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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic à tête rouge (Melanerpes Erythrocephalus) au Canada - Mise à jour

Répartition

Aire de répartition mondiale

Le Pic à tête rouge n’est présent qu’en Amérique du Nord. Son aire de répartition s’étend vers le nord jusqu’aux parties sud de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario et du Québec, vers l’ouest jusqu’aux portions est du Montana, du Wyoming, du Colorado et du centre du Nouveau-Mexique, vers le sud jusqu’à l’enclave du Texas et jusqu’aux États du golfe du Mexique, soit la Louisiane, le Mississippi, l’Alabama et la Floride, et vers l’est jusqu’à la côte de l’Atlantique de la Georgie, de la Caroline du Sud, de la Caroline du Nord, de la Virginie, du Delaware, du Maryland, du New Jersey, de l’État de New York, du Connecticut, du Massachusetts et du Vermont (Smith et al., 2000; figure 1). Ainsi, son aire de répartition est concentrée essentiellement dans les États du centre-ouest des États-Unis (Smith et al., 2000, figure 2).

Figure 1. Répartition du Pic à tête rouge en Amérique du Nord, d’après Smith et al. (2000).

Figure 1.  Répartition du Pic à tête rouge en Amérique du Nord, d’après Smith et al. (2000).

Figure 2. Abondance relative du Pic à tête rouge en Amérique du Nord issue du Relevé des oiseaux nicheurs de l’Amérique du Nord (source : Sauer et al., 2005).

Figure 2.  Abondance relative du Pic à tête rouge en Amérique du Nord issue du Relevé des oiseaux nicheurs de l’Amérique du Nord (source : Sauer et al., 2005).

Le Pic à tête rouge hiverne régulièrement dans les deux tiers sud de son aire de reproduction, mais rarement plus au nord (American Ornithologist’s Union, 1998; figure 1). Son aire d’hivernage semble étroitement liée à la production annuelle de glands et de faines, laquelle varie grandement par région d’une année à l’autre (Smith et al., 2000). Pendant la migration, il choisit ses aires d’hivernage en fonction de la densité de glands et de faines. Si la quantité n’est pas suffisante à un endroit donné pour durer tout l’hiver, le Pic à tête rouge poursuivra sa migration pour finalement choisir des sites où la nourriture est suffisamment abondante. Le centre du Texas et le sud de la Louisiane ne lui servent que d’aire d’hivernage (figure 1).

Aire de répartition canadienne

Les données du Relevé des oiseaux nicheurs des années 1990 indiquent que 0,8 p. 100 de la population nicheuse de Pics à tête rouge de l’Amérique du Nord se trouve au Canada. Son aire de répartition canadienne comprend généralement le sud de la Saskatchewan, le sud du Manitoba, le sud-ouest de l’Ontario et le sud-ouest du Québec (Cadman et al., 1987; Gauthier et Aubry, 1995; Smith, 1996; Manitoba Avian Research Committee, 2003; figure 1). Le Pic à tête rouge se reproduisait à l’occasion au Nouveau-Brunswick à la fin des années 1800 (Squires, 1976), mais semble maintenant n’y être qu’un visiteur annuel rare (S. Blaney, comm. pers., 2005). Sa présence est considérée exceptionnelle en Colombie-Britannique, dans le sud de l’Alberta et en Nouvelle-Écosse (Godfrey, 1986; Campbell et al., 1990; Erskine, 1992; Semenchuk, 1992). En hiver, le Pic à tête rouge fréquente parfois le sud du Manitoba et de l’Ontario, mais sa présence est rare et irrégulière au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et dans le sud de l’Alberta (Godfrey, 1986; Cyr et Larivée, 1995). Les observations hivernales impliquent habituellement des individus visitant des aires d’alimentation dans les milieux urbains et agricoles (Cyr et Larivée, 1995; Page, 1996). 

En Saskatchewan, le Pic à tête rouge niche très localement au sud de Prince Albert, en particulier dans les collines du Cyprès, dans les prairies environnantes et à l’est, dans la forêt-parc à trembles (Godfrey, 1986; Smith, 1996). Il existe également des preuves, qui remontent au début des années 1990, montrant que l’espèce niche près de la confluence des rivières Red Deer et Saskatchewan Sud (B. Korol, comm. pers., 2007). Pendant les relevés du projet d’atlas des oiseaux nicheurs de la Saskatchewan, la reproduction du Pic à tête rouge a été signalée dans 3 p. 100 de la province (24 parcelles). Elle a été confirmée dans 8 p. 100 des parcelles et considérée probable et possible dans 12,5 p. 100 et 79 p. 100 des parcelles, respectivement (Smith, 1996).

Au Manitoba, l’espèce est présente principalement dans la partie sud de la province, en particulier dans les régions de Dauphin, de Winnipeg et de Sprague, mais semble absente des zones dominées par la forêt boréale (Manitoba Avian Research Committee, 2003). Son aire de répartition englobe environ 14 p. 100 de la province (P. Taylor, comm. pers., 2005), ce qui correspond surtout aux zones agricoles et aux prairies boisées (Page, 1996). 

En Ontario, sa répartition est continue dans la partie méridionale de la province, en particulier dans le sud de la baie Georgienne. L’espèce est peu commune dans le bouclier canadien, près des grands centres urbains, tels que Toronto et Hamilton, et dans certaines régions où l’agriculture intensive est pratiquée (Page, 1996). Elle niche régulièrement, bien qu’en faibles nombres, dans le nord-ouest de l’Ontario (c.-à-d. la région du lac des Bois) et dans l’est de cette province, le long de la vallée de la rivière des Outaouais (Cadman et al., 1987).

Au Québec, le Pic à tête rouge est rare et niche maintenant seulement à l’occasion dans les régions bordant la vallée sud du Saint-Laurent, telles que l’Outaouais, Montréal, la Montérégie et les Cantons de l’Est (Gauthier et Aubry, 1995).

Le Pic à tête rouge n’a jamais niché régulièrement dans les Maritimes (Erskine, 1992). La seule nidification signalée et confirmée dans ces provinces provient des environs de Saint John, au Nouveau-Brunswick et remonte à 1881 (Chamberlain, 1882c in Squires, 1976). Les observations récentes pour le Nouveau-Brunswick portent surtout sur des individus non nicheurs observés dans le centre et dans le nord de la province (Erskine, 1992).

Au Canada, la zone d’occurrence de cette espèce est estimée à 317 580 km² (valeur calculée à partir des données de NatureServe, 2006; P. Blancher, données inédites), ce qui représente moins de 6 p. 100 de l’ensemble de son aire de reproduction. La zone d’occupation de l’espèce comprend : i) entre 217 km² et 595 km² si la taille minimale de la population est de 700 couples et si les territoires varient d’une superficie minimale de 3,1 ha à une superficie maximale de 8,5 ha (Venables et Collopy, 1989 in Smith et al., 2000); ii) entre 1 550 km² et 4 250 km² si la taille maximale de la population est de 5 000 couples et si les superficies des territoires sont dans le même éventail. Selon ces estimations, la zone d’occupation du Pic à tête rouge pourrait varier d’une superficie minimale de 217 km² à une superficie maximale de 4 250 km².