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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic à tête rouge (Melanerpes Erythrocephalus) au Canada - Mise à jour

Résumé

Pic à tête roug
Melanerpes erythrocephalus

Information sur l’espèce

Le Pic à tête rouge mesure environ 20 cm de long. Cet oiseau est facile à reconnaître grâce au rouge qui colore sa tête, son cou, sa gorge et le haut de sa poitrine, ce qui contraste avec les parties inférieures blanches et les parties supérieures noires de son corps. De grandes taches blanches, formées par les plumes secondaires et les rémiges tertiaires intérieures, sont visibles sur les ailes. L’apparence du mâle et de la femelle est semblable. Les juvéniles se distinguent par la couleur de leur tête, de leur cou et de la partie supérieure de leur poitrine qui varie de gris brunâtre à rouge.

Répartition

Le Pic à tête rouge n’est présent qu’en Amérique du Nord. Au Canada, son aire de répartition comprend le sud de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario et du Québec. Aux États-Unis, elle s’étend des Grandes Plaines jusqu’en Nouvelle-Angleterre et vers le sud jusqu’aux États du golfe du Mexique. L’espèce hiverne régulièrement dans les deux tiers sud de son aire de reproduction.

Habitat

Le Pic à tête rouge se trouve dans une variété d’habitats, notamment les forêts de chênes et de hêtres, les prairies, les lisières des forêts, les vergers, les pâturages, les forêts riveraines, les bordures de routes, les parcs urbains, les terrains de golf, les cimetières, ainsi que le long des étangs de castors et des ruisseaux.

Biologie

Le Pic à tête rouge est monogame. La femelle pond entre 3 et 7 œufs, la moyenne étant de 4 œufs. Les 2 sexes couvent les œufs. L’incubation dure en général de 12 à 14 jours. Les oisillons demeurent dans le nid de 27 à 30 jours. Le Pic à tête rouge est probablement l’espèce la plus omnivore parmi les pics en Amérique du Nord; il se nourrit d’insectes en été, ainsi que de glands et de faines en hiver. 

Taille et tendances des populations 

Selon le Relevé des oiseaux nicheurs (BBS), la population de Pics à tête rouge au Canada comporterait environ 5 000 couples nicheurs, soit 10 000 individus matures. Il est toutefois probable que cette estimation soit maximale. L’estimation minimale suggère que la population compterait aussi peu que 700 couples nicheurs, soit 1 400 individus matures. Au Canada, les analyses des tendances à long terme, fondées sur les données du BBS, montrent un déclin annuel important de 3,4 p. 100, entre 1968 et 2005, ce qui équivaut à une diminution de 70 p. 100 de la population au cours des 37 dernières années. Les analyses à court terme fondées sur les mêmes données indiquent un déclin annuel peu important de 0,70 p. 100 entre 1995 et 2005. À ce rythme de déclin, la population aurait diminué de 7 p. 100 durant la dernière décennie. Les données de l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario indiquent que les populations de Pics à tête rouge dans cette province ont diminué de 64 p. 100 entre 1985 et 2005. On prévoit un déclin continu de la population avec une dégradation et une perte continues de l'habitat (voir ci-dessous).

Facteurs limitatifs et menaces

Dans le passé, l’une des principales causes du déclin du Pic à tête rouge a été la réduction importante des vastes peuplements mûrs de feuillus, tels que le chêne et le hêtre, à la suite de l’établissement des Européens. Ces arbres produisent des glands et des faines en abondance, ce qui constitue la principale source de nourriture de l’espèce en hiver. Les menaces plus récentes qui pèsent sur l’espèce sont notamment la perte de sites de reproduction et de perchoirs en raison de l’élimination des grands arbres morts des milieux urbains et agricoles, ainsi que la réduction du nombre de faines, une source importante de nourriture pendant l’hiver, étant donné que les hêtres à grandes feuilles sont touchés par une maladie.

Importance de l’espèce

L’espèce est importante pour le maintien de la biodiversité étant donné que les cavités qu’elle creuse dans les arbres fournissent à de nombreuses autres espèces des sites pour dormir ou pour nicher. Elle joue également un rôle déterminant dans la préservation des écosystèmes forestiers décidus de l’est de l’Amérique du Nord en dispersant de grandes quantités de glands et de faines lorsqu’elle se nourrit. 

Protection actuelle

Sur le plan mondial, le Pic à tête rouge est considéré non en péril (secure) par l’UICN. Au Canada, l’espèce, son nid et ses œufs sont protégés en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs. Le COSEPAC l’a désigné « espèce préoccupante » en 1996. NatureServe a inscrit l’espèce aux catégories « grandement en péril » (critically imperiled) en Saskatchewan, « non en péril » (secure) et « vulnérable » (vulnerable) au Manitoba, « vulnérable » en Ontario et « menacée » (threatened) au Québec. Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario l’a désignée « espèce préoccupante » (species of special concern) et elle figure sur la liste provinciale des espèces en péril. Au Québec, l’espèce est inscrite sur la liste des vertébrés susceptibles d’être désignés menacés ou vulnérables.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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