Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Tradescantie de l'Ouest (Tradescantia occidentalis) au Canada

Résumé

Tradescantie de l’Ouest
Tradescantia occidentalis

Information sur l’espèce

La tradescantie de l’Ouest (Tradescantia occidentalis (Britt.) Smyth) est une espèce vivace de la famille des Commelinacées. On trouve au Canada une seule autre espèce de Tradescantia, le T. ohiensis Raf., et elle est confinée au Sud-Ouest de l’Ontario.

Répartition

En milieu naturel, la tradescantie de l’Ouest est confinée à l’Ouest de l’Amérique du Nord. Au Canada, on en trouve quelques sites disjoints dans le Sud des Prairies, soit un site dans le Sud-Est de l’Alberta, un dans le Centre-Sud de la Saskatchewan et trois dans le Sud-Ouest du Manitoba.

Habitat

Les sites de la tradescantie de l’Ouest sont situés sur des crêtes dunaires partiellement stabilisées, en général sur les pentes abruptes orientées vers le sud, mais aussi dans des creux de déflation. Ces milieux comportent habituellement des étendues plus ou moins grandes de sable mobile. Au Manitoba, les cordons dunaires peuvent être passablement étendus. En Alberta et en Saskatchewan, la tradescantie de l’Ouest est confinée à de petites superficies au sein de complexes plus vastes de dunes partiellement stabilisées. Les espèces communes qui y sont associées sont les suivantes : la calamovilfa à longues feuilles (Calamovilfa longifolia), le cerisier de Virginie (Prunus virginiana), le sumac grimpant (Rhus radicans), le rosier de Woods (Rosa woodsii), l’armoise douce (Artemisia frigida), l’armoise argentée (Artemisia cana), le genévrier horizontal (Juniperus horizontalis), la campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia), la symphorine de l’Ouest (Symphoricarpos occidentalis), le chalef argenté (Elaeagnus commutata), la koelérie à crête (Koeleria macrantha), l’oryzopsis (Oryzopsis hymenoides), la stipe comateuse (Stipa comata), le thermopsis rhombifolié (Thermopsis rhombifolia), la mamillaire vivipare (Coryphantha vivipara), la stipe verte (Stipa viridula), le schizachyrium à balai (Andropogon scoparius), le boutelou gracieux (Bouteloua gracilis) et l’oponce fragile (Opuntia fragilis).

Biologie

La tradescantie de l’Ouest fleurit de mai à juillet et produit des graines entre le début août et la première neige. Chaque fleur ne dure qu’un jour. Les tiges produisent des bourgeons à l’automne, et la plante passe l’hiver à l’état végétatif. La couleur des fleurs varie du blanc ou du rose au violet foncé, couleur la plus courante. Le pollinisateur le plus fréquent est une halicte. La plante possède à la fois des racines charnues et des racines minces, adaptation qui lui permet de survivre dans l’habitat sec que sont les dunes.

Taille et tendances des populations

La population canadienne compterait actuellement quelque 22 000 individus, dont la majorité poussent dans deux des trois sites du Manitoba, soit le site de Hellman (9 422 individus) et le site de Loutit (4 321 individus). La population du troisième site de cette province est estimée à 619 individus. Le site de la Saskatchewan compte une centaine de plantes. Le site des dunes du lac Pakowki, en Alberta, en abritait sept en 2001, une année de sécheresse, mais l’effectif y est remonté à 7 450 individus l’année suivante, après d’abondantes précipitations.

Facteurs limitatifs et menaces

Au nombre des facteurs limitatifs, on signale le broutage par le bétail, l’envahissement par l’euphorbe ésule, l’ombrage, la stabilisation des dunes et les perturbations anthropiques. Un broutage faible à modéré a une incidence limitée sur l’espèce et pourrait même atténuer les effets de la stabilisation des dunes; le surpâturage est dommageable, mais ne pose pas de problème pour le moment. L’euphorbe ésule a envahi trois des cinq sites canadiens, mais la tradescantie de l’Ouest résiste encore pour l’heure. Les perturbations du fragile habitat dunaire par les humains (véhicules tout-terrain, extraction de sable ou exploration pétrolière) sont problématiques. En Alberta, la population est menacée de disparition à cause des effets de la stabilisation des dunes.

Importance de l’espèce

La tradescantie de l’Ouest est une espèce importante des dunes du sud des Prairies canadiennes. Certaines espèces de tradescantie sont utilisées en horticulture.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P) Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP) Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI) Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

Retour à la référence de la note de bas de page1

Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 19

Retour à la référence de la note de bas de page2

Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

Retour à la référence de la note de bas de page3

Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de page4