute connotation péjorative associée au mot « suceur » (Branchaud et al., 1998). Le terme générique français « chevalier » est désormais utilisé pour désigner tous les représentants du genre Moxostoma. Ce nom fait référence à leurs grandes écailles qui rappellent l’armure d’un chevalier. La seconde partie de son nom vernaculaire est cependant demeurée inchangée puisqu’elle fait directement référence à la coloration générale de la face dorsale de son corps, de sa tête et de ses flancs, qui varie du lustre cuivré à l’olive alors que la face ventrale du corps est généralement plus pâle ou blanchâtre, et les nageoires habituellement cuivrées à bistrées (Scott et Crossman, 1974).


Figure 1 : Chevalier cuivré adulte

Figure 1 : Chevalier cuivré adulte (dessin de Paul Vecsei)

Dessin de Paul Vecsei.


Figure 2 : Chevalier cuivré juvénile, 38 mm

Figure 2 : Chevalier cuivré juvénile, 38 mm (dessin de Nathalie Vachon, tiré de Vachon, 2003a)

Dessin de Nathalie Vachon, tiré de Vachon, 2003a.


Description

Le chevalier cuivré est un Catostomidé à grandes écailles du genre Moxostoma, groupe de poissons de taille relativement grande, munis d’une bouche infère et protractile dont les lèvres sont marquées de sillons et d’un appareil pharyngien, pourvu de dents disposées en forme de couronne autour de l’ouverture de l’œsophage. Il se caractérise par 15 ou 16 rangées d’écailles autour du pédoncule caudal comme son congénère le chevalier jaune (Moxostoma valenciennesi) alors qu’il y en a habituellement 12 ou 13 chez les autres espèces avec qui il vit en sympatrie dans le sud du Québec, soit les chevaliers blanc (M. anisurum), rouge (M. macrolepidotum) et de rivière (M. carinatum). Sa tête courte et massive en forme de triangle équilatéral, la présence d’un arc modérément haut, en pente raide derrière la tête, présentant l’apparence d’une bosse, son appareil pharyngien exceptionnellement robuste et pourvu de dents molariformes (de 18 à 21 par arcs) (figure 3) sont les principales caractéristiques qui permettent de le distinguer des autres espèces (Mongeau, 1984; Mongeau et al., 1986, 1988; Scott et Crossman, 1974).


Figure 3 : Appareil pharyngien du chevalier cuivré

Figure 3 : Appareil pharyngien du chevalier cuivré

Photo de Yves Chagnon, Société de la faune et des parcs du Québec.

Des études ont permis de décrire certaines caractéristiques morphométriques, méristiques et pigmentaires aux stades larvaire (mésolarve flexion) et juvénile (Gendron et Branchaud, 1991) et de développer des techniques d’analyse génétique pour l’identification des oeufs et des larves (Branchaud et al., 1996). Des études ont aussi permis de décrire certains aspects morphologiques des arcs branchial et pharyngien chez les juvéniles (Beauchard, 1998; Vachon, 2003b) de même que la séquence d’ossification et de chondrification du squelette caudal chez les larves (Grünbaum et al., 2003). Malgré des efforts considérables, la façon la plus fiable d’identifier les larves repose encore sur la génétique (Branchaud et al., 1996). À l’heure actuelle, seuls les juvéniles de plus grande taille (LT > 35 mm) peuvent être identifiés par des critères externes. Chez les chevaliers cuivrés juvéniles, le nombre réduit de dents pharyngiennes de même que leur aspect « molariforme », la base élargie et la plus grande robustesse de leurs arcs sont déjà évidents et permettent de les distinguer des autres. La dissection de l’appareil pharyngien est encore la technique de choix pour confirmer l’identification (Vachon, 1999a, 2003a).