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Pluvier montagnard (Charadrius montanus)

RÉTABLISSEMENT

11.1 Caractère réalisable du rétablissement

Au Canada, le Pluvier montagnard se trouve à l’extrémité nord de son aire de répartition. Les couples reproducteurs y sont, et y ont vraisemblablement toujours été, rarissimes et très localisés. On ignore s'il pourrait éventuellement y avoir une population viable et autonome de Pluviers montagnards au Canada, toutefois, il devrait être possible de conserver les faibles et peut-être sporadiques occurrences de cette espèce au pays. Le rétablissement est réalisable pour les raisons suivantes : 1) il existe encore aujourd’hui une population de Pluviers montagnards; 2) il y a assez d’habitat convenable disponible pour la nidification; 3) les menaces importantes auxquelles fait face l’espèce ou son habitat peuvent être atténuées; 4) il n’y a aucune raison de croire que les techniques de rétablissement ne fonctionneraient pas.

11.2 But du rétablissement

Le but du rétablissement pour le Pluvier montagnard consiste à maintenir son abondance et sa répartition récentes dans le sud-est de l’Alberta et le sud‑ouest de la Saskatchewan. Il est impossible de mieux quantifier le but à cause de la rareté de l’information sur l’abondance de l’espèce au Canada.

11.3 Objectifs du rétablissement

Objectif 1 : Conserver d’importantes zones d’habitat par des accords de gestion, d’intendance et de conservation.

Objectif 2 : Augmenter la sensibilisation au Pluvier montagnard, à ses besoins, à son statut et aux menaces qui pèsent sur lui.

11.4 Activités de recherche et de gestion

Le tableau 1 présente une description des activités de recherche et de gestion recommandées pour atteindre les objectifs du rétablissement et aborder les menaces identifiées. De l’information plus détaillée sur le calendrier de mise en œuvre et les mesures requises pour atteindre les objectifs du rétablissement sera présentée dans le ou les plans d’action à venir. Un certain nombre de ces mesures ont été recommandées dans des plans de gestion antérieurs (Wershler, 1989, 1990) et dans des rapports sur l’habitat et les relevés de populations (Wershler et Wallis 2001, 2002).

11.4.1   Stratégies générales pour aborder les menaces

·      Gestion des prairies

o      Mettre en œuvre, au besoin, des stratégies de pâturage et/ou de brûlage dirigé pour contrôler la hauteur de la végétation dans l’habitat de reproduction du Pluvier montagnard.

o      Encourager, au besoin, l’établissement de graminées indigènes, de préférence aux espèces exotiques.

·      Altération de l’habitat

o      Mettre en place et élaborer des accords d’intendance pour protéger et améliorer les emplacements de reproduction actuels.

o      Encourager les propriétaires fonciers à protéger les secteurs accueillant des Pluviers montagnards nicheurs.

·      Disparition des chiens de prairie et des spermophiles

o      Encourager les propriétaires fonciers et les gestionnaires des terres à conserver les chiens de prairie à queue noire et les spermophiles de Richardson dans les secteurs renfermant de l’habitat convenable pour le Pluvier montagnard.

·      Perturbations anthropiques

o      Déterminer la distance sécuritaire entre l’habitat de reproduction du Pluvier montagnard et les sources de perturbation, les lieux d’exploitation et autres activités.

o      Mettre en œuvre et faire observer les lignes directrices sur les distances sécuritaires.

o      Protéger les lieux de reproduction contre les perturbations anthropiques en encourageant les gens à emprunter les voies de transport désignées autour de l’habitat du Pluvier montagnard, et réduire la circulation de véhicules motorisés en dehors des sentiers.

o      Limiter l’épandage de pesticides près des sites de reproduction du Pluvier montagnard.

·      Fluctuation des précipitations

o      Bien qu’il soit impossible de modifier les niveaux de précipitations à l’échelle régionale, il est possible de corriger les variations de la végétation qui accompagnent les fluctuations des précipitations, notamment par le fauchage, le pâturage ou le brûlage lorsque le couvert végétal atteint une hauteur et une densité défavorables au Pluvier montagnard.

Tableau 1.Activités de recherche et de gestion recommandées pour le rétablissement du Pluvier montagnard au Canada. 

PrioritéObjectifStratégie généraleMenace(s) visée(s)Études/activités de gestion recommandées
Urgent1·  Suivi et inventaire·  s. o.

·  Mener des relevés annuels ou biennaux dans les lieux de reproduction traditionnels et dans les habitats de haut potentiel pour l’espèce.

·  Mener des relevés dans un plus large éventail d’habitats tous les cinq ans.

·  Lorsque des oiseaux nicheurs sont découverts, recueillir de l’information sur les facteurs associés à l’utilisation de l’habitat.

Nécessaire1 ·  Évaluation et gestion de l’habitat

·  Gestion des prairies

·  Altération de l’habitat

·  Disparition des chiens de prairie/
spermophiles

·  Fluctuation des précipitations

·  Évaluer l’habitat où l’espèce s’est reproduite et déterminer les caractéristiques des habitats de reproduction privilégiés (voir Wershler et Wallis, 2001).

·  Déterminer les secteurs d’habitat clé et prioriser des utilisations des terres compatibles avec l’espèce à chaque endroit.

·  Élaborer, s’il y a un besoin, des stratégies de gestion adaptative et des accords d’intendance pour protéger et améliorer les emplacements de reproduction actuels et récents.

·  Mettre en œuvre, au besoin, des plans visant à garder basse la végétation, notamment par le broutage intensif du bétail dans des endroits et à des moments stratégiques (Knowles et Knowles, 1998), le brûlage dirigé et la conservation et l’accroissement des colonies de chiens de prairie et de spermophiles (voir Dechant et al., 1998) tout en tenant compte des répercussions sur les autres espèces.

·  Encourager, s’il y a un besoin, l’établissement dans les prairies de graminées courtes indigènes, de préférence aux graminées exotiques, plus hautes.

·  Désigner et protéger l’habitat essentiel.

Nécessaire1 et 2·  Gestion des nids actifs

·  Perturbations anthropiques

 

·  Appliquer des mesures de protection visant à limiter l’épandage de pesticides pendant la saison de reproduction sur les terres situées à proximité des nids de Pluviers montagnards.

·  Convaincre les propriétaires fonciers de ne pas semer dans les secteurs cultivés proches des lieux de nidification avant que les œufs de pluviers aient éclos.

·  Limiter les voies de circulation et les véhicules motorisés dans l’habitat du Pluvier montagnard.

·  Déterminer la distance sécuritaire entre l’habitat de reproduction du Pluvier montagnard et les sources de perturbation telles les ornithologues/naturalistes, les lotissements et les activités d’exploitation.

·  Mettre en œuvre et faire observer les lignes directrices sur les distances sécuritaires.

Utile2·  Sensibilisation du public

·  Gestion des prairies

·  Altération de l’habitat

·  Disparition des chiens de prairie

·  Élaborer et distribuer des produits pour les médias et des documents d’information à l’intention des propriétaires fonciers et des gestionnaires des terres dans les collectivités situées à l’intérieur de l’aire de répartition du Pluvier montagnard, afin de sensibiliser le public sur le Pluvier montagnard et son statut, de solliciter des observations et d’informer la population sur les relevés en cours.

·  Faire connaître les différences entre le Pluvier montagnard et les espèces similaires, comme le Pluvier kildir.

11.5 Habitat essentiel

Au sens de la Loi sur les espèces en péril, l’habitat essentiel s’entend de l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce

(Paragraphe 2(1)).

L’habitat essentiel n’est pas désigné dans le présent programme de rétablissement.

Le Pluvier montagnard est relativement peu étudié au Canada. Seulement 44 observations de l’espèce ont été rapportées depuis 1874, et seulement 16 sites de nidification ont été signalés au cours des 25 dernières années. Avec si peu d’information, il est impossible de désignerl’habitat essentiel.

L’habitat essentiel sera désigné au moyen des activités décrites à la section 2.5.1 – Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel – et sera présenté dans un plan d’action à venir et/ou un programme de rétablissement révisé.

11.5.1 Calendrier desétudes visant à désigner l’habitat essentiel

Les recherches visant à désigner l’habitat essentiel seront concentrées dans deux régions géographiques (figure 3) :

·      Région du parc national des Prairies

o      Wershler et Wallis (2001) ont relevé quatre secteurs considérés comme hautement convenables pour le Pluvier montagnard dans la région du parc national des Prairies, dans le sud-ouest de la Saskatchewan; l’un se trouve dans le parc même et trois sur des terres privées et publiques adjacentes. Les quatre secteurs sont associés à des colonies de chiens de prairie à queue noire.

·      Région de Lost River-Wildhorse-Govenlock

o      La région de Lost River renferme de l’habitat de nidification convenable à la sous-station de recherches de Onefour d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (sud-est de l’Alberta) et autour de celle-ci.

o      Wershler et Wallis (2001) ont relevé dans la région de Wildhorse-Govenlock des secteurs hautement convenables pour l’espèce, dont le coin sud-ouest de la Saskatchewan, le coin sud-est de l’Alberta et le long de la route 21 au sud de Govenlock (Saskatchewan).

Les études et les mesures générales nécessaires à la désignation de l’habitat essentiel sont présentées au tableau 1. La présente section décrit sommairement les études et les mesures spécifiques requises pour désigner l’habitat essentiel :

·      D’ici 2007, élaborer et appliquer un protocole de suivi permettant d’évaluer précisément l’abondance et la répartition de l’espèce et de calculer correctement les tendances de la population.

·      D’ici 2009, déterminer les caractéristiques de l’habitat (p. ex. modèle de sélection des ressources) occupé de manière significative par le Pluvier montagnard.

·      D’ici 2009, appliquer les connaissances sur les caractéristiques importantes de l’habitat à tous les secteurs de l’aire de reproduction afin d’orienter les relevés.

·      D’ici 2009, employer l’information synthétisée sur l’abondance, la répartition et l’utilisation de l’habitat afin de désigner l’habitat essentiel dans le cadre d’un plan d’action et/ou d’un programme de rétablissement révisé.

11.6 Effets sur les espèces non ciblées

Les mesures de rétablissement issues du présent programme pourraient affecter d’autres espèces en péril occupant l’aire de répartition du Pluvier montagnard. Les mesures visant à réduire la hauteur des herbes et le couvert végétal pourraient être bénéfiques pour certaines espèces, comme la Chevêche des terriers (Athene cunicularia), la Buse rouilleuse (Buteo regalis), le Courlis à long bec(Numenius americanus), le renard véloce (Vulpes velox),et/ou le chien de prairie à queue noire, de même que pour des plantes et des invertébrés rares (Wershler, 2000). Par contre, ces mêmes mesures pourraient nuire à d’autres espèces, comme le Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus), le Bruant de Baird (Ammodramus bairdii), le Pipit de Sprague (Anthus spragueii)et la Maubèche des champs(Bartramia longicauda) (Wallis, 1987). On doit veiller à ce que les besoins en habitat de toutes les espèces en péril soient satisfaits; par conséquent, la coopération et la coordination des mesures de rétablissement visant diverses espèces sont essentielles pour relever et gérer les incompatibilités potentielles. Les mesures visant le Pluvier montagnard auront probablement peu d’effets à l’échelle de la population pour les autres espèces parce que l’aire de répartition de cet oiseau est restreinte et que les zones qu’il occupe sont très limitées.

11.7 Échéancier pour le ou les plans d’action

Le ou les plans d’action visant le Pluvier montagnard seront complétés d’ici juin 2009. Des mesures de rétablissement seront entreprises entre-temps.