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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le carex tumulicole (Carex tumulicola) au Canada

Information sur l’espèce

Nom et classification 

Nom scientifique :

Carex tumulicola Mackenzie

Nom commun :

Carex tumulicole

Famille :

Cypéracées, famille des carex

Grand groupe végétal :

Monocotylédones

Le Carex hoodii, la plus commune des espèces apparentées au C. tumulicola, se rencontre en Colombie-Britannique, généralement au sud du 55e parallèle. Un autre membre de ce groupe, le Carex vallicola, n’a été découvert pour la première fois en Colombie-Britannique que tout récemment, dans la vallée de la rivière Ashnola (Douglas et al., 2001).

Le Carex tumulicola est étroitement apparenté taxinomiquement au C. hookeriana Dewey, espèce des Grandes Plaines, mais les aires de répartition des deux espèces ne se chevauchent pas. Le Carex occidentalis L.H. Bailey, connu du sud des Rocheuses et de la région du Grand Bassin, est une troisième microespèce de ce complexe (Hitchcock et al., 1969).

Description morphologique

Le Carex tumulicola est une vivace graminoïde à rhizomes courts qui forme des touffes lâches pouvant atteindre 80 cm de hauteur et, occasionnellement, des plages gazonnantes (figure 1). Les tiges sont plus hautes que les feuilles, disposées en touffes rondes moins denses au centre qu’en périphérie. Les feuilles, au nombre de 2 à 3 par tige, sont aplaties et mesurent 1 à 2,5 mm de largeur. Chaque tige porte 3 à 10 épis de petite taille, pauciflores. Les fleurs mâles sont positionnées au-dessus des fleurs femelles sur un même épi et lâchement regroupées en une inflorescence oblongue ou cylindrique. Les bractées sont bien développées et ressemblent à des arêtes, et les bractées inférieures sont généralement plus longues que l’inflorescence. Les périgynes (sacs enveloppant les ovaires) sont vert pâle à brun pâle, ovés ou elliptiques, et mesurent 3,5 à 5 mm de longueur. Les écailles sont brunes, avec une nervure médiane verdâtre et les bords translucides, terminées par une courte arête et aussi longues que les périgynes. Les achaines sont nuciformes, lenticulaires et lisses, et ils mesurent 1,8 à 2,2 mm de longueur (Douglas et al., 2001; Ball, 2002).

Figure 1. Carex tumulicola : plante entière, gros-plan de l’inflorescence et périgyne mûr (dessin au trait tiré de Hitchcock et al. (1969) et de Douglas et al. (2001); illustration reproduite avec la permission de la University of Washington Press).

Figure 1.Carex tumulicola : plante entière, gros-plan de l’inflorescence et périgyne mûr (dessin au trait tiré de Hitchcock et al.

Sur le terrain, le Carex tumulicola se distingue principalement par son port en touffes lâches et ses bractées bien développées dépassant l’épi inférieur.

De nombreuses autres espèces de Carex ressemblent superficiellement au C. tumulicola. L’identification de l’espèce doit donc être fondée sur l’examen d’individus matures à la loupe ou au microscope et exige l’utilisation d’un tableau de détermination. Au nombre des espèces de carex qui se rencontrent dans des habitats similaires et qui peuvent de ce fait être confondues avec le C. tumulicola, mentionnons le C. inops (carex dépourvu), le C. hoodii (carex de Hood) et le C. vallicola (carex vallicole). Chez le C. inops, les fleurs mâles et les fleurs femelles sont positionnées sur des épis distincts, les périgynes sont pubescents, et les achaines sont trigones. Chez le C. hoodii, les épis sont plus densément regroupés et plus distinctement bicolores. Chez le C. vallicola , la hauteur maximale de la plante est d’environ 40 cm, et les écailles sont pâles et habituellement plus courtes que les périgynes. Chez ces deux dernières espèces, les bractées sont peu développées et ne dépassent pas les épis inférieurs.

Description génétique

La structure génétique des populations de C. tumulicola au Canada n’a pas été étudiée. Comme l’espèce ne présente ni mécanisme de dispersion intrinsèque ni adaptation à la vie aquatique et que des dizaines de kilomètres séparent nombre des populations établies dans la portion sud-est de l’île de Vancouver, les échanges génétiques entre les populations du C. tumulicola doivent être considérés dans le meilleur des cas comme très peu fréquents. La dispersion du pollen de toutes les espèces de Carex étant assurée par le vent, il est théoriquement possible que des gamètes transportés par le vent relient deux populations isolées, mais la probabilité qu’un tel événement se produise sur une base régulière semble extrêmement faible. Étant donné la taille vraisemblablement très faible de la plupart des populations, la perte de vigueur due à l’isolement génétique de chaque site pourrait constituer un facteur limitatif pour cette espèce au Canada.

Unités désignables

Une seule unité désignable est reconnue en raison de l’aire de répartition limitée de l’espèce au Canada, entièrement comprise dans une seule aire écologique nationale reconnue par le COSEPAC.