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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le perce-tige d’Aweme au Canada

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Les 2 sites historiques canadiens où le perce-tige d’Aweme a été trouvé ont fait l’objet de vastes collectes de papillons nocturnes (tableau 2). Norman Criddle, qui a capturé les spécimens manitobains, a habité dans la région et y a effectué des collectes pendant plus de 30 ans (Roughley, 2004). Gary Anweiler a capturé des spécimens dans une variété d’habitats dans la section est du parc provincial Spruce Woods, y compris les dunes Spirit et les prairies-parcs de trembles et de chênes, pendant 4 nuits consécutives à la fin d’août 2004, à l’aide de pièges à lumière ultraviolette et à lumière à vapeur de mercure, dans le but de déceler tout particulièrement la présence de perce-tige d’AwemeNote de bas de page 6.

Des collectes intensives de papillons nocturnes sont également effectuées dans la région de Grand Bend et du parc provincial Pinery depuis environ 1990, notamment par Ken Stead, résident de Port Franks, juste au sud du parc provincial Pinery (tableau 2). Bien que plus de 1 500 espèces de papillons nocturnes aient été capturées à cet endroit, on n’y a trouvé aucun perce-tige d’Aweme (K. Stead, comm. pers., novembre 2004). Des collectes moins intensives de papillons nocturnes ont également été réalisées dans le parc provincial Pinery au cours des dernières années par de nombreuses autres personnes, dont Gordon Vogg, Robert Curry et William Lamond (Steve Marshall, commentaire de révision).

J. Morton (M. Oldham, comm. pers. d’après une correspondance entre M. Oldham et J. Morton) capture des papillons nocturnes sur l’île Manitoulin et les îles voisines depuis le début des années 1970 et pratique régulièrement le piégeage depuis 20 ans. Il a réalisé des récoltes répétées, dans 419 sites de l’île, parfois toutes les 3 semaines, du printemps à la fin de l’automne. Son travail a permis de réunir environ 1 500 espèces de lépidoptères de la région de Manitoulin. Sa base de données contient plus de 60 000 entrées, dont de l’information sur plus de 25 000 spécimens, ce qui fait de Manitoulin l’un des endroits dont les populations de lépidoptères sont les mieux connues au Canada. Malgré cet imposant travail de collecte, qui comprend le piégeage au moment propice de l’année dans environ 6 vestiges de prairie-parc de chêne à gros fruits, il n’a capturé qu’un seul P. aweme, le 19 août 2005, sur sa propriété où pousse un prairie-parc de chênes à gros fruits.

Aux États-Unis, on déploie beaucoup d’efforts pour capturer des perce-tiges d’Aweme depuis 1987 sur le site de l’île Beaver (Michigan) et dans les environs. Une recherche ciblant le perce-tige d’Aweme a notamment été réalisée à la fin d’août 1998 (tableau 2). Bien que plus de 750 espèces de papillons nocturnes aient été récoltées, on n’a trouvé aucun perce-tige d’Aweme (Profant, 1991). On procède encore périodiquement à des recherches de perce-tige d’Aweme dans l’habitat potentiel situé dans le nord du Michigan (M. Nielsen, comm. pers. 2004).

Les espèces de Papaipema sont connues pour être difficiles à capturer ailleurs qu’au voisinage immédiat de leur plante hôte. Le fait qu’on ne connaisse pas la plante hôte du perce-tige d’Aweme complique énormément les efforts visant à trouver cette espèce ou à en déterminer la taille des populations (Schweitzer, 1999).


Abondance

On ne connaît du perce-tige d’Aweme qu’un total de sept spécimens capturés sur plus d’un siècle, à cinq endroits très éloignés les uns des autres. Trois des spécimens ont été capturés à Aweme (Manitoba) pendant une seule période de trois nuits en 1905.

Selon le rapport sommaire sur le perce-tige d’Aweme préparé par NatureServe (NatureServe, 2004), on peut raisonnablement penser que le perce-tige d’Aweme a disparu dans quatre des cinq emplacements de collecte, y compris deux des trois sites canadiens. Toutefois, une assez grande étendue d’habitat indigène semble subsister dans la région de la base Shilo et du parc provincial Spruce Woods, et des travaux de recherche plus longs et plus exhaustifs que ceux menés jusqu’à présent sont nécessaires avant de conclure que le papillon a disparu (G. Anweiler, obs. pers., 2004).


Fluctuations et tendances

Il n’existe aucune donnée sur les fluctuations ou les tendances des populations.

 

Tableau 2 : Sommaire des recherches sur les sites de collecte de perce-tige d’Aweme
SitePériodeMéthode(s)RésultatsSource ou collecteurRemarque
Aweme et Spruce Woods (Manitoba)Résident
Fin des années 1800-années 1930
Méthodes variées, dont les appâts et la lumière3 spécimens de P. awemeN. Criddle 
Aweme et Spruce Woods (Manitoba)de 26au 29 août 2004Pièges à lumière ultraviolette et à vapeur de mercureAucun P. awemeG. AnweilerP. aweme visé
Grand Bend et parc provincial Pinery (Ontario)

Août 1993

(1 semaine)

Pièges à lumière ultravioletteAucun P. awemeD. Schweitzer 
Grand Bend et parc provincial Pinery (Ontario)1996(?)-1998Pièges à lumière526 espèces de noctuelles, aucun P. awemeHardwick et Stead, 1998 
Grand Bend et parc provincial Pinery (Ontario)

Résident

1990(?)-2004

Méthodes variées, dont les pièges à lumière1 560 espèces de papillons nocturnes, aucun P. awemeKen Stead 
Île ManitoulinRésident
1985 à ce jour
Pièges à lumière ultraviolette1 awemeJ.K. Morton 
Île Beaver (Michigan)?Lumière1 P. awemeMoore, 1930 
Île Beaver (Michigan)1987-1988Pièges à lumière757 espèces de papillons nocturnes, aucun P. awemeProfant, 1991 
Île Beaver (Michigan)du 17 au 19 août 1998Pièges à lumière ultravioletteAucun P. awemePenskar et al., 1999P. aweme visé

 


Effet d'une immigration de source externe

La population du site de l’île Manitoulin est la seule population existante connue du perce-tige d’Aweme. Toutefois, si ce papillon existe toujours sur l’île Beaver (Michigan) ou ailleurs le long du littoral des Grands Lacs -- ce qui est hautement improbable -- il pourrait, en principe, recoloniser la région de Grand Bend et du parc provincial Pinery à la condition d’y trouver sa plante hôte et un habitat convenable. La possibilité que des individus en provenance de l’Ontario ou des États-Unis recolonisent le site du Manitoba, ou inversement, est probablement nulle.

Rien ne semble indiquer que des individus de n’importe quelle population adjacente aux Grands Lacs aux États-Unis ne pourraient s’adapter à la survie dans le sud de l’Ontario.

Notes de bas de page

Note de bas de page 6

Cette recherche n’a pas été assez intensive pour couvrir tous les habitats et variations possibles des temps d’éclosion, mais une recherche exhaustive aurait nécessité un travail énorme dépassant le cadre du mandat.

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