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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hypogymnie maritime au Canada – Mise à jour

Le principal facteur limitant la dispersion de l’Hypogymnia heterophylla est l’inféodation de l’espèce aux jeunes peuplements de pin tordu côtier établis sur des saillies rocheuses venteuses à orientation sud-ouest à ouest. Une grande partie de la côte sud-ouest de l’île de Vancouver est formée de collines rocheuses et de plages de sable ou de galets. Les saillies rocheuses balayées par les vents y sont plus rares.

Les tempêtes ainsi que les hautes marées, qui donnent lieu au transport d’embruns jusque dans les terres, sont également importantes. Les violentes tempêtes qui ont marqué l’hiver 2006-2007 ont causé de graves dégâts dans les forêts de la côte. Par ailleurs, la destruction d’arbres favorise l’établissement du pin tordu côtier et, par conséquent, augmente l’habitat de l’H. heterophylla.

Le réchauffement de la planète s’accompagnera d’une amplification des fluctuations de températures et de précipitations, d’une intensification des tempêtes et d’une augmentation de la fréquence des inondations sur les côtes. Les modèles climatiques prédisent, pour la côte ouest de l’Amérique du Nord, une augmentation des températures pouvant atteindre 3,2 ºC d’ici les années 2040 (Mote et al., 2003). Une étude de l’habitat des lichens épiphytes rares de la côte ouest de l’Amérique du Nord a permis de constater que l’Hypogymnia heterophylla était associé à l’H. leucomela, au Bryoria pseudocapillaris et au B. spiralifera dans 67 % ou plus des parcelles où ces lichens rares étaient présents. Une analyse de régression logistique a montré que pour les trois espèces, la moyenne des températures minimums au-dessus du point de congélation en décembre est la principale variable environnementable déterminant les milieux les plus propices. Pour de nombreuses espèces, une faible différence sur le plan du climat ou du type de forêt avait une forte incidence sur la probabilité de trouver l’espèce (Glavich et al., 2005).

Le réchauffement de la planète pourrait donc favoriser la dispersion de l’Hypogymnia heterophylla vers le nord, au Canada, s’il existe sur la côte suffisamment de jeunes peuplements de pin tordu côtier exposés aux éléments. En Oregon et en Californie, il semble que l’H. heterophylla survive dans des forêts âgées de fin de succession (Glavich et al., 2005).

En somme, la principale menace à la survie des populations canadiennes d’H. heterophylla semble venir des tempêtes hivernales, et le principal facteur limitant la répartition de l’espèce au Canada est le manque d’habitat.