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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hypogymnie maritime au Canada – Mise à jour

Cycle vital et reproduction

Les lichens sont des organismes symbiotiques. Chez l’Hypogymnia heterophylla, la reproduction nécessite l’union d’une ascospore ou d’un hyphe du champignon avec une algue verte du genre Trebouxia. La multiplication végétative peut se produire par fragmentation des lobules, qui renferment le champignon et l’algue associée. Les nombreuses pycnides formées à la face supérieure des lobes produisent des spores asexuées, ou conidiospores. Après leur libération, les conidiospores doivent rencontrer l’algue compatible du genre Trebouxia pour qu’il y ait formation d’un thalle. Chez l’H. heterophylla, la formation d’apothécies est assez fréquente, et on peut penser que la reproduction sexuée par union d’une ascospore avec le Trebouxia associé est également fréquente; les rameaux de pin tordu côtier semblent porter suffisamment de partenaires compatibles, présents dans les thalles intacts d’H. heterophylla ou d’autres lichens, ou sous forme libre issue de lichens en décomposition.

Il est possible que l’apport d’éléments nutritifs par les embruns soit favorable à l’Hypogymnia heterophylla, notamment par un effet sur la disponibilité d’algues pouvant former l’association lichénique. Cette hypothèse est appuyée par le fait que l’H. heterophylla est habituellement observé sur des pousses terminales de l’arbre hôte, lesquelles sont vraisemblablement très exposées aux embruns, mais modérément exposées au ruissellement acide des branches supérieures (Barkman, 1958; Goward, 1996).

Physiologie

La physiologie de l’Hypogymnia heterophylla n’a pas été étudiée. Au Canada, ce lichen épiphyte vit dans des milieux exposés de la côte du Pacifique. On suppose donc qu’il tolère des vents forts, un degré élevé d’ensoleillement, une humidité relative élevée et les embruns.

Déplacements et dispersion

Les diaspores de lichens, y compris les conidiospores, peuvent être dispersées par le vent, par l’eau et par des animaux (Bailey, 1976). Chez l’Hypogymnia heterophylla, il est probable que ces trois mécanismes participent de façon plus ou moins importante à la dispersion des spores, mais la dispersion à grande distance est probablement assurée davantage par le vent et les oiseaux (Goward, 1996), surtout par les oiseaux (Bailey et James, 1979; Jorgensen, 1983).

Relations interspécifiques

L’Hypogymnia heterophylla vit sur les branches et les rameaux de pins tordus côtiers jeunes ou d’âge intermédiaire. D’autres lichens ont été observés sur des branches de pin tordu côtier dans l’habitat de l’H. heterophylla et souvent sur le même arbre, notamment l’H. enteromorpha , l’H. inactiva , l’H. physodes , l’H. imshaugii , le Melanelixia subaurifera, le Parmelia sulcata, lePlatismatia herrei, leRamalina farinacea, leR. menziesii , le Tuckermannopsis orbata, l’Usnea cavernosa, l’U. ceratina  et une autre espèce d’Usnea.

Adaptabilité

Vu son habitat très restreint, qui se limite à des peuplements de pin tordu côtier jeunes ou d’âge intermédiaire poussant à moins de 1 km environ de la côte, on peut penser que l’Hypogymnia heterophylla ne possède pas une grande capacité d’adaptation. Les embruns sont peut-être essentiels à l’établissement et à la survie de l’espèce.