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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Courlis à long bec au Canada - Mise à jour

FACTEURS LIMITATIFS ET MENACES

Perte d’habitat

En Saskatchewan et en Alberta, la perte de prairies indigènes a contribué aux déclins passés de la population de courlis (De Smet, 1992). Des prairies indigènes continuent de disparaître à la suite de la conversion en terres agricoles ou de l’empiètement urbain. Les prairies restantes sont souvent fragmentées, et leurs fonctions écologiques sont perturbées par divers facteurs dont l’activité industrielle, la surutilisation par le bétail, la lutte contre les incendies et l’invasion d’espèces végétales exotiques (PCAP Committee, 1998; Prairie Conservation Forum, 2001b; Hammermeister et al., 2001). En Saskatchewan, on estime que plus de 24 p. 100 des prairies indigènes existantes courent un risque de modéré à élevé d’être perturbées (Hammermeister et al., 2001). Il n’y a pas d’estimation de la superficie d’habitat de prairie qui serait en péril en Alberta. En Colombie‑Britannique, la perte d’habitat a été importante, en particulier dans les vallées de la Thompson et de l’Okanagan, où les vignobles, les vergers, les plantations de ginseng et les zones urbaines prennent de l’expansion (Cannings, 1999).

L’invasion de plantes exotiques réduit encore la superficie d’habitat disponible pour les courlis. En Saskatchewan, l’euphorbe ésule (Euphorbia esula) a envahi plus de 9 000 ha de pâturages et de prairies indigènes sur une bande diagonale allant de North Battleford à Estevan (Saskatchewan Agriculture and Food, 2000). En
Colombie-Britannique, les prairies envahies par les centaurées (Centaurea spp.) et les plantations anciennes de chiendent à crête ne conviennent pas aux courlis en raison de la haute taille de ces plantes (Ohanjanian, 1992). L’empiètement des forêts entraîne la perte d’habitat de prairie disponible dans certains secteurs de la Colombie-Britannique, comme les prairies de Chilcotin (Strang et Parminter, 1980) et la région d’East Kootenay (Ohanjanian, 1992). Lorsque l’on a défriché les secteurs envahis par la forêt dans la région d’East Kootenay, les populations de courlis ont augmenté (Ohanjanian, 1992).

Bien que le Courlis à long bec exploite des habitats agricoles, il n’y a pas d’information disponible sur la façon dont il les choisit ni sur l’incidence qu’auraient sur lui des changements dans les pratiques agricoles.

 

Chasse illégale

La chasse est à l’origine de la diminution initiale de la population de Courlis à long bec (De Smet, 1992), mais il n’y a pas d’indications récentes de chasse illégale au courlis au Canada. Cependant, si l’on considère leurs vocalisations peu discrètes, leur grande taille et leur tendance à houspiller les intrus, les courlis constituent une cible tentante. Il semble probable que certains courlis puissent être victimes de tireurs amateurs, en particulier dans les secteurs où le tir aux spermophiles est une pratique courante. En Idaho, Redmond et Jenni (1986) ont signalé trois adultes nicheurs tués par des chasseurs et six autres soupçonnés de l’avoir été.

 

Prédation

L’on a des indications que les populations de coyotes ont augmenté dans le Sud de l’Alberta. Le nombre de coyotes observés pendant les relevés aériens des chevreuils effectués en hiver dans le Sud‑Ouest de l’Alberta a augmenté d’un facteur de 2,5 entre 1985 et 1996 (G. Erickson, comm. pers., 2001). En Saskatchewan, la population de coyotes est considérée comme élevée, et l’on a des indications anecdotiques d’augmentations exceptionnelles dans les 10 à 15 dernières
années (A. Smith, comm. pers., 2001; W. Harris, comm. pers., 2002). Dans les
deux provinces des Prairies, le renard roux (Vulpes vulpes) est commun et a probablement une incidence sur les populations de courlis (A. Smith, comm.
pers., 2001).

En Irlande du Nord, un récent rétrécissant de l’aire de répartition du Courlis cendré (Numenius arquata) a été attribué à l’augmentation des populations de renards due à une diminution de la lutte contre les prédateurs et à des changements dans l’utilisation des terres (Grant et al., 1999). En Finlande, la prédation dans les nids de Courlis cendrés était plus élevée dans les secteurs comportant des fermes et des boisés que dans ceux où le couvert agricole était continu (Valkama et al., 1999). La présence d’arbres à proximité des régions où nichent des courlis fournit des perchoirs aux prédateurs aviaires, augmentant probablement le risque de prédation à l’échelle locale. Ce genre de situation pourrait être un facteur limitatif important en Colombie-Britannique, où les territoires de nidification se trouvent dans des secteurs de prairie relativement petits et entourés d’arbres. Ohanjanian (1986) a suggéré que la prédation avait pu augmenter sur les sites de nidification de la prairie Skookumchuck, dans le Sud‑Est de la Colombie‑Britannique, en raison de la proximité des arbres.

 

Activités agricoles

Il n’y a pas d’information sur le succès de la reproduction des courlis qui nichent dans des secteurs agricoles au Canada. On suppose que des activités comme le labourage, la fenaison et l’épandage de fumier entraîneraient une perte directe de nids, d’œufs et d’oisillons. En Oklahoma, Shackford (1994) a trouvé deux nids dans des champs cultivés : l’un d’eux avait été écrasé par un véhicule et l’autre avait apparemment été enterré par le labour. En Utah, Forsythe (1972) signale un nid détruit par un tracteur de ferme. L’épandage de pesticides peut également avoir une incidence directe ou indirecte sur les courlis (voir la rubrique « Survie » dans la section « Biologie » ci‑dessus), bien que les pesticides actuellement employés pour la lutte contre les sauterelles dans les prairies n’aient pas d’effets directs importants sur les oiseaux (D. Johnson, comm. pers., 2001). On ne connaît pas l’incidence de l’application d’herbicide sur les jachères chez le courlis mais, dans les régions agricoles, le courlis semble préférer les jachères (A. Smith, comm. pers., 2001; J. Foster‑Wilfong, comm. pers., 2001). Un pâturage modéré à important du bétail semble créer un habitat propice à la nidification des courlis mais, pendant la période d’incubation, il entraînerait probablement la perte de nids et d’œufs, piétinés par le bétail.

 

Mortalité due aux collisions avec des véhicules

Il existe quelques mentions d’oisillons de courlis frappés par des véhicules (Allen, 1980). Comme les oisillons préfèrent en général les secteurs où la végétation est plus haute, dans les prairies sèches, le temps qu’ils passent dans les fossés en bordure des routes peut être proportionnellement très élevé, ce qui augmente les risques de collision avec un véhicule. À plusieurs occasions, on a observé des jeunes courlis sur des petites routes et on les a parfois vus courir devant les véhicules (E. Stanley, comm. pers., 2001; W. Harris, comm. pers., 2002; obs. pers.). Dans de nombreux endroits de l’Alberta et de la Saskatchewan, les prairies indigènes sont maintenant sillonnées de chemins de gravier et de pistes donnant accès aux puits de pétrole et de gaz.

 

Changement climatique

L’incidence du changement climatique sur le Courlis à long bec et son aire de répartition est inconnue. Dans leur aire d’hivernage, les courlis occupent des territoires situés sur des vasières exposées, souvent dans la zone intertidale. Dans l’estuaire de la rivière Elk en Californie, la territorialité semble limiter le nombre de courlis qui utilisent les habitats de la zone intertidale, et l’on pense que des élévations modérées du niveau de la mer pourraient réduire la capacité de charge des estuaires aux endroits où des digues empêchent la formation de nouveaux habitats intertidaux (Colwell et Mathis, 2001).