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Programme de rétablissement du cornouiller fleuri (Cornus florida) au Canada - 2014

Partie 2 – Programme de rétablissement du cornouiller fleuri (Cornus florida) en Ontario, préparé par H. Bickerton et M. Thompson-Black pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario

Table des matières

Information sur le document – Partie 2

Liste des figures

Liste des tableaux

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Information sur le document – Partie 2

Cornouiller fleuri photo de couverture pour la partie 2

Cornouiller fleuri (Cornus florida) en Ontario

Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario

Février 2010

Photo : Wasyl Bakowsky, NHIC Archives

Programme de rétablissement préparé en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition.

Naturel. Apprécié. Protégé.

Ministère des Richesses naturelles

Gouvernement de l'Ontario

À propos de la Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario

Cette série présente l’ensemble des programmes de rétablissement préparés ou adoptés à l’intention du gouvernement de l’Ontario en ce qui concerne l’approche recommandée pour le rétablissement des espèces en péril. La province s’assure que la préparation des programmes de rétablissement respecte son engagement de rétablir les espèces en péril en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) et de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada.

Qu’est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est le processus par lequel le déclin d’une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces qui pèsent sur cette espèce sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie à l’état sauvage.

Qu’est-ce qu’un programme de rétablissement?

En vertu de la LEVD 2007, un programme de rétablissement fournit les meilleures connaissances scientifiques disponibles quant aux mesures à prendre pour assurer le rétablissement d’une espèce. Un programme de rétablissement présente de l’information sur les besoins de l’espèce en matière d’habitat et sur les types de menaces à la survie et au rétablissement de l’espèce. Il présente également des recommandations quant aux objectifs de protection et de rétablissement, aux méthodes à adopter pour atteindre ces objectifs et à la zone qui devrait être prise en considération pour l’élaboration d’un règlement visant l’habitat. Les paragraphes 11 à 15 de la LEVD 2007 présentent le contenu requis et les délais pour l’élaboration des programmes de rétablissement publiés dans cette série.

Après l’inscription d’une espèce sur la Liste des espèces en péril en Ontario, des programmes de rétablissement doivent être préparés dans un délai d’un an pour les espèces en voie de disparition et de deux ans pour les espèces menacées. Une période de transition de cinq ans (jusqu’au 30 juin 2013) est prévue pour l’élaboration des programmes de rétablissement visant les espèces menacées et en voie de disparition qui figurent aux annexes de la LEVD 2007. Des programmes de rétablissement doivent obligatoirement être préparés pour les espèces disparues de l’Ontario si leur réintroduction sur le territoire de la province est jugée réalisable.

Et ensuite?

Neuf mois après l’élaboration d’un programme de rétablissement, un énoncé de réaction est publié. Il décrit les mesures que le gouvernement de l’Ontario entend prendre en réponse au programme de rétablissement. La mise en œuvre d’un programme de rétablissement dépend de la collaboration soutenue et des mesures prises par les organismes gouvernementaux, les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres et les partenaires de la conservation.

Pour plus d’information

Pour en savoir plus sur le rétablissement des espèces en péril en Ontario, veuillez visiter la page Web des espèces en péril du ministère des Richesses naturelles (en anglais seulement).

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Référence recommandée

H. Bickerton et M. Thompson-Black. 2010. Programme de rétablissement du cornouiller fleuri (Cornus florida) en Ontario, Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario, document préparé pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough, Ontario, v + 21 p.

Illustration de la couverture : Wasyl Bakowsky

© Imprimeur de la Reine pour l’Ontario, 2010
ISBN 978-1-4435-2089-8 (PDF) (version anglaise)

Le contenu du présent document (à l’exception de l’illustration de la couverture) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

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Auteurs

Holly Bickerton – Écologiste-conseil, Ottawa
Melinda Thompson-Black – Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, district d’Aurora

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Remerciements

Un grand merci à John Ambrose, Eric Holzmueller, Barb Boysen, Mary Gartshore et Anita Imrie pour avoir fourni des renseignements généraux et des références.

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Déclaration

Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario a dirigé l’élaboration du présent programme de rétablissement du cornouiller fleuri conformément aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD, 2007). Ce programme de rétablissement a été préparé afin de conseiller le gouvernement de l’Ontario, d’autres compétences responsables et les nombreuses parties concernées par le rétablissement de l’espèce.

Le programme de rétablissement ne représente pas nécessairement l’opinion de toutes les personnes qui ont fourni des conseils ou qui ont participé à sa préparation, ni les positions officielles des organismes auxquels ces personnes sont associées.

Les buts, les objectifs et les approches de rétablissement mentionnés dans le programme sont fondés sur les meilleures connaissances disponibles et pourraient être modifiés à mesure que de nouveaux renseignements seront disponibles. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des compétences et organisations participantes.

La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des orientations définies dans le présent programme.

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Compétences responsables

Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
Environnement Canada – Service canadien de la faune (Ontario)
Agence Parcs Canada

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Sommaire

Le cornouiller fleuri (Cornus florida) est un petit arbre indigène remarquable du sous-étage forestier à feuilles caduques de l’est de l’Amérique du Nord. Au Canada, on le trouve uniquement dans le sud-ouest de l’Ontario, où sa présence a été relevée dans 154 sites entre 1975 et 2005. Le cornouiller fleuri est inscrit comme une espèce en voie de disparition sur la Liste des espèces en péril en Ontario et en vertu de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral.

Dans l’ensemble de son aire de répartition en Amérique du Nord, sa population connaît une forte baisse en raison du champignon (Discula destructiva) responsable de l’anthracnose du cornouiller. En Ontario, son taux de déclin a été estimé entre 7 et 8 % par an. Parmi les autres menaces, on compte la succession forestière, le broutage des cerfs de Virginie (Odocoileus virginianus), la perte d’habitat, les insectes et les organismes nuisibles. Ces menaces aggravent probablement le déclin de l’espèce, mais elles sont relativement faibles par rapport au champignon agressif responsable de l’anthracnose.

Le cornouiller fleuri est une espèce de la forêt carolinienne de l’Ontario. Il est présent dans une variété de communautés végétales. On le trouve le plus souvent dans des habitats allant de terrains boisés ouverts, secs et mésiques de chênes et de caryers à des forêts de l’est mixtes ou à feuilles caduques d’érables et de hêtres mésiques. Le cornouiller fleuri préfère les forêts d’âge moyen ou matures, et peut tolérer une certaine quantité d’ombre. On le trouve également le long de clôtures et au bord des routes. L’espèce préfère les sols de loam sableux, acides et plus légers, avec un bon drainage. Du fait de sa capacité à repousser abondamment à partir de son porte-greffe à la suite d’un incendie, le cornouiller fleuri fait preuve d’une certaine adaptation aux incendies de forêt. Le brûlage dirigé semble prometteur comme outil de gestion, car il ouvre le couvert forestier et procure ainsi des conditions environnementales moins favorables aux maladies fongiques.

Ce programme de rétablissement a pour objectif de conserver et de protéger les populations existantes du cornouiller fleuri, de réduire son taux de déclin et, dans la mesure du possible, de rétablir les populations de l’espèce dans toute son aire de répartition dans le sud de l’Ontario. Les objectifs de rétablissement sont les suivants :

  • Repérer et protéger les populations existantes de cornouiller fleuri dans son aire de répartition indigène dans le sud de l’Ontario.
  • Entreprendre des activités de suivi de la santé, des menaces et de sa résistance possible à l’anthracnose.
  • Élaborer, mettre en œuvre et évaluer les approches de gestion de l’anthracnose du cornouiller et d’autres menaces présentes dans les peuplements naturels.
  • Dans la mesure du possible, rétablir l’habitat et/ou les populations du cornouiller fleuri.

Il est recommandé que les zones où les populations naturelles de cornouiller fleuri sont présentes soient déterminées comme habitat dans un règlement sur l’habitat en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition. Les limites de cette zone doivent être considérées comme les types d’écosite de la classification écologique des terres entourant les arbres de cornouiller fleuri. Pour les arbres qui poussent naturellement dans les milieux non forestiers (p. ex. le bord des routes et les clôtures), on recommande d’inclure une zone qui s’étend de 25 mètres à partir du tronc de chaque arbre dans le règlement sur l’habitat.

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1.0 Renseignements généraux

1.1 Évaluation et classification de l’espèce

Nom commun : Cornouiller fleuri
 
Nom scientifique : Cornus florida

Classification sur la Liste des espèces en péril en Ontario : En voie de disparition

Historique de la Liste des espèces en péril en Ontario : En voie de disparition (2009)

Historique d’évaluation du COSEPAC :En voie de disparition (2007)

Annexe 1 de la LEP : En voie de disparition (18 mars 2009)

Cotes de conservation :
Cote G : G5    Cote N : N2    Cote S : S2?

Le glossaire contient les définitions des abréviations précédentes.

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1.2 Description de l’espèce et biologie

Le cornouiller fleuri (Cornus florida) est un membre de la famille des Cornaceae(cornouiller). Plusieurs des sous-espèces ou des variétés ont été reconnues par le passé, mais la plupart d’entre elles ne sont plus acceptées (Tirmenstein, 1991). Bien qu’elle soit indigène des forêts de l’est de l’Amérique du Nord, cette espèce remarquable a longtemps été populaire comme arbre d’ornement, et de nombreux cultivars ont été mis au point par l’industrie horticole.

Description de l’espèce
Le cornouiller fleuri est un petit arbre de trois à dix mètres, aux feuilles opposées, à l’écorce très rude, et aux rameaux et brindilles principalement verdâtres. Les feuilles opposées, grandes et simples, mesurent en moyenne 5 à 15 cm de longueur. Il se distingue particulièrement par la présence de quatre à six grandes bractées blanches remarquables, ressemblant à des pétales qui entourent les petites grappes de fleurs (Soper et Heimburger, 1982). Ses fruits sont des drupes rouges et lisses, qui ressemblent à des baies, d’environ 10 à 12 millimètres de long. Ils se présentent sous la forme de grappes de deux à six drupes. Chaque drupe contient un ou deux pépins de forme ellipsoïdale, de couleur crème, d’environ 7 à 9 millimètres de longueur. Les fruits mûrissent en août et en septembre (Soper et Heimburger, 1982). Cette espèce a une croissance lente et peut vivre jusqu’à 125 ans (Strobl et Bland, 2000). On peut consulter des descriptions détaillées, les clés taxonomiques ainsi que des illustrations techniques de l’espèce dans les travaux de Soper et Heimburger (1982), de Gleason et Cronquist (1991), et de Holmgren (1998).

Biologie de l’espèce
En Ontario, les fleurs de cette espèce s’ouvrent entre la fin mai et le début juin (COSEPAC, 2007). Les fleurs sont pollinisées par les abeilles, les coléoptères, les papillons et les mouches (Mayor et al., 1999). La grenaison semble être plus fructueuse lorsque les fleurs sont allogames (Reed, 2004, cité dans COSEPAC, 2007). Les graines sont dispersées dans l’ensemble de la litière forestière par de nombreuses espèces d’oiseaux, de mammifères, et par l’entremise de la gravité (Rossell et al., 2001). Dans des conditions naturelles, les graines hivernent avant que la germination ne se produise. Certaines graines ne germeront pas avant le deuxième printemps (Strobl et Bland, 2000).

Les fruits du cornouiller fleuri offrent de la nourriture à plus de 50 espèces d’oiseaux et à nombreux petits mammifères. Ces animaux dispersent ses fruits dans toute la forêt. Les arbres en bonne santé peuvent produire jusqu’à 10 kg de fruits au cours d’une saison (Rossell et al., 2001). Dans certaines parties des États-Unis où le cornouiller fleuri peut être une espèce courante du sous-étage forestier, ses branches fournissent une nourriture importante au cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) (Tirmenstein, 1991).

Par ailleurs, le cornouiller fleuri est une plante importante dans les cycles nutritifs des forêts de l’est de l’Amérique du Nord. Ses feuilles contiennent de grandes quantités de calcium pendant la saison de croissance. Elles tombent sur le tapis forestier et se décomposent plus rapidement que celles de nombreux autres arbres forestiers. Le calcium représente un élément particulièrement important et mobile dans les sols forestiers du Canada. Le cornouiller fleuri conserve le calcium disponible au sein de la couche biologiquement active du sol de la forêt (Thomas, 1969; Blair, 1988, cité dans Holzmueller et al., 2006). On craint que son déclin généralisé dans l’est de l’Amérique du Nord puisse entraîner d’autres effets écologiques négatifs à mesure que les cycles nutritifs de la forêt sont modifiés. Le cycle de calcium dans les forêts de chênes et de caryers peut être particulièrement touché (Jenkins et al., 2007).

Cette espèce s’est adaptée aux incendies, mais n’y est pas pour autant tolérante (Tirmenstein, 1991). À la suite de dommages ou de la destruction de sa végétation de surface dus à un incendie, le cornouiller fleuri peut pousser abondamment à partir du collet. Toutefois, de nombreuses plantes peuvent ne pas survivre en cas d’incendie. La mortalité des plantes individuelles à la suite d’un incendie peut dépasser 50 %. Les taux de mortalité semblent varier selon les caractéristiques des incendies, y compris l’intensité, la fréquence, la saison, et les effets sur le site (Tirmenstein, 1991).

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1.3 Répartition, abondance et tendances des populations

Répartition
Le cornouiller fleuri est présent dans l’est de l’Amérique du Nord (figure 1). Il est courant dans les forêts à feuilles caduques. Sa présence varie grandement entre le Michigan et la partie sud de l’Ontario adossée au Maine, au sud dans l’est du Texas et le nord de la Floride. Au Canada, l’espèce est limitée à la zone carolinienne du sud de l’Ontario (figure 2) (COSEPAC, 2007).

Figure 1. Aire de répartition indigène du cornouiller fleuri (McLemore, 1990)

La figure 1 montre l'aire de répartition indigène du cornouiller fleuri en Amérique du Nord qui est concentrée à l'est des États-Unis et jusqu'au sud de l'Ontario.

Figure 2. Répartition indigène totale du cornouiller fleuri en Ontario (COSEPAC, 2007).

La figure 2 montre l'aire de répartition indigène du cornouiller fleuri dans le sud de l'Ontario.

Abondance et tendances des populations
Des données récentes indiquent qu’au moins 154 populations de cornouiller fleuri ont été enregistrées en Ontario entre 1975 et 2005. On ignore combien de ces populations existent encore à ce jour, mais on estime que moins de 2 000 arbres sont présents dans les populations dispersées du sud de l’Ontario (COSEPAC, 2007).

Depuis l’apparition du champignon responsable de l’anthracnose du cornouiller dans les années 1990 en Ontario, on a observé un déclin rapide de la santé des populations du cornouiller fleuri (Ressources naturelles Canada, 2001). Des visites effectuées dans 32 sites dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce en Ontario ont indiqué que la mortalité liée à l’anthracnose existe dans la plupart des sites où le cornouiller fleuri est présent. Grâce à l’analyse des données recueillies dans les parcelles du Réseau d’évaluation et de surveillance écologiques, on estime que le déclin annuel des populations de cornouiller fleuri de l’Ontario est de 7 à 8 % (COSEPAC, 2007) en raison de l’anthracnose. Ce taux de déclin rapide indique que la plupart des populations de cornouiller fleuri en Ontario pourraient disparaître d’ici quelques décennies (Ressources naturelles Canada, 2001).

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1.4 Besoins en matière d’habitat

En Ontario, le cornouiller fleuri pousse généralement comme une espèce de sous-étage dans des forêts ouvertes, sèches et mésiques de chênes et de caryers à des forêts de l’est mixtes ou à feuilles caduques d’érables et de hêtres mésiques (COSEPAC, 2007). Les forêts où il est présent sont généralement d’âge moyen à matures.

Cette espèce partage une aire de répartition similaire dans la forêt carolinienne de l’Ontario, et peut coexister avec des espèces telles que le chêne nain (Quercus prinoides), le tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera), le sumac brillant (Rhus copallina), le chêne des teinturiers (Quercus velutina), le chêne des marais (Quercus palustris), le noyer noir (Juglans nigra), le caryer glabre (Carya glabra), l’hamamélis de Virginie (Hamamelis virginiana), et le nyssa sylvestre (Nyssa sylvatica), ainsi que d’autres espèces en péril comme le châtaignier d’Amérique (Castanea dentata) et le noyer cendré (Juglans cinerea) (COSEPAC, 2007).

On peut trouver le cornouiller fleuri dans les forêts ouvertes et à la lisière des forêts dans son aire de répartition du sud-ouest de l’Ontario (S. Brinker, comm. pers., 2009). Il peut également être présent au bord des routes et le long des clôtures (A. Woodliffe, comm. pers., 2009). Le cornouiller fleuri se trouve dans différents types de sols : humides, profonds et sols des zones sèches bien drainés, à la texture légère (McLemore, 1990, cité dans Tirmenstein, 1991). Le plus souvent, il est présent dans des sols acides de texture grossière à moyenne comme le sable et les loams sableux, même si on peut le trouver dans des sols de loam argileux (COSEPAC, 2007). L’abondance semble augmenter avec des textures de sol plus légères et mieux drainées. De plus, l’espèce n’est généralement pas présente dans les zones périodiquement inondées, ou dans des sols mal drainés (COSEPAC, 2007). Le pH du sol varie généralement de 6 à 7 (Fowells, 1965, cité dans Tirmenstein, 1991).

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1.5 Menaces pour la survie et le rétablissement

Anthracnose du cornouiller
La principale menace pour l’espèce, et la raison du déclin précipité de sa population dans l’est de l’Amérique du Nord, est le champignon responsable de l’anthracnose du cornouiller (Ressources naturelles Canada, 2001). L’origine de la maladie est inconnue, mais nombreux sont ceux qui croient qu’elle a été introduite en Amérique du Nord (Holzmueller et al., 2006). La maladie tue les plants du cornouiller fleuri de toute taille et a des effets particulièrement graves sur les semis, les arbres de petite taille, et les arbres du sous-étage forestier (Ressources naturelles Canada, 2001; Holzmueller et al., 2006). L’infection n’a pas été signalée pour d’autres espèces de cornouiller indigènes de l’Ontario (Ressources naturelles Canada, 2001). Les populations de cornouiller fleuri infectées présentent un degré élevé de mortalité, généralement de 25 à 75 %, bien qu’une mortalité atteignant 95 % ait été signalée en Illinois (Schwegmanet al., 1998, cité dans COSEPAC, 2007).

L’anthracnose du cornouiller semble se répandre au cours des saisons fraîches et humides (Ressources naturelles Canada, 2001). Des taches marron clair apparaissent sur les feuilles inférieures de l’arbre, forment petit à petit des trous, les tissus des feuilles finissent par se nécroser et les feuilles tombent. L’infection s’étend jusqu’à la cime, à mesure que les pousses et les brindilles sont infectées et que des chancres se développent. Les arbres peuvent réagir par la formation de branches épicormiques sur le tronc et les branches principales. Les chancres peuvent entourer l’arbre et infecter le cambium plus en profondeur. Finalement, l’arbre entier meurt (Ressources naturelles Canada, 2001). La pluie disperse les spores localement; les insectes et les oiseaux aident probablement à la dispersion des spores sur de longues distances (Holzmueller et al., 2006).

La gravité de l’infection de l’anthracnose du cornouiller est liée aux niveaux de lumière et d’humidité du sous-étage forestier. L’infection est souvent plus grave dans les milieux ombragés et les talus orientés vers le nord que dans les zones avec un aspect exposé ou un couvert forestier ouvert. La lumière du soleil et une meilleure circulation de l’air réduisent probablement la propagation et la gravité de la maladie (Chellemi et Britton, 1992; Daughtrey et al., 1996).

L’utilisation de brûlage dirigé semble prometteuse comme technique de gestion afin de contrôler le champignon responsable de l’anthracnose du cornouiller (Discula destructiva). Dans une étude américaine (Holzmueller et al., 2008) examinant l’historique des incendies de forêt et leur incidence sur le champignon responsable de l’anthracnose, les sites qui ont été brûlés sur une période de 20 ans présentaient des densités de tronc du cornouiller fleuri plus élevées. De plus, on a constaté un dépérissement moindre de la cime chez les arbres plus petits dans les zones brûlées. On pense que le feu, qui ouvre l’espace forestier, atténue les effets de l’anthracnose du cornouiller et fournit des conditions plus sèches non propices à la croissance fongique (Holzmueller et al., 2008).

Succession forestière
Il est prouvé que l’extinction des incendies a changé la composition du couvert forestier tout au long du Midwest américain, des chênes et des caryers aux érables à sucre, et a également augmenté l’ombrage du cornouiller fleuri. Elle peut avoir accéléré son déclin en raison du champignon responsable de l’anthracnose (Pierce et al., 2008). McEwan et al. (2000) ont attribué 36 % du déclin du cornouiller fleuri situé au sein d’une forêt ancienne à la fermeture du couvert forestier et aux stress environnementaux tels que la sécheresse. Par conséquent, la succession forestière peut jouer un rôle dans le déclin du cornouiller fleuri même dans les peuplements où l’anthracnose n’est pas présente. De tels sites pourraient bénéficier de la gestion pour maintenir des populations saines et stables (Pierce et al., 2008).

Herbivorisme par les cerfs
Dans l’est des États-Unis où le cornouiller fleuri est une espèce courante du sous-étage forestier, les brindilles fournissent une nourriture importante au cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) (Tirmenstein, 1991; Rossell et al., 2001). Étant donné les fortes densités de population de cerfs de Virginie dans tout le sud de l’Ontario, il est probable que l’herbivorisme est une menace pour certaines populations de cornouiller.

Perte et fragmentation de l’habitat
La perte de l’habitat dans toute la zone carolinienne a touché le cornouiller fleuri, en particulier dans le sud-ouest de l’Ontario. La fragmentation et la perte de terres forestières dans le sud de l’Ontario, en particulier dans le comté d’Essex et la région de Chatham-Kent, réduisent la probabilité que la faune puisse disperser les graines sur de longues distances à partir des habitats occupés aux habitats inoccupés convenables. En outre, on suppose que la perte et la fragmentation de l’habitat limitent le flux génétique et, par conséquent, qu’ils pourraient réduire la possibilité pour les plantes de développer une résistance naturelle au champignon responsable de l’anthracnose (COSEPAC, 2007).

Insectes et organismes nuisibles
Le cornouiller fleuri est vulnérable à un grand nombre d’insectes, bien que ces derniers soient beaucoup moins préoccupants que le champignon responsable de l’anthracnose. Les organismes nuisibles déterminés comprennent la sésie du cornouiller (Synanthedon scitula), le bupreste Apricans (Chrysobothris azurea et Agrilus cephalicus), le perceur à trois points du cornouiller (Oberea tripunctata), l’anneleur des rameaux (Oncideres cingulata), la cochenille écailleuse (Chionaspis lintneri) et la cochenille du cornouiller (Chionaspis corni) (McLemore, 1990, cité dans Tirmenstein, 1991). Le nématode cécidogène et les défoliateurs peuvent également réduire les taux de survie (COSEPAC, 2007).

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1.6 Lacunes dans les connaissances

Il existe un corpus de recherche important sur l’anthracnose du cornouiller de l’est des États-Unis, où la maladie a été observée pour la première fois à la fin des années 1970 (Daughtrey et al., 1996). Bien qu’à l’origine les recherches traitaient de la gestion des arbres horticoles et du développement de cultivars résistants, on a mis de plus en plus l’accent sur la détermination des effets écologiques et l’élaboration des recommandations en matière de gestion pour les cornouillers dans les milieux forestiers (p. ex.Holzmueller et al., 2006; Jenkins et al., 2007; Pierce et al., 2008). De manière générale, il faut effectuer plus de recherches sur la réduction de la gravité de la maladie dans les milieux forestiers, et sur la précision des exigences particulières liées à l’habitat du cornouiller fleuri en Ontario.

Présence de populations et/ou d’individus résistants en Ontario
Une enquête partielle des populations du cornouiller fleuri en Ontario a été menée au cours de l’élaboration du rapport de situation du COSEPAC, dans lequel certaines populations déterminées ne présentent actuellement aucun signe de déclin en raison de l’anthracnose (COSEPAC, 2007). Un suivi continu des sites choisis déterminerait si certaines de ces populations sont résistantes à long terme. Une évaluation des conditions du site aiderait à définir quelles caractéristiques naturelles (composition, structure des peuplements, etc.) peuvent contribuer à des niveaux plus faibles de mortalité.

Outils de gestion à utiliser en Ontario
Le suivi des facteurs tels que la mortalité, la densité des troncs et les taux d’infection du cornouiller fleuri dans les zones brûlées aiderait à déterminer si le brûlage dirigé peut être utilisé afin de ralentir le déclin du cornouiller fleuri. Le brûlage dirigé a été entrepris dans certaines zones naturelles où le cornouiller fleuri est présent (p. ex. St. Williams Forest, Turkey Point) et le suivi de la régénération et la gravité de la maladie dans ces sites pourraient fournir des renseignements utiles.

La recherche appliquée afin de déterminer le succès de l’éclaircissement du peuplement par la réduction de la mortalité et la promotion de la régénération pourrait également s’avérer utile. Dans des études sur des parcelles où les récoltes ont été effectuées, Britton et Pepper (1994) ont découvert que l’éclaircissement partiel peut être nuisible pour le cornouiller fleuri à long terme. Dans le Spooky Hollow Nature Sanctuary du comté de Norfolk, des plantations de pins dans les sols sablonneux ont été enlevées et le cornouiller fleuri a été abondamment ensemencé dans les nouveaux espaces ouverts (M. Gartshore, comm. pers., 2009).

La recherche pourrait contribuer à déterminer si le soin manuel des arbres est efficace ou réalisable en Ontario. Par exemple, l’élimination des feuilles et brindilles malades et l’application des fongicides ont été utilisées avec succès pour ralentir la propagation de l’anthracnose du cornouiller aux États-Unis (Daughtrey et al., 1996). Il est possible que ces techniques puissent être modifiées pour fournir des méthodes de contrôle limité dans les conditions du site naturel en Ontario.

Détermination des besoins en matière d’habitat en Ontario
Une description plus complète des habitats du cornouiller fleuri au sein de l’aire de répartition des sites de l’Ontario, à l’aide de l’approche de classification des terres écologiques, dans la mesure du possible (Lee et al., 1998), assurera que le règlement sur l’habitat élaboré pour le cornouiller fleuri est exact et suffisant pour protéger l’habitat existant et l’habitat de rétablissement pour le cornouiller fleuri.

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1.7 Mesures de rétablissement achevées ou en cours

En Ontario, quelques mesures de rétablissement sont en cours. LandCare Niagara, en partenariat avec le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario de Vineland, a effectué des mises à jour de l’inventaire et des occurrences dans les régions de Niagara et Haldimand. Le groupe a également élaboré le matériel didactique destiné aux propriétaires fonciers et au grand public, afin d’aider les propriétaires fonciers à reconnaître le cornouiller fleuri et les menaces qui pèsent sur lui.

Un suivi du cornouiller fleuri a été effectué à deux endroits dans le sud-ouest de l’Ontario. Deux parcelles d’arbres du Réseau d’évaluation et de surveillance écologiques dans le comté de Norfolk (Backus Woods et Wilson Tract) ont d’abord été répertoriées en 1995 et dans les années subséquentes (2000, 2003, 2005) à la suite de l’arrivée du champignon responsable de l’anthracnose pour obtenir une estimation du déclin de la population (COSEPAC, 2007).

Le brûlage dirigé a lieu dans les différents blocs au parc provincial Turkey Point pour la restauration des savanes, ce qui pourrait permettre une évaluation de la réaction du cornouiller fleuri et du champignon responsable de l’anthracnose aux incendies. Le suivi des arbres connus dans ces sites est en cours (S. Dobbyn, comm. pers., 2010).

Mary Gartshore a recueilli des graines du cornouiller fleuri dans deux sites du comté de Norfolk à la fin des années 1990. Les graines ont été multipliées dans une serre et les semis ont été plantés dans la même région. Poussant dans des conditions ouvertes et dans un sol sableux, ces arbres restent en bonne santé et ont produit de grandes cultures de graines en 2006 et en 2008 (M. Gartshore, comm. pers., 2009).

Par ailleurs, le cornouiller fleuri a été représenté dans un projet de la banque de gène de l’arboretum de l’Université de Guelph dans les années 1980. Axée sur une variété d’espèces caroliniennes, la banque de gènes a été conçue pour fournir des populations excédentaires et des sources de graines à pollinisation contrôlées ou à l’air libre, et atténuer la pression liée à la collecte de semences exercée sur les peuplements naturels des espèces indigènes. Certains spécimens de cornouiller fleuri sont morts en raison de l’anthracnose du cornouiller, du climat et d’autres maladies, mais l’arboretum compte plusieurs arbres sains (S. Fox, comm. pers., 2009).

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2.0 Rétablissement

2.1 Objectif de rétablissement

Ce programme de rétablissement a pour objectif de conserver et de protéger les populations existantes du cornouiller fleuri, de réduire son taux de déclin et, dans la mesure du possible, de rétablir les populations de l’espèce dans toute son aire de répartition dans le sud de l’Ontario.

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2.2 Objectifs de protection

Tableau 1. Objectifs de protection et de rétablissement
NuméroObjectif de protection ou de rétablissement
1.0Repérer et protéger les populations existantes de cornouiller fleuri dans son aire de répartition indigène dans le sud de l’Ontario
2.0Entreprendre des activités de suivi de la santé, des menaces et de sa résistance possible à l’anthracnose
3.0Élaborer, mettre en œuvre et évaluer les approches de gestion de l’anthracnose du cornouiller et d’autres menaces présentes dans les peuplements naturels
4.0Dans la mesure du possible, rétablir l’habitat et/ou les populations du cornouiller fleuri

Le rétablissement constitue un objectif important, mais il est reconnu que celui-ci ne peut être réussi, à moins que des techniques de gestion soient en place pour contrôler le champignon responsable de l’anthracnose et réduire la mortalité du cornouiller fleuri. On accorde une priorité plus tardive aux approches de rétablissement connexes dans le tableau 2.

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2.3 Approches de rétablissement

Tableau 2. Approches de rétablissement du cornouiller fleuri en Ontario
Approche 1.0 Repérer et protéger les populations existantes de cornouiller fleuri dans son aire de répartition indigène dans le sud de l’Ontario
Niveau de priorité relatifÉchéance relativeThème du rétablissementApproche de rétablissementMenaces ou lacunes dans les connaissances abordées
CritiqueDe façon continueCommunication

1.1 Par l’entremise d’une équipe de rétablissement :

  • coordonner les mesures de la communauté des chercheurs, des propriétaires fonciers, des gestionnaires, des groupes de conservation, de l’industrie paysagère et du gouvernement;
  • transférer et échanger des renseignements sur les résultats de recherche et les techniques de gestion.
  • Anthracnose du cornouiller
  • Toutes les lacunes dans les connaissances
CritiqueDe façon continueCommunication1.2 Encourager la collaboration entre les organismes, y compris le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Environnement Canada, Parcs Canada et la communauté scientifique, pour élaborer et mettre en œuvre la protection de l’habitat de l’espèce.
  • Perte d’habitat
  • Besoins en matière d’habitat

 

CritiqueCourt termeRecherche1.3 Décrire et déterminer les communautés végétales typiques dans lesquelles le cornouiller fleuri est présent dans l’ensemble de son aire de répartition dans le sud de l’Ontario afin d’éclairer le règlement sur l’habitat.
  • Besoins en matière d’habitat
NécessaireDe façon continueCommunication1.4 Élaborer du matériel éducatif pour les propriétaires fonciers et les intendants des terres afin de contribuer à l’identification du cornouiller fleuri et du champignon responsable de l’anthracnose du cornouiller.
  • Anthracnose du cornouiller
  • Broutage par les cerfs
  • Insectes et autres organismes nuisibles
NécessaireDe façon continueProtection1.5 Préserver l’habitat sur les terres privées dans tout un éventail représentatif de l’espèce par l’entremise de la propriété publique, en particulier dans les sites plus grands où des arbres montrent une résistance à l’anthracnose du cornouiller (si de tels sites sont trouvés).
  • Perte d’habitat
  • Anthracnose du cornouiller


Tableau 2. Approches de rétablissement du cornouiller fleuri en Ontario
Approche 2.0 Entreprendre des activités de suivi de la santé, des menaces et de sa résistance possible à l’anthracnose
Niveau de priorité relatifÉchéance relativeThème du rétablissementApproche de rétablissementMenaces ou lacunes dans les connaissances abordées
CritiqueLong terme

Suivi et évaluation

Recherche

2.1 Entreprendre des activités de suivi des populations connues :

  • Repérer les populations résistantes et/ou importantes dans un éventail représentatif et dans l’ensemble des types d’habitat.
  • Effectuer le suivi de la santé, des effets d’autres menaces, et identifier les arbres ou les peuplements potentiellement résistants.
  • Comparer la santé des arbres poussant dans des espaces ouverts avec celle des arbres dans des forêts plus fortement ombragées en Ontario.
  • Poursuivre le suivi des peuplements du Réseau d’évaluation et de surveillance écologiques où le cornouiller fleuri est présent afin d’évaluer les taux de déclin.
  • Anthracnose du cornouiller
  • Herbivores
  • Insectes et autres organismes nuisibles

 

BénéfiqueLong termeInventaire et suivi2.2 Effectuer l’inventaire et continuer à documenter les nouveaux peuplements de cornouiller fleuri, y compris les renseignements sur leur état de santé; enregistrement dans la base de données du Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario.
  • Toutes les menaces


Tableau 2. Approches de rétablissement du cornouiller fleuri en Ontario
Approche 3.0 Élaborer, mettre en œuvre et évaluer les approches de gestion de l’anthracnose du cornouiller et d’autres menaces présentes dans les peuplements naturels
Niveau de priorité relatifÉchéance relativeThème du rétablissementApproche de rétablissementMenaces ou lacunes dans les connaissances abordées
NécessaireLong termeGestion

3.1 Entreprendre le brûlage dirigé à certains endroits où le cornouiller fleuri est présent (p. ex. St. Williams Forest, Turkey Point); évaluer son succès en tant que technique de gestion.

  • Évaluer la réaction du cornouiller fleuri et du champignon responsable de l’anthracnose aux incendies.
  • Élaborer des recommandations sur la gestion pour l’utilisation du brûlage dirigé en Ontario.
  • Anthracnose du cornouiller
NécessaireLong termeGestion

Recherche

3.2 Utiliser la recherche actuelle pour déterminer si des méthodes mécaniques, chimiques ou biologiques du contrôle de l’anthracnose utilisées par l’industrie horticole sont efficaces et/ou réalisables aux fins d’utilisation dans les milieux forestiers naturels.

  • Si tel est le cas, utiliser ces méthodes sur une base limitée et expérimentale; effectuer un suivi et produire des rapports sur les résultats.
  • Anthracnose du cornouiller
NécessaireCourt termeGestion

Communication
3.3 Élaborer et diffuser les pratiques exemplaires de gestion pour les peuplements de cornouiller fleuri (p. ex. les méthodes pour ralentir la propagation de l’anthracnose du cornouiller, les possibilités de restauration de l’habitat) aux fins d’utilisation par les propriétaires fonciers et les intendants.
  • Anthracnose du cornouiller
  • Perte d’habitat
BénéfiqueLong termeGestion3.4 Si nécessaire, contrôler la population de cerfs dans les sites avec des populations de cornouiller fleuri importantes et/ou résistantes.
  • Herbivores


Tableau 2. Approches de rétablissement du cornouiller fleuri en Ontario
Approche 4.0 Dans la mesure du possible, rétablir l’habitat et/ou les populations du cornouiller fleuri1
Niveau de priorité relatifÉchéance relativeThème du rétablissementApproche de rétablissementMenaces ou lacunes dans les connaissances abordées
BénéfiqueLong termeCommunication

Intendance
4.1 Collaborer avec d’autres initiatives pour relier et développer les fragments de forêts afin d’augmenter l’habitat convenable potentiel (p. ex. la région carolinienne du Canada).
  • Perte d’habitat
BénéfiqueLong termeGestion4.2 Tenir compte de la gestion (c.-à-d. la suppression des conifères) dans les anciennes plantations de conifères au sein de l’aire de répartition du cornouiller fleuri en vue de promouvoir l’ensemencement, la croissance et la dispersion naturels du cornouiller fleuri ainsi que d’autres espèces indigènes.
  • Succession forestière
BénéfiqueLong termeRétablissement4.3 Coordonner la collecte des graines dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce afin de veiller à ce que les graines adaptées aux conditions locales soient disponibles pour les plantations de rétablissement.
  • Toutes les menaces
BénéfiqueLong termeRétablissement4.4 Prendre en compte le réétablissement du cornouiller fleuri au sein d’un habitat convenable dans les lieux documentés précédemment (p. ex. sites d’avant 1975) à l’aide de semences locales, potentiellement résistantes, et en gérant l’habitat pour maintenir des conditions ouvertes et limiter la propagation et l’infection de l’anthracnose du cornouiller.
  • Toutes les menaces
BénéfiqueLong termeRétablissement4.5 Élaborer une source de graines et/ou des semis pour les plantations de rétablissement qui sont potentiellement résistantes à l’anthracnose du cornouiller et définir la distance maximale de la source où les graines pourraient être plantées.Toutes les menaces

1Étant donné que l’anthracnose du cornouiller a notamment une incidence sur l’ensemencement, les petits arbres et les semis, les plantations de rétablissement ne seront probablement pas fructueuses, sauf si elles sont présentes dans les sites où l’anthracnose est absente, et/ou que d’autres mesures de gestion sont en place de façon continue pour empêcher la fermeture du couvert forestier.

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2.4 Aire à prendre en considération dans le cadre de l’élaboration d’un règlement sur l’habitat

En vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, un programme de rétablissement doit comporter une recommandation au ministre des Richesses naturelles concernant l’aire qui devrait être prise en considération dans l’élaboration d’un règlement sur l’habitat. Un règlement sur l’habitat est un instrument juridique qui détermine l’aire qui sera protégée à titre d’habitat de l’espèce. La recommandation fournie ci-dessous par l’équipe de rétablissement sera l’une des nombreuses sources prises en compte par le ministre dans le cadre de l’élaboration d’un règlement sur l’habitat de cette espèce.

On recommande que les zones où les populations naturelles de cornouiller fleuri sont présentes soient déterminées comme habitat dans un règlement sur l’habitat. Les zones avoisinantes des arbres du cornouiller fleuri que l’on croit être des spécimens horticoles (c.-à-d.ceux clairement plantés dans divers milieux d’aménagement paysager tels que les jardins urbains) ne doivent pas être incluses dans un règlement sur l’habitat, car ceux-ci sont habituellement des cultivars non indigènes du cornouiller fleuri qui ne proviennent pas de l’Ontario. Cependant, afin d’aider à contribuer au rétablissement de l’espèce, on recommande l’inclusion des zones entourant les arbres des plantations de rétablissement ou d’arbres d’origine indéterminée dans un règlement sur l’habitat.

Il est recommandé que le règlement sur l’habitat comprenne les polygones contigus d’écosites de la classification écologique des terres (Lee et al., 1998) au sein desquels l’espèce est présente. Si les arbres sont à proximité de la bordure du polygone, on recommande une distance minimale de 25 mètres du tronc de tout arbre de cornouiller fleuri aux fins de la réglementation. La réglementation de l’habitat en fonction de la communauté végétale contribuera à préserver la fonction écologique de la zone, permettra de maintenir les conditions écologiques nécessaires pour la persistance du cornouiller fleuri, et peut faciliter la dispersion des graines et le recrutement de l’espèce dans une vaste zone. La protection d’une zone minimale de 25 mètres autour de chaque arbre constitue une approche préventive pour s’assurer que les conditions d’habitat nécessaires entourant directement l’arbre sont maintenues et que les arbres individuels sont protégés contre tout dommage.

En raison de la grande variété d’habitats dans le sud de l’Ontario et du nombre d’écosites dans lesquels le cornouiller fleuri est présent, certains types d’écosite ne figurent pas ici. On a recommandé que l’évaluation des types d’habitat dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce constitue une approche de rétablissement afin de mieux éclairer l’élaboration d’un règlement sur l’habitat.

Lorsque l’habitat des arbres qui poussent naturellement ne peut être décrit de façon significative par un polygone d’écosite de la classification écologique des terres (p. ex. le long de clôtures et au bord des routes), on recommande de prescrire une zone minimale de 25 mètres à partir du tronc d’arbre comme habitat dans un règlement sur l’habitat.

Si les futures études scientifiques indiquent que d’autres zones de l’habitat sont nécessaires pour réaliser les objectifs de rétablissement pour cette espèce, ces renseignements doivent aussi être pris en compte dans l’élaboration d’un règlement sur l’habitat.

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Glossaire

Bourgeon adventif : Les bourgeons adventifs restent dormants sous l’écorce, leur croissance étant inhibée par des hormones de pousses actives se trouvant dans la partie supérieure de la plante. Dans certaines conditions, ils se développent pour former des pousses actives, notamment lorsque des dommages se produisent dans les parties plus élevées de la plante, ou les niveaux de lumière augmentent à la suite de l’élimination des plantes à proximité.

Bractée : Une feuille, habituellement très réduite ou modifiée, qui sous-tend une fleur sur les inflorescences dans son axe (Allaby, 1992).

Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO) : Comité établi en vertu de l’article 3 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, responsable de l’évaluation et de la classification des espèces en péril en Ontario.

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) : Comité responsable de l’évaluation et de la classification des espèces en péril au Canada.

Cote de conservation : Cote attribuée à une espèce ou à une communauté écologique qui indique principalement le niveau de rareté de l’espèce ou de la communauté à l’échelle mondiale (G), nationale (N) ou infranationale (S). Ces cotes, appelées cote G, cote N et cote S, ne sont pas des désignations juridiques. Le statut de conservation d’une espèce ou d’un écosystème est désigné par un chiffre de 1 à 5, précédé de la lettre G, N ou S, qui indique l’échelle géographique appropriée. Les chiffres signifient ce qui suit :

  • 1 = gravement en péril
  • 2 = en péril
  • 3 = vulnérable
  • 4 = apparemment non en péril
  • 5 = non en péril

Drupe : Un fruit charnu, comme une prune, contenant une ou quelques graines, chacune entourée dans une couche dure qui fait partie de la paroi du fruit (Allaby, 1992).

Liste des espèces en péril en Ontario (EEPEO) : Règlement adopté en vertu de l’article 7 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, qui indique le statut officiel des espèces en péril en Ontario. D’abord publiée en 2004 en tant que politique, cette liste a le statut de règlement depuis 2008.

Loi sur les espèces en péril (LEP) : Loi fédérale assurant la protection des espèces en péril au Canada. L’annexe 1 de cette loi constitue la liste légale des espèces sauvages en péril auxquelles s’appliquent les dispositions de la LEP. Les annexes 2 et 3 contiennent des listes d’espèces qui, au moment de l’entrée en vigueur de la loi, devaient être réévaluées. Lorsque les espèces inscrites aux annexes 2 et 3 sont réévaluées et jugées en péril, elles sont soumises au processus d’inscription à la liste de la Loi sur les espèces en péril en vue d’être ajoutées à l’annexe 1.

Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition : Loi provinciale qui assure la protection des espèces en péril en Ontario.

Réseau d’évaluation et de surveillance écologiques : Ce réseau national a élaboré une série de protocoles de surveillance standard, y compris plusieurs protocoles basés sur les parcelles pour faire le suivi de la végétation terrestre.

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Références

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Woodliffe, A. 2009. Écologiste de district, district d’Aylmer, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, communication personnelle.

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Membres de l’équipe d’élaboration du programme de rétablissement

NomAffiliation et emplacement
Anita ImrieMinistère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO), Direction générale des espèces en péril
Melinda Thompson-BlackMRNO, district d’Aurora
Barb BoysenMRNO, Forest Gene Conservation Association
Karine BeriaultMRNO, district de Guelph
Amy BrantMRNO, district de Guelph
Allan WoodliffeMRNO, district d’Aylmer
Sandy DobbynMRNO, Parcs Ontario (zone sud-ouest)
Sean FoxUniversité de Guelph

 

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