Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Courlis à long bec au Canada - Mise à jour

TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS

Dans le précédent rapport du COSEPAC (De Smet, 1992), on estimait que la population canadienne de courlis se situait entre 4 990 et 7 800 oiseaux. Ces chiffres s’appuyaient principalement sur une estimation établissant les effectifs dans les prairies à entre 4 600 et 7 300 oiseaux, à partir d’études menées en Saskatchewan et d’une extrapolation pour l’Alberta, et sur une estimation de 300 à 500 courlis en Colombie‑Britannique (De Smet, 1992).

Morrison et al. (2001) ont estimé la population mondiale du Courlis à long bec à 20 000 oiseaux (fourchette de 15 000 à 20 000), et la population nichant au Canada à plusieurs milliers d’individus. Ces estimations s’appuient sur des relevés effectués en automne, en hiver et pendant la migration printanière. Des estimations obtenues à partir d’extrapolations des données du BBS indiquent une population mondiale de 168 000 individus, mais ce chiffre est considéré comme peu réaliste (Morrison et al., 2001). D’après Morrison et al. (2001), il est improbable que des parties importantes de la population passent inaperçues pendant les relevés effectués en période de migration ou en hiver; ils recommandent donc d’adopter jusqu’à preuve du contraire une estimation prudente de la population, soit 20 000 oiseaux. Des données recueillies récemment au Canada (voir ci‑dessous) donnent à penser que cette estimation est exagérément prudente.

En Saskatchewan, le Service canadien de la faune a effectué un relevé dans des cantons choisis au hasard en 1988 et en 1989 (A. Smith, comm. pers., 2001). En raison du degré élevé de variance, il a été impossible de calculer une estimation précise de la population à partir de ce relevé, mais on a fait une estimation grossière d’au moins 2 000 couples (A. Smith, comm. pers., 2001). On essaie actuellement de faire une estimation à jour de la population pour la Saskatchewan, mais elle ne sera pas terminée avant mars 2002 (J. Foster‑Wilfong, comm. pers., 2001). En général, on pense que la population de courlis est demeurée relativement stable en Saskatchewan au cours des dix dernières années (A. Smith, comm. pers., 2001), mais certains considèrent que les effectifs du courlis sont peut‑être à la hausse dans certaines régions (p. ex. dans les collines Great Sand) et à la baisse dans d’autres régions (p. ex. dans l’Est de l’aire de répartition; W. Harris, comm. pers., 2002).

En Alberta, un inventaire des Courlis à long bec dans la région naturelle des prairies a été effectué en 2001, à l’aide d’une stratégie d’échantillonnage aléatoire stratifié en fonction du pourcentage de prairies indigènes (Saunders, 2001b). Au total, 110 parcelles d’échantillonnage de 26,5 km2 ont été recensées. Ces parcelles étaient concentrées principalement le long de routes secondaires, mais quelques‑unes avaient été établies dans des secteurs sans routes. Les résultats ont permis d’obtenir une estimation de 11 942 courlis mâles (intervalle de confiance de 95 p. 100 : de 9 560 à 14 323). Si le rapport des sexes est égal, ceci donnerait environ 24 000 oiseaux. Il est possible que certains mâles ne soient pas appariés, puisque les jeunes mâles peuvent revenir sur les aires de reproduction une année ou
deux avant les jeunes femelles (Redmond et Jenni, 1986). Si 25 p. 100 des mâles observés n’étaient pas appariés, l’estimation obtenue serait de 20 898 ± 4 180 oiseaux. Cependant, il n’y a aucune raison de soupçonner un rapport des sexes intrinsèquement asymétrique dans la population totale; donc, bien qu’il soit possible que les jeunes femelles aient été absentes pendant l’inventaire effectué en Alberta, elles font encore partie de la population totale de courlis.

Dans l’ensemble, l’inventaire de l’Alberta a été considéré comme une estimation prudente pour les raisons suivantes : il a été effectué à partir de routes secondaires et certains courlis sont peut‑être passés inaperçus pendant les relevés à cause de la topographie et de la végétation; en outre, l’échantillonnage a été effectué surtout pendant la période d’incubation, durant laquelle les oiseaux sont moins visibles (Saunders, 2001b). De plus, quelques courlis nichent dans le Sud de la région naturelle des prairies (Semenchuk, 1992), qui n’était pas comprise dans l’inventaire de l’Alberta de 2001. Divers facteurs ont pu entraîner une surestimation : la densité des courlis nicheurs est plus élevée en bordure des routes; on a pu compter deux fois le même oiseau ou inclure des oiseaux se trouvant au‑delà de la bande d’observation de 400 m. Aucun ne semble probable. Premièrement, aucune des données publiées ne permet de penser que la densité des courlis nicheurs soit plus élevée en bordure des routes. Deuxièmement, il est peu probable que des oiseaux aient été comptés deux fois parce que l’inventaire a été effectué surtout pendant la période d’incubation, et il n’y a eu aucune mention signalant la présence de plus d’un couple à un arrêt (carré 800 m x 800 ). Enfin, on a fait des efforts pour réduire au minimum les erreurs d’estimation de la distance : on a demandé aux observateurs de signaler les oiseaux se trouvant à l’extérieur de la distance de 400 m et on leur a donné avant les relevés une formation rigoureuse en matière d’estimation des distances (Saunders, 2001b). Il est donc probable que l’estimation fournie par Saunders (2001b) est exacte, sinon prudente.

La grande différence entre l’estimation actuelle du nombre de courlis en Alberta et les précédentes tient peut‑être au fait que ces dernières ne tenaient pas compte de la population de courlis qui exploitait des secteurs comportant peu ou pas de prairies indigènes. Bien qu’en Alberta les courlis soient deux fois moins nombreux dans les secteurs de culture intensive, ce type d’habitat couvre quand même une superficie considérable dans le Sud de la province, et abrite donc un pourcentage important (54 p. 100) de sa population de courlis (Saunders, 2001b).

En Colombie‑Britannique, un certain nombre d’études réalisées au cours des dix dernières années ont fourni des renseignements plus détaillés sur les effectifs des populations. En 2000 et en 2001, la British Columbia Conservation Foundation a effectué un dénombrement de courlis mené par des bénévoles. Il s’agissait d’améliorer la compréhension de la répartition régionale des courlis en Colombie‑Britannique plutôt que d’estimer les effectifs de la population. Aux fins du relevé, des parcours (d’une longueur de 12 km à 67 km) ont été tracés le long des chemins dans les secteurs que l’on savait fréquentés par le courlis. On a signalé 82 courlis en 2000 et 72 en 2001 (E. Palmer, comm. pers., 2001). Il est clair que ces valeurs sont sous‑estimées étant que certains secteurs ont été bien couverts (p. ex. la région de Thompson) et d’autres pas du tout (p. ex. la région de Cariboo; B. Hammond, comm. pers., 2001). De plus, étant donné que les conditions étaient venteuses lors des journées fixées pour le relevé, il est probable que certains courlis sont passés inaperçus (B. Hammond, comm. pers., 2001).

Cannings (1999) estimait la population minimale de courlis en Colombie‑Britannique à 500 oiseaux ou 250 couples nicheurs. Ces chiffres étaient fondés sur des estimations du nombre de couples observés dans les principales populations nicheuses : East Kootenay (42 couples), Creston (au moins quatre couples), Okanagan Sud-Similkameen (25 couples), Okanagan Nord (de 9 à 61 couples), Thompson-Nicola (50 couples), Fraser-Chilcotin-Cariboo (100 couples) et McBride (25 couples). Bien que l’estimation minimale de 500 oiseaux soit supérieure à celle de 1992, qui était de 300 à 500 oiseaux, il est probable que cette augmentation découle davantage d’une meilleure information que d’un accroissement significatif de la taille de la population.

En additionnant les estimations minimales pour la Saskatchewan (4 000 oiseaux), l’Alberta (³19 000 oiseaux) et la Colombie‑Britannique (500 oiseaux nicheurs), il est possible d’estimer à au moins 23 500 oiseaux matures la population canadienne de Courlis à long bec. Étant donné l’absence d’estimations de la population maximale en Saskatchewan et en Colombie‑Britannique, il est impossible d’estimer le nombre maximal d’oiseaux nicheurs. La majorité des Courlis à long bec du Canada se trouve en Alberta (environ 80 p. 100 de la population canadienne). Cette information est confirmée par les données du BBS. Sur les 40 parcours de l’Alberta où l’on a signalé des courlis, on a dénombré en moyenne 7,4 oiseaux par parcours (de 1966 à 2000) comparativement à 2,54  en Saskatchewan (n = 12) et à 1,12  en Colombie‑Britannique (n = 13; données tirée de Sauer et al., 2001).

Il y a peu d’information disponible sur les tendances ou la variabilité dans les effectifs des populations de Courlis à long bec. En Saskatchewan et en Alberta, il n’y a pas de preuve empirique ou anecdotique d’une augmentation ou d’un déclin de la population dans les dix dernières années. En Colombie‑Britannique, certaines populations semblent stables (Thompson-Nicola, Fraser-Chilcotin-Cariboo, sillon des Rocheuses; Cannings, 1999; P. Ohanjanian, comm. pers., 2001) et d’autres montrent des signes de déclin marqué (North Okanagan; Cannings,1999).

D’après les données du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) de l’Amérique du Nord, il y a eu à l’échelle du continent un déclin significatif, soit 1,7 p. 100 par année, de 1980 à 2000[1](p = 0,09, N = 221; Sauer et al., 2001). En raison du faible nombre de courlis observés sur les parcours du BBS, on dispose de très peu de tendances significatives à l’échelle régionale. D’après les données, il semble qu’entre 1980 et 2000 la population totale du Canada ait connu un déclin de 1,5 p. 100 par année (p = 0,42, N = 37; Sauer et al., 2001). À l’échelle provinciale, les données indiquent un déclin de 7,7 p. 100 par année (p = 0,11, N = 6) en Saskatchewan, un déclin de 2,0 p. 100 par année (p = 0,32, N = 22) en Alberta et une hausse de
2,9 p. 100 par année (p = 0,6, N = 9) en Colombie‑Britannique. D’après les données du BBS, pour l’ensemble de l’aire de répartition, les effectifs des populations de courlis diminuent plus rapidement dans l’Est, dont la Saskatchewan, dans l’Est du Montana, dans l’Est du Wyoming, au Dakota du Sud, au Nebraska et au Kansas. On constate un déclin modéré dans le Nord et le Centre de l’aire de répartition, notamment dans la majeure partie du Sud de l’Alberta, l’Ouest de la Saskatchewan, l’Utah et le Nevada. On observe une tendance à la hausse dans le Centre et l’Ouest de l’aire de répartition de l’espèce, y compris dans l’extrême Sud de l’Alberta et la majeure partie de la Colombie‑Britannique, ainsi que dans l’Ouest du Montana, dans l’État de Washington, en Idaho, dans l’Ouest du Wyoming et en Oregon (Sauer et al., 2001; figure 4).

Figure 4.  Carte des tendances relatives au Courlis à long bec, d’après le Relevé des oiseaux nicheurs, de 1966 à 1996 (tirée de Sauer et al., 2001).

Figure 4.  Carte des tendances relatives au Courlis à long bec, d’après le Relevé des oiseaux nicheurs, de 1966 à 1996 (tirée de Sauer et al., 2001).




[1]             On considère que 20 ans correspondent à trois générations (en supposant que l’âge moyen des parents est de 6,5 ans – il convient de noter que ces chiffres s’appuient sur des données limitées).