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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le carex tumulicole (Carex tumulicola) au Canada

COSEPAC Résumé

Carex tumulicole
Carex tumulicola

Information sur l’espèce

Le carex tumulicole (Carex tumulicola) est une plante graminoïde de la famille des Cypéracées qui forme des touffes pouvant atteindre 80 cm de hauteur ou des plages gazonnantes.

Répartition

Le carex tumulicole se rencontre depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’en Oregon et en Californie. Sa présence a été mentionnée (peut-être de façon erronée) en Idaho. Au Canada, l’espèce a été observée uniquement dans la portion sud-est de la côte de l’île de Vancouver. La superficie totale de l’habitat occupé par l’espèce est largement inférieure à 1 km². On estime que cette superficie est passée de quelques à la localité originale à 100 ha. La zone d’occupation établie pour les 10 populations selon les critères du COSEPAC s’élève à 10 km² ou à 32 km², selon qu’elle est mesurée à l’aide d’une grille de 1 sur 1 km ou de 2 sur 2 km. La zone d’occurrence est maintenant estimée à 1 700 km².

Habitat

Au Canada, le carex tumulicole a été trouvé dans des prés et des arbustaies humides au printemps dans des chênaies de Garry et des écosystèmes associés. L’intensification du développement urbain autour de Victoria et de Nanaimo, l’envahissement des plantes exotiques et la succession secondaire résultant de la suppression des incendies ont altéré l’écologie de la région à un point tel que la quantité d’habitat propice à l’espèce dans la région est aujourd’hui probablement largement inférieure à ce qu’elle était dans le passé.

Biologie

Le carex tumulicole est une plante vivace qui fleurit et qui produit ses fruits du milieu à la fin de l’été. La pollinisation est assurée par le vent, et les graines ne possèdent aucun mécanisme de dispersion intrinsèque. Le carex tumulicole se reproduit à la fois par voie sexuée et par voie végétative, à partir de courts rhizomes. La plante s’établit facilement à partir de fragments de rhizome. Elle semble tolérer des taux d’humidité élevés en hiver, mais seulement de très faibles taux en été. Elle pousse aussi bien en milieu dégagé qu’à l’ombre.

Taille et tendances des populations

Le carex tumulicole a été récolté pour la première fois au Canada en 1990, mais les recherches intensives de l’espèce n’ont débuté qu’en 1999. En date de 2006, dix populations avaient été découvertes. Deux de ces populations sont constituées d’une seule touffe, qui représente elle-même peut-être un seul individu. D’autres populations sont constituées d’une petite colonie ou de quelques petites colonies dispersées sur un territoire de moins de 1 m² à une trentaine d’hectares. En raison du port rhizomateux de l’espèce, il est souvent difficile d’évaluer de façon fiable la taille des populations. Nonobstant ces considérations, la population totale compte probablement moins de 1 000 individus.

Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, le carex tumulicole fait l’objet d’un suivi depuis moins de dix ans, mais les causes de son actuelle rareté demeurent nébuleuses. Sa persistance y semble toutefois menacée par plusieurs facteurs comprenant, par ordre approximatif d’importance, la compétition exercée par diverses espèces végétales exotiques introduites, l’altération des régimes des incendies, la conversion de l’habitat (le développement urbain), la circulation de véhicules tout terrain, les altérations hydrologiques, les dommages dus au piétinement et le fauchage, et la perte d’habitat résultant de l’affaissement des berges.

Importance de l’espèce

La répartition discontinue de l’espèce dans le nord-ouest de l’Amérique du Nord est peut-être le vestige d’une répartition autrefois beaucoup plus vaste durant l’altithermal, période postglaciaire chaude et sèche survenue il y a 4 000 à 6 000 ans. Jusqu’à tout récemment, le carex tumulicole était confondu avec le carex à épis séparés (Carex divulsa), utilisé à des fins horticoles et dans le cadre de certains travaux de remise en état des terres dans certaines régions côtières du Pacifique Nord-Ouest.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le carex tumulicole figure sur la liste rouge de la Colombie-Britannique, qui lui a attribué le rang de priorité S1 (espèce gravement en péril [critically imperiled]). L’espèce ne bénéficie cependant d’aucune protection spécifique dans le reste du Canada ou ailleurs. Son ajout à la liste des espèces protégées en vertu de la Wildlife Amendment Act, 2004 de la Colombie-Britannique est toutefois possible. Huit des dix populations connues se trouvent dans des sites qui bénéficient d’une certaine protection parce qu’ils sont situés dans des parcs municipaux ou des terrains appartenant au ministère de la Défense nationale (MDN) ou à Parcs Canada.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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